Un évènement incroyable
| un Pic à
bec d'ivoire (Campephilus principalis) mâle a été observé
dans l'Arkansas, dans le bassin du Mississipi |
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Le Pic à bec d'ivoire
(Campephilus principalis), le second plus grand pic du monde, fait partie de ces
oiseaux mythiques que tout ornithologue désirerait observer, ne serait-ce
même qu'une seconde. Mais malheureusement, étant donné l'absence
de données fiables depuis plus de 60 ans, l'IUCN (Union Mondiale pour la
Conservation de la Nature) avait officiellement déclaré l'espèce
éteinte en 1996.
Plusieurs expéditions, comme celle de la Cornell University en mars 2002,
avait tenté en vain de recueillir des indices de la présence de
l'oiseau dans les vieilles forêts inondées de Cyprès chauves
du Sud-est de États-Unis, son habitat de prédilection. Mais l'échec
avait toujours était au rendez-vous.
Des amateurs annoncent de temps en temps avoir aperçu l'oiseau, mais il
s'agît la plupart du temps d'une confusion avec une espèce proche
mais plus petite et assez répandue, le Grand Pic (Dryocopus pileatus).
Une observatrice, Mary Scott, a observé en 2004 en Arkansas un
mâle de Pic à bec d'ivoire et a transmis l'information aux ornithologues
de l'université Cornell.
Selon le site officiel www.ivorybill.org, c'est un "kayakeur" qui aurait vu la première fois en vol un Pic à bec d'ivoire dans les "Big Woods", près des Cache River et White River national wildlife refuges en Arkansas.
La très sérieuse revue Science a
annoncé officiellement la redécouverte le 27 avril 2005.
Abstract
The Ivory-billed Woodpecker (Campephilus principalis), one of the largest and
most spectacular of the world's woodpeckers, has been rediscovered in North America.
The news, the subject of an announcement by the journal Science later today, has
stunned ornithologists world-wide, since the species was assessed by the IUCN
as Extinct in 1996.
Mary Scott, a birder have watched a male in the State of Arkansas, in the Mississippi
River basin. According the web site www.ivorybill.org, on February 11, 2004, a kayaker caught a glimpse of a huge and unusual woodpecker in the Cache River National Wildlife Refuge of Arkansas. More may be present, since the Bald Cypress forests of the region
are vast and potentially excellent for the species.
The species was once uncommon but widespread in the old forests of the southeastern
United States. No living Ivory-billed Woodpecker had been noticed in continental
North America since an unpaired female in 1944.
A small population from a different sub-species (bairdii) could also survives
in the old Pine forests in Southeastern Cuba.
In this article, we present you the species, a summary of the story of the discovery
and more elements about this legendary bird.
Réobservation du Pic à bec d'ivoire
Mary Scott, une observatrice chanceuse
 |
Vue d'une forêt Forêt inondée de Cyprès chauves, l'habitat
où un Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) mâle a
été revu en 2003-2004
Source : David
Allen White's website |
Mary Scott, une amatrice
qui a consacré des années à la recherche du Pic à
bec d'ivoire, raconte dans son site web www.birdingamerica.com
sa rencontre avec l'objet de ses rêves.
En voici un résumé traduit : "J'ai observé un mâle
de Pic à bec d'ivoire dans l'Arkansas (NDLR : à priori dans le secteur les "Big Woods" près des Cache River et White River national wildlife refuges. Elle ne précise pas
la date de sa donnée, mais les informations présentes sur le site
laissent supposer qu'elle a eu lieu en 2004 au plus tard), mais je n'ai pas pris
d'image ...Ceux qui ont lu les rapports de mes recherches précédentes
savent pourtant que je ne me promenais jamais
sans mon appareil-photo ! je roulais depuis environ trois heures sans arrêt
quand je suis arrivé (avec plusieurs autres observateurs) dans le secteur
à inspecter. Je suis sorti de la voiture pour dégourdir mes jambes,
puis j'ai marché quelques minutes, les autres observateurs allant dans
d'autres
directions. Tout d'un coup, j'ai vu un grand pic survolant la forêt inondée.
J'avais déjà précédemment observé des Grands Pics voler de cette façon lors des mes promenades en Louisiane. J'ai
été pétrifié quand j'ai vu l'oiseau se poser dans
un arbre à environ 50 pieds de distance. Par chance, le champ de vision
était dégagé. L'oiseau était énorme, et était
le long du tronc, à moins de 15 pieds du sol, les ailes repliées.
Il avait deux grandes zones blanches sur les ailes. Un rayon de soleil faisait
briller sa crête rouge. L'oiseau avait un long cou et les épaules
en avant. Je me remémorais tous les critères de terrain, mais il
n'y avait aucun doute. Le dilemme entre appeler les autres et continuer à
observer était bien sûr très difficile. Après avoir
attentivement observé l'oiseau, j'ai commencé à donner les
critères de l'espèce à mes amis avec 'un fort chuchotement
'. Avant d'avoir commencé la deuxième phrase, l'oiseau avait quitté
l'arbre et s'est envolé au loin. L'envergure de l'oiseau était extraordinaire.
Les ailes étaient très longues, et le bord arrière de celles-ci
était blanc brillant. Mes compagnons se sont précipités,
mais l'oiseau avait disparu. Ils étaient bien sûr incrédules.
Je savais que ce n'était une hallucination [...]. Les dessins de Pics à
bec d'ivoire grimpant le long des troncs que j'avais vus montraient un grand triangle
blanc sur les ailes totalement repliées. Les ailes de mon oiseau n'étaient
pas complètement fermées, et je pouvais voir la bande noir du dos
de l'oiseau. J'ai ainsi pu noter deux triangles blancs distincts. Quand l'oiseau
s'est envolé, la très grande envergure et l'impression de puissance
étaient incroyables, comme le signalait Kenn Duke lors des promenades de
son enfance en Louisiane. Je n'ai pas noté un seul battement d'aile, et
je n'ai jamais entendu un seul bruit. Mais mon rêve s'était réalisé.
Lors de mes réunions avec les membres de l'association Audubon au cours
desquelles je parlais de mes recherches du Pic à bec d'ivoire, je me posais
souvent la question : que ferais-je si je voyais un jour ce fameux pic ? Je ne
pouvais jamais répondre, supposant que cela dépendrait des circonstances
et du contexte. En Louisiane, où un pic aurait été noté
en avril 1999, le secteur n'était pas une réserve mais une zone
de chasse. Mais là où j'ai vu mon pic, l'habitat était protégé.
En outre, il était possible que des portions supplémentaires de
forêt soit acquises augmenter les chances de survie de l'espèce.
Il était évident pour moi que j'aurais diminué les chances
de survie de l'oiseau en en parlant autour de moi à ce moment.
J'ai informé les fonctionnaires locaux de la protection de la nature en
Arkansas de mon observation. J'ai alors contacté des amis du Laboratoire
d'ornithologie de l'Université de Cornell et je leur ai parlé de
ma rencontre. Mon but était surtout d'optimiser la protection de l'oiseau
et de prévenir un afflux d'observateurs enthousiastes. J'avais trouvé
l'oiseau, ma quête était finie.
Je prie les visiteurs du site Birding America de m'excuser pour avoir stoppé
les mises à jour brusquement. Mais ainsi, les Pics à bec d'ivoire
de l'Arkansas avaient eu ainsi deux années supplémentaires de tranquillité,
avec peut-être quelques jeunes nés et envolés. Bientôt,
le département d'ornithologie de l'université Cornell annonceront
officiellement la redécouverte du Pic à bec d'ivoire. J'espère
que des fonctionnaires de la protection de la faune ont prévu un plan de
gestion pour les semaines et les années à venir."
Observation d'un "kayakiste"
Selon le site officiel www.ivorybill.org, la première observation (furtive) a été effectuée le 11 février 2004 par un "kayakiste" dans la Cache River National Wildlife Refuge of Arkansas.
Le Cornell Lab of Ornithology et l'association The Nature Conservancy ont ensuite créé une structure, la Big Woods Conservation Partnership pour assurer la protection de la zone et étudier l'oiseau. Les scientifiques ont effectué de nombreuses observations, réalisé une courte vidéo de qualité médiocre, et de possibles enregistrements du fameux "double coup" typique du pic à bec d'ivoire. Ces preuves ont permis de confirmer qu'au moins un pic survivait dans les Big Woods du delta du Mississippi (Arkansas).
La Nature Conservancy a protégé plus de 18 000 acres des Big Woods près des Cache River et White River national wildlife refuges depuis la découverte. En 10 ans, le but est de restaurer 20 000 acres supplémentaires dans les Big Woods.
Description du Pic
à bec d'ivoire
Longueur : 48 53
cm.
Envergure : > 1 m.
Description :
Le Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) est le second plus grand
pic du monde.
Le bec est blanc ivoire, tandis que les pattes sont grises.
L'oiseau est noir avec des bandes blanches très visibles sur les côtés
du cou . Les ailes possèdent deux larges taches blanches.
Les mâles ont une huppe rouge vif.
Cris et chants :
Le cri d'alarme est un kent! ou hant!" ressemblant au bruit
d'une trompette d'enfant. Près du nid, il émet des sifflements.
Le tambourinement est très puissant, et un individu serait capable de creuser
un trou de 12 cm de profondeur en moins d'une minute !
Ecoutez sur le site de la National Public Radio le seul
enregistrement connu du Pic à bec d'ivoire capturé en 1935 dans
une forêt de Louisiane appelée Singer Tract (Cornell Laboratory of
Ornithology).
Autrefois répandu (mais peu commun) dans les vieilles forêts des
États-Unis et de Cuba, il a été offciellement considéré
comme éteint en 1996.
Interview de John Fitzpatrick, le directeur du Cornell Lab of Ornithology
Ancienne
répartition (en rouge) du Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis)
aux Etats-Unis et sites où l'espèce pourrait subsister d'après
les données historiques confirmées :
1. Atchafalaya Basin (Louisiana)
2. Santee River (South Carolina)
3. Altamaha River (Georgia)
4. Yazoo River (Mississippi)
5. Pascagoula River (Mississippi)
6. Suwannee/Withiacoochee/Ochloconee Rivers (Florida)
Source : Us Fish and Wildlife Service |
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En mars 2002, le laboratoire
d'ornithologie de Cornell a organisé une expédition dans la Pearl
River Wildlife Refuge, une forêt inondée de Cyprès chauves
à la limite de la Louisiane et du Mississippi. Il a donné une interview
sur le site de la Cornell
University, dont nous avons extrait quelques informations utiles sur la biologie
et la répartition historique du Pic à bec d'ivoire.
Selon l'U.S. Fish and Wildlife Service, le Pic à bec d'ivoire est censé
avoir disparu à l'état sauvage de l'Amérique du Nord. Cependant,
observateurs et protecteurs de la nature continuent de penser que des oiseaux
peuvent continuer à vivre dans un bayou de Louisiane ou des états
voisins.
Les dernières données confirmées de la sous-espèce
cubaine bairdii datent des années 80. Le journal Cotinga a signalé
les dernières observations certaines en 1987. On pense que l'oiseau est
aujourd'hui éteint sur cette île.
Aux États-Unis, la dernière donnée confirmée du Pic
à bec d'ivoire date des années 40. Depuis lors, il y a eu plusieurs
observations non confirmées dans le pays. En 1999, un étudiant de
l'université de Louisiane, David Kulivan, a rapporté l'observation
d'un couple de pics dans la réserve de Pearl River en Louisiane. Zeiss
a alors financé en mars 2002 une expédition dans cette zone.
L'exploitation des vieilles forêts à feuilles caduques du Sud-est
des États-Unis, qui constituaient l'habitat principal du Pic à bec
d'ivoire, est l'une des causes principales de son extinction. Il avait l'habitude
d'utiliser leur bec puissant pour dépouiller l'écorce des arbres
morts à la recherche d'insectes xylophages. Un couple exigeait environ
trois miles² de forêt mâture. Le déclin s'est surtout
produit entre 1885 et 1900, l'exploitation forestière étant alors
intensive et non contrôlée. La chasse par des collecteurs pour des
musées a accéléré la disparition. En 1938, la population
avait été réduite à seulement environ 22 individus.
Une équipe de bioacoustique du laboratoire d'ornithologie de Cornell a
déployé 12 unités autonomes d'enregistrement dans la région
de la Pearl river en Louisiane. Ils ont enregistré des bruits sans interruption
pendant 8 heures chaque jour, le matin et l'après-midi. Mais aucun Pic
à bec d'ivoire n'a été vu en 2002, même si un tambourinement
lointain (peut-être un coup de fusil finalement ..) a éveillé
l'intérêt des chercheurs.
A lire absolument !
A découvrir, le livre "In
Search of the Ivory-Billed Woodpecker" de Jerome A. Jackson : un ouvrage
passionnant (que nous avons acheté), qui rassemble toutes les informations
connues sur le Pic à bec d'ivoire. Prix : 21,46 €. A
commander sans attendre !
A visiter
- Le site web consacré à la découverte : www.ivorybill.org
- Le dossier sur le site du magazine "Science" : www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/1114103
- Le récit multimédia sur la National Public Radio de l'expédition
de mars 2002 dans la Pearl River à la recherche du Pic à bec d'ivoire
: www.npr.org/programs/re/archivesdate/2002/march/
- Le site
de Mary Scott avec les résumés de ses rapports à la recherche
du Pic à bec d'ivoire :
www.birdingamerica.com/ivorybilledwoodpecker.htm
- L'interview complète de John Fitzpatrick :
www.birds.cornell.edu/ivory/index.html
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