Les marais du sud
Toutes les photos et informations des chapitres suivants nous ont été communiquées par le site de l'Eden Again, un projet soutenu par l'Iraq Foundation.
Vous pouvez situer les lieux ci-dessous sur notre carte des marais irakiens en décembre 2005.
L'Abu Zirig
Ce marais est localisé au nord de Nasiriyah, du côté occidental des anciens marais centraux. Il a été inondé en avril 2003 par une action directe du Ministry of Water Resources sur demande de la population locale. Le secteur a une surface d'environ 120 kilomètres carrés, et la restauration progresse très vite, avec déjà des roseaux de plus haut de 2 mètres de haut.
L' Iraq Foundation surveille activement ce marais, au niveau des propriétés physiques de l'eau et par le biais d'indicateurs écologiques. 45 espèces d'oiseaux ont été recensées lors d'un comptage. Trois de ces espèces sont classées comme étant en danger ou endémiques.
Le secteur est très utilisé pour la pêche par les habitants des villages alentours. En février 2004, approximativement 120 bateaux équipés avaient été comptés en un après-midi. Mais des méthodes de pêche non sélectives sont hélas utilisées, dont des filets aux mailles très fines. Le poison aurait aussi été employé durant l'hiver 2003-2004, mais les personnes ont été chassées par les habitants, et les chefs tribaux ont annoncé que quiconque emploierait du poison serait traité "sévèrement".
L'écoulement de l'eau dans le marais a été régulé par le Ministry of Water Resources et le marais semble être dans un très bon état, même en été.
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Inondation à Abu Zirig, septembre 2003
Source : Eden Again
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Route inondée, Abu Zirig, septembre 2003
Source : Eden Again
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Le désert revit, Abu Zirig, septembre 2003
Source : Eden Again
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Brèche dans une digue, Abu Zirig, octobre 2003
Source : Eden Again
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Pousses de roseaux, Abu Zirig, octobre 2003
Source : Eden Again
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Pêcheurs, Abu Zirig, février 2004
Source : Eden Again
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Le marais de Karmashia
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Repousse de la végétation, Karmashia, octobre 2003
Source : Eden Again |
Ce marais est localisé au sud-est de Nasiriyah, à l'extrémité de l'ancien marais Hammar.
Ce secteur est inondé depuis mai 2003 en raison de la réouverture des débouchés de plusieurs affluents de l'Euphrate. Sa surface augmente lentement au fur et à mesure que l'eau arrive, et pourrait atteindre plus de 100 km².
Sa couverture végétale est variée, du fait notamment de profondeurs d'eau contrastées.
Plus de 30 espèces d'oiseaux ont été observées ici en mars 2003, dont de nombreux migrateurs.
Les pêcheurs attrapent de grandes quantités de poissons; ainsi, pendant une heure en février 2004, cinq
pick-ups chargés de poissons ont été vus quittant le secteur.
Du riz a été moissonné en novembre 2003,
et ce pour la première fois en 12 ans. En janvier 2003, plus de 1 000 personnes sont revenues dans la zone. Approximativement 75 familles se sont installées sur le remblai de sécurité, qui était autrefois utilisé par le régime de Saddam Hussein pour intervenir rapidement. Ironiquement, ce remblai est devenu la voie
principale de retour des réfugiés ...
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Pirogue, Karsmashia, octobre 2003
Source : Eden Again
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Roselière ayant repoussé, Karsmashia, octobre 2003
Source : Eden Again
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La première récolte de riz depuis 12 ans, Karsmashia, octobre 2003
Source : Eden Again
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Village reconstruit, Karsmashia, octobre 2003
Source : Eden Again
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Mudthif al-Winaise, Karsmashia, février 2004
Source : Eden Again
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L'Hawr al-Hammar
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Ancien habitant vivant en ville et revisitant le marais, sepetmbre 2003
Source : Eden Again |
L'Hawr al-Hammar est situé au sud de l'Euphrate; il s'étend de Nasiriyah à l'ouest à la périphérie de Bassora sur le Shatt al-Arab à l'est. Aux sud, une ceinture dunaire borde les marais.
La zone était constituée autrefois de 2 800 kilomètres carrés de marais et de lacs permanents, atteignant plus de 4 500 kilomètres carrés pendant les inondation saisonnières.
Le lac Hammar, qui dominait le marais est le plus grand du bas-Euphrate : à la fin des années 80, il mesurait approximativement 120 kilomètres de long et 25 kilomètres de large. La profondeur maximum de l'eau allait de 1,8 à 3 mètres.
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Lac Hammar de nouveau en eau, juin 2003
Source : Eden Again |
Pendant les années 90, le marais de Hammar a été complètement asséché à cause des structures de drainage mises en place :
- deux barrages sur l'Euphrate (un à Nasiriyah et un à Medina) construits pour diminuer l'écoulement de l'eau dans le marais;
- des écluses et des barrages sur des affluents de l'Euphrate pour limiter l'écoulement de l'eau;
- deux canaux et une canalisation qui ont détourné l'eau du fleuve et les eaux de drainage loin des marais;
- des digues et des levées le long de la rive sud du fleuve;
- et une série de fossés et de polders pour vidanger le secteur restant.
En 2002, le marais avait disparu.
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Nouvelles roselières, Lac Hammar, printemps 2004
Source : Eden Again |
En 2003, les habitants locaux et le Ministry of Water Resources irakien ont commencé à refaire revenir l'eau dans les marais en ouvrant les portes des écluses dans les secteurs de Karmashia et d'Al Tar, en creusant une brèche dans les remblais, et en menant d'autres actions dans le sud. L'eau de l'Euphrate est revenue à l'ouest et au nord de l'Hammar dans la région de Karmashia et du Shatt al-Arab au sud-est, en passant par Garmat Ali. Au printemps 2004, ces secteurs étaient presque reliés, bien que les grandes
structures de drainage empêchent encore efficacement les contacts entre eux.
Le Gamat Ali
Ce marais est situé au nord de Bassora, à l'extrémité de l'ancien lac Hammar. Les digues entre l'ancien marais et le Shatt Al-Arab ont été démolies par les habitants locaux en avril 2003, et l'eau est remontée du Golfe Persique sous l'action des marées, apportant à nouveau les eaux du Shatt dans le marais (malgré le gradient topographique).
La circulation de l'eau dans les secteurs inondés n'est pas aussi bonne que dans d'autres secteurs, car elle est limitée à l'action des marées.
Cependant, la surface concernée a progressivement augmenté et atteint maintenant les remblais des gisements de pétrole de Rumayllah. Quelques habitants sont revenus dans leurs anciens champs (collines à l'extrémité des anciens marais) et y replantent des arbres et des légumes. Les fermiers doivent périodiquement retourner
à Bassora pour rapporter de l'eau potable, car la salinité de l'eau est d'approximativement 2 000 ppm (proche de celle du Shatt).
Les pêcheurs travaillent régulièrement dans les eaux de Garmat Ali et génèrent un revenu correct. Les poissons sont petits ou de taille moyenne car les filets utilisés ont des mailles fines. Ces pratiques risquent ainsi d' épuiser les ressources naturelles du secteur; toutefois, les personnes ont faim et n'ont aucune autre manière de faire vivre leurs familles. C'est d'ailleurs un problème dominant dans les marais remis en eau et qui ne va pas être facilement résolu si l'on ne trouve pas de ressources de subsitution.
Au-delà des zones agricoles, peu de végétation a repoussé, et les oiseaux sont peu nombreux; ceci peut être dû à la profondeur des eaux, qui limite la germination des graines aux bordures des remblais. Certains fermiers locaux ont par ailleurs planté des pousses de phragmites pour protéger leurs remblais contre l'érosion.
Contact
Dr. Suzie Alwash
- Senior Project Advisor
- Tel : (714) 606-2955
- E-mail: salwash@elcamino.edu
- Site web : www.edenagain.org.
Sites web à visiter
- PNUE : www.unep.org
- IMOS : http://imos.grid.unep.ch
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