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  L'Atlapetes à tête blanche n'a pas disparu !

Redécouverte dans le sud de l'Equateur

Zone où a été redécouverte en 1998 une petite population d'Atlapetes à tête blanche (Atlapetes pallidiceps).
Zone où a été redécouverte l'Atlapetes à tête blanche

L'Atlapetes à tête blanche (Atlapetes pallidiceps) est un passereau endémique du bassin du Rio Jubones (Equateur), où il avait été noté pour la dernière fois en 1969. Sa biologie était méconnue. Du fait de l'échec de plusieurs expéditions menées pour essayer de l'observer, l'espèce a été considérée comme probablement éteinte par Collar, qui avait rassemblé toutes les données disponibles sur l'oiseau.
Lors d'une expédition de la CECIA (société ornithologique de l'Equateur) menée du 10 au 24 novembre 1998, Ana Agreda, Niels Krabbe et Orfa Rodriguez ont redécouvert une petite population à 1 650 - 1 800 m d'altitude dans la vallée de Yunguilla, dans la région d'Azuay.
4 couples ont été notés, et l'étendue de l'habitat favorable pourrait au moins en accueillir le double.
Lors d'une seconde visite dans la zone les 3 et 4 décembre 1998, Niels Krabbe et Francisco Sornoza ont localisé un couple dans une hacienda à 1 km, pouvant abriter au maximum 5 couples. De 1 à 2 couples ont été recensés. L'espèce a été trouvée dans une zone aride parsemée de buissons, un habitat menacé par la mise en culture partout dans le bassin du Río Jubones.
Cet article, publié en 1999 dans le journal Cotinga, vous est proposé en partenariat avec www.neotropicalbirdclub.org.


Abstract

The Pale-headed Brush-finch Atlapetes pallidiceps is endemic to the Río Jubones drainage in southern Ecuador, where it was last recorded in 1969. Its habitat preferences were unknown. Because several recent attempts by skilled observers to locate it had failed, the species was considered possibly extinct by Collar et al., who summarised all available information on the species.
On a CECIA (Ecuador's ornithological society) expedition in search of the species on 10-24 November 1998, the authors rediscovered a tiny population at 1,650-1,800 m elevation in the Yunguilla Valley in Azuay.
Four pairs were found, and the present extent of habitat might allow for another five pairs to occur in the same area.
During a second visit to the area, on 3-4 December by Niels Krabbe and Francisco Sornoza, one pair was found at a hacienda 1 km away, where the extent of the habitat might allow a maximum of five pairs to occur. The intervening area probably holds 1-2 pairs. The arid scrub in which the species was located primarily differed from several other such areas where the species was not found during this and earlier searches, by being ungrazed by cattle and goats. The widespread habitat degradation throughout the Río Jubones drainage, as well as the many unsuccessful searches for the brush-finch, renders it probable that the rediscovery site holds the only surviving population.


Un oiseau silencieux

Atlapetes à tête blanche (Atlapetes pallidiceps)
Atlapetes à tête blanche (Atlapetes pallidiceps) adulte. Photo : Niels Krabbe.

L'espèce a été observée durant cinq jours en novembre 1998. Un oiseau a même pu être capturé et photographié : des mesures et une prise de sang ont été réalisés avant de le relâcher.
La plupart des Atlapetes à tête blanche vus étaient en couples. Au total, cinq couples et deux oiseaux isolés ont été comptés. Deux oiseaux différaient des autres individus par leur front et leurs joues foncés, et il s’agissait probablement d’immatures. L'un d'entre eux a été revu avec un couple dix jours plus tard (le 4 décembre), mais son front et ses joues étaient devenus considérablement plus pâles.
Les deux sexes d'un couple se nourrissaient éloignés de 1 à 20 m, en gardant le contact avec des notes très aiguës (fréquence de 7 à 12 khz). Toutes les 5 à 20 minutes, ils se rapprochaient, restant en contact visuel durant quelques minutes et émettant alors parfois des trilles rapides typiques des Atlapetes en alarme.
Ces sons diffèrent nettement de ceux de l’Atlapetes à nuque pâle (Atlapetes rufinucha) : le cri du mâle est plus aiguë, sans sifflements graves, et les deux sexes émettent des trilles plus basses, parfois remarquablement synchrones. Les trilles de l'Atlapetes à tête blanche sont aussi plus faibles que celles d'A. rufinucha.
Un autre cri, plus court et moins aiguque le cri contact et relativement similaire à ceux du Tangara à ventre roux (Thlypopsis ornata) et du Tohi à tête rayée (Buarremon torquatus) a été noté fréquemment quand les oiseaux se joignaient à des troupes mixtes composées de différentes espèces.
Aucun chant n'a été entendu, l'activité sonore des oiseaux étant quasi-nulle du 10 au 24 novembre 1998, et encore moindre les 3 et 4 décembre. Même durant les quelques jours pluvieux (du 14 au 16 décembre), quand l'activité des oiseaux de certaines espèces augmentait, le chant d'Atlapetes pallidiceps n'a jamais été entendu.
Les oiseaux étaient observés à la tombée de la nuit dans des zones arides buissonneuses, glanant des insectes parmi les branches supérieures dénudées. Au lever du soleil, ils descendaient le long des pentes des collines pour se nourrir dans un champ irrigué bordé de fourrés de Rubus et de Ricinus, en compagnie d'autres Embérizidés : Tangara à ventre roux (Thlypopsis ornata), Tangara fourchu (Thraupis bonariensis), Tangara évêque (Thraupis episcopus), Tangara à tête bleue (Thraupis cyanocephala), Tohi à tête rayée (Buarremon torquatus) et Bruant chingolo (Zonotrichia capensis). L'Atlapetes s'aventurait parfois de quelques mètres en terrain dégagé pour glaner des graines de Polygonum (Polygonaceae) non identifiés. Durant les heures les plus chaudes, l'Atlapetes à tête blanche restait dans les fourrés ombragés des ravins, se nourrissant tranquillement au sol.

  Suite de l'article
 
Un oiseau silencieux
Compétition et menaces




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