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A. Ravayrol et D. Buhot nous parlent des Faucons crécerellettes de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault)

Les auteurs du film "Des faucons sur le toit" nous en disent plus sur la plus grande colonie française en dehors de la Crau.

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A. Ravayrol et D. Buhot nous parlent des Faucons crécerellettes de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault)

Vue du village de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault), où 54 couples de Faucons crécerellettes (Falco naumanni) ont niché en 2015.
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

Le Faucon crécerellette (Falco naumanni) est un petit rapace migrateur et sociable ressemblant au Faucon crécerelle (Falco tinnunculus). Le plumage du mâle adulte est facilement reconnaissable à ses grandes couvertures gris-bleu, son manteau roussâtre uni et les rectrices grises de sa queue se terminant par une barre noire, tandis que la femelle et le juvénile possèdent un plumage entièrement brun, tacheté et barré. Tous possèdent des ongles blanchâtres caractéristiques. Cette espèce est beaucoup plus rare que le Faucon crécerelle : la population française totalisait 363 couples nicheurs en 2015, répartis dans les Bouches-du-Rhône, l'Aude, le Gard et l'Hérault. Dans ce dernier département, des colonies nichent sous les toitures des maisons et sur les bâtiments de plusieurs communes, dont celle du village médiéval de Saint-Pons-de-Mauchiens.
Alain Ravayrol et Denis Buhot (association la Salsepareille) ont réalisé en 2009 le documentaire "Des faucons sur le toit" qui présente la cohabitation, enchantée ou forcée, des habitants de Saint-Pons-de-Mauchiens avec ces centaines de petits rapaces grégaires, bruyants et colorés. Ils ont répondu à nos questions sur cette colonie qui comptait 54 couples en 2015, soit la plus grande colonie française en dehors de la Crau (Bouches-du-Rhône).

Abstract

The Lesser Kestrel (Falco naumanni) is a small migratory and sociable raptor very similar to the Common Kestrel (Falco tinnunculus). The plumage of the adult male is easily identified by its large blue-gray coverts, its reddish mantle and the gray feathers of its tail ending with a black bar, while the female and the juvenile have a completely brown, spotted and barred plumage. All have typical whitish nails. This species is much rarer than the Common Kestrel: the French population totaled 363 breeding pairs in 2015, distributed in the Bouches-du-Rhône, Aude, Gard and Herault departments. In the latter department, the colonies nest under roofs of houses and buildings of several municipalities, including the medieval village of Saint-Pons-de-Mauchiens.
Denis Buhot and Alain Ravayrol (Salsepareille association) realized in 2009 the documentary titled "Des faucons sur le toit" that presents the cohabitation between the inhabitants of Saint-Pons-de-Mauchiens and hundreds of small gregarious, noisy and colorful Lesser Kestrels. They answered our questions about the largest French colony outside the plain of Crau (Bouches-du-Rhône).

Le Faucon crécerellette (Falco naumanni) en France

Faucons crécerellettes (Falco naumanni) mâle et femelle

Faucons crécerellettes (Falco naumanni) mâle et femelle sur leur site de nidification quelques jours après le retour de leur migration, village de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault) (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

Pour en savoir plus sur l'identification et la biologie du Faucon crécerellette, lire notre article Distinguer les Faucons crécerelle et crécerellette.
Ce rapace est migrateur, insectivore et sociable (niche en colonies). Son aire de répartition s'étend de l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie) jusqu'au lac Baïkal (Sibérie) en passant par l'Europe du sud et du sud-est, le Moyen-Orient, le sud de la Russie, le Kazakhstan et la Mongolie. Un noyau isolé est présent dans le Nord-Est de la Chine. La plupart des individus hivernent en Afrique et en Arabie.
En 2004, Birdlife International estimait que la population européenne était comprise entre 25 000 et 42 000 couples nicheurs.
En France, 363 couples étaient recensés en 2015, répartis dans les Bouches-du-Rhône (166 couples), l'Hérault (171 couples), l'Aude (25 couples) et le Gard (un couple) (source : "Mission Rapaces" de la LPO).
Dans les Bouches-du-Rhône, l'espèce niche principalement dans la plaine semi-désertique de la Crau (voir notre carte des bons sites du cœur de la Crau à télécharger), sur des tas de pierres et sur des bergeries aménagées à leur intention. Dans le même département, un couple a niché en 2007 sur le plateau de l’Arbois, dans la commune de Vitrolles.
Dans l'Hérault, la nidification du Faucon crécerellette a été découverte en 2002 sous les toitures des maisons de Saint-Pons-de-Mauchiens (mais l'espèce y nichait sûrement avant déjà). Depuis, l'espèce s'est installée dans 11 autres communes du département.
Dans l'Aude, une opération de réintroduction a démarré en 2006 dans le massif de la Clape, sur la commune de Fleury d’Aude (voir un documentaire de France 3), et 25 couples ont été recensés en 2015. Des couples ont commencé à s'installer sous les toits du village.
Dans le Gard, un couple a niché en 2014 et en 2015.

Le documentaire "Des faucons sur le toit" de Denis Buhot et Alain Ravayrol

DVD "Des faucons sur le toit" de Denis Buhot et Alain Ravayrol

Couverture du DVD "Des faucons sur le toit" de Denis Buhot et Alain Ravayrol.

Alain Ravayrol et Denis Buhot (association La Salsepareille) ont réalisé en 2009 le documentaire "Des faucons sur le toit" d’une durée de 35 minutes avec le soutien financier du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, du Conseil Général de l’Hérault et de la Communauté d’Agglomérations Hérault-Méditerranée. Il décrit la cohabitation des habitants du village médiéval et viticole de Saint-Pons de Mauchiens (Hérault) et des Faucons crécerellettes. Ces rapaces (54 couples en 2015, la deuxième plus grande colonie de France en dehors de la Crau) y nichent sous les tuiles des maisons. Dans ce film, les Saint-Ponais y parlent d’eux-mêmes, de la diversité de leur communauté et de leurs hôtes ailés.  
Prix : 15 euros - Disponible sur le site web de FIFO Distribution.

Accès à Saint-Pons de Mauchiens

Depuis Montpellier, prendre l'A9 vers Sète et la sortie vers Bouzigues. Dans ce village, suivre la D613 jusqu'à Loupian, puis les D158, D5E8 et D161 jusqu'à Saint-Pons-de-Mauchiens (total  : 46 km).

L'interview de Denis Buhot et Alain Ravayrol

1. Pourquoi avez-vous décidé de filmer les Faucons crécerellettes de Saint-Pons-de-Mauchiens ?

Denis Buhot : lorsque nous avons découvert par hasard en 2002 la colonie de Faucons crécerellettes de Saint-Pons-de-Mauchiens, une dizaine de couples à l'époque, nous terminions notre film sur le Grand-duc d'Europe (Bubo bubo) intitulé “le Grand-duc, les ailes du sphinx”. Une fois ce dernier terminé, la beauté de ce petit faucon et du village médiéval de Saint-Pons-de-Mauchiens, le dynamisme de la colonie, le spectacle visuel et sonore offert par ces centaines d'oiseaux volant au-dessus du village et surtout la question de l’accueil par les habitants de ces “touristes” d'un nouveau type nous ont paru rejoindre la préoccupation de la Direction Régionale de l'Environnement (DIREN) qui était de préparer les villages voisins à une colonisation future déjà très probable. Nous avions l'occasion de traiter un sujet intéressant, cinématographiquement parlant, et en même temps de contribuer à notre manière à la réussite de l'insertion de l'espèce dans le quotidien villageois local.

Situation de Saint-Pons-de-Mauchiens

Situation de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Carte : Ornithomedia.com

Le contexte imposait d'écouter, de tenter de comprendre, et de se garder d'imposer ou de moraliser. Nous avons donc très vite choisi de ne pas ajouter de commentaires et de laisser la parole aux habitants de Saint-Pons. Il fallait raconter comment les faucons s'étaient invités dans une communauté villageoise très longtemps à l'écart de la "modernité" et au mode de vie en cours de bouleversement rapide et radical. Le terroir viticole et son usage productif ancestral étaient menacés par un contexte économique défavorable et pouvaient difficilement résister à la pression foncière émanant des résidences secondaires, des plans d'urbanisme et d'un projet de golf voisin. La présence des faucons cristallisait cette problématique locale. Comme les nombreux habitants du village de nationalité britannique pourtant très bien intégrés, les faucons suscitaient donc une certaine ambivalence. Ils incarnaient une invasion bruyante et colorée, sympathique en un sens mais préoccupante aussi en ce qu'elle mettait au premier plan la valeur touristique, esthétique du lieu au détriment de sa vocation productive, et sa possible mise sous tutelle d'intérêts très éloignés des intérêts pratiques des habitants du village. Dans un parallèle explicite, revendiqué et assez saisissant avec les résidents anglais, les faucons étaient bienvenus, s'ils se sentaient invités, et donc s'ils acceptaient, en véritables "immigrés" ayant fait le choix de l'installation, de s'adapter en créant le moins de contraintes possibles. Les Faucons crécerellettes étaient à la fois les symboles d’un environnement préservé et des pratiques culturales raisonnées, et la menace potentielle de limitations et de contraintes futures. La même ambivalence se retrouvait en termes d'habitat urbain : on savait gré aux faucons d'avoir permis de valoriser un bâti préservé et la beauté du village, tout en redoutant ce qu'ils pouvaient représenter de réglementation future en matière de rénovation ou d'entretien.

Vue de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault)

Vue de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

Par conviction que la promotion de la présence des faucons passait par cette prise en compte du regard et des enjeux locaux, par souci également de sortir un peu des sentiers battus, nous avons donc choisi de ne pas faire un film naturaliste imposant notre manière de voir et nos préoccupations de protection. Tout en essayant de faire de belles images animalières, nous n’avons pas évoqué la biologie des faucons et avons décidé de nous concentrer sur leur apparence et leur comportement. Nous avons préféré les prendre pour prétexte d'une étude un peu socio-économique, un peu culturelle, mais surtout simplement bienveillante, empathique et quelque peu "séduite" par une communauté villageoise, par son image d'elle-même plus peut-être que sa réalité, mais en tout cas son art de vivre et ses inquiétudes.
Notre souci de ne pas donner de leçons fait que nous avons choisi de laisser des villageois et des chasseurs locaux (souvent viticulteurs) parler des faucons, de leur alimentation et de leur mode de vie. Tous ces non-spécialistes étaient porteurs d'une vision et d'une forme de savoir possédant leur légitimité propre. Cette “abstention naturaliste” nous a été reprochée, par exemple d'avoir "laissé dire" que les Faucons crécerelles (Falco tinnunculus), contrairement aux Faucons crécerellettes, "mangeaient les petits lapins". Résister au "naturalistiquement correct", renoncer à la pédagogie militante et remettre en cause la notion d’objectivité (admettre que l'objectivité n'est pas plus dans l'opinion que les Faucons crécerelles "mangent des petits lapins"que dans celle qu'ils n'en mangent jamais) faisaient partie des objectifs de ce film.

2. Quand les premiers couples de Faucons crécerellettes se sont-ils installés à Saint-Pons-de-Mauchiens ?

Alain Ravayrol : c’est en 2002 que nous avons découvert la colonie qui était déjà constituée d’une dizaine de couples. Lors d’une interview, monsieur Caumette, ancien instituteur du village, nous a montré une photo prise peu d’années auparavant montrant un jeune faucon tombé du nid récupéré par un habitant. Il paraissait déjà savoir qu’il s’agissait d’un Faucon crécerellette. La date précise d’installation du premier couple n’est pas connue mais au regard des observations antérieures, les premiers couples ont dû s’installer entre 1995 et 2000.

Faucons crécerellettes (Falco naumanni)

Faucons crécerellettes (Falco naumanni) femelle et jeune dans leur nid sous une tuile (non obturée) de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault) (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"
Faucons crécerellettes (Falco naumanni) juvéniles

Jeunes Faucons crécerellettes (Falco naumanni) dans leur nid sous une tuile (non obturée) de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"


3. Combien de couples de Faucons crécerellettes nichent actuellement à Saint-Pons-de-Mauchiens ?

Alain Ravayrol : en 2015, la colonie de ce village était composée de 54 couples.

4. Le village médiéval de Saint-Pons-de-Mauchiens accueillait en 2009 la seule colonie urbaine de Faucons crécerellettes en France : est-ce toujours le cas ? Sinon, quels sont les autres villages de l'Hérault qui ont été colonisés depuis ?

Alain Ravayrol : en 2015, cette espèce nichait dans les territoires de 12 communes, sur des bâtiments isolés mais aussi au coeur de huit autres villages.

5. Quelles sont les particularités de Saint-Pons-de-Mauchiens qui expliquent cette installation ? D'autres villages proches ont-ils le même potentiel ?

Alain Ravayrol : dans les pays du pourtour méditerranéen, la nidification dans les villes et villages est la situation la plus fréquente. Dans le cas de Saint-Pons-de-Mauchiens, il n’y a probablement pas d’explication unique et plusieurs facteurs permettaient cette installation. Les habitants évoquaient plutôt le caractère attractif de leur village situé sur un promontoire et composé de bâtiments anciens offrant des sites accessibles sous les toitures et une mosaïque d’habitats riches en insectes dans les environs. La situation démographique redevenait favorable et ce processus de reconquête s’est étendu aux villages environnants.

Vue de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault)

Le village de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault) est entouré de vignes et de cultures riches en insectes.
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"
Faucon crécerellette (Falco naumanni) juvénile

Jeune Faucon crécerellette (Falco naumanni) proche de la date d'envol venant de recevoir une proie (orthoptère), Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

6. Quand les premiers oiseaux arrivent-ils et quand les derniers repartent-ils ?

Alain Ravayrol : les Faucons crécerellettes peuvent être observés dès le début du mois de mars et jusqu’à la mi-octobre

7. À la fin de l'été, les Faucons crécerellettes se rassemblent-ils en groupes dans les prés et les cultures proches du village pour chasser les insectes ?

Dortoir de Faucons crécerellettes (Falco naumanni)

À la fin de l'été, après l'envol des jeunes, les Faucons crécerellettes (Falco naumanni) se rassemblent sur un dortoir proche du village de Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

Alain Ravayrol : c’est dès le début de l’été, avec l’envol des jeunes, que les plus grands rassemblements sont observés aux abords des villages. Les regroupements post-nuptiaux de la fin de l’été ont lieu près des principaux noyaux de reproduction, mais également dans des zones de moyenne montagne (Grands Causses, Corbières, Montagne noire et Pyrénées), où les émergences d’orthoptères sont plus tardives (lire Les dortoirs de Faucons crécerellettes dans le sud de la France). Et certains individus reviennent sur les sites de reproduction avant leur départ vers l’Afrique.

8. Les habitants de Saint-Pons-de-Mauchiens sont-ils bien informés de la présence de ces rapaces dans leur village ?

Alain Ravayrol : les habitants du village ont été les premiers informés de la présence de cette colonie qui, dès 2002, ne pouvait pas passer inaperçue. Ils ont été informés et sensibilisés avant que la communauté ornithologique ne soit au courant car la présence de jumelles, de longues-vues et d’autres matériels photographiques pouvait être désagréablement intrusive dans les rues d’un petit village. Nous avons donc dès le départ travaillé avec les habitants et c’est eux que nous avons impliqués dans la réalisation du documentaire. L’intention initiale de notre film, réalisé dans le cadre du Plan National d’Actions (2011-2015) n’était donc pas celle d’un documentaire animalier mais bien de montrer la perception qu’avaient les Saint-Ponais de l’installation de cette colonie. Dans le cadre du suivi, les relations avec la population sont fréquentes.

9. Est-ce un élément de communication, de promotion pour la mairie ?

Alain Ravayrol : oui, le village et la municipalité ont intégré cette présence dans leurs animations. La majorité des habitants était présente lorsque nous avons présenté le film. En 2015, la commune et les associations ont organisé le premier festival consacré aux Faucons crécerellettes, intitulé "Les rencontres des Crécerellettes", et qui se déroulera le 2 juillet 2016.

10. La cohabitation entre les habitants et ces rapaces se passe-t-elle bien (bruits, saletés éventuelles...) ?

Alain Ravayrol : la cohabitation se passe globalement bien et dépend de la tolérance des personnes au bruit et, dans une moindre mesure, des pelotes de réjection. Mais elle est surtout liée aux rapports sociaux entre les habitants ou avec les visiteurs. Les perceptions ambivalentes sont clairement lisibles dans les interviews de notre documentaire.

Faucon crécerellette (Falco naumanni) mâle

Faucon crécerellette (Falco naumanni) mâle visitant un site de nidification sous une tuile non obturée au début du printemps à Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

11. Tous les Faucons crécerellettes de Saint-Pons-de-Mauchiens nichent-ils sous des tuiles ? Des nichoirs ont-ils été posés aussi ?

Alain Ravayrol : oui, la totalité des couples niche sous des tuiles et une charte toiture réalisée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux propose des recommandations pour leur réfection.

12. Le Faucon crécerelle niche-t-il aussi dans ce village ?

Alain Ravayrol : il était connu nicheur sur l’église avant l’installation de la colonie et il a continué à nicher depuis. Les sites de nidification sont différents.

13. Le Choucas des tours niche-t-il aussi dans le village et comment se passe la cohabitation ?

Alain Ravayrol : oui, le Choucas des tours (Coloeus monedula) nichait dans le village avant la colonisation par le Faucon crécerellette. La cohabitation est bruyante et animée et se traduit par des relations antagonistes, sans que celles-ci aient des conséquences négatives avérées pour l’un ou l’autre (lire Le Faucon crécerellette et le Choucas des tours peuvent coopérer pour nicher).

14. La présence de ces rapaces contribue-t-elle à la préservation du patrimoine architectural du village ? Réduit-elle les possibilités de rénovations (contraintes) ?

Alain Ravayrol : leur présence n’y contribue pas car la qualité architecturale du village est protégée en soi par son classement. La réfection des toitures est une nécessité, ne serait-ce que pour pérenniser l’habitat.

15- Le projet de création de golf près de Saint-Pons-de-Mauchiens est-il toujours d'actualité ? Est-ce une menace pour les Faucons crécerellettes ?

Faucon crécerellette (Falco naumanni) mâle

Faucon crécerellette (Falco naumanni) mâle à Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault).
Source : Denis Buhot et Alain Ravayrol / "Des faucons sur le toit"

Alain Ravayrol : le golf et ses dépendances ont été réalisés et après bien des rebondissements, il commence à être exploité. Sa distance vis-à-vis de la colonie fait qu’il ne constitue pas une menace pour celle-ci. Le problème majeur est lié à la spéculation foncière et surtout au partage des ressources en eau.

16. Les environs du village de Saint-Pons-de-Mauchiens sont-ils intéressants pour observer les oiseaux ? Peut-on y voir des espèces remarquables (Rollier d'Europe, Bruant ortolan, Pie-grièche à poitrine rose...) ?

Alain Ravayrol : oui, toutes ces espèces peuvent être observées dans les environs et dans de bonnes conditions.

17. Quels sont vos projets de documentaires ?

Denis Buhot : nous tournons depuis plusieurs années un film sur l'Aigle royal (Aquila chrysaetos), que nous connaissons depuis très longtemps, comme nous connaissions le Grand-duc d’Europe auquel nous avons aussi consacré un documentaire “le Grand-duc, les ailes du sphinx”. Nous avons la chance de ne pas être des professionnels, tout en tournant cette fois avec un matériel et dans un format très haut de gamme. Nous avons donc le temps d'essayer de faire un film à la hauteur de l'espèce et de son cadre de vie, de capter des scènes jamais ou très rarement filmées, tout en nous interdisant le recours à des oiseaux dressés, comme c'est pratiquement toujours la règle en la matière pour des raisons de rapidité et d'économie (à la notable exception des images du DVD "Vertige d'une rencontre" de Jean-Michel Bertrand, dont le sujet n'est pas l'aigle à proprement parler). L’objectif n'est pas le purisme naturaliste, mais simplement le fait que ni la beauté, ni même les comportements que nous recherchons ne peuvent être obtenus avec des oiseaux captifs et imprégnés. Et puis, il devient fatigant à la longue de voir des oiseaux déplumés et criards passer pour des oiseaux sauvages, dans une surenchère au spectaculaire bidonné. On a vu récemment sur internet la vidéo d'un aigle d'un certain âge s'en prenant, pourtant avec la maladresse typique d'un oiseau captif, à un chamois adulte ayant l'avantage du terrain. La chose tourne au ratage pitoyable et sanglant : le chamois finit par se débarrasser de l'aigle, incapable de rectifier sa prise et de saisir la tête, et s'enfuit pour mourir sans doute ailleurs de ses blessures. Cela n'empêche pas leur auteur de faire passer ces images invraisemblables et assez détestables pour représentatives. Essayer, par un travail largement collectif, de restituer la dimension spectaculaire d'une espèce et de son milieu sans passer par cette forme de sensationnalisme, conserver le respect du pur sauvage nous semble un défi intéressant à relever.

Auteurs

Alain Ravayrol et Denis Buhot - Association La Salsepareille - 7 rue Lieutenant Pio - 34800 Clermont-l'Hérault - Téléphone : 04 67 96 87 38 - Courriel : lasalsepareille@orange.fr

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