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La Cordillera Central réserve bien des surprises ...
| Situation
de la Cordillera Central, où a été décrit le Mérulaxe
de Stiles |
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2005 est une année
riche en émotion ornithologiques : après l'annonce de la redécouverte
du Pic à bec d'ivoire aux États-Unis, après celle de la découverte
du Grisin de São Paulo au Brésil, des scientifiques colombiens,
américains et danois viennent de publier en avril la première description
d'un passereau dans la Cordillera Central en Colombie appelé Mérulaxe
de Stiles (Scytalopus stilesi).
L'aire de distribution de cette espèce s'étend dans la moitié
nord de cette chaîne de montagne, dans des forêts nébuleuses
situées entre 1 420 et 2 130 m d'altitude. Les vocalises se distinguent
distinctement de celles de tous les autres taxa connus du genre Scytalopus.
Dans cet article publié en avril dans la revue The Auk, Andrès M.
Cuervo (A. M.C.) (1,5), Carlos Daniel Cardena (C.D.C) (2), Niels Krabbe (N.K.)
(3) et Louis Miguel Rengifo (L. M. R.) (2,4) nous décrivent cet oiseaux
mystérieux, les méthodes d'analyses utilisées et le statut
de l'espèce.
1- Instituto de Biología, Universidad de Antioquia, A.A. 1226, Medellín,
Colombia.
2- Department of Biology and International Center for Tropical Ecology, University
of Missouri-St. Louis, 8001 Natural Bridge Road, St. Louis, Missouri 63121, USA.
3- Zoological Museum, University of Copenhagen, Universitetsparken 15, DK-2100
Copenhagen, Denmark.
4- Departamento de Ecología y Territorio, Facultad de Estudios Ambientales
y Rurales, Pontifi cia Universidad Javeriana, Transversal 4 No. 42-00 Piso 8,
Bogotá, Colombia.
Abstract
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We describe Scytalopus stilesi,
an overlooked species of tapaculo
endemic to Colombia, on the basis of a series of eight specimens taken in 2002
and comparative analyses of its vocalizations, mitochondrial DNA sequences, and
distribution.
The new species ranges in the northern half of the Cordillera Central of the Colombian
Andes in the Departments of Antioquia, Caldas, and Risaralda, in cloud forests
between 1,420 and 2,130 m above sea level. The song, calls, and female song of
the new species diff er distinctly from those of all other known Scytalopus taxa.
Phylogenetic analyses based on sequences of the cytochrome-b gene strongly suggest
affi nities with S. robbinsi of southwestern Ecuador and with two as-yetundescribed
tapaculos from the Colombian Andes. Scytalopus stilesi coexists locally with,
though it is ecologically segregated from, S. atratus, S. latrans,
and S. spillmanni.
The mid-elevation premontane wet forests to which the new species is restricted
have been subject to severe deforestation and fragmentation. The species is, however,
relatively common in continuous mature-forest remnants, large primary-forest fragments,
riparian forests, and tall secondary-forest patches. We employed a geographic
information system (GIS) approach to model the potential distribution of the new
species and assess its conservation status under the International Union for the
Conservation of Nature (IUCN) criteria. Scytalopus stilesi does not qualify as
threatened according to those criteria, but it should be regarded as near threatened.
The new species coexists with numerous threatened bird species that are in need
of more effective conservation.
Découverte du Mérulaxe de Stiles (Scytalopus stilesi)
Le genre Scytalopus
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Le
Mérulaxe de Stiles (Scytalopus stilesi) vient d'être décrit
Photo : Andrès M. Cuervo |
Le genre Scytalopus (Rhinocryptidae)
a toujours très difficileà classer, les ornithologues le considérant
comme très complexe d'un point de vue taxonomique, (Zimmer 1939), le "
plus compliqué de tous les genres néotropicaux" (Ridgely et
Tudor 1994). Les difficultés découlent des variations subtiles du plumage et
de morphologie des espèces du genre liées à l'âge
et aux individus; de la discrétion des espèces, de leur habitat
fermé (sous-bois), de la rareté des données fiables dans
beaucoup de secteurs, et de la méconnaissance des chants (Zimmer 1939;
Whitney 1994; Krabbe et Schulenberg 1997, 2003).
Le travail de terrain accru en Amérique du Sud au cours des dernières
années a permis de confirmer que le plumage n'était pas un bon critère
pour différencier les espèces de Scytalopus, ce qui permet d'émettre
des doutes sur la fiabilité de la taxonomie du genre (Zimmer 1939), et
ce qui stimule la mise en place de nouvelles études basées sur d'autres
types de données (Whitney 1994, Krabbe et Schulenberg 1997, Coopmans et
autres 2001). Comme chez d'autres suboscines trachéophones, on pense que
les vocalises des Scytalopus sont innées et très stéréotypées
(Fjeldså et Krabbe 1990 ; Vielliard 1990 ; Krabbe et Schulenberg 1997, 2003)
et semblent être caractérisées génétiquement
(Arctander et Fjeldså 1994).
Un nombre d'espèces sous-estimé
En outre, les répartitions de Scytalopus sont caractérisées
par une distribution altitudinale spécifique, et les taxa sympatriques
sont ségrégués par l'habitat (Whitney 1994, Krabbe et Schulenberg
2003). Il est clair que la mise en place d'une classification du genre exige des
études complètes des populations d'un point de vue des chants, de
leurs distributions altitudinale et par habitat, combinées idéalement
avec des analyses génétiques.
De nombreuses nouvelles informations recueillies sur les vocalises et sur la distribution
ont permis de conclure que le nombre d'espèces de Scytalopus du nord des
Andes a été largement sous-estimé par la taxonomie traditionnelle;
elles ont mené à la description de trois nouvelles espèces
en Équateur et à l'élévation de plusieurs formes au
rang d'espèces (Krabbe et Schulenberg 1997).
Bien que Krabbe et Schulenberg (1997) aient identifié plusieurs taxa également
présents en Colombie, la taxonomie et de la distribution des Scytalopus
dans ce pays sont particulièrement difficiles à établir (Krabbe
et Schulenberg 2003). Comme avec les taxa équatoriens, le nombre d'espèces
de Scytalopus présents en Colombie a été clairement sous-estimé,
et pourtant jusqu'à présent aucune étude détaillée
n'avait été entreprise.
Actuellement, plusieurs nouvelles espèces n'ont toujours pas été
décrites en raison du manque d'individus de référence dans
les collections (Krabbe et Schulenberg 1997, Cuervo et autres 2003), tandis que
d'autres n'ont pas été trouvées du fait d'un travail de terrain
insuffisant.
Une nouvelle espèce !
La présente étude est la première d'une série qui,
selon nous, aura finalement comme conséquence une remise en question du
statut du genre Scytalopus en Colombie. Au cours des dix dernières années,
les auteurs et d'autres ont observé et enregistré sur bandes à
plusieurs reprises un Scytalopus inconnu dans les forêts humides de moyenne
altitude de la Cordillera Central des Andes dans les départements d'Antioquia,
de Caldas et de Risaralda (Colombie).
Lors de l'examen de ces vocalises, N.K. a suspecté ce mérulaxe de
constituer une nouvelle espèce. Des travaux récents d'A.M.C. au
nord d'Antioquia a eu comme conséquence la " collecte " de huit
spécimens sur lesquels des échantillons de tissus ont été
prélevés, et l'enregistrement de nombreux cris, appels et chants
de ce taxon. Les analyses comparatives vocales, morphologiques, écologiques,
et génétiques de ce "matériel" disponible confirment
que ce Scytalopus des Andes centrales constitue une espèce non encore décrite,
et que nous proposons de nommer Scytalopus stilesi.
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