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Le Roselin cramoisi en Europe : une expansion à vitesse variable

Alors que 5 à 6 chanteurs sont présents en ce mois de juin 2017 dans le secteur du Platier-d'Oye (Pas-de-Calais), nous évoquons l'expansion européenne de cette espèce et les facteurs pouvant l'expliquer.

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Le Roselin cramoisi en Europe : une expansion à vitesse variable

Jeune Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle chanteur, Grand-Fort-Philippe (Nord), le 11/06/2017.
Photographie : Daniel Haubreux

Si le chant bref et sifflé du Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) est typique des parcs et des grands jardins en Russie et en Finlande, ce n'est pas encore le cas en France : pourtant, au printemps 1994, jusqu'à 37 chanteurs avaient été comptés dans notre pays, principalement dans les départements du Pas-de-Calais, du Jura et du Doubs, et l'on pensait alors que l'installation de l'espèce était en cours. Mais en 2005, on ne comptait plus que trois chanteurs plus ou moins cantonnés. La découverte en ce début du mois de juin 2017 de cinq à six mâles chanteurs observés sur le littoral entre Grand-Fort-Philippe (Nord) et Oye-Plage (Pas-de-Calais) est donc très intéressante.
Depuis le 19e siècle, le Roselin cramoisi a étendu de façon importante son aire de répartition vers l'ouest de l'Europe à partir de la Russie, colonisant de nombreux pays du nord et de l'est du continent. Mais sa présence en France, en Belgique ou en Grande-Bretagne reste encore fragile et/ou irrégulière. Dans cet article, nous décrivons cette expansion et les facteurs pouvant l'expliquer. Nous remercions les photographes qui nous ont aidés à illustrer cet article.

Abstract

If the short and melodious song of the Common Rosefinch (Carpodacus erythrinus) is typical of parks and gardens in Russia and Finland, this is not yet the case in France: however, during the spring 1994, up to 37 singers were counted in the country, mainly in the departments of Pas-de-Calais, Jura and Doubs, and one thought that the installation of the species was under way. But in 2005, there were only three singers more or less cantoned. The observation of five to six male singing between Grand-Fort-Philippe (Nord) and Oye-Plage (Pas-de-Calais) in June 2017 is therefore very interesting.
Since the 19th century, the Common Rosefinch has extensively extended its distribution westward from Russia, colonizing many countries in the north and east of the continent. But its presence in France, Belgium or Great-Britain is still fragile or irregular. In this article, we describe this expansion and the factors that can explain it. We thank the photographers who helped us to illustrate it.

Le Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte, Pagny-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle), le 27/06/2016.
Photographie : Guillaume Bach

Longueur : 13,5 à 15 cm.

Description : le Roselin cramoisi a un corps rondelet et un bec conique assez fort, de couleur grise. Le mâle adulte a la tête, la poitrine et le croupion rouge vif, son dos est brun, tandis que le bas de la poitrine et le ventre sont blanchâtres et vaguement striés de grisâtre. On note deux barres alaires pâles visibles sur les couvertures. La femelle a un plumage gris-brun et strié. Le mâle de premier été (= dans sa deuxième année calendaire) ressemble beaucoup à la femelle, mais certains ont quelques plumes rouges. Le juvénile ressemble aussi à la femelle mais son plumage est brun olivâtre et plus strié, avec deux barres alaires pâles assez visibles.

Voix : le cri en vol est un sifflement doux "vuyi", légèrement dissyllabique  évoquant un peu celui du Verdier d’Europe (Chloris chloris). Son chant est un sifflement doux et bref, que les ornithologues britanniques ont retranscrit par "please to meet you" (lire Apprendre à reconnaître et à retenir les chants et les cris des oiseaux). Ce chant peut légèrement varier (fréquences, motifs) suivant les régions : on a observé de petites colonies de quelques couples caractérisées par un certain type de chant : quand un jeune rejoint l'une de ces "colonies", il adopte le chant "local".

Écoutez ci-dessous un enregistrement du chant du Roselin cramoisi réalisé par Dare Šere en Slovénie le 27/05/2017 (source : Xeno-Canto) :

Habitats : durant la période de reproduction, le Roselin cramoisi affectionne les milieux boisés ouverts (clairières, bosquets, buissons de saules ou de bouleaux), si possible à proximité de zones humides (marais, rivières) et de prairies. En Franche-Comté, il apprécie les milieux marécageux bordés de haies et parsemés de cariçaies et de phragmitaies (roselières) et également sur les bordures des lacs tourbeux encombrés de saules et de jeunes épicéas. En Suisse, il préfère les zones situées entre 900 et 1400 mètres d'altitude) (lire Observer le Roselin cramoisi dans la vallée de Joux).

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte, Le Platier d'Oye, Oye-Plage (Pas-de-Calais), le 13/06/2017.
Photographie : Pierre Pruvot

Sur les îles de la Frise aux Pays-Bas (lire Observer les oiseaux sur le Flevoland polder et sur l'île de Texel) ou sur le littoral du Pas-de-Calais comme le cap Blanc-Nez (lire Le cap Blanc-Nez : falaises, pelouses calcicoles et oiseaux), il recherche des milieux plus secs : fourrés à prunelliers, fusains et bosquets dans des prairies sèches ou des dunes.
En migration, il fréquente des milieux variés, souvent riches en buissons.

Répartition : le Roselin cramoisi niche des Pays-Bas à la Sibérie orientale. Au sud il atteint l’Asie centrale, l’Himalaya et le sud de la Chine. Cinq sous-espèces sont reconnues dans le Paléarctique, et c’est la sous-espèce nominale qui se reproduit dans le nord et l'est de l'Europe.

Biologie : Le Roselin cramoisi est migrateur, mais contrairement à la plupart des espèces européennes qui passent la mauvaise saison en Afrique, il hiverne du Moyen-Orient à l'Inde, comme le Bruant mélanocéphale (Emberiza melanocephala) (lire Pourquoi le Bruant mélanocéphale ne s’est-il pas encore installé en France ?). Les premiers Roselins rejoignent les sites de nidification européens dès la mi-mai, mais la plupart arrivent au cours du mois de juin. Il niche seul ou en petites colonies. La femelle pond en juin de quatre à cinq oeufs bleu vif parsemés de quelques petites taches brun-noir qu'elle couve pendant 12 à 14 jours. Les jeunes roselins quittent le nid à l'âge de 11 à 13 jours.
La mue post-juvénile se déroule principalement dans les quartiers d’hivernage : elle est partielle et concerne le corps, la tête, un grand nombre de couvertures alaires, les rectrices et fréquemment les quatre ou cinq rémiges externes. La mue post-nuptiale de l'adulte démarre en septembre-octobre. Le Roselin cramoisi se nourrit principalement de graines et de bourgeons.

Situation de Grand-Fort-Philippe (Nord)

Situation de Grand-Fort-Philippe (Nord).
Carte : Ornithomedia.com

Le statut en France et les observations de juin 2017

Le Roselin cramoisi est un migrateur rare en France : il est principalement observé en automne (septembre et octobre) le long du littoral atlantique, par exemple sur l'île d'Ouessant dans le Finistère (lire Jean-Philippe Siblet et les oiseaux d'Ouessant). Il s'agit principalement de jeunes de l’année.
Depuis le début des années 1990, il se reproduit aussi de façon clairsemée et irrégulière, la France constituant l’extrémité occidentale de son aire de reproduction. Des mâles chanteurs ont principalement été observés dans le bassin du Drugeon (lire Les "prairies à rapaces" du bassin du Drugeon) (Doubs), dans la vallée de l’Orbe (Jura) et sur le littoral du Pas-de-Calais. En 1993, 16 mâles et quatre nids avaient été comptés dans le Pas-de-Calais, mais l'année suivante, seuls quatre ou cinq mâles avaient été signalés. En 1994, jusqu'à 37 chanteurs avaient été recensés en France. L'espèce s'est reproduite avec certitude dans la haute vallée du Giffre en Haute-Savoie en 1997 (deux mâles chanteurs, dont un rouge, et une femelle avec trois juvéniles) et probablement la même année dans le Haut-Rhin. Mais l'espèce a progressivement décliné à partir de 1995 et on ne comptait plus que trois chanteurs plus ou moins cantonnés dans tout le pays en 2005. Les derniers cas prouvés de nidification dans le Pas-de-Calais remontent à 2001. Des mâles chanteurs sont toutefois observés de temps en temps : par exemple un mâle adulte chanteur est  resté quelques jours à la fin du mois de juin 2016 à Pagny-sur-Moselle en Meurthe-et-Moselle.
L'observation (voir notre rubrique Observations) au début du mois de juin 2017 de cinq à six mâles chanteurs (dont un seul adulte au plumage rouge) entre Grand-Fort-Philippe (Nord) et Oye-Plage (Pas-de-Calais), en particulier près du parking de la plage et de l'observatoire de la réserve naturelle du Platier-d'Oye (voir la localisation du site sur Google Maps), est donc particulièrement intéressante.



Jeune Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle chanteur à Oye-Plage (Pas-de-Calais) le 11/06/2017.
Source : Daniel Haubreux

Plusieurs vagues d'expansion en Europe

La progression du Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) en Europe

La progression du Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) en Europe depuis la fin des années 1950. En rouge, les  régions occupées en 1960, en orange, les nouvelles occupées en 1994 et en jaune, les nouvelles occupées après 1995.
Carte : Ornithomedia.com d'après Voous, BWP et D.I.M Wallace

Le début de l'expansion européenne du Roselin cramoisi à partir de la Russie (où nichent plusieurs millions de couples) semble remonter au début du 19e siècle. Au cours de cette première "vague", l'espèce a atteint le sud-est de la Finlande, l'est de l'Allemagne, la Tchéquie, la Slovaquie et l'Autriche. Dans ces régions nouvellement colonisées, il est toutefois longtemps resté une espèce rare se reproduisant de façon occasionnelle. Dans le sud-est de la Finlande et l'est de la Pologne, il a niché de façon sporadique et isolée jusqu'au début du 20e siècle. Il avait atteint à cette époque le sud des monts Tatras (s'étendant à cheval entre la Pologne et la Slovaquie) et la Silésie (située en majeure partie au sud-ouest de la Pologne. Entre 1880 et 1930, il a disparu de plusieurs régions et s'est replié vers la Poméranie (région frontalière entre l'Allemagne et la Pologne) et la Mazurie (Pologne).
La seconde vague de son expansion européenne a commencé dans les années 1930 et a atteint un pic dans les années 1960-1970. Il était déjà commun à la fin du 19e siècle dans la région de Saint-Pétersbourg en Russie, mais ses effectifs ont fortement augmenté dans les années 1940-1950. À la même époque, sa population a augmenté dans une grande partie de la Russie d'Europe, en Finlande et en Suède.
Au cours des décennies suivantes, il a progressé vers le nord, atteignant la mer Blanche et le 64e parallèle nord en Finlande. En Suède, le nombre de couples est passé de 30 en 1959 à 1 400 en 1974. Entre 1982 et 1996, plus de 2 500 couples se sont installés dans le sud de la Norvège, et la population danoise est passée de 1 à 250-300 couples entre 1966 et les années 1990. Le premier cas de nidification aux Pays-Bas remonte à 1987, et de 50 à 60 couples ont été comptés en 1992. Au début des années 1990, des cas de nidification ont été notés en Grande-Bretagne, en France, en Belgique et en Suisse.
Actuellement, on compte de 250 000 à 350 000 couples en Finlande, de 70 000 à 120 000 couples en Biélorussie, de 50 000 à 120 000 couples en Lituanie, de 50 000 à 80 000 couples en Estonie, de 30 000 à 160 000 couples en Arménie et de 20 000 à 60 000 couples en Turquie (dans ce pays, les oiseaux appartiennent probablement à la sous-espèce asiatique kubanensis, qui est également en expansion vers l'Ouest).

Historique de la présence du Roselin cramoisi en Grande-Bretagne entre 1869 et 1996

Comme en France, le Roselin cramoisi est un migrateur occasionnel rare en Grande-Bretagne, observé principalement en septembre-octobre et plus rarement en avril-mai, surtout le long des côtes et dans les archipels, par exemple sur l'île écossaise de Fair Isle (lire Fair Isle, l’île mythique des ornithos). Il a niché pour la première fois en Écosse en 1982, mais la principale vague d'installation a débuté en 1992 : plusieurs couples ont alors niché sur Flamborough Head dans l'East Yorkshire et dans le Suffolk. Ces nidifications ont fait suite à un afflux important (156 oiseaux) en mai et en juin 1992. 369 oiseaux ont été observés au printemps entre 1993 et 1996, soit plus que le nombre d'oiseaux notés en automne (312) sur la même période. Mais comme en France, l'espèce ne s'est pas installée de façon durable en Grande-Bretagne.

Les facteurs pouvant expliquer l'importante expansion du Roselin cramoisi en Europe

Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

Jeune mâle de Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus), Grand-Fort-Philippe (Nord), le 11/06/2017.
Photographie : Daniel Haubreux

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'expansion du Roselin cramoisi en Europe depuis le 19e siècle :

  • la création d'habitats favorables en Russie d'Europe et en Scandinavie au cours des 19eet 20e siècles du fait du défrichage de vastes forêts et de l'expansion des banlieues;
  • une augmentation des températures moyennes en mai et en juin durant le 20e siècle, favorisant le développement de la végétation et donc la dissimulation des nids. La hausse moyenne des températures durant la période de dispersion des jeunes et la migration prénuptiale pourrait également avoir favorisé la colonisation de nouvelles régions. Cet oiseau pourrait ainsi profiter du réchauffement climatique, comme c'est le cas d'autres espèces orientales comme la Fauvette épervière (Sylvia nisoria), la Locustelle fluviatile (Locustella fluviatilis) (lire À propos de la première nidification de la Locustelle fluviatile en Belgique) ou le Robin à flancs roux (Tarsiger cyanurus), qui progressent en Europe orientale et centrale;
  • une productivité élevée, avec en moyenne quatre à cinq oeufs par ponte. En Finlande, lors d'une étude sur 620 oeufs, le pourcentage d'éclosion était de 62 % et le taux d'envol des jeunes était de 54 %. En Tchéquie, une autre étude avait évalué le taux de survie des poussins à 41 %. Le nombre potentiel de jeunes capables de coloniser chaque année de nouveaux territoires est donc élevé, la forte productivité de l'espèce forçant les jeunes à trouver de nouveaux habitats. Dans un article publié en 1999 dans la revue British Birds, D. I. M. Wallace avait estimé ainsi que les 420 000 couples de l'ouest de la Russie étaient capables de produire chaque année près d'un million de jeunes;
  • une reproduction précoce, les deux sexes pouvant se reproduire dès l'âge d'un an. Les jeunes mâles sont en compétition avec les mâles plus âgés, les femelles ne semblant pas montrer de préférence pour les plumages colorés. En fonction des régions, les jeunes mâles se reproduisent plus ou moins fréquemment. Le ratio mâles adultes (au plumage rouge) / mâles d'un an (au plumage gris) est variable selon les années et les régions : de 1,2 à 9 dans différents sites en Finlande et de 4 à 5 dans deux sites du Tien Shan (Kazakhstan). En Suisse, les nombres de mâles gris et de mâles rouges sont presque identiques. En Allemagne sur 260 observations, 139 (53 %) concernaient des mâles gris contre seulement 39 (15 %) des mâles rouges. Aux Pays-Bas et en Grande Bretagne, la proportion de mâles gris est beaucoup plus forte. Ces proportions ne reflètent toutefois pas la part réelle des jeunes nicheurs car certains d'entre eux ne font qu'aider à la nidification (voir plus bas). Les premiers occupants d'un site sont en règle générale des mâles gris, puis des mâles rouges y sont observés les années suivantes;
  • Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

    Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte, région de Kusamo (Finlande), le 29/05/2004.
    Photographie : Gilbert Blaising
    une faible mortalité annuelle, estimée par exemple à 21 % chez les mâles et à 27 % chez les femelles en Finlande. Dans ce pays, les 3/4 des oiseaux survivent d'une année sur l'autre, contre moins de la moitié des Pinsons des arbres (Fringilla coelebs) et des Linottes mélodieuses (Linaria cannabina) en Grande-Bretagne;
  • une longévité importante (pour un passereau), avec un record de neuf ans au moins;
  • une faible philopatrie (= fidélité au site de naissance), facilitant ainsi l'installation des jeunes dans de nouvelles zones;
  • une reproduction communautaire, les jeunes de l'année peuvent aider les adultes à nourrir les jeunes et à surveiller les prédateurs;
  • une capacité à créer des "dialectes" locaux. Comme nous l'avons évoqué plus haut, certaines colonies se caractérisent par leur chant particulier, et les nouveaux arrivants doivent adopter ce "dialecte", ce qui renforce la cohésion du groupe et permet que les territoires soient très proches les uns des autres, parfois seulement éloignés de quelques mètres (jusqu'à 200 couples par km² ont déjà été comptés);
  • une migration rapide. Le Roselin cramoisi quitte ses zones d'hivernage asiatiques au début du mois d'avril et il atteint le Caucase au début du mois de mai. Il arrive en moyenne le 18 mai dans la région de Saint-Pétersbourg et le 27 mai en Suède. Les oiseaux russes pourraient couvrir de 225 à 300 km par jour au printemps, ce qui leur permettrait d'atteindre l'ouest de l'Europe à temps pour s'installer et nicher;
  • la création possible de nouvelles zones d'hivernage proches de l'Europe. Des oiseaux ont en effet déjà été observés en automne et en hiver dans le bassin méditerranéen (un oiseau a hiverné sur l'île grecque de Chios en 1986-1987 et un autre a été trouvé au Maroc en janvier 1994) et au Moyen-Orient. Depuis 1981-1982, il a été vu à plusieurs reprises (13 données) en Israël en hiver. Il a aussi déjà été observé entre décembre et février en Belgique et en France, fréquentant même parfois les mangeoires, comme ce fut le cas d'un oiseau signalé le 09/02/2015 à Saint-Maurice-l'Exil (Isère) (voir notre rubrique Observations). En Grande-Bretagne, un oiseau s'est nourri d'arachides entre décembre 1991 et janvier 1992 dans le Pembrokeshire (Grande-Bretagne). Cette espèce suivra peut-être à terme l'exemple du Roselin familier (Carpodacus mexicanus) qui est devenu un oiseau commun dans les jardins en Amérique du Nord;
  • Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte

    Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus) mâle adulte, Le Platier d'Oye, Oye-Plage (Pas-de-Calais), le 13/06/2017.
    Photographie : Pierre Pruvot
    des conditions particulières peuvent enfin favoriser des afflux d'oiseaux et donc leur installation dans des régions lointaines. L'arrivée importante d'oiseaux en Grande-Bretagne au printemps 1992 a sûrement été favorisée par de forts vents d'Est sur la mer du Nord (lire L'influence de la météo sur l'observation des oiseaux).

Une progression parfois lente et progressive

Si l'installation définitive du Roselin cramoisi en France, en Belgique et en Grande-Bretagne n'est pas encore effective, elle pourrait tout de même se faire : en effet, dans certains pays, il a fallu près de 25 ans pour que ce passereau fasse partie de l'avifaune nicheuse régulière. Dans l'ex-Tchécoslovaquie, suite à un afflux entre 1959 et 1968, de 80 à 130 couples se reproduisaient au milieu des années 1970, mais ce n'est pas avant 1983-1984 que l'installation définitive s'est produite : de 300 à 450 couples nichaient ainsi dans le pays dans les années 1990.
Dans l'arc alpin, l'installation a également été lente : il n'y avait pas de cas certains de nidification en Autriche avant 1973 et en Slovénie avant 1978, mais on comptait dans les années 1990 de 850 à 1 450 couples en Tchéquie-Slovénie et de 50 à 100 couples en Autriche. En Ukraine, il n'y avait aucun couple avant 1987, mais de 250 à 600 couples en 1990. En Roumanie, le premier cas de nidification remonte à 1981, et de 10 à 50 couples ont été comptés dans les années 1990.
Les avances et les retraits de l'espèce (comme celui constaté entre 1880 et 1930, au cours duquel elle a disparu de plusieurs régions) pourraient aussi être liés à des conditions climatiques continentale et atlantique plus ou moins favorables.

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Roselin cramoisi (Carpodacus erythrinus)

Sources

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