 |
 |
 |
 |
|
A la recherche du Pic
impérial |
 |
|
Une possible observation très hypothétique
| Situation
du Copper Canyon, où une femelle de Pic impérial aurait été
vue début novembre 2005 |
 |
Le Pic impérial (Campephilus
imperialis) était le plus grand pic du monde, et il vivait dans les vieilles
forêts de pins de la Sierra madree Occidentale au Mexique. La dernière
observation confirmée date de 1956.
Mais deux professeurs d'université ont annoncé début novembre
2005 qu'ils auraient observé une possible femelle de Pic impérial
(Campephilus imperialis) dans le secteur de Posada Barrancas, près de Divisadero
dans l'état de Chihuahua, et cela dans de bonnes conditions de lumière...
Aussitôt, des observateurs américains se sont déplacés
dans la zone, et Ornithomedia.com a participé au financement d'une expédition
organisée par Greg R.
Homel. Il nous a transmis son premier rapport, qui n'est pas très optimiste
...
Lire aussi : l'extinction
du Pic impérial.
Abstract
The largest woodpecker in the
world, the Imperial Woodpecker (Campephilus imperialis) called "pitoreal"
in the Sierra Madre Occidental (Mexico) is officialy extinct since 1956, when
the last data was confirmed..
November the 6th, 2005, two American birders, Ron and Sarojam Mankau believed
that they had a positive sighting of a female Imperial Woodpecker near Posada
Barrancas on the rim of the Copper Canyon. The bird was very unique because of
the reverse crest (see Peterson Mexican Birds Plate 23 or Howell Mexican Guide
Fig 44, page 776) and the large size (20-22").
Sevral birders, including John Spencer and Greg R. Homel decided to go to the
area to search for the birds, but their resulats were quite disappointing.
Une femelle très
fantomatique
L'annonce
 |
Pic impérial
(Campephilus imperialis) femelle retournant au nid, telle que l'avait vu Robert
M. Mengel dans les années 50
Desin : Ornithomedia.com, d'après Robert M. Mengel |
Dans un message posté
le 11 novembre 2005 par John Spencer sur la liste de diffusion Mexico-Birding
Yahoo! group, on apprend que deux professeurs d'université auraient observé
le 6 novembre 2005 une possible femelle de Pic impérial (Campephilus imperialis)
dans le Copper Canyon, dans l'état de Chihuahua, près de Divisadero,
et cela dans de bonnes conditions de lumière...
Le Pic impérial est le plus grand pic du monde, et il aurait disparu dans
les années 60 (lire L'extinction
du Pic impérial).
Voici le message original traduit posté par John Spencer sur la liste de
diffusion :
"Ron et Sarojam Manakau sont des observateurs qui sont de bons amis. Ils
vivent (à temps partiel) près de Cabo Pulmo au Mexique. Ils sont
tous les deux professeurs au laboratoire de biologie d'UC Riverside (University
of California). Ils
reviennent juste d'un voyage dans le Copper Canyon, où ils ont fait de
splendides observations ... ils ainsi sont sûrs, mais absolument certains,
d'avoir vu une femelle de Pic impérial (!) près de Divisadero, sur
la crête nord de la gorge.
Je les ai interrogé longuement, et ils étaient certains de leur
identification, basée sur la description de Peterson. Howell avait dit
que l'oiseau s'était éteint en 1956, tandis que Peterson pensait
lui que l'espèce était très rare mais pas disparue.
Ils jurent avoir vu une femelle, avec une huppe très originale, orientée
vers l'avant. Ce sont des observateurs expérimentés et des professeurs
de biologie à UC Riverside. Ils ont observé partout dans le monde
et sont vraiment bons. Je crois à leur observation.
Ils ont vu l'oiseau à environ 9 m de haut dans un pin, s'accrochant au
tronc.
Ils étaient placés à environ 15 à 20 m, avec une bonne
lumière. Ils ont observé l'oiseau pendant environ 2 minutes, pendant
lesquelles l'oiseau a tourné sa tête, permettant de voir sa huppe
sous plusieurs angles, correspondant tout à fait au dessin de Peterson.
L'oiseau est parti au loin avec un vol lent et lourd (comme celui d'un corbeau).
Aucun bruit n'a été entendu.
L'observation a été faite à 7h du matin sur le sentier près
du grand hôtel sur la crête de la gorge.
S'ils ne se sont pas trompés (et j'en suis persuadé), je vais moi
aussi
passer plusieurs jours à observer dans ce secteur après Thanksgiving
[...]".
Financement d'une expédition
Un orrnithologue américain, Greg R. Homel, a pu vérifier l'identité
des observateurs, et les questionner afin de juger de leur sincérité.
Ornithomedia.com a donc décidé de sponsoriser le départ sur
place de Greg.
Les recherches de John Spencer
Secteur
de Posada Barrancas
Carte : Ornithomedia.com |
 |
John Spencer, qui avait le
premier posté sur la liste Mexico Birding la possible découverte
de Ron et Sarojam, est parti sur place le 10 novembre 2005 pendant 4 jours. Il
a posté sur son site www.bajajohn.com
le récit de son séjour : en voici une synthèse :
"Cette histoire débute le dimanche 6 novembre 2005 par un échange
avec Ron et Sarojam Manakau, deux amis de longue date. Ron, Sarojam et moi avons
observé ensemble pendant plusieurs années au sud de la Basse Californie
au Mexique [...]. Ils m'ont ce jour-là indiqué qu'ils avaient observé
un oiseau éteint depuis longtemps, le Pic impérial !
Alors qu'ils séjournaient à l'hôtel Mirador de Posada Barrancas,
situé sur une arête dominant le Copper Canyon, ils auraient vu un
très probable Pic impérial femelle. L'oiseau était très
reconnaissable en raison de sa huppe orientée vers l'avant (Peterson Mexican
Birds planche 23 ou Howell Mexican Guide, fig. 44, page 776) et de sa grande taille
(20-22 pouces).
J'ai pris le ferry le 10 novembre entre La Paz (péninsule de Basse Californie)
et Topolabompo. J'ai ensuite passé trois jours dans la ville de l'EL Fuerte,
campant et observant dans le secteur (trois promenades matinales, 35 espèces
différentes observées).
J'ai quitté El Fuerte
le matin du 15 novembre et ai pris le train à 11h. Il est arrivé
à Barrancas à 16h30 : le paysage montagneux était fantastique
[
].. Au lieu de séjourner dans l'hôtel Mirador (230 dollars
la nuit !), j'avais réservé dans un petit motel mexicain avec une
chambre à 20 dollars, avec un repas familial pour 6 dollars seulement par
jour !
- Premier jour, à
Posada Barrancas. Lever à 06h00. Il fait très froid, et la terre
a gelé. J'ai grimpé jusqu'à la crête qui domine la
gorge. Aucun oiseau entendu ou vu. Le soleil s'est levé très soudainement,
car il n'y a presque pas de crépuscule dans les tropiques. Les seuls oiseaux
observés étaient des Merles migrateurs (nombreuses bandes lâches
de vingt ou trente oiseaux), plusieurs Geais de Steller (Cyanocitta stelleri)
et des Pics glandivores (Melanerpes formicivorus); je me serais cru dans un état
de l'Ouest américain en été ! Plutôt que de perdre
du temps, je suis revenu au motel à huit heures pour prendre un café
et me restaurer.
 |
John Spencer
n'a vu que des Pics glandivores (Melanerpes formicivous) dans le secteur de Posada
Barrancas ...
Source : www.ruidoso.com |
Roy a proposé que je
revienne sur la crête une fois que le soleil ait réchauffé
l'atmosphère et il avait raison : j'ai pu observer 15 espèces durant
les quatre heures suivantes, dont une Paruline à ailes blanches (Myioborus
pictus) et trois endémiques : le Merle à dos roux (Turdus rufopalliatus),
la Paruline à croissant (Parula superciliosa) et le Tangara érythrocéphale
(Piranga erythrocephala). L'après-midi a été très
calme. J'ai recherché le Pic impérial sans succès.
- Deuxième jour, à Posada Barrancas : j'ai décidé
faire un tour avec Roy, le propriétaire du motel. Nous avons marche longuement
dans les spots locaux intéressants. Nous avons visité un lac de
montagne où j'ai noté des Martins-pêcheurs d'Amérique
(Megaceryle alcyon) et verts (Chloroceryle americana).
A la Casada (chute d'eau) Cusarare, j'ai observé des Geais de Steller,
des Grands Corbeaux (Corvus corax) et des Moqueurs à bec courbe (Toxostoma
curvirostre). [
]. L'habitat semblait plus favorable pour le Pic impérial,
mais aucun oiseau en vue..
- Troisième jour, à
Posada Barrancas : j'ai décidé de parcourir le secteur où
Ron et Sarojam ont vu l'oiseau. Avant le lever du soleil, j'ai roulé jusqu'à
Divisadero, à environ trois miles de là. Posada et Divisadero sont
situés en bordure de falaise, dans un secteur où poussent de jeunes
forêts de pins. L'habitat du Pic impérial est constitué de
vieilles forêts, mais c'est dans ce secteur que l'oiseau aurait été
aperçu. Entre sept heures et midi, j'ai marché lentement, observant
et écoutant attentivement. Les seuls oiseaux que j'ai vus étaient
des Pics glandivores stockant de la nourriture pour l'hiver. Cela a été
une promenade très décevante [...].
Ma promenade a fini à l'hôtel Miramar où j'avais demandé
à Roy de me prendre pour retourner à son motel. Il attendait et
il parlait avec un homme [...], Greg R. Homel, un ornithologue de terrain qui
parcourt le Mexique depuis longtemps. Son but depuis vingt ans est de trouver
le Pic impérial. Il avait lu mon message, m'avait envoyé un e-mail,
et il avait téléphoné à Sarojam Mankau. Après
lui avoir parlé, il a estimé qu'il pouvait y avoir une chance que
l'observation d'un pic impérial soit possible. Greg et moi avons passé
quelques heures à parler ensemble des secteurs couverts et des observations
faîtes. Nous avons estimé tous les deux que je n'avais pas parcouru
le meilleur habitat, lui qui a une bonne connaissance du secteur.
J'ai encore consacré le lendemain matin à la recherche du Pic impérial,
sans succès, puis j'ai pris le train de l'après-midi vers El Fuerte
[
].
Les recherches de Greg R. Homel
 |
Vue du Barranca
del Cobre : les forêts de pins sont toutes assez jeunes, peu favorables
au Pic impérial
Source : ElGustodeViajar |
Greg Homel nous a transmis
vendredi 25 novembre un point sur son expédition dans le secteur de Posada
Barrancas. Et les nouvelles ne sont pas très bonnes
"Je suis de retour
après une semaine de recherches épuisantes et approfondies du possible
Pic impérial femelle ou immature. Malheureusement, malgré mes efforts,
je n'ai localisé ni oiseau ni habitat approprié dans un rayon de
50 km autour de la localité de la donnée. Finalement, après
moult hésitations, je suis retourné aux États-Unis, non sans
avoir interrogé les habitants locaux; mais les interviews n'ont donné
aucun résultat, même si certaines personnes se rappelaient de l'existence
du "Pitoreal" dans le secteur il y a des décennies
.
Avant d'avoir pris connaissance de la possible observation d'un pic impérial,
j'avais réservé deux mois (début novembre - début
janvier) pour rechercher le Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis)
dans l'Arkansas. Après la lecture du message de John Spencer, j'ai contacté
Sarojam Manakau, l'un des observateurs du possible pic. J'étais disposé
à utiliser une à deux semaines si les indices semblaient valables
sur le terrain, mais cela n'a pas été le cas, et j'ai donc décidé
de revenir à mes projets initiaux.
Je pense toutefois qu'il existe une possibilité que Sarojam (à qui
j'ai parlé personnellement par téléphone) et Ron Manakau
aient réellement vu un Pic impérial dans le secteur de Barranca
del Cobre début novembre, et c'est pour cela que j'ai décidé
de retourner sur place plus tard dans l'année. pour explorer les trois
meilleurs habitats restants
J'ai vraiment essayé de trouver cet oiseau ! Peut-être existe-t-il
encore un pic errant dans le secteur de Barrancas-Divisadero, à la recherche
d'un biotope correct ...".
A lire
L'extinction
du Pic impérial.
Réagissez à cet article sur notre forum Voyage
/ Observations ou
par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.
|
|
 |
 |
 |
|
 |
| |
|
 |
|
|
|
 |
|
 |
|
 |
|
 |