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G. Blanchard et J.-L. Dauvergne : bien observer avec des jumelles

Les deux auteurs du guide "Observer avec des jumelles" ont répondu à nos questions sur certains termes techniques, sur le choix d'un modèle et sur les résultats de leurs tests de 64 modèles.

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G. Blanchard et  J.-L. Dauvergne : bien observer avec des jumelles

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne.
Photographie : Ornithomedia.com

Les jumelles sont les accessoires les plus importants pour un ornithologue, mais le choix d'un modèle adapté et leur utilisation optimale ne sont pas toujours faciles, surtout pour un débutant, et les questions sont nombreuses : comment superposer les images quand on observe pour la première fois ? Comment détecter des défauts de fabrication ? Comment observer quand on a des défauts de vision ? Comment bien lire les fiches techniques ? Que valent les jumelles stabilisées ? Comment prendre des photos avec ses jumelles ? Quel modèle choisir en fonction de ses besoins ?  Quel budget faut-il prévoir ? Or, l'offre de modèles et de marques est très large  et une personne non avertie peut vite être perdue.
Pour tenter de répondre simplement à toutes ces questions, Guillaume Blanchard, ingénieur en optique, et Jean-Luc Dauvergne, journaliste scientifique à Ciel et Espace, ont décidé de rédiger le premier guide complet et pratique en français sur les jumelles intitulé simplement "Observer avec des jumelles", publié en novembre 2016 par les éditions Belin. Après plusieurs chapitres consacrés à l'histoire, aux bases de l'optique et de la mécanique, aux conseils d'utilisation, d'achat et d'entretien, un classement de 64 modèles testés est proposé.
Ces deux auteurs ont répondu à nos questions concernant certains termes techniques, le choix d'un modèle et les résultats des essais.

Abstract

Binoculars are the most important accessories for an ornithologist, but the choice of a suitable model and its optimal use are not always easy, especially for a beginner, and the questions are many: how to superimpose the images when one watches in binoculars for the first time? How to detect manufacturing defects? How to watch when you have vision defects? How to read the data sheets correctly? What are the stabilized binoculars worth? How to take pictures with binoculars? Which model to choose according to its needs? What budget is needed?
The offer of models and brands is very broad and an untrained person can quickly be lost. Guillaume Blanchard, an optical engineer, and Jean-Luc Dauvergne, a science journalist for Ciel et Espace, have decided to write the first complete and practical guide in French about binoculars, titled "Observer avec des jumelles", published in November 2016 by the Belin publishers. After several chapters devoted to history, the basics of optics and mechanics, advice on use, purchase and maintenance, they present the results of their detailed tests of 64 models. They answered our questions about some technical terms, the choice of a model and their tests.

Présentation du guide "Observer avec des jumelles"

Guide Observer avec des jumelles

Guide "Observer avec des jumelles" de Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne

Le guide "Observer avec des jumelles" de Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne est un ouvrage pratique et clair abordant des sujets variés comme le choix d'un modèle en fonction de leur usage, observer avec des jumelles quand on a des problèmes de vue, les réglages à faire, les conseils d'entretien, le budget à prévoir en fonction de ses besoins, se lancer dans la digiscopie...  
Il est découpé en plusieurs chapitres :

  • L’histoire des jumelles
  • Quelques bases d’optique
  • Un peu de mécanique
  • Quelle paire de jumelles pour quel usage ?
  • Guide d’achat
  • Bien utiliser et entretenir les jumelles
  • Sortez des sentiers battus
  • Glossaire

La partie la plus "remarquable" du guide est le guide d’achat qui présente 64 paires de jumelles testées, principalement des 10x42 et des 10x50. Quatre bancs de contrôle optique, ont été développés pour une plus grande objectivité : ils ont servi à contrôler le taux de transmission de lumière, le pouvoir de résolution au centre et au bord, le chromatisme, la neutralité des couleurs et le parallélisme. Pour chaque modèle une note sur 40 a été donnée en additionnant des points sur les critères suivants : qualité de fabrication, ergonomie, champ de vision à 1 000 mètres, qualité d'image au centre, qualité d'image au bord, chromatisme axial, transmission mesurée à 532 mm et rendu des couleurs. Les deux auteurs décrivent aussi leurs coups de coeur. En complément du livre, les résultats des tests d'autres modèles sont disponibles sur http://test-jumelles.fr.

  • 238 pages
  • Belin (3 novembre 2016)
  • Collection : Références nature
  • Dimensions du produit: 19,8 x 12,4 x 2,2 cm.

L'interview de Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne

1. Est-il important de savoir quel est son "oeil directeur" pour bien observer dans des jumelles ?

Observer avec des jumelles

Chaque individu possède un oeil "plus fort" qui donne la direction de visée.
Photographie : Ornithomedia.com

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : non, ce n’est pas nécessaire. En revanche, il est préférable de l’utiliser lorsque l’on pointe une longue-vue sur un objet éloigné.

2. L'acuité stéréoscopique est la capacité à estimer les distances des objets, et elle est au maximum de 500 mètres : cela a-t-il une incidence sur le choix d'un grossissement maximum d'une paire de jumelles ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : l’acuité stéréoscopique dépend de deux paramètres, la distance entre les objectifs et c’est pour cela que les jumelles marines sont principalement des jumelles de Porro, et le grossissement. Plus les jumelles grossissent et plus il sera facile d’évaluer une distance.

3. Quelle est la différence entre l'indice crépusculaire et le facteur crépusculaire ? Servent-ils à quelque chose ?  

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : l’indice ou facteur crépusculaire est un nombre obtenu en prenant la racine carrée du produit grossissement x diamètre de l'objectif. Plus sa valeur est élevée, plus les jumelles sont censées être bien adaptées à l’observation crépusculaire. Mais ce critère n’est pas assez fiable à notre goût car il ne tient pas compte de la transmission réelle des jumelles (il considère que toute jumelle transmet 100 % de la lumière) et en plus, il a tendance à favoriser les jumelles à fort grossissement, sans raison.

4. On entend parler de prismes bk7, bak7 et bak4 : leurs différences de qualité optique sont-elles significatives ? Existe-t-il des prismes plus performants que le bak4 ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : c’est une question assez complexe. Il faut déjà préciser que le verre utilisé pour fabriquer les prismes impacte principalement les jumelles de Porro. Ensuite, il est important de souligner que ces dénominations sont associées à des fabricants, et deux verres de noms différents peuvent avoir les mêmes caractéristiques. La vraie différence provient de la valeur de l’indice de réfraction du verre : plus il est élevé, plus il prendra en compte les rayons inclinés sans perdre de lumière lors d’une réflexion totale. Ceci permet de réaliser des jumelles plus courtes. Pour valider que vous n’avez pas de problème avec les verres d’une paire de jumelles, il faut inspecter la pupille de sortie en se positionnant à environ 30 cm de la paire de jumelles et voir si une partie de la pupille s’obscurcit : si c’est le cas, le verre choisi pour fabriquer les jumelles n’est pas bon. Attention enfin, les fabricants utilisent parfois la mention "bak4" sur des verres chinois alors qu'il s'agit d'un produit de la société Schott.

5. Pouvez-vous expliquer simplement le traitement de compensation de phase ? Est-il important et vraiment utile ?

Correction de phase

Ces deux figures montent en haut l'image d'un point lumineux à travers une paire de jumelles sans traitement de phase, et en bas un système bien corrigé.
Source : guide "Observer avec des jumelles"

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : il s’agit d’un changement d’angle de polarisation entre les deux faces du prisme en toit. Il en résulte que la figure d’un point est étalée sur un axe. Non seulement le corriger est vraiment utile, mais en plus il existe différents niveaux de correction : celle de base consiste juste à déposer une couche métallique sur la face externe du prisme, mais la correction est imparfaite. Le mieux est d’avoir des traitements multicouches diélectriques. Nous mettons donc en garde sur le fait que si le fabricant annonce qu’il corrige la phase, cette correction n’est pas forcément parfaite.

6. La qualité des traitements sur les surfaces optiques d'une paire de jumelles est fondamentale : mais comment savoir si un traitement est efficace ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : le résultat de la qualité des traitements se traduit par des performances différentes mesurées dans nos tests sur banc optique sous trois formes : la neutralité des couleurs, la transmission, et la correction de l’effet de phase. Si ce défaut n’est pas bien corrigé, on le détecte facilement lorsqu’on mesure la résolution. Pour nous, il n’y a pas de secret, il faut des tests poussés pour mettre en évidence ces différences et les quantifier. C’est notamment ce qui nous a motivés à faire un guide sur les jumelles en mettant l’accent sur la partie test et guide d’achat.

7. Un traitement antireflet a-t-il réellement un effet sur la qualité d'observation ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : les traitements antireflet permettent d’éviter de perdre de la lumière inutilement dans vos jumelles. S‘ils sont de mauvaise qualité, la lumière va se réfléchir à l’intérieur des jumelles et revenir dans l’oeil en créant des effets d’images parasites. Cet aspect limite le contraste des images. En outre, lors d'une observation crépusculaire, il est préjudiciable de perdre de la lumière inutilement.

8- Que conseillez-vous personnellement pour un observateur "moyen" d'oiseaux : un modèle 8x42 ou 10x42 ?

Jumelles Kite Pétrel 10x42

Jumelles Kite Pétrel 10x42.

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : nous ne sommes pas normands, mais la réponse c’est que ça dépend de plusieurs choses... Quatre éléments sont à retenir : si l’on n’a pas les moyens de monter à un certain niveau de gamme, choisir un grossissement de 10 fois n’a pas de sens car souvent la résolution est limitée par les défauts optiques de la paire de jumelle. Une paire grossissant 8 fois à qualité égale montre dans ce cas autant de détails, pour ce grossissement, l’image est plus agréable et plus contrastée. L’autre point important est la stabilité : pour des observateurs qui ont tendance à trembler, il va de soi qu’il faut rester à 8 fois. Le champ de vision est plus large avec des jumelles 8 fois et pour certaines utilisations, comme le comptage par exemple, cela peut être utile. Enfin, lorsqu'on a certains défauts de vision, il est aussi préférable de choisir un modèle 8 fois.

9. Quelle est la différence entre champ visuel et champ réel ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : le champ réel fait référence aux dimensions du champ visible à une distance de 1 000 mètres, par exemple 110 mètres. Parfois, on exprime cette valeur par l’angle équivalent en degrés. Le champ visuel apparent est obtenu approximativement en multipliant le champ visuel réel en degrés par le grossissement : s'il est supérieur à 65 degrés, l’œil a une sensation d’immersion : par exemple, un champ réel de 6,4 degrés et un grossissement de 10 fois donnent un champ visuel de 64 degrés.

10. Les jumelles ayant un taux de transmission de la lumière de moins de 75 % sont considérées comme étant bas de gamme, tandis que celles qui transmettent plus de 90 % sont haut de gamme : mais comment obtenir cette information, qui n'est pas toujours indiquée ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : sans malice, nous sommes tentés de vous répondre : en lisant notre livre ! Car c’est le critère le plus difficile à évaluer à l’œil, et il est effectivement souvent occulté par les fabricants. Il n’y a donc pas d’autre choix que de faire des mesures. Or ces mesures sont rarement faites par les gens qui testent car elles nécessitent un matériel spécifique et coûteux. C’est pourtant un point fondamental : à quoi bon monter en diamètre si la transmission ne suit pas ?

11. Le mono 3x12 peut être placé sur des jumelles pour multiplier le grossissement par un facteur 3 : est-il compatible en théorie avec tous les modèles du marché ?

Mono Zeiss 3x12

Lunette monoculaire Mono Zeiss de grossissement 3x12 .

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : non, nous avons repéré de tels systèmes seulement chez Zeiss avec un grossissement de trois fois effectivement, et chez Meopta avec un grossissement de deux fois. Le système Meopta est le meilleur des deux car il se visse à la place de l’œilleton, tandis que celui de Zeiss s’emboîte. Cette solution est marginale et méconnue, c’est pourtant une excellente astuce pour transformer une paire de jumelles en longue-vue sans s’alourdir.

12. Pour observer les insectes ou les plantes, conseillez-vous plutôt des jumelles ou des monoculaires ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : pour observer à distance, des jumelles capables de focaliser à courte distance, comme les Pentax Papilio, constituent une excellente solution : leur distance minimum de mise au point est seulement de 0,5 mètre. D’autres jumelles, plus classiques de conception, focalisent à seulement 90 cm, mais elles sont rares. Les monoculaires sont aussi utilisables, mais vous perdrez la sensation de relief. Et pour une observation plus rapprochée, il vaut mieux choisir une loupe, comme celles qu’utilisent les géologues par exemple.

13. Pour tester les défauts de chromatisme, vous conseillez de viser un objet blanc au soleil en le plaçant au centre puis au bord du champ de vision, et de regarder si un liseré coloré est visible sur les contours : il y a-t-il d'autres tests possibles ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : avant de faire ce test, il faut être attentif au centrage de l’œil dans la pupille car un œil décentré engendre pas mal de chromatisme sur certaines paires. Mais effectivement, viser un objet le plus contrasté possible est la meilleure solution. Il en existe d’autres sur un banc optique, mais elles ne se mettent pas en place facilement. Il est préférable que l'environnement lumineux ne soit pas trop fort car une forte quantité de lumière diaphragme la pupille de l’œil et peut biaiser le résultat.

14. Pourquoi la plage complète de mise au point entre la distance la plus proche et la plus lointaine doit-elle être couverte en moins de deux tours ?

Molette de mise au point

La molette de mise au point doit permettre idéalement de passer de la distance minimum à l'infini en moins de deux tours.

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : ce n’est pas un impératif, tout dépend si la variation de mise au point est linéaire ou pas. Nous donnons ce conseil de façon générale pour permettre d’avoir une bonne réactivité lorsque l’on vise un sujet. Si l’oiseau s’envole avant même que la bonne mise au point soit obtenue, c’est en effet dommage.

15. La position du centre de gravité est importante mais souvent négligée, et vous dites que les jumelles doivent avoir tendance à basculer légèrement vers l'arrière : comment faut-il tenir ses jumelles pour faire ce test ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : le plus naturellement possible, avec l’index en position de faire la mise au point. Sur bon nombre de modèles, le gainage est préformé pour le placement des doigts. Notons aussi que la prise en main naturelle doit permettre un accès aisé aux réglages de dioptrie ou de focalisation.

16. Vous semblez apprécier les jumelles stabilisées, mais elles sont peu choisies par les ornithologues : comment les convaincre ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : le but n’est pas de convaincre. Déjà, il faut pouvoir se les offrir car ces produits restent coûteux. Ensuite, il existe deux écoles : privilégier des images éclatantes et flatteuses avec une optique de qualité, ou bien privilégier la lisibilité des détails avec des jumelles stabilisées qui offrent toutefois des images moins "croustillantes". C’est surtout les fabricants qu’il faudrait convaincre de s’y mettre pour qu’il y ait un peu plus de compétition entre eux. On rêverait de voir des jumelles stabilisées avec une qualité d’image proche de celle qu'on trouve dans le haut de gamme. S’il fallait vraiment convaincre, il suffirait peut-être de citer la phrase qui revient le plus souvent chez les utilisateurs de jumelles stabilisées "nous ne reviendrons jamais en arrière".  Néanmoins, ces jumelles ne conviennent pas à tous, surtout quand on a besoin d’un fort indice crépusculaire : il faut alors plutôt aller vers des 10x50 ou des 8x56, mais il n'existe pas de tels modèles stabilisés.

17. Vous avez testé 64 paires de jumelles : pour chaque modèle, en quoi vos tests sont-ils plus précis ou plus complets que ceux visibles dans d'autres livres ou sur des sites web ?

Mires

Les tests réalisés ont notamment permis de vérifier le pouvoir de résolution au centre et au bord. Ces quatre photos montrent une mire vue dans une paire de jumelles haut de gamme au centre du champ et en bord de champ (deux images de gauche) et dans une paire de jumelles bas de gamme (deux images de droite).
Source : guide "Observer avec des jumelles"

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : notre démarche n'a pas consisté à recopier les informations des constructeurs, mais à les vérifier et aller plus loin. Nous avons pris des mesures sur banc optique, et c’est à notre sens ce qui manquait jusque là. On a constaté qu’il était très difficile de départager certaines paires de jumelles "au jugé". Il est aussi assez délicat d’être objectif quand on a dans une main une marque prestigieuse et dans l’autre une marque moins connue, ou encore une marque dont la réputation est moyenne, à tort ou à raison. Nous nous sommes affranchis de tous les biais qui peuvent intervenir dans les évaluations subjectives. Nous avons par ailleurs lu ces dernières années dans la presse plusieurs tests dont les conclusions étaient déconcertantes.

18. Avez-vous eu des surprises en regardant les résultats des tests ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : la première surprise a été le nombre de marques recensées : il en existe plus de 100, dont environ 70 vendues en France. Il y a bien sûr "à prendre et à laisser" dans cette liste de marques, c’est ce que l’on explique sur notre site internet http://test-jumelles.fr. L’autre point intéressant est la découverte de marques peu connues dans nos milieux d'origine (astronomie et ornithologie), par exemple Docter, Meopta, Kahles ou encore des marques proposées sur Ornithomedia, comme Olivon et Eschenbach. Plus classiquement, il existe globalement une forte corrélation entre le prix et la qualité, et c’est rassurant. Toutefois, pour une fourchette de prix et une gamme, il existe des nuances et c’est là que des tests sont utiles. Il est clair que certaines marques font du marketing et en profitent pour gonfler un peu les prix, et que d’autres inversement proposent des produits au bon rapport qualité-prix car elles ne font pas payer un coûteux plan de communication à leurs clients. La composition de la filière de production entre aussi en ligne de compte, le nombre d’intermédiaires entre l’usine et le consommateur ayant bien entendu une incidence sur le prix. Nous avons eu quelques déceptions : par exemple les performances des jumelles généralistes de Vixen sont moyennes alors que cette compagnie produit du bon matériel pour l’astronomie (testé par ailleurs).

19. Pensez-vous que les prix pratiqués par les fabricants haut de gamme sont injustifiés techniquement ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : on peut les nommer : Leica, Swarovski et Zeiss, par ordre alphabétique. Puisque ce sont eux qui obtiennent de façon assez nette les meilleures notes dans nos tests avec leurs jumelles haut de gamme, leurs prix plus élevés ne sont pas injustifiés. Il s’agit en outre de produits fabriqués en Europe et donc respectueux des normes sociales et environnementales de l’Europe. Nous insistons beaucoup sur ce point : avoir envie d'une paire de jumelles justifie-t-il d'acheter un produit dont les résidus chimiques de production ont potentiellement été rejetés dans la rivière voisine ? Nous avons constaté chez les constructeurs un certain flou au sujet de la Chine, mais nous avons fini par obtenir quelques informations, avec peine.

20. Pourriez-vous conseiller trois modèles de jumelles pour ornithologues avec un bon rapport qualité-prix ?

Jumelles Meopta B1 10x42 HD

Les jumelles Meopta B1 10x42 HD font partie des "coups de coeur" des auteurs du guide "Observer avec des jumelles", avec une note de 32/40.

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : il est difficile de répondre à cette question et c’est pour cela que nous avons écrit un livre de 280 pages ! Nos tests montrent justement que les rapports qualité-prix sont assez linéaires : plus vous payez, plus vous avez de la qualité. Le choix est assez subjectif et dépend du budget de chacun. Nous préférons conseiller aux lecteurs d’aller découvrir nos 16 coups de cœur dans le livre, la majorité d'entre eux concernant des modèles 8x42 et 10x42 parfaitement adaptés à l’observation ornithologique. Ce qui est frappant, c’est que ces 16 coups de cœur portent sur 16 marques différentes, et ce n’est ni artificiel ni pour être politiquement correct. Au contraire, ce résultat rend compte de la richesse du dynamisme et de la diversité du marché. Et il justifie en partie (et en partie seulement), la multitude de marques existantes. D’ailleurs plusieurs produits disponibles sur Ornithomedia ont obtenu cette distinction, comme les Kite Ibis 10x42 ED.
Pour prolonger le livre nous publions aussi depuis quelques semaines des tests en ligne sur notre site web http://test-jumelles.fr. Nous avons déjà publié entre autres les résultats des essais des jumelles Steiner Ranger 10x42, Bushnell Legend L 8x42 et Perl Escape 10x42.

21. Pourriez-vous conseiller un adaptateur pour faire des photos avec des jumelles ?

Guillaume Blanchard et Jean-Luc Dauvergne : en fait, il existe assez peu d’accessoires dédiés proposés par les fabricants, sans doute parce que l’exercice reste périlleux avec la paire de jumelles qui est le plus souvent tenue à main levée. Swarovski propose un système dédié que nous avons testé, mais il n’est pas exempt de reproches sur la qualité du montage mécanique, ni sur le résultat final. Il existe aussi des adaptateurs universels qui fonctionnent sur une paire de jumelles. Notre conseil est donc plutôt de se tourner vers des spécialistes comme Ornithomedia qui connaissent très bien le matériel vendu. D’autant que les performances dépendent aussi fortement du smartphone ou du compact.

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À lire sur le web

Le site web "Test de jumelles" : http://test-jumelles.fr

Ouvrage recommandé

Observer la nature avec des jumelles - Guide complet d'achat et d'utilisation de Jean-Luc Dauvergne et  Guillaume Blanchard

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