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Études

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Comment expliquer les arrivées automnales de passereaux sibériens ?

Alors qu'un afflux de Pouillots à grands sourcils semble se dessiner en ce début d’automne 2016, une étude tente d'expliquer les arrivées en Europe de neuf passereaux nichant en Sibérie orientale.

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Comment expliquer les arrivées automnales de passereaux sibériens ?

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), estuaire de la Tee, South Gare (Grande-Bretagne), le 17/09/2016.
Source : image extraite d'une vidéo publiée par Alan Tremethick

Depuis une vingtaine d'années, le nombre et la variété des espèces d'origine sibérienne observées en Europe semblent en augmentation, même si les chiffres varient d'une année sur l’autre. La pression d'observation (= nombre d'observateurs) croissante joue sûrement un rôle important dans ce constat, mais elle n'explique pas tout. Comment et pourquoi des espèces qui hivernent normalement en Asie du Sud-Est se dirigent-elles en automne dans une direction opposée à celle de leur route de migration normale ? Les explications possibles sont variées, notamment des conditions météorologiques particulières, des migrations atypiques (inversée ou miroir), des mouvements de dispersion postnuptiale/postnatale et des modifications des conditions d'hivernage.
La migration des passereaux sibériens hivernant en Asie du Sud-est est assez mal connue, et il est nécessaire de l'étudier afin d'essayer d'expliquer leurs observations automnales en Europe de l'Ouest. Dans un article publié en 2016 dans la revue Ornis Hungarica, quatre ornithologues ont étudié entre 2011 et 2014 le passage de neuf passereaux nichant dans le parc de Muriaviovka en Sibérie orientale : les Rousserolles à gros bec (Iduna aedon) et de Schrenck (Acrocephalus bistrigiceps), les Locustelles lancéolée (Locustella  lanceolata) et de Pallas (L. certhiola), les Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), boréal (P. borealis), brun (P. fusca), de Schwarz (P. schwarzi) et à pattes sombres (P. plumbeitarsus).
Dans cet article, nous vous résumons cette étude, nous énumérons les hypothèses pouvant expliquer les arrivées de ces espèces en Europe de l’Ouest, et nous évoquons l’afflux de Pouillots à grands sourcils qui semble se dessiner en Europe de l’Ouest en ce début d’automne 2016.

Abstract

For twenty years, the number and the diversity of Siberian songbirds in Europe are increasing, although the numbers vary from one year to another. Possibly the increase in the number of observers in the past decades plays a considerable role. Nevertheless, the question arises, how and why the otherwise mostly in Southeastern Asia wintering individuals occur in the opposite or at least very different direction? Answers could include weather anomalies, migration defects (reverse or mirror migration) or dispersal movements and changes in the wintering areas.
The migration of Siberian species which winter in Southeastern Asia is less known. To understand the causes of the European data, information on migration phenology of these species is needed.
A study published in 2016 in the Ornis Hungarica journal aims to describe the migration phenology of nine species: Thick-billed Warbler (Iduna aedon), Black-browed Reed Warbler (Acrocephalus bistrigiceps), Lanceolated Warbler (Locustella lanceolata), Pallas’s Grasshopper Warbler (L. certhiola), Yellow-browed Warbler (Phylloscopus inornatus), Arctic Warbler (Ph. borealis), Dusky Warbler (Ph. fuscatus), Radde’s Warbler (Ph. schwarzi) and Two-barred Warbler (Ph. plumbeitarsus), which migrate in relatively large numbers at Muraviovka Park.
We propose you a synthesis of this study, we list the hypotheses explaining the arrival of these species in Western Europe, and we talk about the influx of Yellow-browed Warbler which seems to emerge in Western Europe during this early autumn 2016.

Arrivées en Europe de passereaux sibériens : l’hypothèse météorologique

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), île de Chausey (Manche), le 30/08/2013.
Photographie : Sébastien Provost

La plupart des passereaux sibériens hivernent en Asie du Sud et du Sud-est, mais chaque année, des oiseaux sont vus loin de là, en Europe, en Amérique du Nord et même en Afrique. Ces oiseaux pourraient peut-être arriver sur ces terres lointaines grâce à des facteurs météorologiques particuliers : les forts vents d’Est accompagnant des anticyclones placés au-dessus de la Sibérie pourraient les emporter sur des milliers de kilomètres (lire L'influence de la météo sur l'observation des oiseaux). Durant l’automne 1975, 58 oiseaux de 13 espèces sibériennes avaient par exemple été observés en Grande-Bretagne, la plupart le long des côtes orientales. Un phénomène semblable a été noté en octobre 1982, quand des Pouillots de Pallas (Phylloscopus proregulus), brun (P. fuscatus) et de Schwarz (P. schwarzi), dont les aires de nidification se chevauchent partiellement, ont été observés en grand nombre dans l'est du Royaume-Uni, tandis que le Pouillot à grands sourcils (P. inornatus), dont l'aire de reproduction est plus nordique, et les Pouillots boréal (P. borealis) et verdâtre (P. trochiloides), qui migrent plus tôt, étaient moins nombreux.
Le nombre d'observations de ces passereaux est variable selon les années : par exemple, en 2013, 420 Pouillots à grands sourcils ont été observés en Finlande, contre 31 en 2004, et ces différences pourraient s’expliquer en partie par les conditions météorologiques variables.
Toutefois, certains éléments remettent en cause l’importance des facteurs météorologiques pour expliquer ces arrivées, comme la régularité des observations et une augmentation régulière des données (notamment de Pouillots à grands sourcils) depuis plusieurs années. En outre, les oiseaux sibériens capturés à North Ronaldsay en Écosse sont souvent en bonne condition physique, ce qui suppose qu'ils ont pu reprendre des forces le long de leur migration en faisant des étapes.

La migration inversée

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus)

Pouillot de Pallas (Phylloscopus proregulus), Blankenberge, Belgique, le 18/10/2014
Photographie : Marc Fasol

Certains oiseaux pourraient arriver en Europe à cause d'un défaut génétique, la route suivie faisant un angle de près de 180 degrés par rapport à leur voie normale : on appelle cela la migration inversée (lire Comment arrivent les oiseaux rares ?). Cette anomalie pourrait s’expliquer par une perturbation interne (génétique). Un argument en faveur de cette hypothèse est que la plupart des données d'oiseaux sibériens en Europe sont conformes aux dates normales de passage de ces espèces, et que la distance parcourue est comparable avec la longueur normale de leur migration. D'autre part, les Pouillots à grands sourcils et boréal, dont les zones de nidification sont plus nordiques que celles d'autres passereaux sibériens, arrivent plutôt dans le nord de la Grande-Bretagne que dans le sud, contrairement par exemple au Pouillot de Pallas. Ils pourraient y survivre en hiver et repartir dans la bonne direction au printemps suivant.
Mais le nombre d'observations varie grandement d'une année sur l’autre en Grande-Bretagne et en Scandinavie, et d'autre part, les dates d'arrivée en automne changent en fonction de la latitude, les données étant plus précoces au nord qu'au sud : ces deux éléments pourraient fragiliser cette hypothèse.

La dispersion postnatale/postnuptiale

À la fin de la période de nidification, les passereaux sibériens, essentiellement des juvéniles, peuvent suivre des directions aléatoires et atteindre des endroits inattendus. Ces mouvements jouent un grand rôle dans la découverte de nouvelles zones de nidification. De jeunes Pouillots à grands sourcils ont ainsi été observés dans des endroits aussi variés et éloignés que l'Alaska, le Sénégal ou le Koweït. Une Locustelle lancéolée (Locustella  lanceolata) s'est même posée sur un bateau à 1 100 km au nord de Bjørnøya, dans l'océan Arctique.

Des hivernants réguliers ?

Le Pouillot à grands sourcils est de plus en plus souvent observé en Europe de l’Ouest : en Grande-Bretagne, seules quelques observations étaient faites avant 1958, mais le nombre de données a atteint 2 648 entre 1958 et 1985 et 9 093 entre 1986 et 2003. Certains oiseaux hivernent même désormais dans ce pays ainsi que sur le continent (lire Le Pouillot à grands sourcils, futur visiteur hivernal de nos jardins ?). Ces oiseaux ne sont donc pas des oiseaux accidentels, mais plutôt des migrateurs suivant une route  particulière. Leur taux de survie élevé durant l’hiver expliquerait l'augmentation du nombre d'oiseaux depuis une vingtaine d’années. Leur trajet de retour printanier est différent. Ces oiseaux ont intégré ce nouveau trajet et l’ont transmis de façon héréditaire. Cette capacité de former une nouvelle route migratoire constitue un avantage dans un environnement changeant.

L'étude réalisée dans le parc de Muraviovka entre 2011 et 2014

Situation du parc de Muraviovka (Russie) 
Situation du parc de Muraviovka (Russie).
Carte : Ornithomedia.com

L’étude a été menée durant les automnes (d’août à novembre) 2011 à 2014 dans le parc de Muraviovka qui est situé le long du fleuve Amour, en Sibérie orientale (lire Suivi ornithologique dans le parc de Muraviovka (Russie) en 2015). 34 filets ont été posés dans différents habitats. Les oiseaux (total : 5 256 individus) de neuf espèces ont été capturés et marqués avec des bagues numérotées : Rousserolles à gros bec (Iduna aedon) et de Schrenck (Acrocephalus bistrigiceps), les Locustelles lancéolée (Locustella lanceolata) et de Pallas (L. certhiola), les Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), boréal (P. borealis), brun (P. fusca), de Schwarz (P. schwarzi) et à pattes sombres ou à deux barres (P. plumbeitarsus). 
Pour caractériser leur migration, plusieurs éléments ont été notés : date de la capture, intervalle (en nombre de jours) entre deux captures d'un même oiseau, durée du passage première et dernière date de capture) dans le parc et le pic du passage.

Les espèces suivies

La Rousserolle à gros bec

La Rousserolle à gros bec (628 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un nicheur et un migrateur commun dans le parc de Muraviovka. Le pic de son passage postnuptial est atteint à la mi-août, les derniers individus étant capturés à la mi-septembre. Les premiers migrateurs arrivent dans le centre de la Chine à la mi-septembre : à Beidaihe (lire Voyage ornithologique à Beidaihe et sur Happy Island (Chine) du 5 au 15 mai 2007), qui se situe à peu près au milieu du trajet migratoire de l'espèce, les oiseaux passent d'août à la mi-octobre. Ils arrivent au nord de leur zone d'hivernage  dans le sud de l'Asie à partir de la fin du mois de septembre.

La Rousserolle de Schrenk

Roussserolle de Schrenck (Acrocephalus bistrigiceps)

Roussserolle de Schrenck (Acrocephalus bistrigiceps), parc de Muraviovka (Russie).
Photographie : Roland Speck / Amur Bird Project

La Rousserolle de Schrenk (353 oiseaux capturés durant la période d’étude) est l’un des oiseaux les plus abondants dans le parc de Muraviovka. Les individus capturés lors de l’étude sont probablement des nicheurs locaux. La limite occidentale de son aire de répartition est située à 5 000 km de l’Europe de l’Ouest, et son trajet migratoire normal est assez court. Il n’existe pas de données en Europe de l’Ouest.

La Locustelle de Pallas

La Locustelle de Pallas (341 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un nicheur et un migrateur commun dans le parc de Muraviovka. Le pic de son passage est atteint à la mi-août. Sa migration est rapide et directe (à la mi-septembre, les premiers oiseaux sont déjà arrivés en Malaisie). Quelques individus sont observés en Europe entre le début du mois de septembre et la fin octobre. La limite occidentale de son aire de répartition est située à 5 000 km de l’Europe de l’Ouest, ce qui est supérieur à la longueur moyenne de sa migration : il est donc probable que les arrivées en Europe soient liées à des conditions météorologiques particulières.

La Locustelle lancéolée

La Locustelle lancéolée (100 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un nicheur et un migrateur commun dans le parc de Muraviovka. Son passage postnuptial se déroule entre la mi-août et le début du mois d’octobre et le pic est atteint au début du mois d’octobre. Les premiers individus arrivent à Hong Kong en octobre.
En Europe, c’est une espèce accidentelle rare observée entre le début du mois de septembre et la fin du mois d’octobre. Elle niche en petit nombre en Finlande (20 mâles en 2000). Des oiseaux arriveraient en Europe de l’Ouest selon le phénomène de la migration inversée, du fait de conditions météorologiques particulières et suite à la dispersion d’oiseaux nicheurs de Scandinavie et de l’ouest de la Russie.

Le Pouillot boréal

Le Pouillot boréal (122 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un migrateur commun dans le parc de Muraviovka : il y passe entre le début du mois d’août et la mi-septembre. Il est principalement observé en Europe de l’Ouest en septembre. La Scandinavie accueille une population nicheuse, et certains individus pourraient atteindre l'Europe de l'Ouest selon le phénomène de la dispersion postnuptiale.

Le Pouillot brun

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus)

Pouillot brun (Phylloscopus fuscatus), Stavoren, Frise (Pays-Bas), le 7/11/2015.
Photographie : Marc Fasol

Le Pouillot brun (1 107 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un nicheur et un migrateur commun dans le parc de Muraviovka. Il passe entre juillet et début octobre (le pic est atteint au cours de la seconde moitié de septembre), et il est donc difficile de distinguer les nicheurs et les migrateurs. Les premiers oiseaux atteignent Hong Kong durant la seconde moitié d’octobre. Dans les îles britanniques, l’espèce est rare mais régulière entre la mi-octobre et la mi-novembre. La période d’arrivée en Europe correspond avec celle dans la zone d’hivernage, et les distances sont comparables, rendant l'explication de la migration inversée vraisemblable. Une influence des conditions météorologiques est aussi toutefois probable étant donné la grande variabilité du nombre d’oiseaux d’une année sur l’autre.

Le Pouillot de Schwarz

Le Pouillot de Schwarz (217 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un migrateur régulier et un rare nicheur dans le parc de Muraviovka : il passe entre la seconde moitié du mois d’août et la seconde moitié de septembre, avec un pic à la mi-septembre. Les premiers oiseaux atteignent Hong Kong à partir de la fin du mois d’octobre. Il est très rare en Europe, ce qui s’explique sûrement par l’éloignement de son aire de reproduction : des conditions météorologiques particulières pourraient donc expliquer les arrivées.

Le Pouillot à pattes sombres

Le Pouillot à pattes sombres (98 oiseaux capturés durant la période d’étude) est un migrateur régulier dans le parc de Muraviovka. Il passe entre la mi-août et le début du mois de septembre. Sa migration est rapide. C’est un oiseau accidentel très rare en Europe entre la mi-septembre et la fin octobre. Son aire de répartition est très vaste, mais elle est très éloignée de l’Europe. Des facteurs météorologiques particuliers expliquent sûrement les arrivées.

Le Pouillot à grands sourcils

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), parc de Muraviovka (Russie).
Photographie : Arend Heim / Amur Bird Project

Le Pouillot à grands sourcils (1 580 oiseaux capturés durant la période d’étude) ne niche pas dans le parc de Muraviovka mais c’est un migrateur abondant. Son aire de répartition est très vaste. Le pic de la migration dans le parc est atteint au début du mois de septembre. C’est le plus commun des pouillots sibériens observables en Europe, et il est facilement identifiable avec ses deux barres alaires et ses sourcils jaunâtres (lire Identifier les pouillots originaires de Sibérie) ainsi que son cri dissyllabique typique, qui aide à repérer l'oiseau dans le feuillage. C'est un "tsu ii" particulièrement sonore et pénétrant. Le chant (au printemps) est une phrase sifflée, composé de notes fines, qui rappelle le cri par sa tonalité.

Écoutez les cris typiques d'un Pouillot à grands sourcils enregistrés par Arend Wassink sur l'île de Texel (Pays-Bas) le 2 octobre 2014 :



Les explications avancées pour expliquer les observations de Pouillots à grands sourcils en Europe (certainement valables aussi pour d'autres pouillots sibériens) sont diverses :

  • l'existence d'une zone d'hivernage méconnue ou en formation dans l’Ouest et le Sud-Ouest de l'Europe et dans le Nord-Ouest de l'Afrique;
  • la migration inversée, au cours de laquelle des pouillots (majoritairement des oiseaux de premier hiver) se dirigeraient en automne vers l'Europe au lieu de rejoindre l'Asie du Sud ou de l'Ouest pour hiverner;
  • la migration exploratoire (ou "zwischenzug"), au cours de laquelle les pouillots qui se sont dirigés vers l'Europe en automne rejoindraient plus tard dans la saison leurs sites d'hivernage classiques asiatiques (ce qui expliquerait le faible nombre de données printanières) (lire Arrivées de pouillots sibériens en automne : des cas de "zwischenzug" ?);
  • l'augmentation de la population à l’ouest de l’Oural, multipliant mécaniquement les probabilités d'observations. En 1950, il était considéré comme assez rare, et il a été qualifié de "localement abondant" en 1990 (de 45 000 à 46 000 couples);
  • la dispersion postnatale aléatoire des jeunes, dont l'intensité peut varier en fonction des conditions météorologiques. La présence d'un anticyclone au-dessus de la Sibérie combinée à une activité dépressionnaire sur le nord-ouest de l'Europe peut provoquer un afflux (lire L'influence de la météo sur l'observation des oiseaux);
  • le réchauffement climatique (lire Afflux de Pouillots à grands sourcils et réchauffement climatique) ;
  • l'augmentation du nombre d'observateurs, l'amélioration de leurs connaissances et la création de moyens de partager leurs données (sites web, forums, applications sur smartphones).
Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus), parc du Vent, Dunkerque (Nord), le 01/10/2015.
Photographie : Laurent Rouschmeyer / C La Nature

La distance entre les zones de nidification et d’hivernage (3 000 km) du Pouillot à grands sourcils est à peine supérieure à celle existant entre la zone de nidification et l’Europe (2 500 km). Certaines années, on assiste à des afflux en Europe du Nord et de l’Est, mais aussi dans les Carpates, dans le bassin méditerranéen et jusqu’aux îles Canaries (lire Afflux de Pouillots à grands sourcils dans les îles Canaries durant l'automne-hiver 2013-2014).
En Europe du Nord et de l’Ouest, cette espèce apparaît typiquement entre la mi-septembre et la mi-novembre, avec un pic à la mi-octobre. Au printemps, le nombre d’oiseaux est plus faible, et il pourrait s’agir d’oiseaux ayant passé l’hiver en Europe ou en Afrique du Nord.
En automne, il arrive plus tôt en Finlande qu’au Danemark et en Grande-Bretagne. : ces arrivées progressives pourraient plaider en faveur d’une migration inversée, mais des conditions météorologiques particulières pourraient aussi être impliquées étant donné les variations d’effectifs d’une année sur l’autre. Des oiseaux pourraient aussi atteindre l’Europe depuis le nord-ouest de la Sibérie suivant le phénomène de la dispersion postnuptiale. Les arrivées importantes pourraient enfin refléter les bonnes années de la reproduction de l'espèce.

L'afflux de Pouillots à grands sourcils en Europe en septembre 2016

Depuis plusieurs années, le nombre de Pouillots à grands sourcils observés en automne et en hiver en Europe de l'Ouest est en augmentation, et le début d'automne 2016 semble déjà prometteur, avec par exemple 54 oiseaux observés le 20/09 sur l'île écossaise de Fair Isle. 127 oiseaux ont été observés le 21 septembre près de Flamborough (Yorkshire), sur la côte orientale de la Grande-Bretagne. Au moins 20 oiseaux ont été vus le 22/09 au sud de l'île principale de Mainland, dans les îles Shetland (lire Les îles Shetland, une destination ornithologique passionnante en automne). Un nombre important de pouillots ont aussi été observés en ce mois de septembre 2016 dans d'autres pays d'Europe du Nord, mais aussi en France (voir une synthèse de données dans notre rubrique Observations).
Dans l'animation ci-dessous, Rare Bird Alert a illustré l'afflux de Pouillots à grands sourcils en Grande-Bretagne en ce mois de septembre 2016 :



L'afflux de Pouillots à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) en Grande-Bretagne en septembre 2016.
Source : RareBirdAlert

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Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

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Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus)

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Source

László Bozó, Wieland Heim, Andrea Harnos et Tibor Csörgő (2016). Can we explain vagrancy in Europe with the autumn migration phenology of Siberian warbler species in East Russia? Ornis Hungarica. Volume : 24,. Numéro : 1. Pages : 150–171. www.degruyter.com/downloadpdf/j/orhu.2016.24.issue-1/orhu-2016-0009/orhu-2016-0009.xml

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