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Une observation extraordinaire
| Situation
de la dépression de Manych-Gudilo, où a été vue une troupe
de 1200 Vanneaux sociables durant l'automne 2005 |
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Le Vanneau sociable (Vanellus
gregarius) est un limicole très rare qui se reproduit actuellement au Kazakhstan
et dans la partie centrale de la Russie méridionale.
Les estimations réalisées lors d'un atelier sur l'espèce qui s'est tenu
à Moscou en avril 2002 suggèrent qu'il ne resterait que 200 à 600 couples
reproducteurs.
Or, durant l'automne 2005, un étudiant en ornithologie de l'université
de Stavropol, au nom jusqu'à présent inconnu, a pu observer et filmer
une troupe de 1200 oiseaux dans les très riches marais salins de Manych-Gudilo,
une partie du vaste refuge de Cherny Zemly Zapovednik, dans le sud-ouest de la
Russie; la zone, méconnue par les observateurs du fait d'un accès
compliqué, se révèle donc être d'une grande importance
pour l'espèce, et met en avant la difficulté d'évaluer les
effectifs exacts d'un oiseau nichant dans les immenses steppes de la région.
Pour en savoir plus sur le Vanneau sociable, lire notre article A
propos du Vanneau sociable de Sorques d'octobre 2005.
Abstract
Sociable Lapwing (Vanellus
gregarius) is a rare Wader which breeds currently in Kazakhstan and central part
of southern Russia. Estimates made during Sociable Plover Workshop in Moscow (April
2002) suggest that the situation is serious : world population would be as low
as 200-600 breeding pairs (= 600-1,800 birds).
During the Fall 2005, ornithological student at Stavropol University, whose name
is unknown at present, filmed a flock of 1200 birds in the Manych-Gudilo marshes,
a part of the Cherny Zemly Zapovednik refuge (Kalmykia Republic), a very rich
but unknown area in the South-west of Russia !
Une troupe de 1200 Vanneaux sociables
Le refuge de Cherny Zemly Zapovednik
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Grues demoiselles
(Grus virgo) dans la dépression de Manych-Gudilo
Source : www.shpilenok.com |
Le refuge de Cherny Zemly
Zapovednik se situe dans la République de Kalmoukie, au sud-ouest de la Russie.
Le refuge se compose de deux parties; la plus vaste (91 000 ha), compris dans
les régions administratives de Komsomolskoye
et de Yashkule, protège des steppes et des zones semi-désertiques proches de la
Mer Caspienne. Une zone-tampon de 56 000 ha entoure cette section. L'altitude
moyenne est de 24 mètres au-dessous du niveau de la mer, car la région était
autrefois recouverte par celle-ci. Cherny Zemly, qui signifie "terres noires"
en russe, tire son nom du fait qu'en hiver la neige est emportée par les vents
violents, laissant apparaître un sol paraissant stérile et sombre.
Alors que les hivers sont froids, avec des températures pouvant chuter à -30 °C,
les étés sont chauds et secs, avec des températures dépassant parfois 40°C. Les
pluies sont rares et les gardes doivent emporter leurs réserves lors de leurs
tournées.
Plusieurs milliers d'Antilopes saïgas y vivent, chassées par plusieurs meutes
de loups. C'est aussi
une zone importante pour la Grue demoiselle (Grus virgo).
L'autre partie du refuge est
la zone des marais et du lac de Manych-Gudilo (connue également sous le nom de
réservoir de Proletarskoye), et couvre une surface de 30 900 ha. Les eaux du secteur
s'écoulent dans le fleuve Don qui se jette dans la mer d'Azov. Le lac est long
et étroit, couvrant une surface de 344 km2, avec une profondeur moyenne de moins
d'un mètre. La rive sud-est du réservoir de Manych-Gudilo est protégée, et une
zone-tampon de 34 000 ha a été créée. Cette section
est nettement différente de la plaine sèche alentour. L'eau y est abondante, mais
elle est si salée que peu de poissons peuvent survivre. Les nombreuses petites
îles près du rivage constituent des endroits sûrs pour les colonies d'oiseaux,
mais ceux-ci doivent se diriger vers les secteurs d'eau douce pour chasser.
Des collines bordent le lac, s'abaissant progressivement vers les eaux peu profondes
et salines du réservoir.
L'observation incroyable
Jeff Gordon, un observateur anglais, vit depuis plusieurs années
non loin des marais de Manych. Il a pu constaté la richesse de la zone,
même s'il reconnaît que ses connaissances sont bien moindres que celles
des ornithologues russes.
Il nous a transmis des photos et un film
réalisés durant l'automne 2005 par un étudiant anonyme de
l'université de Stavropol d'une énorme troupe de 1 200 Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius) en halte migratoire.
Il nous présente quelques photos ci-dessous, et nous vous proposons de
visualiser le petit
film qu'il a mis en ligne.
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Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius), dépression de Manych-Gudilo, Russie, automne
2005
Photo : étudiant anonyme de l'univesrité de Stavropol |
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Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius), dépression de Manych-Gudilo, Russie, automne
2005
Photo : étudiant anonyme de l'univesrité de Stavropol |
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Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius), dépression de Manych-Gudilo, Russie, automne
2005
Photo : Jeff Gordon |
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Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius), dépression de Manych-Gudilo, Russie, automne
2005
Photo : étudiant anonyme de l'univesrité de Stavropol |
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Vanneaux
sociables (Vanellus gregarius), dépression de Manych-Gudilo, Russie, automne
2005
Photo : étudiant anonyme de l'univesrité de Stavropol |
- Voir également
un plan large
de la troupe de Vanneaux sociables.
- Visualiser la vidéo.
Une région très variée
La zone comprise par la chaîne du Caucase au sud, les marais de Manych-Gudilo
au nord et les limites de la plaine de Stavropol Krai à l'est et à l'ouest constitue
un secteur remarquable.
La diversité des habitats y est incroyable, allant des pics et glaciers permanents
permanents, prairies alpines et forêts de conifères aux steppes de
Cherny Zemly Zapovednik et aux marais de Manych, en passant par les affleurement
rocheux et les cultures du Stavropol Krai.
La diversité des espèces est également étonnante :
- Tétras du Caucase, Rougequeue de Guldenstadt et Roselin tacheté près des sommets
des montagnes;
- Gypaète barbu, Vautour fauve, Aigle impérial, Aigle royal, Circaète jean-le-blanc,
pics, Alouette haussecol, Accenteur alpin, Sittelle de Kruper, Serin à front rouge,
Chocard à bec jaune, Crave à bec rouge, Bruant fou sur les collines et dans les
plaines;
- Epervier à pieds courts, Faucon crécerellette, Outarde canepetière, alouettes,
pies-grièches et Bruant mélanocéphale dans les zones agricoles;
- Nombreuses espèces nicheuses et migratrices dans les marais de Manych-Gudilo.
Les marais de Manych-Gudilo
Les marais et le lac de Manych-Gudilo constituent un lieu important pour la reproduction
d'espèces rares en Russie. En 1997, 150 couples de Spatules blanches (Platalea
leucorodia) y ont été recensés.
Les Pélicans blancs (Pelecanus onocrotalus) et frisés (P. crispus) nichent aussi,
avec environ 50 couples pour chaque espèce (1997) ; mais ces estimations semblent
peu fiables.
De grandes colonies de Grands Cormorans (Phalacrocorax carbo) se sont établies
sur les îles du réservoir de Manych-Gudilo. Les Cygnes chanteur (Cygnus cygnus)
et tuberculé (C. olor) se reproduisent aussi dans ce secteur.
Les Grandes Aigrettes (Egretta alba) et les Aigrettes garzettes (E. garzetta)
se reproduisent dans les roselières, pêchant dans les secteurs d'eau douce.
Les Goélands pontiques (Larus cachinnans) font à leurs nids à côté des hérons,
attaquant souvent sur leurs poussins.
De 400 à 500 couples de Goélands railleurs (Larus genei), de 300
à 500 couples de Mouettes mélanocéphales (Larus melanocephalus),
de 70 à 100 couples de Sternes hansel (Sterna nilotica) et de 60 à
90 couples de Sternes naines (Sterna albifrons) seraient présents, mais
il ne s'agît que d'estimations (Birdlife, 1997).
De même, des populations comptant de 50 à 100 couples de Glaréoles
à ailes noires (Glareola nordmanni), de 60 à 100 couples de Chevaliers
gambettes (Tringa totanus), de 100 à 140 couples d'Echasses blanches (Himantopus
himantopus) ont été estimées (Birdlife, 1997).
Des milliers d'anatidés hivernent dans la zone, dont de 1000 à 4000 Bernaches
à cou roux (Branta ruficollis) et des Tadornes casarca (Tadorna ferruginea).
De 6000 à 10 000 Oies cendrées (Anser anser) font une halte dans
la dépression durant les passages migratoires.
Un accès difficile
Jeff Gordon nous informe que l'accès à la zone est compliquée pour l'observateur
occidental
Un visa, qui doit être demandé longtemps à l'avance, est indispensable pour aller
en Russie. Durant les 3 jours suivant votre entrée, ce visa doit être enregistré
par l'hôtel où vous restez, par votre voyagiste ou par vous-même auprès du bureau
d'immigration local du secteur où vous séjournez. Si vous n'effectuez pas ces
démarches, vous risquez de rencontrer des tracasseries avec la police locale.
Le secteur, excepté sur les pentes enneigées, n'est pas adapté au tourisme. Les
hôtels et les gîtes existent, en particulier dans les villes et les villages les
plus importants, mais la location de 4x4 est quasi-impossible.
Il existe de nombreuses cartes, mais les guides sont difficiles à trouver, à moins
que vous n'ayez des contacts dans le secteur.
Il n'existe pas de rapports de voyage sur la zone.
La sécurité, en particulier dans le sud de Stavropol Krai, n'est pas toujours
assurée, et il est préférable d'essayer de partir en groupe organisé.
Malgré ces désagréments, l'exploration des 340 kilomètres x 60 kilomètres des
marais de Manych assurera de nombreuses découvertes à l'observateur.
Autre article
A
propos du Vanneau sociable de Sorques d'octobre 2005
Sites web à visiter
- un superbe site de photos sur la Russie sauvage : www.shpilenok.com
- un site très complet sur les zones naturelles de Russie : www.wild-russia.org
Contact utile
Jeff et Olga Gordon
E-mail : jeffandolga AT gmail.com
Tel: +7 87934 20092
Mobile: +7 928 3444439
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