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  La réserve naturelle du Cap Sizun | Les oiseaux

Les oiseaux

La réserve constitue un site de nidification important pour les oiseaux marins.
Le printemps (avril-juillet) est la meilleure période pour découvrir les principales espèces nicheuses.

Les effectifs nicheurs des principales espèces en 2003 (Source : SEPNB-Bretagne Vivante)

Les oiseaux de mer ont réussi dans l’ensemble une bonne saison de reproduction en 2003.
Chez les Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla), 2003 restera dans les annales comme une très bonne année en nombre de poussins ayant pris leur envol : 964 sur l’ensemble du Cap. Ces bons résultats s’explique par une très bonne survie hivernale des adultes, un léger accroissement des effectifs, d’excellentes performances de reproduction, et de plus, l’absence de tempête au printemps, toujours destructrice de nids en pied de falaises.

Espèce
Nombre de couples dans la réserve en 2003
Fulmar boréal (Fulmarus glacialis)
19
Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis)
40
Goéland argenté (Larus argentatus argenteus)
256
Goéland brun (Larus fuscus graellsii)
94
Goéland marin (Larus marinus)
31
Mouette tridactyle (Rissa tridactyla)
282
Guillemot de Troïl (Uria aalge)
20

Le dernier couple de Grands Corbeaux (Corvus corax) de tout le Cap a brutalement disparu au mois d’avril 2003, alors que quatre poussins de l’année étaient encore au nid. Ces derniers sont donc sans doute morts de faim, faute de ravitaillement par les parents. Cette disparition reste étrange et inexpliquée.
Seuls une trentaine de couples se reproduisent en Bretagne. Toutefois, depuis la mi-août 2003, deux ou trois Grands Corbeaux sont régulièrement observés sur le littoral aux environs de la réserve.
Le couple de Crave à bec rouge installé sur la réserve s’est reproduit en 2003, menant à l’envol 4 jeunes craves, réalisant ainsi une très bonne performance. Au total, ce sont quatre couples qui ont réussi la reproduction cette année en Cap Sizun.

Océanite tempête, Fulmar boréal et Puffin des Anglais

Fulmars boréaux (Fulmarus glacialis)
Fulmars boréaux (Fulmarus glacialis). Photo : André Boussard

L'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus) est un petit oiseau marin noir à croupion blanc nichant irrégulièrement (1 couple ?) dans la réserve. Pendant la période de nidification, cet oiseau ne vient à terre que de nuit pour relayer son partenaire qui couve. Il niche dans un terrier, repérable à la forte odeur musquée laissée par cet oiseau très discret.
Le Fulmar boréal, beaucoup plus grand, s'est installé dans la réserve depuis les années 60. A partir de 1981, il y niche régulièrement. Environ six couples avaient été recensés en 1983. Il niche un seul oeuf (parfois deux) posé à même le rocher sur une falaise. Un étudiant, possédant une maîtrise en biologie, a particulièrement suivi en 2003 la population de fulmars de tout le Cap. Son travail a permis de suivre en détail les différentes étapes de reproduction de cet oiseau du grand large, encore nouveau et rare nicheur pour la France. On a constaté que plusieurs couples qui couvaient leur œuf sur des falaises de la pointe du Raz, ont été attaqués sans doute par le Vison d’Amérique.
Le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) ne niche pas dans la réserve, mais passe chaque année au printemps non loin du rivage, tout comme le Fou de Bassan (Sula bassana).

Le Cormoran huppé

Le Cormoran huppé est l'un des oiseaux les plus typiques de côtes bretonnes. Il niche isolément ou en petites colonies le long de la réserve, et sa population était d'environ 200 couples au début des années 80. Les nids d'algues et de brindilles sont édifiés dans les crevasses des rochers ou dans des replats moins abrités. Trois œufs bleuâtres recouverts d'une pellicule de calcaire y sont déposés. L'incubation, assurée par les deux parents, dure environ quatre semaines. En dehors de la saison de reproduction, ces cormorans se répartissent le long des côtes, surtout vers le sud de la Bretagne (Baie d'Audierne et au-delà).
En vol, le Cormoran huppé a une forme de croix noire, et posé dans l'eau, le corps est à demi-immergé.

Les laridés

Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla)
Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla). Photo : André Boussard

Quatre espèces nichent dans la réserve. La plus commune est le Goéland argenté (Larus argentatus) avec plus de 500 couples dans les années 80. La plupart nichent dans des îlots. Ils pondent en général trois œufs bruns ou vert olive tacheté de sombre déposés dans un nid peu élaboré. L'incubation dure environ un mois, et les petits s'envolent au bout de deux mois minimum.
Les Goélands argentés de la réserve sont très sédentaires, comme l'a révélé le baguage.
Il y avait environ 20 couples de Goélands bruns à Sizun dans les années 80. Cette espèce affectionne également les îlots rocheux pour nicher. Sa biologie est semblable à celle de l'espèce précédente, mais les jeunes sont plus précoces.
Le Goéland marin, au manteau noir, est le plus grand des trois. Peu nombreux dans la réserve, ils nichent dans des secteurs écartés.
La Mouette tridacyle (Rissa tridactyla) est essentiellement un oiseau de haute mer, parcourant l'Atlantique Nord en dehors de la zone de reproduction. La progression du nombre de couples a été étonnante dans le passé, passant de 127 couples en 1978 à près de 1 300 au début des années 80. Les nids, composés d'algues et de racines collées aux parois rocheuses, occupent les saillies et crevasses des parois des falaises. Cette espèce pond en avril de deux à trois œufs bleutés ou jaunâtres très tachetés. Les premières éclosions ont lieu dans la seconde partie de mai. Les petits volent au bout d'un mois. Ils présentent alors un V noir très visible sur chaque aile.
Des études menées dans les différentes sous-colonies de la réserve ont permis de montrer que les adultes et les petits étaient fortement parasités par des tiques (Ixodes uriae), ce qui entraîne régulièrement des déplacements de sites de nidification quand le nombre de tiques est trop important.

Le Guillemot de Troïl

Guillemots de Troïl (Uria aalge)
Guillemots de Troïl (Uria aalge). Photo : Jean-Paul Moulin

Le Petit Pingouin (Alca torda) a disparu du Cap Sizun en tant que nicheur, et il ne reste plus que 20 couples de Guillemots de Troïl (Uria aalge). La chute des effectifs (il y avait plus d'un millier de couples d'alcidés en 1938) n'a cessé de s'aggraver du fait des rejets d'hydrocarbures en mer et des marées noires. Après celle du Torrey Canyon en 1967, les effectifs sont tombés à 35-40 couples pour les guillemots et à environ 20 pour les pingouins. Le Macareux moine (Fratercula arctica) a disparu en 1980. Cette évolution globalement négative se retrouve à l'échelle de toute la Bretagne.
Le Guillemot de Troïl est très caractéristique, avec sa stature verticale, son plumage noir et blanc, et son vol rapide. Il ne pond qu'un œuf sur un rebord de falaise. Il est couvé une vingtaine de jours. Ensuite, le petit doit sauter à l'eau bien qu'il ne sache pas encore voler, le reste de l'éducation se déroulant en mer. D'août à février, les guillemots vont au large, le long des côtes de l'Atlantique et de la Méditerranée.

Les corvidés

Craves à bec rouge (Phyrrhocorax phyrrhocorax)
Craves à bec rouge (Phyrrhocorax phyrrhocorax). Photo : Joël Bruezière / www.eyesonsky.com

Le Crave à bec rouge était plus courant dans les années 60, avec une dizaine de couples.
L'espèce, noir avec un bec rouge recourbé (chez l'adulte), est facilement repérable par son vol acrobatique et son cri, un "pschiou !" sonore et prolongé. La femelle pond de trois à cinq œufs en avril-mai dans un endroit inaccessible. L'incubation dure trois semaines. Les jeunes sont ensuite nourris par les deux parents. Les petits quittent le nid à quarante jours.
Le déclin de l'espèce est lié à la diminution des activités agricoles, et en particulier du pâturage, dans les landes côtières. La végétation arbustive s'y développe alors, empêchant le crave de trouver les insectes dont il se nourrit.
Le Grand Corbeau (Corvus corax), de la taille d'une buse, est un oiseau superbe et puissant, qui émet des séries de graves cris caverneux. Il a malheureusement pratiquement disparu en tant que nicheur dans la réserve. Il construit un nid dès la fin de l'hiver, dans lequel il dépose de quatre à six œufs en février-mars. Les jeunes restent de cinq à six semaines au nid, puis quittent le territoire des parents.
Le baguage des petits a permis de démontrer qu'il séjournaient un ou deux ans dans les Monts d'Arrée au centre de la Bretagne avant d'atteindre la maturité sexuelle et de revenir sur le littoral.

Autres espèces

A côté de ces espèces emblématiques, on note la présence de 13 nicheurs, dont entre autres du Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), du Pipit farlouse (Anthus pratensis), du Traquet motteux (Oenanthe oenanthe), du Tarier pâtre (Saxicola rubetra), de la Chevêche d'Athéna (Athene noctua) - nicheuse dans les falaises ! - et de la Fauvette pitchou (Sylvia undata), une espèce discrète sédentaire.
En 1997, un premier couple de Faucon pèlerin (Falco peregrinus) s'est reproduit en presqu’île de Crozon. Depuis, 2 ou 3 autres couples se sont également installés sur les falaises de la presqu’île. Du coup, quelques oiseaux fréquentent de temps en temps les falaises de la réserve.
Plus de 150 espèces ont été notées en migration et en hiver, dont quelques surprises comme un Monticole de roche (Monticola saxatilis) vu en juillet 2003. Cette espèce montagnarde vit dans les Pyrénées ou les Alpes, jusqu’à 2 700 m d’altitude. Il s’agissait d’un mâle arrivé en plumage nuptial très coloré vers la mi-juillet. Il a été aperçu pour la dernière fois en septembre à Pors Poullan.

Contact

Des visites guidées sont organisées du 15 mars au 31 août. Et depuis janvier 2003, un Club Nature a été crée pour les visiteurs de 8 à 12 ans, avec de nombreuses activités de découverte de la nature.
Renseignements : Réserve du Cap Sizun - Chemin de Kérisit - 29770 Goulien.
Tél. :(+33) 02 98 70 13 53.
E-mail : reserve-cap-sizun@bretagne-vivante.asso.fr.
Site web : www.bretagne-vivante.asso.fr.
Autre site sur la région d'Audierne : www.audierne.info.


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Présentation de la réserve du Cap Sizun
Les oiseaux




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