Port 2000 et les compensations
Le plus grand
chantier maritime européen
Situation
de Port 2000 (en bordeaux). En bleu, étendue des vasières : en bleu
clair, extension en 1987 avant la construction de routes et du Pont de Normandie);
en bleu foncé, vasières actuelles.
Schéma : Ornithomedia.com |
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Le plus grand chantier maritime
européen de ces trente dernières années est enfin terminé,
et le jeudi 30 mars, le ministre de l'Equipement Dominique Perben a inauguré
Port 2000, le nouveau port du Havre qui, grâce à un quai unique protégé
par une digue de six kilomètres, sera capable de recevoir simultanément
douze porte-conteneurs longs de plus de 300 m.
Le Havre devrait ainsi acquérir une capacité d'accueil de 3 millions
d'EVP (équivalent vingt pieds, taille historique des conteneurs) dès
2008, contre 2 millions aujourd'hui.
Ce projet est la suite de nombreux aménagement industriels et portuaires
qui ont successivement fragilisé et appauvri l'écosystème
de l'estuaire; mais cette fois, il s'acccompagne de travaux environnementaux destinés
à compenser au moins partiellement les dégats occasionnés.
Le
reposoir sur dune
Le
volet environnemental de Port 2000 fait, depuis le début, partie intégrante
du projet. Près de 46 millions d'euros lui ont été affectés
(ce qui constitue une première pour un chantier portuaire), dont la moitié
pour la réhabilitation des vasières, projet complexe mais essentiel
pour la vie dans l'Estuaire de la Seine.
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Reposoir
sur dune. Le site A (en haut de la photo) a été choisi pour l'installation
de l'ouvrage de gestion hydraulique des niveaux d'eau du reposoir
Source : Port
du Havre |
La toute première réalisation
de Port 2000 a d'ailleurs été un chantier environnemental, avec
la création d'un reposoir sur dune achevé en février 2002,
alors que les travaux portuaires venaient juste de démarrer.
Ce premier élément
a été mené en coopération entre aménageurs
et certains acteurs environnementaux (DIREN, Maison de l'Estuaire, associations).
Depuis février
2002, un suivi de son fonctionnement et de sa fréquentation est effectué
en lien avec la DIREN et la Maison de l'Estuaire, gestionnaire de la Réserve
Naturelle de l'Estuaire de la Seine.
Les observations effectuées sont semble-t-il très encourageantes
et ont permis de définir quelques mesures complémentaires pour en
améliorer encore le fonctionnement, portant en particulier sur la gestion
hydraulique des niveaux d'eau du reposoir sur dune, grâce à un ouvrage
mobile.
Afin d'améliorer la
capacité d'accueil du reposoir sur dune, un aménagement supplémentaire
a été réalisé courant juillet et août 2003 dans
la partie Nord-est du reposoir dans le but d'accueillir des avocettes en période
de nidification. Les travaux de remodelage ont consisté au creusement d'un
réseau de fossés toujours en eau autour de 5 îlots à
pentes douces. Ce système
est déconnecté du reste du reposoir par un merlon, une buse équipée
d'un clapet anti-retour qui permet de gérer avec précision le niveau
(apport et vidange) et d'être indépendant de la gestion hydraulique
du reste du reposoir.
La réhabilitation
des vasières
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Le
creusement du chenal destiné à améliorer la circulation de
l'au sur les vasières nouvellement créées
Source : Port
du Havre |
Le chantier de réhabilitation
des vasières, projet complexe, devait s'achever fin 2005.
La première étape a consisté, durant l'été
2003, à créer le soubassement de l'épi dans la fosse nord
de l'estuaire à droite de la tour radar de Honfleur. Les évolutions
constatées in situ (remontée des fonds et amorce de vasière)
ont confirmé les études, ce qui a permis de lancer la deuxième
phase des travaux: de septembre à décembre 2004, l'épi a
donc été rehaussé sur quasiment toute sa longueur (500 mètres)
et la digue basse nord sur une longueur de 2 000 mètres (en aval du pont
de Normandie, entre la brèche et l'épi).
La troisième et dernière étape de ce programme a eu pour
but d'améliorer la circulation d'eau et créer des vasières
complémentaires à l'amont du Pont de Normandie pour préserver
les nourriceries. Démarrée fin 2004, elle comprend le creusement
d'un chenal environnemental (100 m de large, 2,8 km de long) et la création
d'une brèche au débouché amont du chenal tout en relevant
la brèche actuelle.
Les déchets ont été stockés dans une chambre
de dépôt, au nord de la Route de l'Estuaire. Après décantation
des sédiments dragués dans ses bassins, l'eau récupérée
dans la chambre est pompée vers l'estuaire de la Seine.
La réalisation
d'un ilôt-reposoir
Un l'îlot reposoir
situé dans la partie Sud de l'estuaire (en face de Villerville) a été
créé. Il mesure 320 mètres de long par 200 m de large.
Ses caractéristiques
principales (forme, niveau des terrains) ont été arrêtées
à l'origine en très étroite concertation avec les DIREN de
Haute et Basse-Normandie et le GONm (Groupe Ornithologique Normand). Conçu
pour accueillir les oiseaux marins et diversifier les sites d'accueil et de tranquillité
pour les différentes espèces, cet îlot de 5 hectares d'un
seul tenant à marée basse forme, à marée haute, 3
îlots émergents d'une superficie totale de 1,5 hectare. Il a été
constitué à partir de 57 000 tonnes d'enrochements en provenance
du Cotentin et de 610 000 tonnes de matériaux sablo-graveleux issus de
dragages du chenal de Port 2000.
Les travaux ont duré d'octobre 2004 à la mi-avril 2005.
Toute présence
humaine y est interdite, conformément au décret de la Réserve
Naturelle afin de préserver la quiétude du lieu.
Un plan de réhabilitation
global
Ces mesures s'inscrivent plus goblament dans un plan de réhabilitation
de l'estuaire, avec entre autres la création d'une Maison de l'Estuaire.
Des résultats
mitigés (source : Les
ailes de la Baie de J.-P. Saliou)
Avant la création
de Port 2000, l'estuaire de la Seine souffrait déjà de nombreux
maux. La sédimentation à l'embouchure des limons de la Seine se
conjuguent avec l'envahissement des roselières pour réduire progressivement
les surfaces de vasières vivantes.
Les travaux d'endiguement du chenal maritime de la Seine, le canal de Tancarville
et les diverses structures logisiques et industrielles ont aussi rompu les échanges
hydrauliques en provenance de la Seine vers les marais.
Les ouvrages d'art comme le Pont de Normandie ont modifié le cours de la
Seine en en réduisent la largeur, créant ainsi un plus fort courant
qui érode les vasières aval et provoquant une sédimentation
de secteurs de vasières préexistants tel le banc herbeux, ancien
îlot de vase au centre de la Seine et maintenant intégré à
la rive nord.
Mais la création de Port 2000 a eu d'autres effets négatifs; il
s'étend ainsi sur des terrains (251 ha) autrefois non chassés et
qui étaient propices à la vie de nombreuses espèces menacées.
Ces milieux étaient constitués de vasières relictuelles,
de roselières inondées parcourues de canaux et bordées de
faibles surfaces de roselière sèche, favorables à la nidification
d'espèces menacées comme le Butor étoilé.
Il existe un projet de remplacement de ces 251 ha proposé par Direction
Régionale de l'Environnement, par l'association de chasse sur le domaine
public maritime et qui aurait reçu l'aval de la Maison de l'Estuaire. Mais
il consisterait à classer non chassables des terrains déjà
non chassés, certains étant à vocation économique
prochaine ou actuelle (bordures d'autoroute, zones industrielles) et qui n'ont
absolument rien de commun avec ceux qui disparaissent ...
Sites web à
visiter
- www.havre-port.net
- salioujp.club.fr/depart2.htm
- www.naturoscope.org
- www.univ-lehavre.fr/cybernat/pages/homepage.htm
- gonm.free.fr
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