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La réserve Michel-Hervé Julien
| Situation de
la réserve naturelle du Cap Sizun |
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La réserve qui
correspond à deux secteurs côtiers du littoral de la commune de Goulien,
s'appelle depuis son origine "réserve naturelle du Cap Sizun",
bien que ce cap désigne en réalité l'ensemble de la péninsule
qui, de Douarnenez à la baie d'Audierne, s'avance en mer jusqu'à
la Pointe du Raz.
En 1966, elle a pris le nom de Réserve Michel-Hervé Julien, en hommage
aux efforts de son fondateur.
Ensemble exceptionnel de hautes falaises, de pelouses sommitales, de landes et
d'îlots, cet espace protégé géré par la SEPNB-
Bretagne Vivante, moins connu que la réserve naturelle des Sept-Iles
(voir notre article La
réserve des Sept-Iles en 2003) abrite de belles colonies d'oiseaux
de mer, dans un paysage typiquement breton.
Abstract
This article presents the Natural Reserve
of Cap Sizun (Finistère, Brittany), situated near the famous Pointe du
Raz. This protected area, managed by the SEPNB-
Bretagne Vivante and which includes high cliffs and coastal
moors, is the home of some of the most important French seabirds colonies.
In 2003, there were 19 pairs of Fulmars, 40 pairs of Shags, 256 pairs of Herring
Gulls, 94 pairs of Lesser Black-backed Gulls, 31 pairs of Great Black-backed Gulls,
282 pairs of Kittiwakes and 20 pairs of Guillemots.
Access : from Quimper, take the road D 765 to Douarnenez, then the D 7 to Poulhan-sur-Mer
and Goulien. The reserve is well signposted.
See also our article about the réserve
des Sept-Iles.
Présentation de la réserve du Cap Sizun
Accès
| Accès à la
réserve du Cap Sizun |
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Depuis Quimper, prendre la
D 765 vers Douarnenez, puis la D 7 vers Poulhan-sur-Mer et Goulien. La réserve
est bien indiquée sur la commune de Goulien.
Historique
La réserve qui correspond à deux secteurs côtiers du littoral
de la commune de Goulien s'appelle depuis son origine "réserve naturelle
du Cap Sizun", bien que ce cap désigne en réalité l'ensemble
de la péninsule qui, de Douarnenez à la baie d'Audierne, s'avance
en mer jusqu'à la Pointe du Raz. Pour les fondateurs de la réserve,
c'était un moyen de rappeler qu'autrefois toute la côte nord du cap
était occupée par d'importantes colonies d'oiseaux marins, ainsi
que l'attestent les notes de Fréminville en 1856. En 1938, la situation
était encore satisfaisante, selon un bilan du peintre Paul Barruel. Mais
déjà cet auteur se méfiait d'éventuels vandales et
se refusait à désigner les lieux exacts des principales colonies.
Il terminait ainsi son article publié en 1942 dans l'Oiseau et la Revue
Française d'Ornithologie en écrivant "on comprendra les raisons
pour lesquelles nous n'avons pas voulu révéler les emplacements
de ces diverses colonies."
Cette discrétion fut strictement imitée par les ornithologues locaux.
Pendant près de trois décennies, le site resta méconnu des
touristes. En 1957, deux menaces prirent forme. Le service départemental
des Ponts et Chaussées annonça un projet de route en corniche sur
l'emplacement de l'actuelle réserve. Et le 4 juillet 1957, des observateurs
furent témoins d'un massacre d'oiseaux perpétré par des touristes
transportés par un pêcheur de l'île de Sein. Il était
temps de donner une protection légale, de créer une réserve.
C'est ainsi que Miche-Hervé Julien lança en 1957 un Fonds pour la
Protection de la Nature en Bretagne, qui a à la suite de dons et de ventes,
apporta l'argent nécessaire pour louer 50 ha et rémunérer
un garde. En janvier 1959, le Cercle Géographique et Naturaliste du Finistère
se transformait en Société pour l'Étude et la Protection
de la Nature en Bretagne. La Réserve Naturelle du Cap Sizun fût finalement
inaugurée le 14 juin 1959 sous la présidence du Professeur Heim
alors directeur du Muséum National d'Histoire Naturelle. La réserve
fût aussitôt ouverte au public, et connu tout de suite un grand succès.
Malgré la visite de milliers de visiteurs, les effectifs des colonies augmentèrent
de façon remarquable pour les Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) et
les Cormorans huppés (Phalacrocorax aristotelis), plus modestement pour
les goélands. Quand aux Pingouins tordas (Alca torda) et aux Guillemots
de Troïl (Uria aalge) victimes de la pollution par hydrocarbures, ils connurent
un déclin progressif. Depuis 1968 niche toutefois le Fulmar boréal
(Fulmarus glacialis).
Depuis 1959, la gestion de la réserve est assurée par la SEPNB qui
a su se structurer et se renforcer. Afin d'honorer les efforts de Michel-Hervé
Julien, décédé en 1966, la réserve fut renommée
"Réserve Michel-Hervé Julien". En 1973, le Conseil Général
du Finistère a acquis 25 ha de la réserve, la SEPNB conservant la
gestion touristique et scientifique. Le nombre annuel de visiteurs est passé
de 350 en 1959 à plus de 50 000 dans les années 90.
Les falaises sont un lieu privilégié d'étude scientifique
des colonies, dont l'impulsion a été notamment donnée en
1981 par Jean-Yves Monnat du laboratoire de zoologie de l'Université de
Brest, avec le soutien du Muséum d'Histoire Naturelle.
Habitats et flore
La réserve proprement
dite du Cap Sizun couvre 30 ha, mais l'ensemble désigné comme Zone
de Protection Spéciale couvre 530 ha.
La réserve englobe les falaises et îlots les plus riches du secteur.
La zone est constitué d'un ensemble exceptionnel de hautes falaises (30
à 70 m) maritimes cristallines, de pelouses aérohalines et sèches
sommitales, de landes, de fourrés littoraux (prunelliers, ptéridaies),
d'estrans rocheux battus et d'îlots.
Le milieu marin se distingue par la richesse et l'originalité du benthos
avec des végétaux caractéristiques des milieux fortement
battus (ex : Alaria esculenta, en limite sud de répartition). A
noter également des "prairies" à rhodophycées et
phéophycées tout à fait remarquables (port de Bestrée).
Les côtes rocheuses sont localement percées de grottes marines ou
submersibles d'un grand intérêt biologique (ex : Tal Ifern).
Les groupements de fissures, les pelouses aérohalines et les landes atlantiques
littorales des falaises, constituent des habitats d'intérêt communautaire
(falaises maritimes atlantiques) d'une grande richesse floristique et confèrent
au site un intérêt phytocénotique et paysager exceptionnel.
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| Armérie
maritime (Armeria arenaria). Photo : Jonathan Bancourt / bancourt.free.fr |
Le vent parfois très
fort qui souffle régulièrement dans la région a une influence
très forte sur la végétation. Les haies et bosquets sont
couchés et façonnés par les fréquentes rafales. Seules
des pelouses et des landes ont réellement pu se développer. Les
genêts sont les arbustes dominants. Les fleurs sont nombreuses, comme les
Scilles de printemps qui forment des parterres bleus. Le blanc des Silènes
maritimes, des Roses pimprenelles, le rose des Pédiculaires des bois et
des Arméries martitimes, le violet des bruyères, le jaune des Genêts
sans épines, des Ajoncs de Le Gall et d'Europe forment au printemps une
mosaïque qui émerveillera le visiteur.
Le Sceau de Salomon, proche du Muguet, le Mouron délicat ou la Brunelle
sont d'autres espèces intéressantes. En été et en
automne, il faut venir admirer la floraison des Bruyères cendrées
et cilliées colorant les landes, ponctuées par les hampes des Verges
d'or.
D'autres plantes plus discrètes poussent à l'abri des rochers, comme
l'Orpin des Anglais, le Nombril de Vénus, l'Asplenium marine, la Criste
marine ou l'Inule faux-criste.
Les rochers sont colorés par les plaques oranges du lichen Xanthoria
parietina à mi-falaise, et noires de Verrucaria maura à
la base des falaises.
Le long des écoulements d'eau poussent la Milonie bleue, des sphaignes
et une petite plante carnivore, la Grassette du Portugal.
Le fauchage des landes (Source : SEPNB-Bretagne Vivante)
La lande atlantique évolue naturellement dans les zones les moins exposées
au vent, à un buisson à dominante dajonc, beaucoup moins riche
en diversité floristique. Aussi, la pratique ancienne consistant à
faucher la lande tous les 6 à 8 ans pour utiliser le produit de la fauche
en litière dans les étables, présente aussi lavantage
de regénerer la végétation. Ainsi, au printemps suivant la
fauche, les bruyères jusqualors étouffées par lajonc
vont pouvoir à nouveau se développer, ainsi que tout un cortège
de plantes à fleurs. De plus, de très nombreuses graines qui se
sont accumulées dans la litière durant des années, vont pouvoir
germer.
La SEPNB-Bretagne
Vivante a relancé
la fauche sur certaines parcelles de la réserve. Au cours du mois de juillet
2003, un éleveur de chèvres en agriculture biologique à Plogoff,
est venu faucher environ un hectare sur la grande parcelle Est de la réserve.
La même opération a eu lieu en octobre 2003 sur une petite parcelle,
tout à louest de la réserve cette fois.
Outre le retour d'une certaine biodiversité végétale, le
but de ces fauches est de favoriser l'alimentation du Crave à bec rouge
(Pyrrhocorax pyrrhocorax) toujours à la recherche dinsectes au ras
du sol.
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