Le meilleur spot de France pour l'espèce
| Situation de
l'étang de Canet |
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L'étang du Canet
ou de Saint-Nazaire est la dernière lagune française avant la frontière
espagnole. Bordée de belles roselières et de marais au sud et à
l'est, elle constitue une zone d'importance internationale pour les oiseaux. 230
espèces y ont été identifiées, dont la Talève
sultane (Porphyrio porphyrio), une superbe espèce qui colonise la région
Languedoc-Roussillon depuis la Catalogne où elle a été réintroduite
(notamment dans la réserve des Aiguamolls de l'Emporda près de Rosas).
Le site abrite la plus grande population française de ce rallidé,
avec plus de 10 couples, sur une population nationale estimée à
au moins 16 couples.
Nous vous proposons une présentation de l'espèce, et des conseils
pour la découvrir sur l'étang de Canet.
Abstract
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The brackish Etang du Canet,
Pyrénées-orientales, on the Mediterranean French Coast near the
French border is the most important French spot for the Purple Gallinule (Porphyrio
porphyrio), with certainly more than 10 pairs.
But this spot is also a famous birding place for wintering and migrating species.
After a presentation of the Purple Gallinule, we present you the best places to
find the Puple Gallinule and the others specialities of the lagoon.
La Talève sultane (Porphyrio porphyrio) (source : www.oiseaux.net)
Identification
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Talève
sultane (Porphyrio porphyrio) adulte
Photo : Yves Dubois |
Longueur : 45 - 50 cm.
Envergure : 90 - 100 cm.
Ressemble à une Gallinule poule-d'eau, mais beaucoup plus grande, avec
chez l'adulte un plumage bleu violet (sous-espèce nominale). Les sous-caudales
sont blanc pur. Le bec est fort, triangulaire, rouge vif, et se prolonge jusqu'au
sommet de la tête par une plaque frontale de la mêm couleur. Longues
pattes rouge vif, avec des doigts très longs aux griffes effilées,
notamment celle du doigt postérieur. Les yeux sont également rouges.
Les deux sexes sont similaires.
Les juvéniles ont un plumage gris ardoisé bleuté mat.
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Talève
sultane (Porphyrio porphyrio) poussin, étang de Canet, août 2002
Photo : Hervé Michel / www.oiseaux-nature.com |
Voix:
Cris variés, avec notamment au moment de l'envol un son qui rappelle le
bruit d'une petite trompette. Cri souvent lancé depuis un endroit caché
et très souvent de nuit. Autres bruits : forts caquètements et gloussements,
"tchouk ! tchouk !" doux.
Ces cris sont parfois émis en coeur par plusieurs talèves, et toujours
de nuit, augmentant en intensité au fur et à mesure que l'excitation
monte.
La Talève sultane vole relativement bien, avec les pattes pendantes, ce
qui permet de l'identifier facilement.
Biologie
La talève sultane se nourrit en marchant les vasières bordant les
roselières, mais également en s'agrippant dans les roseaux. La nourriture
(racines, tiges) est saisie avec une patte. Peut consommer des poissons morts
trouvés dans les canaux. Peut aussi maintenir les végétaux
au sol avec les doigts et les déchiqueter avec le bec. Nourrit parfois
ses petits avec la sève des roseaux, arrachant les tiges avec le bec et
les saisissant avec les doigts, comme le ferait un perroquet.
Les deux parents construisent un grand nid flottant au sein des roselières.
La ponte a lieu en avril/mai. Les oeufs sont assez grands, brillants, de couleur
claire, parsemés de taches violacées et de points bruns. L'incubation
dure environ 25 jours. Les poussins abandonnent le nid au bout de 4 ou 5 jours
après l'éclosion. Ils sont couverts de duvet noir, les pattes sont
rouges avec de longs doigts. Le bec est déjà très fort, gris
foncé, rouge sang à la base. Peu de temps après apparaissent
les premières plumes qui sont déjà bleu violet mat, typiques
des immatures. Ils grandissent rapidement. Le rouge du bec commence à apparaître
chez les jeunes par la plaque frontale, et gagnera le bec entier au mois d'août.
Biotope
La talève sultane aime les marais à massettes (Typha.), laîches
(Scirpus sp.), joncs (Juncus sp.) et roseaux (Phragmites sp.), avec des alternances
d'inondations et de sécheresse. A ce moment-là, les oiseaux s'éloignent
vers les lagunes côtières et les fleuves, où ils passent le
reste de l'été et l'automne, jusqu'à l'inondation des marais
avec les pluies et les crues.
Le niveau de l'eau est en effet crucial, l'espèce préférant
les zone speu profondes. Dans le cas contraire, elle recherche des zones avec
une végétation haute où elle peut marcher (Cramp & Simmons
1980; Sanchez-Lafuente et al. 1998).
Répartition
La Talève sultane est présente de l'Europe du Sud à l'Asie
centrale et à l'Afrique. La sous-espèce nominale P. p. porphyrio
est présente en Europe et en Afrique du Nord-ouest et sa répartition
est fragmentée, résultat du large déclin dont elle a souffert
de la fin du 19ème siècle au milieu du 20ème siècle.
La population méditerranéenne est estimée à environ
6 000 couples (2001), dont 3 500 à 4 500 en Espagne (total européen
: 3 990 à 5 154 couples, Tucker & Heath, 1994, Mañez 1997).
En Sardaigne nichent de 450 à 600 couples, de M 75 à 150 au Maroc,
moins de 100 en Tunisie, de 34 à 38 couples au Portugal et de 6 à
16 couples en France. En Grèce, l'espèce a disparu au 20ème
siècle. Les côtes de la Caspienne et la Turquie accueillent la sous-espèce
P. p. caspius, tandis qu'en Egypte niche P.p. madagascariensis.
Le spopulations européennes recommencent à croître graàce
à des mesures de protection de son habitat et l'interdiction de sa chasse.
Touetfois, elle reste menacée. Des programmes de réintroduction
ont eu lieu en Catalogne notamment.
En France (source : Convention of the Conservation of European Wildlife
and natural habitats, Strasbourg, 26-30 novembre 2001)
L'espèce est entièrement protégée. au cours des 150
dernières années, elle a niché occasionnellement dans le
Languedoc-Roussillon. En 1995, des adultes et des jeunes ont été
observés plus régulièrement dans l'étang du Canet,
et en 1996, 3 couples y ont niché avec succès (Cambrony et Aleman
1996), la petite population étant estimée à 5-9 couples en
1999 (Y. Aleman, com. pers. in C. Bergès in litt.). En 1999, 2-3 coupes
ont niché dans le marais du Petit Castélou, dans la zone des étangs
narbonnais (C. Bergès et V. Lelong com. pers., in C. Bergès in litt.).
Ces oiseaux sont peut-être issus des réintroductions en Catalogne
qui ont débuté en 1989 dans le parc naturel des Aiguamolls de lEmpordá.
D'autres oiseaux ont été observés dans d'autres zones du
Languedoc-Roussillon, mais la nidification n'y a pas encore été
prouvée : Etang de Capestang, Etangs de Vendres, Pissevache et Lespignan,
Etangs montpelliérains et Petite Camargue Fluvio-lacustre. Des données
récentes ont été réalisées en Camargue, dans
la zone de marais entre la Crau et me Grand Rhône, dans l'Aude, dans la
Réserve naturelle de lEstagnol (Hérault) (Roumanille et Rufray
obs. pers. in C. Bergès in litt.) et en Corse (Mathevet 1997).