Une étude au Liban (Source : association A Rocha)
Certains oiseaux sont spectaculaires mais ce n'est pas le cas du Moineau pâle (Carpospiza brachydactyla), une espèce locale au Proche-Orient, où il ne niche que dans certaines zones de collines
et de montagnes.
Malgré son aspect banal et peu spectaculaire, le Moineau pâle est un oiseau très intéressant pour les biologistes. Les ornithologistes de l'association A Rocha ont ainsi mené une étude au Liban afin de mieux comprendre
sa biologie et les moyens de le protéger.
Un oiseau peu étudié
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| Moineau pâle (Carpospiza brachydactyla), Hermel, Liban. Notez les longues ailes et les pattes orange vif. Photo : Benjamin Vollot - Agrandir la photo |
Peut-être parce que son plumage est terne et qu'il niche dans des zones souvent reculées, peu d'études ont été menées sur le Moineau pâle, qui reste encore très mystérieux pour les ornithologues.
Tout d'abord, il ne s'agirait pas vraiment d'un moineau. À l'origine,il faisait partie du genre Petronia, comme le Moineau soulcie. Mais des travaux récents ont démontré qu'il n'était pas apparenté aux moineaux, mais qu'il était plus proche des bruants ou des fringilles. Un genre unique a ainsi été crée pour lui : Carpospiza.
Ses habitudes de nidification n'ont pratiquement pas été analysées, ce qui rend la protection de son habitat très difficile.
Le Jebel Barouk, le site d'étude
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| Vue du Jebel Barouk (Liban). Source : Association A Rocha |
Le Jebel Barouk, sur les contreforts des Monts du Liban, non loin de la zone humide d'Aammiq, a été le lieu d'une l'étude menée par Chris Knight et Colin Beale de l'association A Rocha pour comprendre quels étaient les critères de choix du Moineau pâle pour ses lieux de nidification.
Ce site abrite la population de la plus occidentale de cette espèce dans le pays, à environ 30 km de Beyrouth.
Cette population (découverte en 1999) se reproduit dans deux secteurs : au-dessous de la région boisée des pentes de la montagne et à proximité de son sommet.
Méthode d'étude
Deux bandes d'environ neuf kilomètres de long (une dans chaque zone) ont été
étudiées tout au long de la saison de nidification. Le nombre de
moineaux et les caractéristiques de leur habitat ont été enregistrés dans quarante
emplacements à travers tout le secteur d'étude.
À chaque endroit,
environ quatorze éléments de l'habitat ont été mesurés, comme l'altitude, le type de végétation, la
distance par rapport aux habitations les plus proches, la proportion de cailloux, l'inclinaison du terrain, etc... En outre, la nourriture (la plupart du
temps des insectes) a été prélevée tout au
long de la saison de reproduction.
Résultats
Environ 200 couples de Moineaux pâles ont été recensés dans la zone la plus basse, et 300 près du sommet. Il s'agit donc d'une
population importante, ce qui fait du Jebel Barouk un site essentiel pour la conservation de l'espèce.
Les densités de couples les plus
élevées ont été notées dans les
secteurs à pente forte, très acillouteuses et avec peu
d'arbres.
En outre, la période de nidification est liée à l'augmentation du nombre de coléoptères et de sauterelles et à une température moyenne quotidienne supérieure à 18ºC.
Conclusions pour la conservation de l'espèce
Cette étude a permis de relever certains éléments importants pour la protection de l'espèce.
La plus grande menace pour le Moineau pâle dans le secteur
du Jebel Barouk est la destruction de son habitat, les villages et les champs se développant sur les pentes inférieures de la montagne. Les secteurs les plus hauts sont moins menacés.
Tout élément susceptible de diminuer les
populations de coléoptères ou de sauterelles pourrait compromettre le succès de reproduction de l'espèce.
Les secteurs les plus raides et les plus caillouteux, très favorables, doivent être protégés.
Thierry Bara nous a communiqué les précisions suivantes :
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La population de cette espèce connaît des
fluctuations importantes. Des ornithologues de l'association A Rocha ont ainsi observé de grands nombres de Moineaux pâles sur des secteurs où ils
n'en voyaient aucun les années précédentes.
Ce phénomène a également été constaté en Israël et en Turquie.
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Malgré les menaces sur son habitat, l'espèce serait en train d'étendre son aire de
répartition vers l'ouest.
Bibliographie
Thierry Bara nous a également communiqué la liste d'articles suivants à consulter sur le Moineau pâle
:
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Cramp, S. and Perrins, C. M. (eds.) (1994) The birds of the Western
Palearctic. Vol. 8. Oxford University Press.
-
Griffin, P., Mayrose, A. and Tsurim, I. (2001). Breeding Pale Rock Sparrow
Carpospiza brachydactyla in the Samarian Hills and Judean Desert, Israel.
Sandgrouse 23: 66-67.
-
Kirwan, G. M., Özen, M., Kurt, B. and Martins, R. P. (2003) Turkey Bird
Report 1997-2001. Sandgrouse 25: 8-31.
-
Jaradi, G, Bara, T., Almécija, M. and Ramadan-Jaradi, M. (2004) Significant
bird notes from Lebanon during 2002-03. Sandgrouse 26: 29-34.
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