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Description d'une nouvelle espèce | Affinités
interspécifiques |
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Affinités interspécifiques
Présentation
Nous avons analysé la
position systématique et les particularités génétiques
de S. stilesi dans le cadre d'une étude sur la phylogénie
du genre Scytalopus basée sur les séquences génétiques
de l'ADN mitochondrial. Les arbres phylogénétiques et les descriptions
détaillées des méthodes et des analyses seront publiées
ultérieurement (C. D. Cadena et al.); nous récapitulons ici les
résultats préliminaires concernant les affinités de S.
stilesi.
Nous nous sommes concentrés sur des analyses de 284 à 315 paires
de bases du gène du cytochrome-b pour quatre individus de S. stilesi
de localités différentes et pour d'autres taxa du genre Scytalopus
et d'autres genres.
Les séquences relevées dans la littérature changent de longueur
car elles ont été calculées avec des méthodes différentes
qui ne concernent pas tout à fait les mêmes régions d'ADN.
Toutefois, le résultat reste pertinent d'un point de vue taxonomique, car
concernant 21 des 37 espèces de Scytalopus actuellement connues (Krabbe
et Schulenberg 2003), et comprenant en outre plusieurs populations distinctes
vocalement ou morphologiquement, dont quelques taxa non encore décrits.
A l'exception de S. sanctaemartae et de S. latebricola, endémiques
de la Sierra Nevada de Santa Marta, toutes les espèces de Scytalopus connues
en Colombie et en Equateur sont représentés dans l'étude.
Un clade de quatre espèces
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Le
Mérulaxe de Stiles (Scytalopus stilesi) est particulièrement proche
de quatre autres Scyltalopus
Photo :Gustavo Londano |
Plusieurs analyses phylogénétiques
a mis en avant l'existence d'un groupe monophylétique constitué
par S. stilesi, S. robbinsi (une espèce endémique du versant
Pacifique des Andes au Sud-ouest de l'Equateur), et deux espèces non encore
décrites des Andes colombiennes : une présente dans l'Alto de Pisones,
sur le versant Pacifique de la Cordillera Occidental, municipalité de Risaralda
(Cuervo et al. 2003), et l'autre à Finca Merenberg, à l'entrée
de la vallée de Magdalena, Huila (Krabbe et Schulenberg, 1997). Le clade
constitué par ces quatre espèces est confirmé dans toutes
les analyses (probabilité de Bayes égale à 1).
Ces quatre espèces sont tout à fait distinctes génétiquement
des autres Scytalopus, ce qui indique qu'elles ont été isolées
pendant une durée suffisante ; la divergence minimum de séquence
(distance P non corrigée) notée avec les autres Scytalopus est d'environ
9.5%. En raison de la faible longueur des séquences disponibles, les relations
entre les quatre taxa n'ont pas pu être établies clairement, et la
position spécifique de S. stilesi reste inconnue.
Il est intéressant de noter que les espèces de ce clade ont été
récemment découvertes (S. robbinsi a été décrit
en 1997), mettant en avant le manque de connaissances sur la diversité
de Scytalopus dans les Andes septentrionales, et particulièrement en Colombie.
Les affinités de S. stilesi avec les espèces présentes
dans des régions différentes confirment l'hypothèse d'une
spéciation allopatrique proposée pour le genre par Arctander et
Fjeldså (1994), un phénomène qui semble être courant
pour les oiseaux andins (García-Moreno et Fjeldså 2000).
Connexion Chocó - Cordillera Central
Les relations étroites du Mérulaxe de Stiles avec les espèces
présentes sur le versant Pacifique des Andes suggèrent une connexion
biogéographique entre la région du Chocó et la Cordillera
Central en Colombie. Ce lien est également suggéré par plusieurs
espèces dont les répartitions sont localisées sur le versant
Pacifique des Andes et qui pourtant sont présentes également au
nord de la cordillère (données de A. M. Cuervo et al non publiées).
Le pattern exact d'apparition n'a pas pu être établi du fait d'un
échantillonnage incomplet des forêts de la Cordillera central (Cuervo
et al. 2001); mais des échantillonnages comparables ont été
réalisés pour des oiseaux des forêts tropicales du Chocó,
dont beaucoup sont également présents vers l'est dans les basses
collines andines dans le secteur d'endémisme de Nechí (Cracra, 1985)
et dans la vallée moyenne de la Magdalena (province biogéographique
de Chocó-Magdalena ; Hernández-Camacho et al., 1992). D'ailleurs,
des liens étroits entre les taxa de la Cordillera Central et la Cordillera
Occidental ont été relevés pour des rongeurs muridés
(Voss et al. 1992) et des grenouilles leptodactilidés (Lynch 1999).
Une divergence au Pliocène
Les quatre individus de S. stilesi ont des haplotypes identiques pour la zone
étudiée du cytochrome-b. La divergence principale de la séquence
(distance P) du cytochrome entre S. stilesi et les autres membres du clade
est de 5.4% (limites : 3.9 à 6.7%). En utilisant un taux de substitution
de 1.6 à 2.0% par million d'années pour ce gène (Fleischer
et al . 1998, Love 2004), la séparation de S. stilesi avec les espèces
proches a probablement eu lieu vers la fin du Pliocène, il y a plus de
deux millions d'années. A la fin de cette période, les Andes septentrionales
subissaient un activité géologique intense (Gregory-Wodzicki 2000),
ce qui a crée des barrières biogéographiques isolant des
populations autrefois en contact.
Nous devons toutefois préciser que ce scénario est hypothétique,
car aucune horloge moléculaire n'a été spécifiquement
calibrée pour Scytalopus, et le taux d'évolution du cytochrome-b
de plus de 2% par million d'années a été estimé pour
des familles différentes (Warren et al. 2003). Ainsi, il est possible de
penser que la divergence S. stilesi ait pu avoir eu lieu plus tôt,
probablement au Pléistocène.
En quoi S. stilesi
constitue-t-elle une espèce à part entière ?
[...] Étant donné
que les variations du plumage au sein du genre Scytalopus sont faibles, le chant
sert probablement de signal principal de reconnaissance spécifique et du
mécanisme d'isolement reproducteur. En effet, les chants et les cris des
populations de Scytalopus sont très stéréotypés et
semblent être des indicateurs fiables des limites spécifiques au
sein du genre, la différentiation vocale allant de paire avec la différentiation
génétique (Arctander et Fjeldså 1994 ; Krabbe et Schulenberg
1997, 2003).
Scytalopus stilesi émet des vocalises distinctes, qui diffèrent
de celles des autres espèces de Scytalopus; il est génétiquement
distinct, et il conserve son intégrité spécifique dans toute
son aire de distribution de la Cordillera central, où il occupe un habitat
spécifique à une altitude définie.
En résumé, S. stilesi est le segment d'une lignée
évolutive et peut être considéré comme une espèce
selon les critères classiques (De Queiroz 1998). En outre, ce taxon est
entièrement identifiable et isolé des autres Scytalopus, ce qui
correspond aux critères de reconnaissance des nouvelles espèces
selon les concepts phylogénétiques et biologiques (Cracra 1989,
Johnson et al. 1999).
S. stilesi étant
relativement répandu et commun dans son aire, il pourrait avoir été
collecté dans le passé sans avoir été identifié.
Nous avons donc passé en revue les collections et avons examiné
les spécimens de plusieurs musées présentant des espèces
colombiennes. Les seuls spécimens de Scytalopus dont la distribution et
l'altitude correspondraient à celles de S. stilesi appartiennent
à S. atratus (morphologiquement distinct de S. stilesi) et
à S. vicinior (très proche à S. stilesi). Etant
donné l'absence des données certaines (c.-à-d. d'oiseaux
dont les vocalises ont été enregistrées) de S. vicinior
dans la Cordillera central, il est possible qu'au moins quelques spécimens
des pentes de Quindío, de Tolima, et de Caldas (1 500 - 2 600 m) associés
à cette espèce présentés dans les American Museum
of Natural History et Carnegie Museum soient en fait des S. stilesi. Toutefois,
le plumage et la morphologie n'étant pas diagnostiques, l'identité
de ces spécimens ne peut pas, actuellement, être établie d'une
manière certaine. S. stilesi et S. vicinior sont distincts
génétiquement (divergence du cytochrome-b de 11% ; C. D. Cadena
et al), et les analyses de l'ADN des oiseaux empaillés permettraient probablement
l'identification. De toute façon, des études de terrain associant
des collectes de spécimens et des enregistrements sonores devraient être
conduites dans les départements de Quindío, de Tolima, et de Caldas
pour identifier de manière certaine les espèces de Scytalopus présentes
dans ces secteurs. Nous n'avons trouvé aucun spécimen supplémentaire
qui pourrait potentiellement correspondre à S. stilesi, et il n'y
a pas de spécimen-type de Scytalopus dans le nord de la Cordillera central.
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Découverte
du Mérulaxe de Stiles (Scytalopus stilesi)
Description
Chant et cris
Distribution géographique
Affinités interspécifiques
Habitat,
écologie et statut
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