Recherche sur Ornithomedia.com

  Magazine
   Livre recommandé

In Search of the Ivory-Billed Woodpecker
de Jerome A. Jackson
21,46 €
Commander
sur Amazon

  Redécouverte du Pic à bec d'ivoire aux Etats-Unis !

Un évènement incroyable

un Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) mâle a été observé dans l'Arkansas, dans le bassin du Mississipi
Situation de l'Arkansas

Le Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis), le second plus grand pic du monde, fait partie de ces oiseaux mythiques que tout ornithologue désirerait observer, ne serait-ce même qu'une seconde. Mais malheureusement, étant donné l'absence de données fiables depuis plus de 60 ans, l'IUCN (Union Mondiale pour la Conservation de la Nature) avait officiellement déclaré l'espèce éteinte en 1996.
Plusieurs expéditions, comme celle de la Cornell University en mars 2002, avait tenté en vain de recueillir des indices de la présence de l'oiseau dans les vieilles forêts inondées de Cyprès chauves du Sud-est de États-Unis, son habitat de prédilection. Mais l'échec avait toujours était au rendez-vous.
Des amateurs annoncent de temps en temps avoir aperçu l'oiseau, mais il s'agît la plupart du temps d'une confusion avec une espèce proche mais plus petite et assez répandue, le Grand Pic (Dryocopus pileatus). Une observatrice, Mary Scott, a observé en 2004 en Arkansas un mâle de Pic à bec d'ivoire et a transmis l'information aux ornithologues de l'université Cornell.
Selon le site officiel www.ivorybill.org, c'est un "kayakeur" qui aurait vu la première fois en vol un Pic à bec d'ivoire dans les "Big Woods", près des Cache River et White River national wildlife refuges en Arkansas.
La très sérieuse revue Science a annoncé officiellement la redécouverte le 27 avril 2005.


Abstract

The Ivory-billed Woodpecker (Campephilus principalis), one of the largest and most spectacular of the world's woodpeckers, has been rediscovered in North America. The news, the subject of an announcement by the journal Science later today, has stunned ornithologists world-wide, since the species was assessed by the IUCN as Extinct in 1996.
Mary Scott, a birder have watched a male in the State of Arkansas, in the Mississippi River basin. According the web site www.ivorybill.org, on February 11, 2004, a kayaker caught a glimpse of a huge and unusual woodpecker in the Cache River National Wildlife Refuge of Arkansas. More may be present, since the Bald Cypress forests of the region are vast and potentially excellent for the species.
The species was once uncommon but widespread in the old forests of the southeastern United States. No living Ivory-billed Woodpecker had been noticed in continental North America since an unpaired female in 1944.
A small population from a different sub-species (bairdii) could also survives in the old Pine forests in Southeastern Cuba.
In this article, we present you the species, a summary of the story of the d
iscovery and more elements about this legendary bird.

Réobservation du Pic à bec d'ivoire

Mary Scott, une observatrice chanceuse

Forêt inondée de Cyprès chauves
Vue d'une forêt Forêt inondée de Cyprès chauves, l'habitat où un Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) mâle a été revu en 2003-2004
Source : David Allen White's website

Mary Scott, une amatrice qui a consacré des années à la recherche du Pic à bec d'ivoire, raconte dans son site web www.birdingamerica.com sa rencontre avec l'objet de ses rêves.
En voici un résumé traduit : "J'ai observé un mâle de Pic à bec d'ivoire dans l'Arkansas (NDLR : à priori dans le secteur les "Big Woods" près des Cache River et White River national wildlife refuges. Elle ne précise pas la date de sa donnée, mais les informations présentes sur le site laissent supposer qu'elle a eu lieu en 2004 au plus tard), mais je n'ai pas pris d'image ...Ceux qui ont lu les rapports de mes recherches précédentes savent pourtant que je ne me promenais jamais
sans mon appareil-photo ! je roulais depuis environ trois heures sans arrêt quand je suis arrivé (avec plusieurs autres observateurs) dans le secteur à inspecter. Je suis sorti de la voiture pour dégourdir mes jambes, puis j'ai marché quelques minutes, les autres observateurs allant dans d'autres
directions. Tout d'un coup, j'ai vu un grand pic survolant la forêt inondée. J'avais déjà précédemment observé des Grands Pics voler de cette façon lors des mes promenades en Louisiane. J'ai été pétrifié quand j'ai vu l'oiseau se poser dans un arbre à environ 50 pieds de distance. Par chance, le champ de vision était dégagé. L'oiseau était énorme, et était le long du tronc, à moins de 15 pieds du sol, les ailes repliées. Il avait deux grandes zones blanches sur les ailes. Un rayon de soleil faisait briller sa crête rouge. L'oiseau avait un long cou et les épaules en avant. Je me remémorais tous les critères de terrain, mais il n'y avait aucun doute. Le dilemme entre appeler les autres et continuer à observer était bien sûr très difficile. Après avoir attentivement observé l'oiseau, j'ai commencé à donner les critères de l'espèce à mes amis avec 'un fort chuchotement '. Avant d'avoir commencé la deuxième phrase, l'oiseau avait quitté l'arbre et s'est envolé au loin. L'envergure de l'oiseau était extraordinaire. Les ailes étaient très longues, et le bord arrière de celles-ci était blanc brillant. Mes compagnons se sont précipités, mais l'oiseau avait disparu. Ils étaient bien sûr incrédules.
Je savais que ce n'était une hallucination [...]. Les dessins de Pics à bec d'ivoire grimpant le long des troncs que j'avais vus montraient un grand triangle blanc sur les ailes totalement repliées. Les ailes de mon oiseau n'étaient pas complètement fermées, et je pouvais voir la bande noir du dos de l'oiseau. J'ai ainsi pu noter deux triangles blancs distincts. Quand l'oiseau s'est envolé, la très grande envergure et l'impression de puissance étaient incroyables, comme le signalait Kenn Duke lors des promenades de son enfance en Louisiane. Je n'ai pas noté un seul battement d'aile, et je n'ai jamais entendu un seul bruit. Mais mon rêve s'était réalisé.
Lors de mes réunions avec les membres de l'association Audubon au cours desquelles je parlais de mes recherches du Pic à bec d'ivoire, je me posais souvent la question : que ferais-je si je voyais un jour ce fameux pic ? Je ne pouvais jamais répondre, supposant que cela dépendrait des circonstances et du contexte. En Louisiane, où un pic aurait été noté en avril 1999, le secteur n'était pas une réserve mais une zone de chasse. Mais là où j'ai vu mon pic, l'habitat était protégé. En outre, il était possible que des portions supplémentaires de forêt soit acquises augmenter les chances de survie de l'espèce. Il était évident pour moi que j'aurais diminué les chances de survie de l'oiseau en en parlant autour de moi à ce moment.
J'ai informé les fonctionnaires locaux de la protection de la nature en Arkansas de mon observation. J'ai alors contacté des amis du Laboratoire d'ornithologie de l'Université de Cornell et je leur ai parlé de ma rencontre. Mon but était surtout d'optimiser la protection de l'oiseau et de prévenir un afflux d'observateurs enthousiastes. J'avais trouvé l'oiseau, ma quête était finie.
Je prie les visiteurs du site Birding America de m'excuser pour avoir stoppé les mises à jour brusquement. Mais ainsi, les Pics à bec d'ivoire de l'Arkansas avaient eu ainsi deux années supplémentaires de tranquillité, avec peut-être quelques jeunes nés et envolés. Bientôt, le département d'ornithologie de l'université Cornell annonceront officiellement la redécouverte du Pic à bec d'ivoire. J'espère que des fonctionnaires de la protection de la faune ont prévu un plan de gestion pour les semaines et les années à venir."


Observation d'un "kayakiste"

Selon le site officiel www.ivorybill.org, la première observation (furtive) a été effectuée le 11 février 2004 par un "kayakiste" dans la Cache River National Wildlife Refuge of Arkansas.
Le Cornell Lab of Ornithology et l'association The Nature Conservancy ont ensuite créé une structure, la Big Woods Conservation Partnership pour assurer la protection de la zone et étudier l'oiseau. Les scientifiques ont effectué de nombreuses observations, réalisé une courte vidéo de qualité médiocre, et de possibles enregistrements du fameux "double coup" typique du pic à bec d'ivoire. Ces preuves ont permis de confirmer qu'au moins un pic survivait dans les Big Woods du delta du Mississippi (Arkansas).
La Nature Conservancy a protégé plus de 18 000 acres des Big Woods près des Cache River et White River national wildlife refuges depuis la découverte. En 10 ans, le but est de restaurer 20 000 acres supplémentaires dans les Big Woods.

Description du Pic à bec d'ivoire

Pics à bec d'ivoire (Campephilus principalis)
Pics à bec d'ivoire (Campephilus principalis) empaillés
Source : Louisiana Museum of Natural History

Longueur : 48 – 53 cm.
Envergure : > 1 m.
Description :
Le Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) est le second plus grand pic du monde.
Le bec est blanc ivoire, tandis que les pattes sont grises.
L'oiseau est noir avec des bandes blanches très visibles sur les côtés du cou . Les ailes possèdent deux larges taches blanches.
Les mâles ont une huppe rouge vif.
Cris et chants :
Le cri d'alarme est un ‘kent!’ ou ‘hant!" ressemblant au bruit d'une trompette d'enfant. Près du nid, il émet des sifflements. Le tambourinement est très puissant, et un individu serait capable de creuser un trou de 12 cm de profondeur en moins d'une minute !
Ecoutez sur le site de la National Public Radio le seul enregistrement connu du Pic à bec d'ivoire capturé en 1935 dans une forêt de Louisiane appelée Singer Tract (Cornell Laboratory of Ornithology).
Autrefois répandu (mais peu commun) dans les vieilles forêts des États-Unis et de Cuba, il a été offciellement considéré comme éteint en 1996.

Interview de John Fitzpatrick, le directeur du Cornell Lab of Ornithology

Ancienne répartition (en rouge) du Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) aux Etats-Unis et sites où l'espèce pourrait subsister d'après les données historiques confirmées :
1. Atchafalaya Basin (Louisiana)
2. Santee River (South Carolina)
3. Altamaha River (Georgia)
4. Yazoo River (Mississippi)
5. Pascagoula River (Mississippi)
6. Suwannee/Withiacoochee/Ochloconee Rivers (Florida)
Source : Us Fish and Wildlife Service
Ancienne répartition du Pic à bec d'ivoire

En mars 2002, le laboratoire d'ornithologie de Cornell a organisé une expédition dans la Pearl River Wildlife Refuge, une forêt inondée de Cyprès chauves à la limite de la Louisiane et du Mississippi. Il a donné une interview sur le site de la Cornell University, dont nous avons extrait quelques informations utiles sur la biologie et la répartition historique du Pic à bec d'ivoire.
Selon l'U.S. Fish and Wildlife Service, le Pic à bec d'ivoire est censé avoir disparu à l'état sauvage de l'Amérique du Nord. Cependant, observateurs et protecteurs de la nature continuent de penser que des oiseaux peuvent continuer à vivre dans un bayou de Louisiane ou des états voisins.
Les dernières données confirmées de la sous-espèce cubaine bairdii datent des années 80. Le journal Cotinga a signalé les dernières observations certaines en 1987. On pense que l'oiseau est aujourd'hui éteint sur cette île.
Aux États-Unis, la dernière donnée confirmée du Pic à bec d'ivoire date des années 40. Depuis lors, il y a eu plusieurs observations non confirmées dans le pays. En 1999, un étudiant de l'université de Louisiane, David Kulivan, a rapporté l'observation d'un couple de pics dans la réserve de Pearl River en Louisiane. Zeiss a alors financé en mars 2002 une expédition dans cette zone.
L'exploitation des vieilles forêts à feuilles caduques du Sud-est des États-Unis, qui constituaient l'habitat principal du Pic à bec d'ivoire, est l'une des causes principales de son extinction. Il avait l'habitude d'utiliser leur bec puissant pour dépouiller l'écorce des arbres morts à la recherche d'insectes xylophages. Un couple exigeait environ trois miles² de forêt mâture. Le déclin s'est surtout produit entre 1885 et 1900, l'exploitation forestière étant alors intensive et non contrôlée. La chasse par des collecteurs pour des musées a accéléré la disparition. En 1938, la population avait été réduite à seulement environ 22 individus.
Une équipe de bioacoustique du laboratoire d'ornithologie de Cornell a déployé 12 unités autonomes d'enregistrement dans la région de la Pearl river en Louisiane. Ils ont enregistré des bruits sans interruption pendant 8 heures chaque jour, le matin et l'après-midi. Mais aucun Pic à bec d'ivoire n'a été vu en 2002, même si un tambourinement lointain (peut-être un coup de fusil finalement ..) a éveillé l'intérêt des chercheurs.

A lire absolument !

A découvrir, le livre "In Search of the Ivory-Billed Woodpecker" de Jerome A. Jackson : un ouvrage passionnant (que nous avons acheté), qui rassemble toutes les informations connues sur le Pic à bec d'ivoire. Prix : 21,46 €. A commander sans attendre !

A visiter

- Le site web consacré à la découverte : www.ivorybill.org
- Le dossier sur le site du magazine "Science" : www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/1114103
- Le récit multimédia sur la National Public Radio de l'expédition de mars 2002 dans la Pearl River à la recherche du Pic à bec d'ivoire : www.npr.org/programs/re/archivesdate/2002/march/
- Le site de Mary Scott avec les résumés de ses rapports à la recherche du Pic à bec d'ivoire :
www.birdingamerica.com/ivorybilledwoodpecker.htm
- L'interview complète de John Fitzpatrick :
www.birds.cornell.edu/ivory/index.html



Réagissez à cet article sur notre forum Identification / Taxonomie ou
par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.

    
 




  Magazine

   Sommaire
   Livre recommandé

The Sibley Guide to Birds
de D. Allen Sibley
Commander
sur Amazon

   Hôtel conseillé en Camargue
  
  
  
   Livre recommandé
 
Guide des oiseaux de l'Est de l'Amérique du Nord
de Stokes

15.24 €
Commander
sur Amazon

   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

  
 
 
ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés