Géographie, géologie, hydrologie et climat
Voir la
carte
du parc d'El-Kala.
Géographie
Appartenant à la partie Nord-Est du Tell algérien, le parc national d'El-Kala est limité au Nord par la mer Méditerranée, à l'Est par la frontière algéro - tunisienne, au Sud par les monts de la Medjerda et à l'Ouest par la ville d'El -Tarf et par les marais de la Mekkada. Ses coordonnées géographiques vont de 36° 43' N. à 36° 57' N. et de 7° 43' E. à 8° 37' E. Il s'étend sur une superficie de 78.400 ha (ANONYME, 1984).
Topographie du parc national d'El-Kala
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| La côte autour d'El-Kala est basse et sablonneuse. Photo : Salah Telailia |
Le relief est un facteur déterminant pour la répartition des éléments climatiques sur le territoire. Les dépressions ou bombements offrent autant de stations abritées ou exposées dont la flore peut varier en fonction des affinités écologiques des espèces (LEROND, 1981). D'une manière générale, le relief du parc national d'El-Kala se compose d'une juxtaposition de dépressions dont le fond est occupé par des formations lacustres ou palustres et par de hautes collines aux formes variées tels que des dômes, des escarpements et des alignements de crêtes, couverts par une végétation dense (DE BELAIR, 1990).
Le relief du parc national d'El Kala est formé dans sa partie septentrionale par un cordon dunaire qui s'étend d'une part d'Ouest en Est le long de la côte sur une distance de 40 km et d'autre part vers le Sud jusqu'au pied du Djebel Segleb, s'enfonçant parfois jusqu'à 24 km à l'intérieur des terres, avec de petites éminences de relief gréseux de faible altitude. Un ensemble de collines ne dépassant pas 600 m de hauteur se situent au Nord, à l'Est et à l'Ouest de la région d'étude. Une plaine alluviale et marécageuse est adossée à ces collines (JOLEAUD, 1936).
Particularités géologiques du parc national d'El-Kala
La région d'El-Kala date de la formation de la chaîne tellienne. L'actuelle structure morphologique résulte d'une activité tectonique datant du tertiaire et du quaternaire. Cette diversité combinée à l'action de l'eau et du vent contribuent jusqu'à présent au façonnement du relief (MARRE, 1987).
Selon JOLEAUD (1936) l'époque tertiaire se distingue par la formation des argiles de Numidie qui sont datées de l'Éocène moyen. Ces argiles d'une épaisseur de 300 m environ se développent dans le fond des vallées et en bordure des plaines, tandis que les grès de Numidie datant de l'Éocène supérieur reposent en concordance sur les argiles précédentes formant la masse principale des collines et la crête du djebel Ghorra. Par ailleurs à l'époque tertiaire il y a eu la formation des dépôts fluviatiles constitués principalement de limons, de sables et de galets. Quant aux dépôts marins éolisés ils sont formés par un amas dunaire issus de l'érosion par la mer des falaises gréseuses (JOLEAUD, 1936).
Pédologie du parc national d'El-Kala
La pédogenèse est étroitement liée aux facteurs climatiques, à la nature du substrat et au couvert végétal. L'étude des sols de la région d'El-Kala permet de déterminer plusieurs types de sols dont les principaux sont les sols podzoliques insaturés à vocation forestière de chêne-liège. Ils sont à structure granuleuse légèrement lessivée sans accumulation importante de la litière. Les sols de marais occupent la partie centrale des différentes cuvettes, formés d'argiles lacustres. Par ailleurs il y a les sols des prairies marécageuses, les sols tourbeux non inondés, les sols alluvionnaires des oueds, les colluvions des pentes gréseuses et les sols dunaires (DURAND, 1952).
Hydrographie du parc national d'El-Kala
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| Le lac Tonga est l'un des principaux plans d'eau du parc d'El-Kala. Photo : Salah Telailia |
Le parc national d'El-Kala est un ensemble de plans d'eau répartis entre lacs et marais dont les principaux sont le lac Tonga, le lac Oubeira, le lac Mellah, le lac Bleu, le marais de Bourdim et beaucoup d'autres d'importances écologiques égales (voir la carte
du parc).
La partie orientale du parc national d'El Kala est mal drainée. De nombreux affluents issus des massifs formant la frontière algéro-tunisienne, s'écoulent suivant une direction de l'Est vers l'Ouest et aboutissent à la plaine d'Oum Teboul. Une partie des eaux alimente alors le lac Tonga par l'intermédiaire de l'Oued El-Hout. Une autre partie s'infiltre dans les alluvions et recharge la nappe phréatique. Le reste stagne sous la forme de marécages sur les argiles de Numidie. Par ailleurs la partie méridionale de cette région est drainée par 3 oueds avec Oued Bougous, Oued Mellila et Oued El-Kebir lequel joue le rôle de collecteur principal. Par contre la partie occidentale englobe plusieurs chaâbet et oueds liés aux lacs Mellah et Oubeira (JOLEAUD, 1936).
L'importance du réseau hydrographique existant dans la région d'El Kala joue un rôle considérable dans le maintien du complexe de zone humide. La longueur de chaque oued existant dans la région varie entre 1,5 à 35 km.
Facteurs climatiques du parc national d'El-Kala
La région d'El-Kala compte parmi les régions les plus abondamment arrosées en Algérie. Deux phénomènes météorologiques principaux conditionnent la pluviosité dans cette région, les perturbations cyclonique et les dépressions méditerranéennes. Les perturbations cycloniques d'origine atlantique de l'Ouest et du Nord-Ouest, après avoir traversé l'Espagne et une partie de la Méditerranée, affectent le littoral Nord-Est algérien de Bejaïa à El-Kala. Quant aux dépressions elles prennent naissance en Méditerranée occidentale, généralement centrées dans le périmètre du golfe de Gènes entre la Corse et la Sardaigne. Celles-ci n'affectent en général que la partie orientale du Tell algérien. Elles lui confèrent son statut de région la plus arrosée d'Algérie avec une moyenne annuelle de 910 mm par an (SELTZER, 1946).
D'une manière générale la région d'El Kala est située dans le climat méditerranéen subhumide à hiver chaud avec des températures pouvant atteindre 50 °C. Les températures les plus basses sont enregistrées en altitude durant l'hiver, avec 5 à 6 mois de gelée blanche par an. Au niveau de la mer, les températures atteignent très rarement 0 °C. Les mois les plus froids sont janvier et février tandis que juillet et août sont les plus chauds.
Hygrométrie
D'après SEMADI (1989) mesurée en pourcentage, l'humidité relative de l'air est
assez constante durant toute l'année comprise entre 72 et 78 %. Ceci est dû principalement
à l'action modératrice de la mer et des plans d'eau qui contribuent au maintien
d'une hygrométrie élevée en été réduisant la durée et l'intensité de la sécheresse
estivale. Rien que l'appellation de complexe de zones humides attribuée à la région
d'El Kala liée à la présence de nombreuses espèces d'Odonates (libellules), dont
certaines sont qualifiées de tropicales, impliquent l'existence d'un degré hygrométrique
de l'air élevé et de températures assez chaudes dans le parc national (TELAILIA,
1990).