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  Les Anatidés hivernants ... | Résultats : les espèces afro-tropicales

Résultats : les espèces afro-tropicales

Espèces observées
et effectifs relatifs

Ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiacus)
L'Ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiacus) n'a été observée que très rarement lors des comptages
Photo : Franck Duvigneau

Pendant les suivis, dix espèces d'anatidés (Tableau II) ont été comptées dont six afro-tropicales (zone éthiopienne): Dendrocygne fauve (Dendrocygna bicolor), Dendrocygne veuf (D. viduata), Ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiacus), Oie-armée de Gambie (Plectropterus gambensis), Canard casqué (Sarkidiornis melanotos) et Sarcelle à oreillons (Nettapus auritus), et quatre espèces paléarctiques : Sarcelle d'été (Anas querquedula), Canard pilet (A. acuta), Canard souchet (A. clypeata) et Fuligule nyroca (Aythya nyroca)
Sur trois ans, le pourcentage des canards paléarctiques dans le nombre total d'anatidés resté plutôt stable, passant de 91 à 96%.
Parmi les espèces éthiopiennes, le Dendrocygne veuf était toujours le plus nombreux (passant de 73 à 91%) Selon les années, l'Oie-armée de Gambie (4 à 23%) ou le Dendrocygne fauve (entre 1 et 12%) étaient secondes.
Parmi les espèces "eurasiennes", la Sarcelle d'été était toujours la plus nombreuse (environ 80% du total) suivie du Canard pilet (de 16 à 18%). Les autres espèces ne représentaient que de très faibles pourcentages.

Tableau II- Effectifs d'anatidés, Anatidae (espèces éthiopiennes et paléarctiques) dénombrés par avion dans le delta intérieur du Niger (Mali) en janvier 1999, 2000 et 2001
Tableau II

Dendrocygne fauve (Dendrocygna bicolor)

Dendrocygnes fauves (Dendrocygna bicolor)
Dendrocygnes fauves (Dendrocygna bicolor)
Photo : Arthur Grosset / www.arthurgrosset.com

En 1999, le Dendrocygne fauve était pratiquement absent du DIN: seule une petite bande avait été notée dans la plaine de Séri, tandis que la présence de huit autres petits groupes était notée sur le fleuve, entre Tombouctou et Gao.
En 2000 et 2001, les Dendrocygnes fauves étaient présents dans respectivement 14% et 11% des quadrats (figure 4).

La majorité des observations concernaient des groupes de quelques centaines individus (78% des données), avec en moyenne environ quinze oiseaux seulement. Quelques plus grandes bandes, de 500 individus tout au plus, ont été notées dans 15% des cas. Il n'y a eu que quatre observations de grands groupes : une bande d'environ mille oiseaux à l'est du lac Kabara, deux de 1 500 et 2 000 oiseaux au nord du lac Korarou en 2000, et une d'environ mille oiseaux sur le lac Oro en 2001.

Figure 4- Effectif total de Dendrocygnes fauves, Dendrocygna bicolor, par quadrat, dénombré par recensement aérien en janvier 1999, 2000 et 2001 dans le delta intérieur du Niger (Mali). Carrés noirs : > 500 individus, croix : 100 à 500 individus, points : < 100 individus.
Figure 4

Dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata)

Dendrocygnes veufs (Dendrocygna viduata)
Dendrocygnes veufs (Dendrocygna viduata)
Photo : Arthur Grosset / www.arthurgrosset.com

Selon les années, l'espèce était présente dans un quart à un tiers des carrés prospectés, les concentrations les plus importantes étant notées sur les lacs et les grandes mares situés entre les latitudes 15°N et 16°N (figure 5). En 1999, l' espèces était seulement présente en petit nombre dans le DIN (Tableau II), avec deux-tiers des groupes contenant moins de cent oiseaux. Seules deux bandes comportaient plus de 500 oiseaux.
En 2000, l'espèces était présente avec des effectifs beaucoup plus importants. Des concentrations élevées ont été notées dans différents secteurs, notamment à l'ouest du DIN sur les lacs Tanga, Kabara et " Niafounke" aussi bien qu'à l'est du delta sur le lac Niangay, contrairement aux le moyenne des bandes et leur fréquence d'apparition.
En 2001, quelques concentrations très importantes ont été relevées, notamment dans la partie orientale de la plaine de Séri et au sud de Débo, ces secteurs hébergeant plus de la moitié des oiseaux. Sur les trois périodes, 47% des groupes étaient composés de moins de cent oiseaux (en moyenne 30 oiseaux), 35% de 100 à 500 individus (260 en moyenne) et 18% de plus de 500 oiseaux (2 840 en moyenne). Cependant, il y avait des différences notables entre les années, en ce qui concernait la taille moyenne des bandes et leur fréquence d'apparition. En 2001, contrairement aux deux années précédentes, les bandes de 100 à 500 oiseaux étaient dominantes (41% des observations), alors que 32% des bandes contenaient moins de 100 individus et 27% plus de 500 individus.

Figure 5- Effectif total de Dendrocygnes veufs, Dendrocygna viduata, par quadrat, dénombré par recensement aérien en janvier 1999, 2000 et 2001 dans le delta intérieur du Niger (Mali). Carrés noirs : > 500 individus, croix : 100 à 500 individus, points : < 100 individus.
Figure 5

Ouette d'Egypte (Alopochen aegyptiacus)

L' espèce n'a été notée que très rarement pendant les trois missions. En 1999, trois oiseaux étaient présents sur le lac Niangay et trois autres au nord du lac. En 2000, des ouettes avient été vues cinq fois dans trois secteurs : un individu à l'ouest du lac Korientze, un et cinq oiseaux au nord-ouest de Débo et deux petites bandes d'environ trente et cinquante individus au nord de Niafounké.

Oie-armée de Gambie (Plectropterus gambensis)

Oies-armées de Gambie (Plectropterus gambensis)
Oies-armées de Gambie (Plectropterus gambensis)
Photo : CITES

L'espèce a été notée respectivement dans 25%, 47% et 39% des quadrats en 1999, 2000 et 2001 (figure 6) ; un secteur - la plaine de Séri - semble être une zone privilégiée pour cet oiseau avec respectivement 60%, 47% et 75% de la population hivernante du DIN. Le reste des oiseaux était présent dans tout le DIN, notamment au sud du 16ème parallèle. Cette oie semble éviter tous les grands lacs périphériques, préférant les plaines inondées avec de la végétation. La composition des groupes n'a pas beaucoup changé au cours de ces trois années; les trois-quarts des oiseaux ont été vus en petites bandes de moins de 25 individus (en moyenne 6 à 7 individus en groupes familliaux), environ 20% formaient des bandes de 25 à 100 oiseaux (d'environ cinquante individus en moyenne) et seulement quelques bandes étaient composées de plus de cent oies.

Figure 6- Effectif total d'Oies-armés de Gambie, Plectropterus gambensis, par quadrat, dénombré par recensement aérien en janvier 1999, 2000 et 2001 dans le delta intérieur du Niger (Mali). Carrés noirs : > 100 individus, croix : 25 à 100 individus, points : < 25 individus.
Figure 6

Canard casqué (Sarkidiornis melanotos)

Canard casqué (Sarkidiornis melanotos)
Canard casqué (Sarkidiornis melanotos)
Source : Banco de DNA

En 1999 et 2001, l'espèces était présente dans respectivement 6% et 11% des quadrats (figure 7). La majorité des oiseaux étaient regroupés en petites bandes de moins de cinquante individus (25 oiseaux en moyenne). En général, les observations ont été faites sur de petits lacs, ou à la périphérie de grands lacs comme celui de Débo, où les oiseaux restaient dans les zones en eau peu profonde et boisées.
La plupart de ces observations ont été faites dans la partie centrale du delta, au nord du 15ème parallèle, et sur les lacs de l'est.
En 2000, l'espèce était présente dans 17% des quadrats et l'effectif total était l'un des plus élevés des trente dernières années, à un moment où il y avait beaucoup plus de groupes qu'en 1999 ou 2001 Le lac Korarou a accueilli presque 60% des oiseaux. Puisque ce lac n'a pas été suivi en 1999, cela se pourrait-il que l'espèce y était déjà à ce moment ? En 2001, en revanche, il était complètement desséché.

Figure 7- Effectif total de Canards casqués, Sarkidiornis melanotos, par quadrat, dénombré par
recensement aérien en janvier 1999, 2000 et 2001 dans le delta intérieur du Niger (Mali). Carrés noirs : > 100 individus, croix : 25 à 100 individus, points : < 25 individus.

Figure 7


Sarcelle à oreillons (Nettapus auritus)

Sarcelles à oreillons (Nettapus auritus)
Sarcelles à oreillons (Nettapus auritus)
Photo : Dr. Yaser Yacoob / UMIACS

Vivant sur de petits lacs envahis par les nénuphars où elle est presque invisible, et ne s'envolant pas toujours quand l'avion la survole, la Sarcelle à oreillons est une espèce plutôt discrète.
Les quelques observations qui ont été faites de cet oiseau pendant les trois suivis sont plutôt anecdotiques : cinq individus trouvés ensemble en 2000 (nord-est de Débo), puis deux groupes de deux en 2001 et de deux groupes de quatre individus.


  Suite de l'article
 
Introduction
Zone d'étude et conditions
Méthode de comptage
Analyse des données
Résultats : les espèces afro-tropicales
Résultats : les espèces paléarctiques
Associations interspécifiques
Changements entre 1972 et 2001
Discussion et conclusion



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