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  Observations récentes du Loriot d'Isabela ... | Observations

Observations


En mars 2003

Loriot d'Isabela (Oriolus isabellae)
Loriot d'Isabela (Oriolus isabellae), Ambabok, San Mariano, Isabela, Luzon, Philippines
Photo : Merlijn Van Weerd
Le matin du 27 mars, RH observait les oiseaux près de l'ancien camp d'Ambabok quand il a entendu des cris inhabituels clairement différents de ceux des Loriots de Chine (Oriolus chinensis) et à face blanche (Oriolus xanthonotus albiloris). Le cri a été enregistré et l'oiseau y a répondu immédiatement en volant autour de RH à moins de 10 m. La combinaison d'un bec fort à base large, de pattes bleu-gris, de parties inférieures jaunes lavées d'olive sur les flancs, d'une tête et de parties supérieures couleur olive, des ailes vertes avec des bordures jaunes lumineuses, et de lores plus jaunes que blanches ont permis d'identifier facilement un Loriot d'Isabela. Un deuxième chanteur à priori d'aspect identique a aussi été localisé et les deux heures suivantes ont été passées à étudier les oiseaux, qui étaient encore présents et actifs quand l'observateur est parti. Les oiseaux étaient présents dans un secteur de forêt secondaire dégradée entrecoupée de grands massifs de bambous, et ils ont passé la majeure partie de leur temps dans la canopée de grands mayapis (Anisoptera thurifera). Ils étaient généralement discrets et ont passé beaucoup de leur temps à chanter depuis différents perchoirs.
Les oiseaux n'ont pas été vus en train de se nourrir, en dépit de la présence de plusieurs Échenilleurs noirs (Coracina coerulescens), barrés (C. striata) et Drongos balicassio (Dicrurus balicassius) s'alimentant dans le même secteur. Quelques bons enregistrements sonores ont été réalisés, que l'on peut classer en deux catégories (fig. 1, sonagrammes 1 et 2). Les oiseaux ont répondu très vite aux enregistrements en volant directement au-dessus de l'observateur, en émettant habituellement un cri fort (fig.1, sonagramme 3). Ce dernier appel était de temps en temps entremêlé avec le cri habituel. Les oiseaux étaient encore présents le 29 mars et ont été observés pendant environ deux heures en fin d'après-midi. Les oiseaux fréquentaient toujours le même secteur, mais étaient moins mobiles, restant une grande partie du temps perchés sur les branches dégagées dans la canopée des grands arbres, habituellement à moins de 5 m et souvent à moins de 2 m l'un de l'autre. Là encore, les deux oiseaux ont chanté régulièrement tout au long de la période d'observation.
Pas d'autres Loriots d'Isabela n'ont été localisés dans la zone malgré la diffusion des chants enregistrés dans la zone voisine d'Apay (un ancien camp forestier) et le long de la route entre les deux sites.

En mai 2003

Dans l'après-midi du 25 mai, les appels enregistrés par RH ont été diffusés par MvW à l'emplacement où avaient été observés les oiseaux en mars. Les grands arbres étaient récemment tombés, mais deux loriots ont répondu et ont volé dans les arbres environnants, à environ 50 et 25 m de l'observateur. Les oiseaux n'ont pas été observés, mais ils se sont répondus entre eux et au magnétophone avec exactement le même cri que celui diffusé. Le 26 mai à 10h30, un loriot a répondu au cri enregistré et s'est déplacé d'une zone de forêt dégradée avec des massifs de bambous vers un grand arbre, localement connu sous le nom de Dita (Alstonia scholaris), en compagnie de trois Échenilleurs noirs. Cet oiseau a bien été vu durant plusieurs secondes avant de disparaître dans le feuillage dense : il était entièrement vert/jaune avec des ailes fortement striées, le bec était grand et noirâtre (et non rougeâtre comme le Loriot à face blanche qui est endémique au Nord de Luzon) et il n'y avait pas de lores blanches (ce qui le distingue encore du Loriot à face blanche). Il a été vu plus tard se déplaçant dans de grands arbres (Dracontomelon dao, Endospermum peltatum, Anisoptera thurifera and Alstonia scholaris), toujours dans la canopée, en compagnie d'Échenilleurs noirs, barrés, noir et blanc (Lalage melanoleuca) et de Drongos balicassiao. Il n'a pas répondu directement à l'enregistrement et ne s'est pas approché. Cependant, il a appelé de temps en temps et a reçu la réponse d'un deuxième oiseau situé de l'autre côté du fleuve, à environ 100 m. L'enregistrement a été diffusé entre le 26 et le 29 mai dans une grande variété d'habitats près d'Ambabok, mais aucune réponse n'a été notée.

Les cris et chants

Trois sons différents ont été enregistrés (figure 1).
(1) un sifflement clair, triste, légèrement descendant d'une durée de 0.5 secondes, répété irrégulièrement toutes les 1-2 s (fig. 1, sonagramme 1) ;
(2) un sifflement légèrement un plus aigu, montant, habituellement avec une légère inflexion terminale, durant environ 0.75 s, également irrégulièrement répété toutes les 1-2 s (fig. 1, sonagramme 2);
(3) un appel dur et roulant durant environ 0.25 s, émit à un rythme de 2 cris/s et répété toutes les 2 s (fig. 1, sonagramme 3), habituellement émis en longues séries en réponse à l'enregistrement et entremêlé de temps en temps avec l'autre appel.
En mai 2003, un appel additionnel a été entendu mais non enregistré : il s'agissait d'un sifflement à trois tonalités claires d'une durée de 1 seconde, la seconde tonalité étant plus aigue que la première, et la troisième plus basse que les deux autres. Ces appels diffèrent considérablement du vocabulaire du Loriot à face blanche qui émet des sons plus longs et flûtés. L'appel typique du Loriot à gorge noire (Oriolus xanthonotus), qui est absent de Luzon, est légèrement plus long, plus aigu et flûté que celui du Loriot d'Isabela, et monte clairement vers la fin.

En 2004


Ambabok a été revisité du 1er au 4 avril 2004 par MvW. Un couple de Loriots d'Isabela a alors été observé, probablement le même que celui vu en 2003, dans exactement le même secteur. Un individu a répondu très activement aux imitations des sons décrits plus haut. Le 3 avril, un loriot a été capturé dans un filet. L'oiseau a été mesuré, décrit puis relâché. La description réalisée par Kennedy et al. (2000) était précise, sauf pour la coloration des parties supérieures et inférieures; Nous suggérons de décrire les parties supérieures ainsi : couleur olive-jaune foncée (jaune-olive pour Kennedy et al.). Les parties inférieures sont jaune lumineux avec une teinte olive (olive-jaune selon Kennedy et al.). Le contraste entre le dessus et le dessous est net. Les principaux critères de terrain distinguant l'espèce du Loriot à face blanche sont le fort bec grisâtre et l'absence de lores blanchâtres. Le couple a été attentivement observé, parfois avec le Loriot de Chine et d'autres espèces. A quatre occasions, les Loriots d'Isabela ont été vus mangeant des chenilles.



  Suite de l'article
 
Présentation du Loriot d'Isabela
Observations

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