Une synthèse riche d'enseignements
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Pluvier guignard
(Charadrius morinellus) juvénile, Ouessant, Finistère, août
2002
Photo : Aurélien Audevard |
En 2005 se sont tenus pour
la quatrième année consécutive (depuis l'automne 2002) trois
comptages simultanés du Pluvier guignard (Charadrius morinellus) en France
le 1er mai 2005, le 27 août 2005 et le 17 septembre 2005.
Ce limicole peu
connu et très coloré fait partie en France des migrateurs rares
et est sur liste rouge des espèces menacées enEurope.
François Legendre (fl1973@yahoo.fr),
initiatieur et coordinateur avec Emmanuel Roy et Jacques Dalmau, nous présente
ici la synthèse 2005 de ces trois comptages, pleine d'enseignements.
Lire aussi nos articles Rechercher
le Pluvier guignard en automne et Participez
aux deux comptages automnaux du Pluvier guignard.
Abstract
For the 4th year,
three national counts of the Mountain Dotterel (Charadrius morinellus) were organized
in France the 1st of May, the 27th of August and the 17th of September 2005 (near
the peaks of the migration of adults and juveniles).
In this article, François Legendre (fl1973@yahoo.fr),
who coordonates nationally with Emmanuel Royand and Jacques Dalmau these counts,
proposes us a synthesis of the results of these actions. We discover that in Spring,
the species prefers the plains.
Les comptages du 1er mai
2005
Remarques générales
La participation fut beaucoup
moins importante que pour les passages post-nuptiaux, mais tout de même
conséquente avec un résultat final au-delà de nos espérances
: 21 oiseaux furent notés simultanément, l'un des nombres les plus
importants obtenus en France le même jour en passage pré-nuptial
depuis 1927 au moins.
| Départements
où des Pluviers guignards ont été observés lors des
comptages du 1er mai 2005 |
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Sites ayant fourni
des Pluviers guignards
· Eure et Loir ( 28) : 4 à La Bazoche en Dunois et 11 à Nottonville
· Lozère (48) : 1 femelle au sommet de Finiels
· Sarthe (72) : 5 à Mamers.
Sites n'ayant pas
fourni de Pluviers guignards
· Alpes de Haute Provence (04) : plateau de Valensole
· Hautes Alpes (05) : Montagne du raton, Rosans.
· Alpes Maritimes (06) : Plateau de Calern
· Aveyron (12) : Signal de Mailhebiau (12/48) et causse du Larzac
· Bouches du Rhône (13) : plaine de la Crau
· Eure et Loir (28) : Theuville, Allonnes, Boisville la St Père,
D17 entre Réclainville et Sainville, D118 entre Garancières en Beauce
et Authon la Plaine et entre Dammarie et Theuville sur D131
· Hérault (34) : Causse de Montarnaud
· Lozère (48) : Causse de Sauveterre, Mont Gargo (causse Méjean),
Signal de Mailhebiau/Les Carteyroux (12/48)
· Orne (61) : Labours sur D 201 entre Pervenchères (61)et Allières(72)
· Sarthe (72) : Labours sur D116 entre Allières et Villaines la
Carelle, labours sur D202 entre Villain et labours sur D3 secteur de Marolette
· Deux-Sèvres (79) : Plaine au nord de Niort et Saint Rémy
· Var (83) : Montagne de la Sainte Baume
· Vaucluse (84) : Mont Ventoux
· Vendée (85) : Île d'Yeu
· Essonne (91) : Entre Authon la Plaine et Chatignonville et entre Authon
la Plaine et Boissy le Sec
Commentaires
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Aiu printemps,
le Pluvier guignard (Charadrius morinellus) semble préférer les
plaines céréalières, comme ici la Beauce à Réclainville,
Eure-et-Loir (28)
Photo : Ornithomedia.com |
Comme on peut le constater,
la couverture fut vraiment faible, avec une absence notable des Pyrénées-Orientales
(en grande partie il est vrai sous la neige), de la Champagne (occupée
avec le Teknival qui s'est tenu dans une ZICO, mais que nous espérons bien
voir en 2006 : 7 guignards furent trouvés à Sommesous le 7/7/5,
JP. Couasne), de la Bretagne, du Massif Central et de tout l'Est de la France
(les Alpes étant encore sous la neige également).
Ensuite, les secteurs « productifs » sont révélateurs
du passage de l'espèce au printemps : les plaines céréalières
(plantations de maïs ou labours fins). Ce sont des secteurs Ô combien
non fréquentés par les ornithologues préférant les
bords de l'eau. Mais que la récompense est belle !
Seul un secteur de montagne a « produit » un guignard, le Mont Lozère
en Lozère, site où l'espèce est assez commune en automne
mais peu au printemps.
En conclusion, nous pouvons faire l'hypothèse, déjà émise
et à confirmer dans les années à venir, que le Pluvier guignard
passe au printemps surtout en plaine céréalière où
il pourrait être assez fréquent, toute proportion gardée,
dans certains secteurs. Ce qui manque pour le savoir est la prospection spécifique
de cette espèce. En effet, étant particulièrement discrète
et assez exigeante quant à ses sites de haltes (grandes étendues
rases et si possible caillouteuses, semis bas ou labours fins), elle nécessite
une prospection à part entière. Le plus dur est de trouver les premiers
oiseaux, après l'on sait mieux où et comment les chercher.
Mais le meilleur est à venir et espérons que les ornithologues de
plaine s'intérresseront un peu plus à cette espèce magnifique
qui passe probablement chez eux sans qu'ils s'en aperçoivent.