Un évènement ornithologique à confirmer
| En rouge, ancienne
aire de répartition principale du Canard à tête rose. En jaune,
zone du Myanmar (Birmanie) où l'espèce a déjà été
notée dans le passé |
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Une équipe de
BirdLife International effectuant des comptages hivernaux au Myanmar (Birmanie)
du 26 novembre au 20 décembre 2004 aurait observé, avec une "probabilité
de 99%", un Canard à tête rose (Rhodonessa caryophyllacea),
considéré comme disparu.
L'oiseau avait une tête et un cou rose vif , et a été vu au
travers d'une longue-vue pendant plus de 2 minutes.
Étant donné l'importance de cet événement, s'il est
confirmé, Ornithomedia.com vous propose une présentation de cette
espèce dont un exemplaire empaillé est exposé au Muséum
d'Histoire Naturelle de Paris, dans la galerie consacrée aux espèces
disparues ou très menacées ..
Abstract
A team from BirdLife International including Tim Appleton and Jonathan Eames doing
bird surveys in Burma during 26 Nov - 20 Dec 2004 saw a bird which they're "99%
sure" was a Pink-headed Duck Rhodonessa caryophyllacea, long considered extinct.
The bird had a bright pink head and neck and was scoped by three members of the
team for 2 1/2 minutes. The BirdLife team will return to Burma in November 2005
for another attempt to find Pink-headed Duck.
In this article, we propose you a description of this extinct bird.
Observation possible d'un Canard à tête rose
Une observation à confirmer
Selon Baz Hughes, qui a posté l'information le 17 janvier 2005 sur
le twsg-forum, une équipe de BirdLife International effectuant des comptages
hivernaux au Myanmar (Birmanie) du 26 novembre au 20 décembre 2004 aurait
observé, avec une "probabilité de 99%", un Canard à
tête rose (Rhodonessa caryophyllacea), considéré comme disparu.
L'oiseau avait une tête et un cou rose vif , et a été vu au
travers d'une longue-vue pendant plus de 2 minutes.
L'équipe de BirdLife doit retourner en Birmanie en novembre 2005 pour
réessayer d'observer le Canard à tête rose.
Le Myanmar est très peu connu d'un point de vue ornithologique, et il reste
de grandes zones humides qui pourraient réserver bien des surprises.
A noter qu'en 1998, le WWT a financé une expédition au Tibet menée
par Peter Gladstone et Charles Martell, et que le Tibetan Government Forestry
Department avait alors annoncé l'observation de Canards à tête
rose dans une région isolée du Bhoutan, sans que les membres de
l'expédition ne puissent les localiser.
Description du canard
à tête rose
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Canard à
tête rose (Rhodonessa caryophyllacea) adulte
Source : WWT |
Sa taille était celle
d'un canard domestique.
Ses postures étaient proches de celle d'un dendrocygne, tandis que ses
proportions et le pattern de son plumage évoquaient plutôt le Fuligule
milouin (Aythya ferina).
Le mâle adulte avait la tête, le bec les côtés de cou,
et la nuque d'un beau rose. Sur la tête, on pouvait noter deux zones de
plumes rose vif. La gorge était brune, et le reste du corps était
brun sombre luisant (plus pâle dessous).
La femelle adulte était plus sombre. Son bec, sa tête et son cou
étaient rosâtres, mais se démarquaient peu du reste du corps
brun. Le spéculum était crême-brun.
L'immature était brun clair et avait la tête et le cou blanc-rosâtre,
avec le haut de la tête, le cou et la nuque bruns.
Les bords des ailes étaient blanchâtres, et le spéculum était
rougeâtre avec une bande blanche.
Comportement
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Canard à
tête rose (Rhodonessa caryophyllacea) juvénile
Source : WWT |
Son régime alimentaire
était mal connu : l'analyse du gésier d'un oiseau mort a permis
de trouver des graines de plantes aquatiques et des petites coquilles. L'anatomie
de la trachée artérielle suggère que cette espèce
plongeait souvent.
Apparemment, il s'agissait surtout d'un Canard de surface, et sa nourriture principale
était composée d'organismes aquatiques et de végétaux.
Des petits groupes (de 6 à 8 individus, parfois jusqu'à 40) se formaient
surtout en hiver. Pendant les mois les plus froids, les oiseaux étaient
observés sur les grands fleuves, se déplaçant peu. Ils se
nourrissaient surtout en surface, parfois en plongeant.
Reproduction
La saison de nidification du Canard à tête rose commençait
en avril. Le nid arrondi était construit dans des touffes de hautes herbes
près de l'eau. Les nids étaient réalisés avec de l'herbe
sèche et quelques plumes. Durant cette période, il était
surtout vus en couple, parfois en petites troupes jusqu'à dix oiseaux.
Les ufs étaient blanc pur ou jaune pâle et étaient presque
parfaitement sphériques, à la différence des ufs de
la plupart des autres anatidés. La couvaison était assurée
par le mâle et la femelle.
Chasse
La rareté de l'espèce a attiré la convoitise de nombreux
chasseurs. Leur chair était pourtant peu appréciée. Des canards
à tête rose étaient pourtant souvent vendus sur les marchés
de Calcutta (Inde).
La destruction de son habitat a également joué un rôle important
dans l'extinction de l'espèce.
Ancienne distribution
Le canard à tête
rose n'a sûrement jamais été abondant. Sa population a commencé
a décliner en 1878, du fait de la chasse et de la destruction de son habitat.
La dernière donnée confirmée à l'état sauvage
date de juin 1935 à Darbhanga, dans le Bihar (Inde). Il est considéré
comme éteint.
Le Canard à tête rose était l'un des oiseaux aquatiques les
plus rares d'Inde. Il était principalement présent dans le secteur
compris entre le nord du cours inférieur du Gange et l'ouest du fleuve
Brahmapoutre (le "Bengale"), mais aussi au nord du Myanmar.
En résumé, la zone bordant la rive nord du Gange, depuis Bhagalpur
jusqu'au barrage de Farakka, et surtout la zone autour de Karagola, représente
ce qui, il y a 150 ans, constituait la zone la plus importante pour l'espèce.
Il s'agissait d'une espèce sédentaire dans le nord et le nord-est
de l'Inde nordique (états de Orissa, du Bihar, du Bengale, de l'Assam et
de Manipur), dans les collines couvertes de forêts de l'Himalaya et dans
les plaines contiguës. Il était sporadiquement observé en hiver
dans le Pendjab, l'Uttar Pradesh, le Maharashtra, l'Andhra Pradesh et le Tamil
Nadu. Il a aussi été noté au Népal et au Tibet.
Dans son aire de distribution de l'Inde et du Népal, le Canard à
tête rose fréquentait surtout les marais de l'Himalaya Terai et des
Duars et les forêts humides de plaine. Il préférait les petits
étangs avec une riche végétation aquatique. Durant les mois
les plus froids, il se déplaçait vers les fleuves. Il était
généralement observé seul ou en petits groupes, et en couple
pendant la saison de reproduction (mai-juillet). L'oiseau était timide
et méfiant, et n'était souvent aperçu qu'en vol.
Au Myanmar
L'espèce n'y a été notée que dans quelques localités,
avec une dernière donnée certaine en 1910.
Il était apparemment rare dans le pays (Harington 1909), bien que E. W.
Oates (in Jardine 1909) a rapporté l'abattage de quatre oiseaux près
de Mandalay, ce qui suggère que l'espèce ait pu être régulière
dans la zone. Bien que la dernière donnée date de 1910, il existe
des rumeurs concernant l'existence d'une population résiduelle dans des
zones humides isolées du nord du pays (Scott 1989). Des données
non confirmées de petits groupes (4 à 5 oiseaux) ont été
reportées à la fin des années 1960 (U Tun Yin in litt. W.
B. King, BirdLife; Kear et Williams 1978), ce qui laisse supposer que l'espèce
ait pu survivre.
Les données recensées officiellement :
- Myitkyina, non datée (Harington 1909a), près du village de Talawgyi;
- Non loin de Myitkyina, où deux oiseaux ressemblants aux illustrations
auraient été vus durant l'hiver 1998/1999 (d'près U Tun Yin,
un chasseur local);
- Bhamo, non datée (Blyth 1875, Smythies 1986);
- Koolay, près de Singu, district de Mandalay : une femelle en décembre
1908 (spécimen au BNHS, Jardine 1909);
- Dans la région de Mandalay : 4 abattus, donnée non datée
(Jardine 1909);
- Un mâle en février 1910 (acheté au bazar de Mandalay);
- Un à Arakan, non datée (Blyth 1875, Smythies 1986);
En captivité en France
Des Canards à tête rose ont été détenus en captivité
en France (Parc de Clères, Normandie) et au Royaume-Uni à partir
de 1925. Le responsable du parc de Clères explique que certains oiseaux
ont vécu plus de 12 ans, faisant de nombreuses parades, sans jamais essayer
de nicher (Delacour 1954-1964).
Le dernier oiseau en captivité est mort en 1945, au Foxwarren Park (Royaume-Uni).
Plus d'informations
sur :
www.cranes.org
www.rdb.or.id
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