Zone d'étude et conditions
Le Mali
Figures
1 et 2- Localisation des principaux lacs du delta intérieur du Niger (Mali).
L'ensemble de la zone d'étude (délimitée en rouge) a été
quadrillé en 171 quadrats (carré orange) de 10 minutes de côté.
Chaque quadrat équivaut à environ 18 km x 18 km.
1- Lac Faguibine, 2- L. Télé, 3- L. Fati, 4- L. Oro, 5- L. "Niafounké",
6- L. Kabara, 7- L. Tanda, 8- L. Débo, 9- L. Korientze, 10- L. Korarou,
11- L. Aougoundou, 12- L. Niangay, 13- L. Do, 14- L. Garou, 15- L. Haribo. |
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La république du
Mali est le plus grand pays d'Afrique de l'Ouest, avec une superficie de plus
de 1,24 million de km². Le pays s'étend de la savane au sud au Sahara
au nord, d'où une grande variété de climats, de végétation
et de faune.
Hydrologie
Le fleuve Niger traverse
une grande partie du sud du pays. Depuis sa source en Guinée, il rentre
au Mali par le sud-ouest et coule vers le nord-est sur plus de 1 000 km jusqu'à
Tombouctou, à la limite du Sahara. Il décrit ensuite une grande
courbe et continue vers le sud-ouest en traversant le Niger et le Nigéria
avant de se jeter dans l'Océan Atlantique. Au sud de Tombouctou, le fleuve
irrigue une vaste plaine et l'inonde de façon irrégulière
suivant les
pluies annuelles qui tombent en Guinée et au Mali en mai-septembre et le
débit de son principal affluent, le Bani. Cette plaine, appelée
delta intérieur du Niger (DIN), a un longueur de 425 km, une largeur de
plus de 90 km et une superficie de 35 000 km².
En raison de la pente très basse (environ 8 m pour presque 400 kilomètres),
le niveau d'eau augmente pendant plusieurs mois entre le sud et le nord du DIN.
Quant à Bamako l'inondation est à son maximum en septembre-octobre,
elle atteint Mopti seulement en octobre, Tambouctou en décembre et Gao
en janvier. De même, l'inondation se déplace très lentement
perpendiculairement au fleuve, de sorte que les grands lacs à l'est et
à l'ouest du DIN sont remplis plusieurs semaines après que l'inondation
ait atteint de nouveau le fleuve.
Le degré de débordement du fleuve Niger et la superficie de sa plaine
d'inondation changent selon l'ampleur des pluies tombées en Guinée
et au Mali. Le nombre d'étangs et de mares, comme le niveau d'eau des lacs
plus grands peuvent ainsi considérablement changer certaines années.
Le niveau d'inondation du delta dépend, entre d'autres, de l'ampleur et
de la durée de celle-ci.
La précocité
du phénomène influe aussi sur le degré d'inondation des différents
secteurs du delta en janvier. Sur la dernières décennies, l'ampleur
des débordements enregistrés au cours des trois années de
l'étude (1999, 2000, 2001) n'a pas excédé les valeurs classiques
; elles étaient plus hautes que les valeurs enregistrées dans les
années 80 et dans la première moitié des années 90,
mais dans presque tous les cas plus faibles que celles de la seconde moitié
du 20ème siècle (IRD/Bamako, com. Pers. ; WYMENGA et al, 2002).
Pendant nos trois comptages, le niveau d'inondation du delta a changé légèrement,
avec un nombre maximum des secteurs inondés en janvier 2000 et un minimum
en janvier 2001. Le pic de janvier 1999 a touché moins de zones que celui
de 2000. La superficie des lacs, leur configuration (figure 1) et les conditions
des comptages pendant les trois périodes (1999, 2000 et 2001) étaient
variables (Tableau I).
| Tableau
I- Coordonnées géographiques et état de remplissage (plein,
partiel, en cours de remplissage ou à sec) des principaux lacs du delta
intérieur du Niger (Mali) et conditions (bonnes, moyennes, pas de recensement)
de recensement des oiseaux en janvier 1999, 2000 et 2001 |
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Superficie des lacs
et conditions dans lesquelles les comptages ont été effectués
Dans la partie nord du DIN,
il y a cinq lacs principaux (figure 1). Le lac Faguibine dépassait environ
80 kilomètres dans le passé. Cependant, les années de déficit
en eau et l'envasement progressif ont considérablement réduit sa
taille; aujourd'hui, ce lac ne mesure pas plus de dix kilomètres de long,
et il n'est en eau que dans sa partie orientale.
Au sud du lac Faguibine, l'étroit lac Télé s'étend
le long d'un axe sud-nord. Les conditions dans lesquelles le comptage 2001 a été
réalisé n'étaient pas optimales. En raison des turbulences
aériennes très fortes dues aux collines situées sur le côté
oriental du lac, nous avons été forcés de voler à
une altitude plutôt élevée (environ 100-140 m).
Les lacs Oro (ou Horo) et Fati étaient pleins quand les trois recensements
ont eu lieu. Le lac "Niafounké" n'a pas pu être suivi en
janvier 1999, une tempête de sable violente et une forte turbulence empêchant
tout survol. Cette zone a été suivie en partie en janvier 2000 (tempête
de sable et turbulence) et en totalité en janvier 2001 (turbulences sans
tempêtes de sable).
Dans la partie occidentale du DIN, le lac Tanda, s'étirant d'est en ouest,
et le lac Kabara sont les deux lacs principaux.
Dans la partie orientale du DIN, il y a huit lacs; les lacs Haribono et Garou
étaient complètement desséchés quand les trois comptages
ont été réalisés. Le lac Do était en eau en
janvier 1999 et en janvier 2000 et était desséché en janvier
2001. Le lac Niangay s'étend sur environ 40 kilomètres (deuxième
plus grand lac après le Débo). Les lacs Aougoundou et Korientze
étaient remplis lors des trois comptages.
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Vue
aérienne d'une partie du DIN inondée
Photo : J. Thal |
Le comptage sur le lac Korarou
a été fait en janvier 1999. En janvier 2000, il était complètement
en eau et en janvier 2001, il était à sec. Situé dans la
partie centrale du delta, le lac Débo est le plus grand lac en eau du DIN.
Dans les autres secteurs du DIN, c'est-à-dire dans les lacs autres que
ceux mentionnés ci-dessus, existent plaine inondable et plusieurs dépressions
au nord et au sud du lac Débo.
La plaine de Séri du fleuve Diaka couvre 4 000 km². Son centre est
situé approximativement à 4°40'W/14°50'N. Cet emplacement,
où des comptages ont été réalisés chaque année
dans des conditions très bonnes, est totalement couvert par la végétation
dans laquelle les oiseaux peuvent se cacher. Il est ainsi extrêmement difficile
d'estimer leurs nombres.
En janvier, la partie du DIN au nord du lac Débo s'étend approximativement
entre les latitudes 15°20'N et 16°40'N, c.-à-d. presque jusqu'à
Tombouctou. Ce secteur est un enchevêtrement dense de mares et de dépressions,
en général en eau, avec quelques grandes plaines inondées
qui sont parfois utilisées pour le maraîchage (principalement dans
le nord de la zone). A côté de lacs cités ci-dessus, il y
a environ 200 mares connectées les unes aux autres par de nombreux bras
plus ou moins à sec et qui servent d'habitat additionnel aux oiseaux.
Le DIN au sud de Débo s'étend jusqu'au nord de San et se caractérise
par environ 750 dépressions potentiellement inondables. En dehors de la
plaine de Séri, nous avons constaté que cette partie du delta était
très aride en janvier. Les dépressions inondées étaient
isolées les unes des autres. A l'exception de quelques espèces,
cette zone semble moins favorable aux oiseaux.