Compétition et menaces
Les compétiteurs possibles
La réponse des oiseaux
à la repasse (= chants enregistrés et diffusés avec un magnétophone)
a été faible. Elle a été obtenue deux fois dans un
habitat épineux, qui constitue vraisemblablement le territoire de reproduction.
Aucune réponse n'aurait probablement été obtenue dans les
ravins humides et dans les champs irrigués.
À 2 ou 3 occasions, un Tohi à tête rayée (Buarremon
torquatus) a chanté au passage d'un couple d'Atlapetes pallidiceps.
Lors de l'observation d'une troupe mixte d'oiseaux (composée de Veniliornis
fumigatus, de Grallaria ruficapilla, de Myiophobus fasciatus,
de Catharus fuscater, de Myioborus miniatus, de Basileuterus
coronatus, de Basileuterus nigrocristatus, de Thlypopsis ornata,
d'Atlapetes pallidiceps et de Buarremon torquatus) attirés
par une colonie de fourmis, le couple d'Atlapetes à tête blanche
a été chassé par un Tohi à tête rayée.
Dans des habitats légèrement plus humides, le seul Atlapetes trouvé
était l'Atlapetes à nuque pâle (en compagnie du Tohi à
tête rayée) : il est possible que ces deux espèces concurrencent
A. pallidiceps. Il est intéressant de noter que Le Tohi leucoptère
(Atlapetes leucopterus), une espèce pourtant présente dans les vallées
voisines au nord (sous-espèce leucopterus) et au sud (sous-espèce
dresseri) du secteur étudié, est absent dans la vallée
du Río Jubones.
Un troisième concurrent possible est le Bruant chingolo (Zonotrichia capensis),
abondant dans tous les habitat au-dessus de 1 500 m et accompagnant le bétail,
mais ne pénétrant jamais dans les buissons denses où A.
pallidiceps a été observé.
Son régime alimentaire
Atlapetes pallidiceps a été vu se nourrissant à 2
m du sol au maximum, à la manière du Tohi à tête blanche
(Atlapetes albiceps) (comm. pers.), se perchant périodiquement sur les
arbres voisins pour surveiller les alentours, avant de recommencer à fourrager,
volant de temps en temps sur de courtes distances (40 m au maximum). Il chasse
les insectes le long des brindilles, les inspectant de haut en bas, sélectionnant
des fruits en essayant de garder l'équilibre grâce à leur
queue, et picorant à plusieurs reprises le sol, vraisemblablement pour
se nourrir de graines.
Trois plantes dont les fruits étaient recherchés par Atlapetes
pallidiceps ont pu être identifiés : il s'agit d'une espèce
introduite de Rubus (Rosaceae), d'un Solanum (Solanaceae) et d'un
Morus (Moraceae). Ces trois végétaux se développent
dans les champs irrigués et dans les fourrés épineux.
Selon les habitants, les périodes de pluie dans la vallée de Yunguilla
sont identiques à celles de la côte, et s'étalent de la fin
décembre au mois d'avril. Plusieurs habitants nous ont informé que
les oiseaux chantent surtout entre février et mars : c'est probablement
le moment idéal pour enregistrer A. pallidiceps et pour définir
la superficie des territoires occupés.
Préserver l'habitat
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Vue
de l'habitat de l'Atlapetes à tête blanche dans le bassin du Río
Jubones (Equateur).
Source : www.saraguro.org. |
Afin de prévenir
l'extinction de l'espèce suite à une destruction de son habitat,
les propriétaires d'une des deux haciendas accueillant des Atlapetes à
tête blanche ont été contactés et ont été
invités à vendre leur terrain. Ils ont accepté de se séparer
d'une parcelle de 26 ha, comprenant des fourrés épineux fréquentés
par l'espèce.
Actuellement, la majeure partie de la parcelle est couverte de Melinis minutiflora,
mais cet habitat pourrait être transformé afin d'être plus
favorable à l'Atlapetes. La parcelle comprend aussi à la base d'une
colline 5 ha arides parsemés de quelques acacias et de lauriers (avec quelques
bosquets de bambou Chusquea), un ravin avec une végétation
plus verte, et une zone irriguée comprenant des bosquets de Ricinus
et de Rubus.
Les propriétaires fonciers
ayant été informés de la présence de l'oiseau et de
l'importance de sa protection, ils ont rassemblé de nombreux villageois
pour éteindre un incendie qui menaçait de détruire l'un des
deniers secteurs favorables.
La Fundación Jocotoco
La Fundación Jocotoco, une association de conservation équatorienne,
s'est engagée à acheter et à contrôler les parcelles.
Le responsable de la fondation est un scientifique britannique, Nigel Simpson,
et son conseil comprend Robert Ridgely et Paul Greenfield.
La Fundación Jocotoco a déjà acheté dans le pays 700
ha de forêt primaire, visant à protéger une nouvelle espèce
d'Antpitta non encore décrite. L'achat des parcelles accueillant
des Atlapetes pallidiceps prévue en février 1999, n'a été
possible que par l'apport de fonds internationaux.
Le gestion de ces terrains devrait inclure la mise en place d'une clôture
efficace contre le bétail. Une personne locale devrait être engagée
pour
prévenir les incendies et pour entretenir les barrières. Des études
de l'espèce et de son habitat sont nécessaires ( programmées
pour février-mars 1999). Des efforts de protéger l'habitat de l'autre
hacienda où des Atlapetes à tête blanche ont été
trouvés, ainsi que les petits ravins présents entre les deux propriétés
(qui abritent probablement quelques couples) devraient être accomplis :
ces mesures pourraient être prises par la Fundación Mazan basée
à Cuenca.
Bibliographie
- Collar, N. J., Gonzaga, L. P., Krabbe, N., Madroño Nieto, A., Naranjo,
L. G., Parker, T. A. & Wege, D. C. (1992) Threatened birds of the Americas:
the ICBP/IUCN Red Data Book. Cambridge, UK: International Council for Bird Preservation.
- Paynter, R. A. (1972) Biology and evolution of the Atlapetes schistaceus species-group
(Aves: Emberizinae). Bull. Mus. Comp. Zool. 143: 297-320.
- Paynter, R. A. (1978) Biology and evolution of the avian genus Atlapetes (Emberizinae).
Bull. Mus. Comp. Zool. 148: 323-369.
Contacts
Les donateurs sont encouragés à soutenir financièrement la
fondation.
Personnes à contacter :
- R. S. Ridgely (ridgely@say.acnatsci.org)
(Etats-Unis).
- Francisco Sornoza (FSornoza@pi.pro.ec)
(Equateur).
- P. Greenfield (PaulG@pi.pro.ec)
(Equateur).
- N. Krabbe (NKrabbe@pi.pro.ec)
(Equateur).
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