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Études

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Description d'une nouvelle espèce en Indonésie : le Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae)

Cette espèce serait inféodée aux forêts d'eucalyptus au-dessus de 900 mètres d'altitude dans le centre de la petite île d'Alor.

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Description d'une nouvelle espèce en Indonésie : le Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae)

Deux Myzomèles d'Alor (Myzomela prawiradilagae) perchés dans un Eucalyptus urophylla près de Mamas-Subo, sur l'île d'Alor (Indonésie).
Photographie : Philippe Verbelen 

Les petites îles de la Sonde s'étendent entre Bali et Timor, au sud de l'Indonésie, et au nord de l'Australie. Elles font partie de la Wallacea, une zone biogéographique dont la faune est composée d'espèces originaires des régions asiatique et australasienne. Elles constituent un terrain d'étude passionnant pour observer et comprendre les mécanismes évolutifs et de formation des espèces, le niveau de la mer les ayant successivement isolées et connectées. Elles sont riches en oiseaux endémiques (plus de 70), et leur avifaune est encore mal connue.
Dans un article publié le 5 octobre dans le Journal of Ornithology, des ornithologues ont décrit une nouvelle espèce du genre Myzomela sur l'île d'Alor, située au nord de Timor, qu'ils ont appelée le Myzomèle d'Alor (M. prawiradilagae), mais elle n'a pas encore de nom officiel en français. Elle est étroitement liée et ressemble au Myzomèle de Wetar (Myzomela kuehni) qui vit sur l’île voisine de Wetar, mais elle en diffère par plusieurs caractéristiques morphologiques, vocales et écologiques. Cette découverte revêt une grande importance biogéographique car elle confère à l'île d'Alor le statut de Zone d'Oiseaux Endémiques. Le Myzomèle d'Alor ne vit que dans les forêts d'eucalyptus de montagne, au-delà de 900 mètres d'altitude, et il n'a été observé que dans quelques sites. Du fait de sa rareté, de son aire de distribution limitée et de la pression humaine croissante sur les hauts plateaux de l’île d’Alor, les auteurs recommandent de considérer cette espèce comme étant en danger.
Nous remercions Philippe Verbelen, l'un des auteurs de l'article, pour ses informations et ses photos.

Abstract

The Lesser Sunda Islands extend to the south of Indonesia (between Bali and Timor) and to the north of Australia. They are part of the Wallacea, a biogeographic zone whose fauna is composed of species originating from the Asian and Australasian regions. They are also an exciting field of study the evolution and the formation of species, the sea level having successively isolated and connected these islands. They are rich in endemic birds (more than 70), and their birdlife is still poorly known. In an article published on the 5th of October 2019 in the Journal of Ornithology, ornithologists have described a new species of the genus Myzomela on the island of Alor, in southeastern Indonesia, and they named them Alor Myzomela M. prawiradilagae. It is closely related to the Wetar Myzomela M. kuehni, which lives on the neighboring island of Wetar, but differs in important morphological, vocal and ecological features.
This discovery is of great biogeographic importance and gives the island of Olor the status of Endemic Bird Area. This bird species lives only in mountain eucalyptus forests, at an altitude of more than 900 meters, and it is known only to some sites. Due to its scarcity, limited range and increasing human pressure on the highlands of Alor Island, the authors recommend considering this species as endangered.
We thank Philippe Verbelen, one of the authors of the article, for his information and photos.

La taxonomie du genre Myzomela

Situation de l'île d'Alor (Indonésie)

Situation de l'île d'Alor (Indonésie).
Carte : Ornithomedia.com

Les méliphages du genre Myzomela ont colonisé de nombreuses îles des archipels indonésiens et mélanésiens. Ces oiseaux nectarivores colorés constituent un élément important de ces écosystèmes insulaires et font partie des espèces les plus abondantes d'Indonésie orientale. Leur taxonomie a connu des bouleversements importants récemment du fait de l'importance croissante accordée aux caractéristiques vocales. Prawiradilaga et al. (2017) ont ainsi récemment décrit une nouvelle espèce, le Myzomèle de Rote (M. irianawidodoae) sur l'île de Rote (lire Description d'une nouvelle espèce d'oiseau en Indonésie, le Myzomèle de Rote). Elle ressemble étroitement au Myzomèle de Sumba (M. dammermani) présente sur la lointaine Sumba, tout en montrant une coloration très différente de celle du Myzomèle de Timor (M. vulnerata), qui vit sur Timor. Ses vocalisations ont notamment permis de séparer de manière fiable le Méliphage de Rote des autres espèces du même genre.
Dans un article publié le 5 octobre 2019 dans le Journal of Ornithology, des ornithologues ont décrit une nouvelle espèce du genre Myzomela sur l'île d'Alor, qu'ils ont nommée Myzomela prawiradilagae. Elle ressemble superficiellement au Myzomèle de Wetar (M. kuehni) qui est présent sur l'île voisine de Wetar, et elle a été repérée pour la première fois par Trainor et al. (2012) dans les forêts d'eucalyptus de l'île d'Alor, à plus de 900 mètres d'altitude. Un spécimen a été collecté en 2015 et a servi d'holotype (spécimen-type) pour décrire ce nouveau taxon.

Plusieurs séjours sur l'île d'Alor

Vue de l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae)

Vue de l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae) : les forêts d'Eucalyptus oropsylla poussant sur les crêtes de l'île d'Alor (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Philippe Verbelen

Les auteurs de l'article paru dans le Journal of Ornithology ont parcouru entre 2002 et 2016 l'île Alor du niveau de la mer à 1 250 mètres d'altitude, et celle Wetar du niveau de la mer à 1 150 mètres d'altitude entre 2009 et 2010. La première observation sur Alor de la nouvelle espèce du genre Myzomela a été faite en mai 2002 sur les pentes du mont Koya Koya, mais cette découverte avait été rejetée à l'époque car elle avait été considérée comme étant une probable erreur d'identification. Les visites de Philippe Verbelen et de Veerle Dossche en juin et en juillet 2009, suivies par celle de Philippe Verbelen en septembre 2009, ont finalement confirmé cette découverte, ainsi que celle d'une nouvelle population de bouscarles du genre Locustella. Les observations de John Hornbuckle et de Stijn Cooleman en 2012 et en 2013 ont aussi été prises en compte.
Philippe Verbelen a visité Alor pendant 7 jours en avril 2014, ajoutant de nouveaux enregistrements sonores et des photographies, et Colin R. Trailor s'y est rendu à nouveau en 2016. Ces dernières visites ont permis de préciser la répartition du nouveau Myzomela et son habitat.

Des dizaines d'enregistrements réalisés

Des enregistrements ont été réalisés avec un enregistreur Olympus LS-10 (CRT), un enregistreur Olympus LS-12 (FER) et un Edirol R09HR (PV) combinés avec des microphones directionnels Sennheiser ME-66. Ils ont été déposés sur le site web de l'Avian Vocalization Center (AVoCet).
Des sonogrammes ont été générés à partir de dizaines d'enregistrements de chants et de cris de contact des Myzomèles d'Alor et de Wetar. Un test non paramétrique de Wilcoxon-Mann-Whitney a été utilisé pour déterminer les différences entre les paramètres vocaux (durée, nombre de notes par seconde, fréquences maximum et minimum et largeur de bande) entre les enregistrements des Myzomèles d'Alor et de Wetar.

Un holotype capturé et naturalisé

Frank E. Rheind, Suparno et Hidayat Ashari ont passé plusieurs jours du 19 au 24 novembre 2015 dans les environs du hameau de Manmas, entre 1 100 et 1 300 mètres d'altitude, pour observer, étudier et collecter des individus de la nouvelle espèce de Myzomela. Vingt filets de 6 à 12 mètres de long ont été utilisés. Un holotype a été capturé vivant, puis mesuré et pesé. Les éléments suivants ont été notés : poids, longueur de l'aile, longueur du tarse, longueur du bec, longueurs de la queue et totale, largeur de l'aile, présence d'éléments de mue et coloration des parties nues.  Cet oiseau a été collecté avec l'autorisation des autorités indonésiennes et en présence de deux officiers de l'Institut indonésien des sciences. Il a été naturalisé par Suparno et déposé au Museum Zoologicum Bogoriense de Cibinong (province de Java occidental), tandis que des échantillons des tissus hépatiques et musculaires ont été prélevés en vue d'une analyse future d'ADN. Les auteurs de l'article estiment que la collecte d'un spécimen de Myzomela n'aura pas un impact négatif sur la survie de cette espèce car elle s'est déroulée dans un habitat relativement intact, dans lequel elle est localement commune.

Des analyses génétiques

De l'ADN du tissu musculaire de l'holotype de la nouvelle espèce (n = 1), de Myzomèles de Rote (n = 5) et d'une population non étudiée de Myzomela sur l'île de Taliabu (n = 4) a été extrait. Le gène codant pour la NADH déshydrogénase a été séquencé. Ces séquences, d'une longueur de 991 paires de bases, ont été ajustées, assemblées, alignées puis déposées dans le référentiel Genbank sous les numéros MN431646 à MN431655. Des analyses phylogénétiques, de parcimonie maximale et de distance génétique ont été effectuées avec le logiciel MEGA. L'analyse du maximum de vraisemblance a été réalisée avec le logiciel RaxmlGUI.

Description du spécimen de référence

Myzomèles d'Alor (Myzomela prawiradilagae) de Wetar (M. kuehni)

Myzomèles d'Alor (Myzomela prawiradilagae) à gauche et de Wetar (M. kuehni).
Photographies : Philippe Verbelen et Colin R. Trainor

Les auteurs ont décrit une nouvelle espèce qu'ils ont appelée le Myzomèle d’Alor (Myzomela prawiradilagae), même si elle n'a pas encore de nom officiel en français. Le spécimen de référence est un mâle adulte collecté le 21 novembre 2015 à 1 270 mètres d'altitude près du hameau de Manmas, dans le district sud d’Alor, dans la province de Nusa Tenggara Timur en Indonésie. Il a été déposé dans le Museum Zoologicum Bogoriense. Son nom scientifique a été donné en hommage à Dewi Malia Prawiradilaga, l'une des premières femmes ornithologues indonésiennes, qui dirige la division ornithologie du Museum Zoologicum Bogoriense, et qui a grandement contribué au développement de la recherche sur l'écologie et la conservation des oiseaux indonésiens.
L'holotype présente une large bande lorale (= entre la base du bec et l'œil) noire à la base du bec, se prolongeant légèrement au-delà de l'arrière de l'œil. Le front et sa couronne sont rouge cramoisi. La zone auriculaire et le menton sont d'un rouge plus pâle. Le cou, la nuque, le manteau et le dos sont olive brunâtre. Le croupion et le dessus de la queue sont rouge géranium, la poitrine est gris fumé, virant au crème sur le ventre, les couvertures sous-caudales, les cuisses et les flancs. Le dessous de la queue est brun sombre à brun grisâtre foncé. Les rectrices externes sont bordées de blanc. Le dessus de la queue est sépia. L'alula (= poignet) est blanc. Les rémiges primaires et secondaires sont brun foncé avec une mince bordure plus pâle. Les couvertures sus-alaires sont brun sombre avec des bords plus clairs. Une étroite barre alaire pâle est visible sur les grandes couvertures. Le dessous des ailes est plus pâle que le dessus. Les tarses sont gris corne. Les mandibules sont noir grisâtre et l'iris est noir. Son bec mesure 17 mm de long, ses ailes 62 mm, sa queue 45 mm et ses tarses 17 mm.

Comparaison du plumage avec des espèces proches

Le mâle collecté de Myzomèle d'Alor ressemble à celui du Myzomèle de Wetar, mais sa tête est d'un rouge plus intense qui ne s'étend pas aussi loin sur la nuque et sur la poitrine. Cette dernière est gris fumé et se fond progressivement dans le crème de son ventre, alors que la poitrine du Myzomèle de Wetar est jaune pâle. Le Myzomèle d'Alor a les parties supérieures olivâtres et non pas grisâtres. Ses rémiges primaires sont nettement bordées de pâle, ce qui n'est pas le cas chez le Myzomèle d'Alor
Le Myzomèle d'Alor se distingue par ailleurs facilement du Myzomèle à menton rouge (M. eques), présent en Papouasie, et du Myzomèle ombré (M. obscura), présent sur l'île d'Halmahera, par sa tête rouge vif et ses parties supérieures et inférieures plus claires, alors que ces deux autres espèces sont presque uniformément brunâtres dessous.

Des cris et des chants distincts

Le chant du Myzomèle d'Alor est composé de deux ou trois notes introductives suivies d'une séquence principale de plus de 11 notes durant plus de deux secondes. La fréquence des notes introductives est comprise entre 4 800 et 6 430 Hz. La séquence principale est composée de notes aiguës d'une fréquence de 7 640 Hz espacées de 0,13 seconde. Le chant du Myzomèle de Wetar comprend en moyenne plus de 20 notes aiguës et très rapides, sans introduction préalable. Malgré le nombre réduit d'enregistrements des chants des deux myzomèles, des différences significatives ont été trouvées en termes de fréquence maximale et de largeur de la bande passante.
Les cris de ces deux espèces sont aussi distincts : le Myzomèle d'Alor émet des "tssip" et des "vick" isolés et aigus, durant environ 0,1 seconde, espacées de 2 à 2,5 secondes, et dont la fréquence est comprise entre 4 220 et 6 620 Hz. Le Myzomèle de Wetar lance des "tsieuw"ou "teeyu" simples, aigus et atténués. La durée de chacune de ces notes est d’environ 0,15 seconde, leur fréquence est comprise entre 4 350 et 8 870 Hz, et elles sont espacées de 2,5 à 3 secondes.

Une faible divergence génétique

La comparaison phylogénétique des séquences d'ADN mitochondrial confirme que les Myzomèles d'Alor et de Wetar sont des espèces-sœurs étroitement apparentées. Leur divergence, estimée à  1,7 %, est toutefois inférieure à celle généralement constatée entre des espèces distinctes.

Une espèce distincte d'après plusieurs critères

Plusieurs critères permettent de considérer le Myzomèle d'Alor comme une espèce distincte :

  • sa bavette rouge est limitée à sa gorge, alors q'elle s'étend au-delà de la moitié de la poitrine chez le Myzomèle de Wetar, une différence suffisante pour différencier deux espèces au sein du genre Myzomela.
  • Son chant est une série de notes plus lentes et plus graves que celles du Myzomèle de Wetar, et il débute par un motif absent chez le Myzomèle de Wetar. Ses cris de contact diffèrent sur plusieurs points, notamment la fréquence, la durée et la modulation des notes. Ce niveau de différenciation vocale est comparable à celui noté chez deux autres espèces-sœurs, les Myzomèles de Rote et de Sumba.
  • Les résultats de l'analyse phylogénique basée sur de l'ADN mitochondrial confirment que les Myzomèles d'Alor et de Wetar sont des espèces-sœurs, même si la divergence calculée entre les deux espèces (environ 1,7 %) est inférieure au seuil des 3 % généralement mesuré entre deux espèces aviaires, une valeur minimum qui doit toutefois être considérée avec prudence. 
  • Le Myzomèle d'Alor vit dans les forêts d'eucalyptus au-dessus de 1 000 mètres d'altitude, tandis que le Myzomèle de Wetar est présent à toutes les altitudes, ce qui suggère des préférences écologiques distinctes. 

Une espèce inféodée aux forêts d'eucalyptus d'altitude

Vue de l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae)

Vue de l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae) : les forêts d'Eucalyptus oropsylla poussant sur les crêtes de l'île d'Alor (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Philippe Verbelen

Le Myzomèle d'Alor est strictement montagnard et vit dans les forêts d'eucalyptus au-delà de 1 000 mètres d'altitude, mais il a aussi été observé se nourrissant dans un peuplement d'Eucalyptus alba à environ 900 mètres sur les pentes du mont Koya Koya, et également à environ 900 mètres dans la région de Manmas. Environ 20 individus ont été repérés dans une forêt d'Eucalyptus oropsylla près de Manmas-Subo, entre 1 000 et 1 270 mètres d'altitude, le secteur où l'holotype a été collecté. Jusqu'à trois oiseaux ont été entendus, enregistrés et photographiés alors qu'ils se nourrissaient entre 4 et 12 mètres au-dessus du sol dans une forêt mixte d'Eucalyptus oropsylla, d'Acacia sp. et de Casuarina junghuhniana dans et autour du village de Manmas. Ils se nourrissaient de fleurs, de nectar et de fruits, et glanaient des insectes dans le feuillage. L'espèce a également été vue dans un arbuste de Photinia integrifolia avec des Zostérops pâles (Zosterops citrinellus). Des groupes de deux à cinq oiseaux ont été vus dans des arbres en fleurs avec des Méliphages frangés (Lichmera limbata).
La préférence du Myzomèle d'Alor pour les forêts d'eucalyptus au-delà de 1 000 mètres d'altitude est sûrement une adaptation à la faible concurrence alimentaire régnant dans cet écosystème.

Une découverte importante pour l'île d'Alor

La découverte d’une espèce endémique sur l'île d'Alor revêt une grande importance. Malgré leur proximité géographique, les îles d'Alor, de Wetar et de Timor sont séparées par une mer profonde (> 4 600 mètres de profondeur) et elles n'auraient donc jamais été reliées au cours des dernières périodes glaciaires. L’avifaune d’Alor a longtemps été considérée comme étant identique à celle de Florès, et elle a été longtemps négligée. Ce n'est que récemment que la Ninoxe d'Alor (Ninox plesseni) a été élevée au rang d'espèce distincte endémique, tandis que la sous-espèce alfrediana de l'Échenilleur wallacéen (Coracina personata) est considérée par certains auteurs comme une espèce à part entière.

Vue de l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae)

Une présence humaine croissante dans l'habitat du Myzomèle d'Alor (Myzomela prawiradilagae) (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Philippe Verbelen

Le Myzomèle d'Alor deviendrait la seconde ou troisième espèce d'oiseau endémique d'Alor, faisant de cette l'île une Zone d'Oiseaux Endémiques. Malgré la relative similarité de plumage entre les Myzomèles d'Alor et de Wetar, les avifaunes des îles d'Alor et de Wetar présentent étonnamment peu de points communs, avec seulement cinq espèces partagées.

Une espèce a priori en danger

Le statut du Myzomèle d'Alor est difficile à évaluer : les auteurs de l'article l'ont seulement observé dans deux sites séparés de 14 km dans le centre montagneux de l'île, ainsi que sur les pentes du mont Koya Koya. Au-dessus de 1 000 mètres, seuls 120 km² sont boisés, et l'espèce semble être localisée dans les boisements poussant sur les crêtes. Or les villages de l'île sont surtout installés sur les sommets, d'où des dégradations de l'habitat et des dérangements potentiels. Même si près du village de Manmas, le Myzomèle d'Alor a été vu se nourrissant dans des plantations d'acacias plantés, l'espèce semble moins répandue que prévue dans des habitats pourtant a priori favorables, mais de nouvelles recherches sur le terrain seraient nécessaires, par exemple sur les pentes du mont Koya Koya. Il serait également peut-être intéressant d'explorer l'île voisine de Pantar.
Les auteurs suggèrent de considérer le Myzomèle d'Alor comme étant une espèce en danger, du fait de sa petite aire de répartition potentielle et de la fragmentation de sa présence. En outre, la dégradation de son habitat sur les hautes terres d'Alor, causée par la croissance de la population humaine, constitue une menace.

Contact

Philippe Verbelen : filip_verbelen@yahoo.fr

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Source

Mohammad Irham, Hidayat Ashari, Suparno, Colin R. Trainor, Philippe Verbelen, Meng Yue Wu et Frank E. Rheindt4 (2019). A new Myzomela honeyeater (Meliphagidae) from the highlands of Alor Island, Indonesia. Journal of Ornithology. Pages : 1-12. Date : 5/10. https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10336-019-01722-2

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