Simulation : cas des marais Hawizeh
Contexte
Les marais Hawizeh sont
situés à la frontière Iran-Irak, juste à l'est du
Tigre. La partie iranienne est connue sous le nom d'Hawr Al Azim. La partie septentrionale
des marais est toujours un marais permanent, mais se dégrade rapidement,
étant devenu un bassin fermé en raison de l'arrêt des arrivées
en eau. Les sections centrales et méridionales ont été asséchées
suite à des travaux de drainage (UNEP 2003).
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Simulation
de la restuaration des marais Hawizeh (Irak).
En vert : marais recrées. En noir : digues.
Source : ITAP / Iraq Foundation. |
La restauration des marais
Hawizeh a pour but d'agrandir le dernier secteur restant de haute qualité
et qui faciliterait énormément la conservation de la diversité
biologique de la région entière. Si ce marais de référence
continue à disparaître, plusieurs composants de l'écosystème
seront perdus pour toujours et la la restauration fonctionnelle d'autres secteurs
deviendra alors considérablement compromise. En tant que refuge pour les
plantes, les poissons d'eau douce et les oiseaux, ce secteur est important pour
la conservation de la diversité biologique et le retour des espèces
sensibles dans l'écosystème entier. Si la restauration est retardée
de plusieurs années, ce secteur pourrait finalement bientôt ressembler
aux marais centraux et sa fonction serait anéantie.
Parmi les espèces
sensibles qui y ont été récemment observées, on note
en particulier la présence de l'Anhinga roux (Anhinga rufa), de l'Ibis
sacré (Threskiornis aethiopicus) et de relativement grandes populations
de Sarcelles marbrées (Mamaronetta angurostris).
Des poissons indigènes y sont présents. La grande taille et la connectivité
des habitats de l'Hawizeh favorisent le caractère durable de l'écosystème.
L'Hawizeh sera utilisé comme une référence pour la compréhension
du fonctionnement des marais à recréer.
Comme les marais Hawizeh sont situés à la frontière entre
l'Iran et l'Irak, ils ont a été le site de nombreuses batailles,
et le secteur est toujours dangereux et miné. Le déminage devra
être conduit avant que la restauration ne puisse commencer.
Restauration et projets potentiels
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Vue
des anciens marais d'Irak.
Source : UNEP. |
Selon l'avis de l'ITAP,
ce secteur n'a pas besoin d'un scénario de reconstitution : le simple retour
de l'eau devrait suffire.
Une condition importante pour la conservation et l'expansion du marais est la
présence d'un flux continu d'eau douce. L'eau disponible provient du fleuve
Tigre et la rivière Karkheh.
Le Tigre est sous contrôle irakien est a été beaucoup moins
aménagée que l'Euphrate. Il pourra apporter des flux d'eau saisonniers
pendant les périodes d'inondation. La Rivière Karkheh, toutefois
est endiguée et aménagée pour la production d'hydro-électricité.
En aval, les effets de la génération hydroélectrique sont
défavorables à la reproduction des poissons frayants. Les apports
d'eau ont été diminués. En outre, il existe des projets pour
utiliser l'eau de la rivière à des fins d'irrigation et transferer
de l'eau vers le Koweït via un pipeline.
L'ITAP a identifié dans ces marais les espèces "cibles"
suivantes : le poisson Barbus sharbeyi, l'Anhinga roux, l'Ibis sacré,
le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla), la Rousserolle d'Irak,
le Pélican frisé (Pelecanus crispus), le Cormoran pygmée
(Phalacrocorax pygmaeus) et la tortue Rafetus euphraticus.
Eléments socio-culturels
Historiquement, les gens
ont vécu dans et autour des marais et en ont tiré leur nourriture
et des produits issus de la récolte de roseaux (Salim 1962, Maltby 1994,
Clark et 2001 Magee, Nicholson et Clark 2002, Thesiger 1964, Young 1977). Il y
a eu un déplacement interne à grande échelle d'habitants
des marais suite aux répressions de l'ancien régime. Au moins
40 000 Arabes des Marais vivent maintenant dans des camps de réfugiés
en Iran. Il y aura beaucoup de secteurs où les habitants voudront revenir
et recommencer leur style de vie traditionnel, tandis que d'autres voudront vivre
le long des rivières, tout en ayant accès aux marais.
Le rétablissement de l'économie locale est un soucis principal.
Les efforts de restauration devront refléter les besoins et les désirs
de la population locale en respectant pour la diversité biologique régionale
et mondiale. Les résidants locaux et les habitants indigènes pourront
avoir des styles de vie différents. La planification de la restauration,
sa mise en oeuvre, son contrôle et sa surveillance se feront avec la participation
des communauté locales.