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Les tempêtes et les arrivées d'Océanites culblanc sur les côtes

Comme après la tempête Véra en décembre 2006, de nombreux Océanites culblanc ont été observés le long des côtes de la Nouvelle-Aquitaine entre le 2 et le 5 novembre 2019 suite au passage de la dépression Amélie.

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Les tempêtes et les arrivées d'Océanites culblanc sur les côtes

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) vu depuis le quai de la Salie à La Teste-de-Buch (Gironde) le 4 novembre 2019.
Photographie : Pierre Zimberlin

L'Océanite cul-blanc ou culblanc (Oceanodroma leucorhoa) est un oiseau pélagique (= passant une grande partie de sa vie en haute mer) nichant sur les côtes rocheuses et les îles de l'Atlantique nord (Écosse, Islande, Norvège, Nord-est des États-Unis, provinces de l'est du Canada) et du Pacifique Nord. En France, il est parfois observé depuis les côtes de la Manche et de l'Atlantique, surtout à la fin de l'automne (surtout à partir du mois d'octobre), quand il rejoint ses sites d'hivernage dans l'Atlantique Sud. Mais le meilleur moyen pour l'observer est de faire une croisière en haute mer, par exemple à bord d'un ferry.
Après une forte tempête, de nombreux Océanites cul-blanc poussés par les vents violents se rapprochent des côtes, certains atteignant parfois les lacs et les fleuves à l'intérieur des terres : c'est ce qui s'était passé par exemple en décembre 2006, quand la dépression Véra avait balayé l'ouest de l'Europe, avec des vents atteignant 148 kilomètres/heure sur l'île de Ré (Charente-Maritime) et 137 km/h au sommet de la Tour Eiffel à Paris ! Des vents violents avaient également balayé le sud-ouest du Royaume-Uni et l'Irlande (dès le 1er décembre) et le sud de l'Allemagne. Des centaines d'Océanites cul-blanc avaient alors été vus, morts ou vivants, de la Gironde à la Somme, en passant par l'Indre ou le Loiret !
Le 2 novembre 2019, la première forte tempête de l'automne, appelée Amélie, a frappé le littoral atlantique français, certaines rafales atteignant les 160 km/h : comme en 2006, des milliers d'Océanites culblanc ont été observés les jours suivants, principalement sur les côtes de la Gironde et des Landes.
Nous remercions Pierre Zimberlin, Julien Gonin, Jesús Menéndez Ojodeajo et David Carrington pour leurs photos.

Abstract

The Leach's Storm-Petrel Oceanodroma leucorhoa is a pelagic bird (= spending most of its life off the coasts) nesting on the rocky shores and islands of the Northern Atlantic (Scotland, Iceland, Norway, North East of the United States and Eastern provinces of Canada) and the Northern Pacific. In France, it is sometimes watched from the coasts of the Channel and the Atlantic Ocean, especially at the end of autumn (from October mainly), when it joins its wintering sites in the Southern Atlantic Ocean. But the best way to watch it is to do a pelagic trip, for example aboard a ferry.
After a strong storm, many Leach's Storm-Petrels move closer to the shores, some of them reaching lakes and rivers inland, as it happened in December 2006, when the Vera depression swept Western Europe, with winds reaching 148 km/h on the Ile de Ré (Charente-Maritime, Western France) and 137 km/h at the top of the Eiffel Tower in Paris, France! Strong winds also swept the south-west of the United Kingdom and Ireland (as early as 1 December) and southern Germany. Hundreds of Leach's Storm-Petrels were then found in France after this storm, dead or alive, from the Gironde to the Somme departments, and inland up to the Indre or the Loiret departments!
The 2nd of November 2019, the first heavy storm of the autumn, called Amélie, struck the French Atlantic coast, some winds reaching 160 km/h: as in 2006, thousands of Leach's Storm-Petrels were recorded during the following days, mainly on the French coasts of Gironde and Landes.
We thank Pierre Zimberlin, Julien Gonin, Jesús Menéndez Ojodeajo and David Carrington for their photos.

L'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanites tempête (Hydrobates pelagicus) et cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanites tempête (Hydrobates pelagicus) (A) et culblanc (Oceanodroma leucorhoa) (B). Notez (1) la queue à bout droit ou arrondi, (2) la large bande blanche sous l'aile, (3) la queue fourchue et (4) la bande claire sur les ailes (dessus assez uniforme chez l'Océanite tempête).
Dessin : Ornithomedia.com

Longueur : 18-21 cm.

Envergure : 43-48 cm.

Description : l'Océanite culblanc est un petit oiseau marin sombre à croupion blanc, avec une zone blanche étroite sur le croupion, en forme de "U", avec parfois une bande médiane grise. Il faut noter également la bande claire sur le dessus des ailes, le dessous sombre des ailes (sans bande blanche) et la queue fourchue (un critère pas toujours bien visible). Il est plus grand que l'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus), dont il diffère par plusieurs critères (lire notre article Les quatre océanites visibles dans les eaux françaises métropolitaines).
Il s'agit d'une espèce assez facile à identifier si elle est bien vue. C'est le plus grand des océanites nichant en Europe, et son vol est particulier, alternant différentes techniques. Quand un vent fort souffle, son vol fait penser à celui d'une sterne : direct, décidé, avec des battements amples et puissants. S'il est entraîné par le vent, il peut zigzaguer, bondir. Il semble moins "vulnérable" que l'Océanite tempête.
Ses ailes sont toujours tenues fortement coudées. Vues de devant, elles sont arquées. La queue est fourchue, mais ce critère peut-être difficile à noter à distance.

Voix : sur ses sites de nidification, sons crépitants et roucoulants, interrompus par un "vuii-tia !" et se terminant par une suite bruyante de notes.

Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) trouvé mort dans réserve naturelle de Moëze-Oléron en Charente-Maritime (France), le 8 décembre 2006.
Photographie : Julien Gonin
Détail de l'aile d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Détail de l'aile d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa) trouvé mort dans la réserve naturelle de Moëze-Oléron en Charente-Maritime (France), le 8 décembre 2006.
Photographie : Julien Gonin


Biologie

Détail du bec d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Détail du bec d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa) trouvé mort à Glamorgan, dans la Kenfig NNR (Grande-Bretagne) le 8 décembre 2006.
Photographie : David Carrington / Gardenmeadow.co.uk

Uniquement pélagique, ne s'approchant de la terre ferme que la nuit, pendant la saison de nidification. Après plusieurs semaines de préparation, il pond un œuf unique qui sera incubé pendant environ 40 jours. Les deux adultes le couvent en se relayant tous les trois jours.
Après l'éclosion, le jeune demeure au nid pour une période d'environ 60 jours, où il est nourri par ses deux parents. Comme l'œuf est pondu en août ou septembre, le jeune ne quitte donc le nid qu'à la fin décembre, au moment où le climat est le plus rigoureux. L'Océanite culblanc ne suit pas les navires.

Distribution mondiale

L'Océanite culblanc niche dans le Pacifique et l'Atlantique Nord. Dans l'Atlantique Nord, les plus larges concentrations sont notées au large de la côte est des États-Unis, où vivent des colonies de plusieurs millions de couples (lire Ingrid Pollet et les déplacements alimentaires des Océanites cul-blanc). Dans l'Atlantique du Nord-est, il niche en Irlande, en Écosse, en Norvège et surtout en Islande. L'espèce migre vers le Sud entre septembre et décembre, vers le plateau continental au Brésil, dans le Golfe de Guinée et en Afrique du Sud.

Où et quand le voir en France ?

L'Océanite cul-blanc est relativement rare dans le Golfe de Gascogne (lire Observer et identifier les oiseaux en haute mer) et il est surtout noté entre septembre et novembre (voir une synthèse d'observations récentes en France). Il est aussi visible parfois au passage en automne depuis les sites d'observation de la Manche, sûrement en provenance des sites de nidification norvégiens.

Des Océanites culblanc après le passage de la tempête Amélie de novembre 2019

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) vu sur la plage de La Teste-de-Buch (Gironde) le 5 novembre 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Pierre Zimberlin

La tempête Amélie, la première grande dépression de l’automne 2019, a balayé la façade atlantique française dans la nuit du samedi 2 novembre 2019. Les départements les plus touchés ont été la Gironde, la Charente-Maritime, les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, la Vendée et la Loire-Atlantique. Des milliers d'Océanites culblanc ont été observés durant les jours suivants, principalement dans les départements des Landes et de la Gironde.
Voici ci-dessous quelques-unes des données publiées sur les site web du réseau Visionature :

  • le 5/11/2019 : 1 000 Océanites culblanc depuis la plage de Tarnos (Landes). Source : [Geoffroy Chabot] in ornitho.fr
  • Le 5/11/2019 : 11 Océanites culblanc  depuis l'estacade (jetée) de Capbreton (Landes). Également deux Mouettes de Sabine (Xema sabiniet un Plectrophane des neiges (Plectrophenax nivalis). Source : [Stéphan Tillo] in ornitho.fr
  • Le 5/11/2019 : 22 Océanites culblanc à La Teste-de-Buch (Gironde). Source : [Pierre Zimberlin] in ornitho.fr
  • Le 4/11/2019 : 10 Océanites culblanc depuis la pointe du Teich (Gironde). Source : [Le Teich Réserve Ornithologique-Pnrlg] in ornitho.fr
  • Le 4/11/2019 : 37 Océanites culblanc depuis le quai de la Salie à La Teste-de-Buch (Gironde). Source : [Pierre Zimberlin] in ornitho.fr
  • Le 3/11/2019 : 11 Océanites culblanc depuis La Barre (Tour des signaux) à Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Également trois Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius). Source : [Miguel Eraso] in ornitho.fr
  • Le 3/11/2019 : 129 Océanites culblanc en mer depuis l'estacade de Capbreton (Landes). Egalement 11 Phalaropes à bec large, trois Mouettes de Sabine et trois Labbes à longue queue (Stercorarius longicaudus). Source : [Louis Sallé et al] in ornitho.fr
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) vu depuis le quai de la Salie à La Teste-de-Buch (Gironde) le 4 novembre 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Pierre Zimberlin
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) vu sur la plage de La Teste-de-Buch (Gironde) le 5 novembre 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Pierre Zimberlin


La tempête Véra de décembre 2006

Océanites cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanites cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa) trouvés morts à Arcachon en Gironde (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Julien Gonin

Une tempête très violente, née au large du pays Basque, appelée Véra, avait frappé l'Europe (France, îles britanniques, Bénélux et Allemagne principalement) le vendredi 8 décembre 2006. Dans les îles britanniques, les vents ont soufflé très fort dès le 7 décembre.
En France, les rafales ont atteint jusqu'à 148 kilomètres/heure sur l'île de Ré, 144 km/h à l'île d'Yeu (Vendée), 130 km/h sur l'île de Noirmoutier (Vendée) et 137 km/h au sommet de la Tour Eiffel à Paris. La dépression s'est ensuite décalée vers les Pays-Bas. Des rafales de 90 à 110 km/h avaient aussi été mesurées à l'intérieur des terres. Les zones touchées étaient placés en vigilance orange : la Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine et Poitou-Charentes), l'Île-de-France, le Centre-Val-de-Loire, les Pays de la Loire et l'Occitanie (Limousin).
Des vents forts avaient bien sûr également soufflé sur le golfe de Gascogne.
Ailleurs en Europe, le sud-ouest et le sud de la Grande-Bretagne (Cornouailles, région de Londres) ont été particulièrement concernés.

Quelques observations d'Océanites culblanc en France lors de la tempête de décembre 2006

Yves Borremans nous avait transmis une série de données collectées par des observateurs espagnols (Gorka Ocio, Jesús Menendez, Gorka Artiguez, Cesar Urruela, Karmelo de Dios, Marcos Zarraga et Javier San Sebastian) depuis la station de Cap-Breton (Landes), un "cul-de-sac" du golfe de Gascogne, où de nombreux océanites se sont retrouvés "coincés" : ils lui avaient indiqué que les 8 et 10 décembre 2006, le passage fut "brutal", et qu'ils n'ont pu que faire des moyennes des effectifs sur des périodes de dix minutes étant donné la quantité d'oiseaux visibles depuis la plage, en mer et en terre. 
En parcourant les listes de diffusion ornithologiques sur Internet les 8 et 9 décembre 2006, il était possible de se faire une idée de l'ampleur du phénomène :

La tempête du 8/12 et les observations d'Océanites cul-blanc en Fran

La tempête de décembre 2006 et les observations d'Océanites cul-blanc en France : en orange, les départements en "alerte orange". Points violet, des départements où des océanites ont été vus. En (D), position de la dépression Véra à l'origine des vents. Les flèches rouges indiquent la direction des vents forts.
Carte : Ornithomedia.com
  • Cap-Breton (Landes) le 8/12 : 564 océanites comptés par heure. Une douzaine d'entre eux ont été projetés sur les toits de la station balnéaire.
  • Réserve naturelle des marais Orx (Landes) le 8/12 : un océanite a été vu.
  • Capbreton (Landes) le 10/12 : 240 océanites comptés par heure, volant tous en direction du Nord.
    barrage du Verdon (Maine-et-Loire) le 8/12 : un océanite voletant au ras du lac et se posant brièvement à plusieurs reprises, mais systématiquement attaqué par des mouettes rieuses (source : liste de diffusion Obs49)
    Louresse (Maine-et-Loire) le 8/12 : un probable oiseau a été aperçu depuis une voiture (source : liste de diffusion Obs49).
  • Entre Carcan-Lacanau et Arcachon (Gironde) les 8 et 9/12 : plus de 800 Océanites culblanc ont observés en moins de 24 heures. Selon Julien Gonin, "c'était l'oiseau le plus commun de la côte. Les océanites remontaient le long de la plage vers le nord, il y avait même des oiseaux au-dessus des remblais et en vol dans les allées de la station balnéaire" (source : liste de diffusion Coches-fr)
  • Étang de la Grand Rue (Loiret) le 8/12 : un océanite a été vu (source : liste de diffusion Obscentre).
  • Stade de foot de Vendoeuvres (Indre), le 8/12 : un oiseau trouvé mort a été transféré dans un centre de soins (source : liste de diffusion Obscentre)
  • Vannes (Morbihan) durant la nuit du 8/12 : un oiseau est venu mourir dans un jardin (source : liste de diffusion Obsbzh)
  • Cabane de Moins, Breuil-Magné (Charente-Maritime), les 7 et 8/12 : un oiseau (LPO 17)
  • anse des Boucholeurs, marais d'Yves (Charente-Maritime), le 8/12 : 9 Océanites cul-blancs (LPO 17)
  • bassin d'Arcachon (Gironde), le 8/12 : un oiseau (LPO 17)
  • phare de Chassiron (Charente-Maritime), le 8/12 : un oiseau (site web de la LPO Charente-Maritime)
  • Les Eyzies (Dordogne), le 8/12 : un trouvé mort (Coches-fr)
  • parc ornithologique du Marquenterre (Somme), les 8 et 9/12 : un trouvé mort. Et plusieurs oiseaux à travers la Picardie (ObsPicardie)
  • Niort (Deux-Sèvres), le 8/12 : un Océanite culblanc volait la nuit autour des projecteurs du stade de la ville, pendant un match de foot (source : Luc Girard via Bertrand Mayot).

En Grande-Bretagne et en Irlande également en décembre 2006

Breian Unwin avait publié sur le site web Birdforum.net une synthèse du phénomène observé dans les îles britanniques du 1er au 8 décembre 2006, dont voici une traduction : "dans les îles britanniques, le phénomène a en fait commencé dès le 1er décembre. La plupart des données ont été notées sur la côte ouest de la Grande-Bretagne, depuis The Firth of Clyde vers le Sud, et spécialement de Morecambe Bay (North Lancashire) vers le Sud, jusqu'à Land's End (Cornouailles), ainsi que le long de la côte sud de la Grande-Bretagne jusqu'au West Sussex, mais surtout jusqu'au Dorset. De forts effectifs ont aussi été notés sur les côtes ouest et sud de l'Irlande. En Grande-Bretagne, de grandes concentrations ont été notées sur les côtes du Glamorgan et du Gwynedd (Pays de Galles) au début du phénomène, mais depuis le 8 décembre, les plus forts comptages ont été faits sur les côtes du Merseyside et du Devon (respectivement 190 et 155 Océanites culblanc).
Vers les 3 et 4 décembre, des oiseaux ont été vus remontant la Severn River, jusqu'à 15 km de Gloucester : cette remontée est probablement responsable des données de l'intérieur des terres, dans les Midlands, du Shropshire et du Worcestershire jusqu'au Cambridgeshire et au nord jusqu'au Derbyshire (des données ont été obtenues jusqu'au North Yorkshire). Le nombre total d'oiseaux serait supérieur à 2 000 répartis dans 200 localités, rendant le phénomène plus important que lors de l'afflux de décembre 1989, mais pas aussi impressionnant que celui de la fin octobre-début novembre 1952, qui aurait concerné plus de 7 000 oiseaux. Mais l'arrivée massive de décembre 2006 pourrait se poursuivre suivant les conditions météorologiques. Ces "pluies d'océanites" semblent de plus en plus fréquentes, peut-être en relation avec le changement climatique, le phénomène de 1952 étant le premier enregistré depuis septembre 1891".

Quelques données en Grande-Bretagne et en Irlande en décembre 2006 :

  • un trouvé mort le 8/12 sur la plage de Glamorgan, dans la Kenfig National Nature Reserve (Pays-de-Galles). Au moins 83 oiseaux ont été comptés au-dessus du Kenfig Pool dès le 7/12 (source : David Carrington)
  • un oiseau à Staffs, Belvide, le 8/12 (source :Phil Jones).
  • des oiseaux sur Grafham Water (Cambridgeshire), le 7/12 (source : Jono Leadley)
  • Un oiseau à Severn Beach (Avon), le 8/12 (source :Rob Laughton). 
  • un à Jersey, îles Anglo-nomandes, le 8/12 (source : Bertram Bree).
  • Cinq autour de Londres (dont un près de Tower Bridge) le 7/12 (source :Wildaboutbritain.co.uk)
  • Deux dans le Leicestershire le 7/12 (source : Wildaboutbritain.co.uk)
  • plus de 200 à Crosby (Devon) le 7/12 (source : Wildaboutbritain.co.uk)
  • plus de 100 à Hartland Point (Devon) les 6 ou 7/12 (source : Wildaboutbritain.co.uk).

Des observations à l'intérieur des terres années avant 2006

Avant décembre 2006, des Océanites cul-blanc avaient déjà été vus à l'intérieur des terres en France : par exemple un le 14/09/1993 à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret), quatre le 4/12/1993 dans le Maine-et-Loire, un le 8/11/2000 sur le barrage de Mauzac (Dordogne) et un le même jour sur les étangs d'Orlut à Cherves-Richemont (Charente) (source : revue L'Oiseau Magazine).

Pourquoi des Océanites culblanc et pas des Océanites tempête ?

Si l'Océanite tempête est plus répandu en Europe (nidification sur les îles britanniques, en France, en Espagne, dans l'ouest de la Méditerranée, en Norvège) que l'Océanite culblanc, il quitte plus tôt ses sites de nidification (dès septembre-octobre) pour rejoindre l'Atlantique Sud. Par contre, l'Océanite culblanc niche plus tard (certains poussins quittent le nid en décembre seulement), et stationne en décembre dans le Golfe de Gascogne, avant sûrement de rejoindre l'Atlantique Sud (entre le Brésil et l'Afrique) : il est donc plus susceptible d'être entraîné sur les côtes par les tempêtes de novembre-décembre. Par contre, au printemps, les forts vents rapprochent plutôt les Océanites tempête que les Océanites cul-blanc des côtes : cela est sûrement lié au fait qu'ils rejoignent plus tôt leurs sites de nidification du nord de l'Atlantique.

Quelle est l'origine des Océanites culblanc poussés sur les côtes européennes en décembre 2006 ?

Trajets de migration des Océanites cul-blanc dans l'Atlantique

Les trajets de migration des Océanites cul-blanc dans l'Atlantique. Flèches bleues, la direction de la migration, zone bleue, la zone d'hivernage, et points rouges : les sites de nidification. En (D), la dépression à l'origine des vents des 7 et 8 décembre 06. Flèches rouges : directions des vents forts.
Carte : Ornithomedia.com

En décembre 2006, des vents orientés Sud-ouest à Nord-est avaient rabattu vers les côtes de l'Atlantique de France et du Sud-ouest du Royaume-Uni des oiseaux se dirigeant vers le sud de l'Atlantique, ou stationnant dans le Golfe de Gascogne. Les oiseaux observés en nombre entre le 7 et le 9 décembre sur les côtes françaises ou anglaises sont-ils des nicheurs européens ou nord-américains ? Il est légitime de se poser cette question, car il semblerait que l'espèce apparaisse en hiver dans le Golfe de Gascogne en provenance des colonies canadiennes (de Terre-Neuve, du Québec, du Nouveau-Brunswick).
Steve Votier, de l'Université de Plymouth University, avait lancé une étude et cherchait à récupérer le maximum de corps d'Océanites culblanc échoués pour faire une analyse génétique de leurs plumes et essayer de déterminer leur origine.  

L'âge des Océanites culblanc de décembre 2006

D'après les photos disponibles et les témoignages d'observateurs, les oiseaux présentaient des zones pâles sur les ailes, ce qui laisse supposer que la plupart des oiseaux étaient des adultes en phase de mue active. Toujours sur certaines photos, et selon le "Guide to European Passerines" de Baker, en supposant que les principes de mue des passereaux s'appliquent également aux océanites, les anciennes primaires paraissent plus étroites aux extrémités que les plumes plus récentes, suggérant que le phénomène concernait aussi des oiseaux de deuxième année calendaire, en phase de mue "post-juvénile" (juste avant de devenir un adulte).

Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa) au dessus de la station de Lacanau en Gironde (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Julien Gonin
Détail de l'aile d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Détail de l'aile d'un Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa) trouvé mort à Glamorgan dans le Kenfig NNR (Grande-Bretagne) le 8 décembre 2006 : l'oiseau était un adulte en mue.
Photographie : David Carrington / Gardenmeadow.co.uk

D'autres espèces poussées par les vents

Les vents forts qui ont soufflé les 7 et 8 décembre 2006 ont également provoqué une arrivée inhabituelle d'autres espèces marines déportées de leur migration ou de leur stationnement le long des côtes et à l'intérieur des terres en France : Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) (lire Tempête du 24/01/2009 : des Mouettes tridactyles loin à l'intérieur des terres), Plongeon imbrin (Gavia immer), Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius), Avocette élégante (Recurvirostra avosetta).

Quelques photos prises à Capbreton (Landes) en décembre 2006

La forte tempête qui a touché la France en décembre 2006 a particulièrement frappé les côtes du sud-ouest de la France (départements de Gironde et des Landes). Jesús Menéndez Ojodeajo, un observateur espagnol, nous a transmis ci-dessous une impressionnante série de clichés d'Océanites cul-blanc, mais aussi de Phalaropes à bec large, observés à l'occasion de la tempête.  

Tempête à Capbreton (Landes), le 8 décembre 2006

Tempête à Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Tempête à Capbreton (Landes), le 8 décembre 2006

Tempête à Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) à Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) et Phalarope à bec large (Phalaropus fulicariusà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa) et Phalarope à bec large (Phalaropus fulicariusà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicarius)

Phalaropes à bec large (Phalaropus fulicariusà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius), Capbreton (Landes)

Phalarope à bec large (Phalaropus fulicariusà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite cul-blanc (Oceanodroma leucorhoa)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006.
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo
Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), Capbreton (Landes)

Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoaà Capbreton dans les Landes (France) le 8 décembre 2006 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Jesús Menéndez Ojodeajo

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Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa)

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