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Benoît Hémidy et son livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs"

Alors que de nombreux observateurs séjournent en octobre sur cette île bretonne, l’auteur de cet ensemble de chroniques publié en 2017 a répondu à nos questions.

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Benoît Hémidy et son livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs"

Benoît Hémidy, l'auteur du livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" publié en 2017.

L’île d’Ouessant est située dans le département du Finistère, à l’extrémité ouest de la France. Du fait de sa position géographique particulière, de nombreux oiseaux migrateurs, dont des raretés venues d’Amérique du Nord et de Sibérie, y sont notés en automne. Ils s’arrêtent plus ou moins longtemps dans les buissons, les zones humides et sur les pelouses côtières de ce bout de terre pour reprendre des forces et se nourrir, attirant des ornithologues venus de France et du reste de l’Europe, l’île ayant en effet acquis une renommée ornithologique qui dépasse largement les frontières de l’hexagone.
Benoît Hémidy est membre de la SEPNB - Bretagne Vivante et du conseil d’administration de l’Association Naturaliste d’Ouessant (ANO). Cela fait plus de dix ans qu’il séjourne chaque automne sur l’île, et il a décidé de partager sa passion pour Ouessant dans un livre intitulé "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" publié en 2017. Sous la forme de chroniques et dans un langage accessible à tous, il propose aux lecteurs de partir à la découverte des migrateurs de l’île et de répondre à plusieurs questions (d’où viennent-ils ? Où s’arrêtent-ils ? Comment les reconnaître ?) Il retrace aussi les moments forts de son séjour durant la dernière semaine du mois d’octobre 2016. Il a répondu à nos questions.

Abstract

The island of Ouessant is located in the department of Finistère, at the western extremity of France. Because of its particular geographical position, many migratory birds, including rarities from North America or Siberia, are recorded every Autumn. They stop there in bushes, wetlands and along the coasts of this piece of land to rest and feed, attracting birdwatchers from France and the rest of Europe. The island has indeed acquired an ornithological fame that exceeds the borders of the hexagon.
Benoît Hémidy is a member of the SEPNB-Bretagne Vivante and the Association Naturaliste d'Ouessant (ANO).
For over ten years, he is staying every autumn on the island, and he has decided to share his passion in a book entitled "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" published in 2017. In the form of chronicles and in a language accessible to all, he proposes to the readers to discover the migrants of the island and to answer several questions: where do they come from? Where do they stop there? How to recognize them? He also describes some highlights of his stay during the last week of October 2016. He answered our questions.

Le livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" 

Le livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" de Benoît Hémidy

Le livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" de Benoît Hémidy.

Le livre "L’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs" de Benoît Hémidy évoque sous la forme de 20 chroniques un séjour ornithologique d’une semaine en octobre 2016 sur Ouessant, une île restée sauvage où des oiseaux migrateurs parfois rares de Scandinavie, d’Asie et d’Amérique du Nord sont observés chaque automne. Par le biais de nombreux exemples, il fait aussi un point sur les connaissances scientifiques actuelles sur la migration des oiseaux en Europe. Il a notamment été inspiré par les écrits ornithologiques de Jacques Delamain publiés dans les années 1920. Cet ouvrage de 164 pages est richement illustré par des aquarelles et des dessins en noir et blanc.
Pour le commander, il est possible de contacter l’auteur par courriel (benoithemidy@gmail.com) ou par téléphone au 06 52 46 08 75.

Voici les chapitres du livre :

  • Sommaire
  • Introduction
  • Chronique 1 : destination Ouessant
  • Chronique 2 : Terre en vue
  • Chronique 3 : au marais du Niou
  • Chronique 4 : les pelouses rases de Goubars
  • Chronique 5 : de la plage de Korz à Porz Coret
  • Chronique 6 : de Porz Doun au Runiou
  • Chronique 7 : de Cost ar Reun à la pointe de Pern
  • Chronique 8 : en passant par PoulFeaz
  • Chronique 9 : Lampaul en fin de journée
  • Chronique 10 : en descendant le Stang Meur
  • Chronique 11 : en remontant le Stang Meur
  • Chronique 12 : de Yusin à Aod Meur
  • Chronique 13 : chasse au-dessus de la lande
  • Chronique 14 : un Pallas à Poull Bojer
  • Chronique 15 : restauration à Parluc’hen
  • Chronique 16 : une histoire de phare et d’oiseaux migrateurs
  • Chronique 17 : seawatching à Enez Cadoran
  • Chronique 18 : sur les chemins côtiers de Kadoran
  • Chronique 19  : Ouessant, haut lieu de l’ornithologie française
  • Chronique 20 : retour au port du Stiff
  • Pour aller plus loin…
  • Étoffer sa bibliothèque
  • Être en lien avec l’action associative
  • Protéger la nature
  • Glossaire des lieux-dits cités à Ouessant
  • Glossaire des noms d’oiseaux cités.

L'interview de Benoît Hémidy

1. Comment expliquez-vous votre passion pour l'île d'Ouessant ?

Situation de l'île d'Ouessant (Finistère)

Situation de l'île d'Ouessant (Finistère).
Carte : Ornithomedia.com

Benoît Hémidy : il y a quelque chose d’authentique sur cette île, d’authentique et de préservé. Au 20ème siècle, les premiers touristes ont découvert Ouessant, son côté pittoresque et ses traditions. Ils ont été étonnés par le décalage de mœurs des Ouessantins avec les gens du continent. Évidemment, cette différence n’était pas en faveur des habitants de l’île, mais aujourd’hui, c’est l’inverse, et ce sont ces particularités que nous considérons comme des indices de qualité de vie. Car les habitants de l’île ont su durant ces dernières décennies conserver leur rythme de vie, ponctué par le vent et la mer, ainsi que la solidarité qui en découle au quotidien. Je pense qu’ils ne m’en voudront pas de ces quelques élans verbaux. Comme beaucoup d’autres, j’ai été attiré par ces spécificités et bien sûr, par la nature sauvage préservée. Les Ouessantins ont assumé leur responsabilité dans la préservation de la faune et de la flore, et je viens sur l’île pour profiter d’instants de liberté en contact avec la nature. La migration en fait une terre d’intérêt international pour l’observation des oiseaux du fait de la concentration durant quelques semaines en automne d’espèces migratrices rares et moins rares.

2. Pourquoi avoir particulièrement choisi de couvrir une semaine d'observation d'octobre 2016 ?

Benoît Hémidy : cela fait dix ans que je viens sur l’île pour participer au suivi de la migration automnale. Ayant ressenti des temps forts d’observation de la nature et des oiseaux, ainsi que des liens solides avec les observateurs et parfois les habitants, j’ai eu le besoin d’écrire un récit. Il m’apparaissait alors naturel de retracer ma propre expérience, semaine après semaine et année après année. Je l’ai fait pour l’île et son histoire, ses visiteurs de passage et les Ouessantins. Les îliens parlent parfois des "petits hommes verts" pour évoquer les ornithologues présents sur l’île en automne. Je dois reconnaître que nous devons en étonner plus d’un avec nos sacs à dos et notre équipement placé sur nos vélos qui sillonnent l’île du nord au sud et d’ouest en est, à la recherche d’oiseaux rares à observer. En fait, seuls les ornithos qui ont déjà vécu cette expérience de l’observation de la migration à Ouessant savent ce que veut dire cette quête à deux roues. Emmener le lecteur sur le porte-bagage de mon vélo et lui faire vivre mes pérégrinations étaient mon objectif, tout en apportant quelques connaissances actuelles sur la migration des espèces observées. Le livre a été bien accueilli sur l’île et une séance de dédicaces au mois d’août 2017 m’a permis de faire de nouvelles rencontres avec les Ouessantins parfois "accros" à la nature de leur île.

Pointe de Pern

Vue de la pointe de Pern sur l'île d'Ouessant (Finistère).
Source : Benoît Hémidy

3. Les titres de vos chroniques correspondent généralement à des noms de lieux (marais de Niou, Goubars, Porz Doun...) : s'agit-il de vos étapes classiques quand vous vous rendez sur l'île ?

Benoît Hémidy : oui, dans la plupart des cas, car je voulais insister sur les notions de voyage et de destination. En fait, les oiseaux migrateurs ont bien souvent chacun leur préférence pour faire une halte de quelques jours, et avant de proposer au lecteur de les découvrir, j’ai pensé qu’il fallait l’emmener avec moi sur place. Les bons sites sont nombreux et variés, et vous avez d’ailleurs publié une carte de l’île à télécharger (lire Visiter l'île d'Ouessant : bons coins et carte à imprimer). L’Association Naturaliste d’Ouessant (ANO), dont je suis membre du conseil d’administration, propose également une carte qui recense plus de 200 sites et nous devons encore l’ajuster aux appellations du site Faune-Bretagne, qui utilise parfois des noms différents. La première étape est donc de connaître ces nombreux lieux-dits : en effet, si un SMS annonce par exemple un viréo à Stang Meur, il est préférable de bien connaître l’île pour ne pas perdre de temps. Il faut aussi se préparer à pédaler à travers toute l’île, mais on apprend vite à se repérer pour observer efficacement les oiseaux en migration.
Avec le temps, j’ai pris des habitudes qui se sont construites avec l’expérience de terrain. Le matin, lorsque je prends mon vélo, je sais à peu près où je vais aller en fonction du temps, de la météo de la nuit précédente, des observations effectuées par les autres ornithologues et des lieux que j’aime parcourir.

4. Quels sont vos sites d'observation préférés sur l'île d'Ouessant ?

La végétation dense du Stang Meur (Ouessant)

La végétation dense du Stang Meur, sur l'île d'Ouessant (Finistère).
Source : Benoît Hémidy

Benoît Hémidy : je suis personnellement beaucoup plus attiré par les rivages (les falaises et le chemin côtier) que par les stangs (= vallons humides), et Cadoran, Penn Arland, la pointe de Pern et le phare du Créac’h font partie de mes sites favoris. Les stangs sont essentiellement situés au centre de l’île, mais ils débouchent aussi parfois sur la mer. Après avoir parcouru un ou deux de ces vallons, j'ai envie de changer de milieu tant la végétation y est dense et la progression difficile.
Toutefois, je dois aussi reconnaître qu’observer dans cet habitat est une véritable petite aventure, et il faut essayer de reconnaître les oiseaux par leur silhouette ou leurs cris : cela permet d’améliorer ses connaissances ornithologiques. Au bord de la mer, on peut découvrir un migrateur rare derrière un rocher ou dans la lande, et les pelouses rases peuvent accueillir au petit matin des migrateurs arrivés durant la nuit, encore épuisés par leur trajet.

5. Pouvez-vous nous donner quelques souvenirs ornithologiques marquants sur l'île d'Ouessant ?

Benoît Hémidy : 2007 est la première année où je me suis rendu sur Ouessant. Durant les deux ou trois premiers jours, j’avais pu observer plusieurs oiseaux intéressants réguliers sur ce bout de terre situé à l’extrémité du continent, comme la Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus) au Créac’h, le Pipit de Richard (Anthus richardi) (lire Le Pipit de Richard, un grand pipit à découvrir) à Park Raden, le Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus) à Cost Ar Reun, le Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) à Porz Noan, le Gobemouche nain (Ficedula parva) à Ty Crenn, le Bruant lapon (Calcarius lapponicus) à Parluchen et le Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis) à Cadoran. Et puis ce fut le calme plat : le temps était radieux et je me souviens avoir bronzé en plein mois d’octobre. Plus aucun migrateur ne "tombait" selon l’expression locale. Le vendredi de mon séjour, j’ai visité le marais du Niou pour essayer de trouver une nouvelle espèce. Deux ornithologues "en furie" sont alors arrivés et j’ai entendu brièvement "non, c’est pas là !". Je n’y ai pas prêté attention dans un premier temps car je n’avais encore jamais participé à un grand rassemblement d’observateurs autour d’un oiseau rare. J’ai donc repris mon vélo en direction du Niou Huella, situé à 100 mètres au-dessus du marais et j’ai trouvé une trentaine de vélos et autant d’ornithologues répartis le long de l’un des murets de pierres de l’écomusée d’Ouessant : un Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi) avait été repéré dans un buisson de ronces et apparaissait de temps en temps.

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus)

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus) sur l'île d'Ouessant (Finistère).
Source : Benoît Hémidy

En septembre 2012, c’est un limicole américain, le Chevalier solitaire (Tringa solitaria), qui avait été observé un soir dans le marais du Créac’h ((lire Un Chevalier solitaire bien observé et photographié). "Radio Ouessant", le réseau informel des observateurs de l’île, a alors fonctionné à plein et le mot d’ordre était de se retrouver au marais le lendemain matin pour chercher l’oiseau. Autant dire que l’excitation était grande car il s’agit d’un échassier exceptionnel en Europe de l’Ouest. Vers 8 h 30, quand la luminosité est suffisante à cette période de l’année, nous étions tous (une cinquantaine d’ornithos) au rendez-vous. Malgré le brouillard dense, nous n’avons pas eu à chercher longtemps, l’oiseau était pile en face de nous. Il a ensuite été revu sur plusieurs mares spontanées car il avait beaucoup plu ce mois et Ouessant était gorgée d’eau. Largement photographié, il figure parmi les derniers limicoles américains observés sur l’île.
Chaque automne est généralement associé à des temps forts, souvent collectifs : dans mon livre, je relate par exemple la découverte, la détermination et l’homologation d’un Pouillot de Temminck (Phylloscopus coronatus), une première pour Ouessant, ainsi que ma première observation d’un Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus) après dix séjours sur l’île (lire Identifier les pouillots sibériens).

6. Allez-vous sur Ouessant pour voir des oiseaux rares ou pour simplement assister à la migration des oiseaux ?

Benoît Hémidy : je dois dire que la première année, c’était surtout pour voir des espèces rares. Mais la deuxième année, ce sont les richesses naturelles de l’île et plus globalement l’ambiance qui m’ont fait revenir. Et d’ailleurs, je passe souvent du temps à observer et déterminer les plantes et les insectes. L’île compte en effet plus de 500 espèces végétales. Dont deux petites fougères remarquables, lIsoète épineux (Isoeteshistrix bory) et l’Ophioglosse du Portugal (Ophioglossum lusitanicum), et l'on peut voir cette seconde espèce même au mois d’octobre.

7. Quelles sont pour vous les meilleures semaines pour venir sur l'île d'Ouessant afin d'espérer voir des accidentels néarctiques et sibériens ?

Benoît Hémidy : traditionnellement, les semaines d’octobre sont riches en oiseaux migrateurs néarctiques et sibériens. Plus précisément, les deuxième et troisième semaines sont les meilleures. Toutefois, l’île accueille des migrateurs (notamment des limicoles) dès la mi-août et tout au long du mois de septembre. Peut-être à cause du réchauffement climatique, des espèces rares sont maintenant observées jusqu’à la fin du mois d’octobre, une période qui devient du coup également très intéressante : ce fut le cas avec un Bruant roux (Emberiza rutila) en 2014, une Pie-grièche brune (Lanius cristatus) en 2015, un Pouillot de Temminck et une Bergeronnette de Béringie (Motacilla tschutschensis) et un Bruant à calotte blanche (Emberiza leucocephalos) en 2016.

8. En sait-on plus sur les raisons pour lesquelles des oiseaux très rares d'origine sibérienne arrivent sur l'île d'Ouessant au lieu de migrer vers le sud de l'Asie ? 

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) sur l'île d'Ouessant (Finistère).
Source : Benoît Hémidy

Benoît Hémidy : pas vraiment car il s’agit de phénomènes ornithologiques migratoires qui nécessitent de nombreuses études et données pour pouvoir établir des hypothèses (lire Comment arrivent les oiseaux rares ?). On évoque des phénomènes d’extension vers l’ouest de l’aire de reproduction de plusieurs espèces sibériennes, ce qui les amène à choisir de nouvelles voies de migration, ou encore des "choix" individuels d’oiseaux explorant de nouvelles routes. L’apport nutritionnel durant la période de reproduction serait intéressant à étudier plus particulièrement : dans quelle mesure contribue-t-il par exemple à augmenter la dispersion des jeunes lors des bonnes années ? Une augmentation des couvées pourrait favoriser l’expansion des espèces. Quel est également l’impact du réchauffement climatique sur les zones de reproduction sibériennes ? Le récent programme de baguage lancé par l’ANO (Association Ornithologique d'Ouessant) (lire Jean-Philippe Siblet et les oiseaux d'Ouessant) durant la migration automnale devrait nous apporter des éléments nouveaux sur la migration des espèces rares en Europe de l’Ouest.

9. Que pensez-vous des observateurs qui se rendent sur Ouessant : leur nombre et leur comportement ont-ils changé depuis dix ans ?

Benoît Hémidy : lorsque je suis venu sur l’île pour la première fois en 2007, le CEMO (Centre d’Études du Milieu Ouessant), avec sa structure d’hébergement, était encore le centre névralgique du suivi de la migration automnale à Ouessant. Des "logs" (points quotidiens des espèces vues) étaient réalisés certains soirs. L’auberge de jeunesse est ensuite devenue prisée par les ornithologues car elle est plus centrale. Aujourd’hui, les observateurs louent des hébergements aux quatre coins de l’île.

Port du Stiff (Ouessant)

Les visiteurs arrivent sur l'île d'Ouessant au niveau du port du Stiff.
Source : Benoît Hémidy

S’il existe toujours un tableau situé à l’entrée du CEMO où chacun peut inscrire ses observations, l’information arrive désormais sur les smartphones via le fameux réseau informel "Radio Ouessant". Toutes les données sont aussi souvent publiées dans l’heure sur Faune-bretagne.org. Nous sommes certainement plus nombreux d’automne en automne (près d’une centaine par semaine), bien que cela ne soit pas facilement mesurable. Si les observateurs viennent surtout de Bretagne et des autres régions de France, il y a aussi chaque année des Belges et plus irrégulièrement des Italiens, des Suisses et des Allemands.
J’ai vu une fois une famille entière (père, mère et leurs trois enfants) parcourant l’île à vélo, jumelles autour du cou : c’est la preuve que le suivi de la migration sur Ouessant n’est plus l’apanage de quelques passionnés et qu’il s’ouvre à un public plus large.

10. Où logez-vous quand vous séjournez sur l'île d'Ouessant ? Avez-vous des conseils pratiques à donner pour préparer un séjour ?

Benoît Hémidy : pour ma part, je loge toujours au CEMO. C’est sûrement une question d’habitude, mais j’aime bien l’ambiance du soir et les échanges entre ornithologues. Toutefois, il m’arrive de faire quelques "infidélités" et de choisir une location, notamment lorsque je séjourne au printemps ou en été.
L’île est très accueillante et il est facile d’y séjourner, de s’alimenter et de se déplacer. Il est possible d'acheter ses billets de bateau sur le web. En automne, les aires de stationnement du Conquet, le village situé face à l’île, sur le continent, sont suffisantes. Par contre, au printemps et en été, il vaut mieux réserver une place pour sa voiture (il faut se renseigner auprès de l’office du tourisme). Sur le site web de l’office du tourisme d’Ouessant ou par téléphone, on peut connaître très précisément les hébergements disponibles, les dates de location accessibles et les prix. Trois loueurs de vélos proposent des prix acceptables pour une semaine de location.

11. En sait-on plus sur l'origine et l'évolution de la présence de la Corneille mantelée sur l'île d'Ouessant ?

Corneille mantelée (Corvus corone cornix)

Corneille mantelée (Corvus cornix), île d'Ouessant (Finistère).
Source : Benoît Hémidy

Benoît Hémidy : la Corneille mantelée (Corvus cornix) est de plus en plus observée et notée sur l’île d’Ouessant, mais l’augmentation du nombre d’observations entre 2013 (quatre) et 2016 (plus de 70 données signalées cette année sur Faune-Bretagne) pourrait être liée à la progression de la pression ornithologique (NDLR : mais il pourrait s'agir aussi de l'observation prolongée du même oiseau).
La Corneille mantelée effectue une migration partielle en automne pour chercher de nouvelles ressources alimentaires. Son régime est moins varié que celui de la Corneille noire, mais il peut exister une certaine compétition en hiver. Des ornithologues finlandais ont constaté que les Corneilles mantelées nichant dans leur pays (entre 150 000 et 220 000 couples) migraient partiellement en automne dans le sud de la Suède et sur les rivages de la mer du Nord. Quelques oiseaux bagués en Finlande ont été observés en France dans les années 1990, mais il est probable que la plupart des individus notés sur Ouessant viennent d’Irlande ou d’Écosse.
Il faut rappeler aussi qu’elle était très commune en migration dans le nord de la France au début du siècle dernier et qu’elle n’a fait que régresser durant tout le 20ème siècle. 

12- Continuez-vous à rassembler des notes pour écrire de futures chroniques ?

Benoît Hémidy : plus que jamais. Chaque jour passé sur l’île est pour moi l’occasion de rédiger une voire deux nouvelles chroniques. Je vais par exemple sûrement parler des sorties en mer organisées par l’ANO auxquelles j’ai participé durant l’été 2017. Cependant, je souhaiterais aussi écrire des textes basés sur mes observations d’oiseaux rares réalisées lors des années précédentes. Il y aura donc une suite à mon livre "L'’île d’Ouessant et ses oiseaux migrateurs".

Contact

Benoît Hémidy - Courriel : benoithemidy@gmail.com - Téléphone :  06 52 46 08 75 - Association Ornithologique d'Ouessant : http://ano-ouessant.com.

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