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| Actualités
- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous pouvez nous
proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
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Bahamas
- Décembre 2008.
Une 1ère analyse
génétique confirme le statut de sous-espèce de la Sittelle
des Bahamas.
L'American Ornithologist's Union, l'organisme officiel qui détermine le
statut des espèces en Amérique du Nord, avait décidé
récemment que la Sittelle des Bahamas (Sitta pusilla insularis)
ne serait pas élevée au rang d'espèce, rejetant une pétition
dans ce sens de Bill Hayes (de la Loma Linda University, Californie), et resterait
une sous-espèce de la Sittelle à tête brune (S. p. pusilla)
vivant en Amérique du Nord continentale (lire en bas de page La
Sittelle des Bahamas n'est pas considérée comme une espèce
à part entière).
John Lloyd, chef de projet, vient de publier sur le site
web de l'Ecostudies Institute les résultats d'une comparaison des séquences
d'ADN entre des individus de Grand Bahama et du continent américain: le
niveau de divergence des séquences est de 1,37%, ce qui n'est pas vraiment
significatif; toutefois, aucun des haplotypes (un haplotype est l'une des deux
portions du matériel génétique se correspondant sur chacun
des deux chromosomes formant une paire) sur des oiseaux des Bahamas n'a été
trouvé chez les oiseaux américains. L'échantillon étudié
est faible, mais les chercheurs estiment qu'il s'agît là d'une preuve
que S. p. insularis constitue bien au moins une sous-espèce à
part entière. Ainsi, la Sittelle à tête brune a jusqu'à
ce jour deux sous-espèce, la nominale (S. p. pusilla) et celle des
Bahamas (S. p. insularis).
Source:
Ecostudies Institute
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Canada
- Décembre 2008.
Le Harfang des neiges,
une espèce marine?
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Harfang
des neiges (Nyctea scandiaca), environs de Québec, Canada, décembre
2005
Photo: Léo Gobeil |
Notre connaissance de la biologie
du Harfang des neiges (Nyctea scandiaca) pourrait bien être bouleversée
par le suivi par satellite.
Jean-François Therrien, de l'université de Laval (Québec)
travaille avec Gilles Gauthier et Joël Bêty au sein du Centre détudes
nordiques dans le but de mieux connaître le mode de vie de certaines espèces
indicatrices de l'état de l'Arctique canadien, dont l'Harfang des neiges.
Ils ont présenté le mercredi 10 décembre dans la ville de
Québec les résultats du suivi depuis 16 mois des déplacements
de 12 femelles de Harfangs des neiges au cours de l'Arctic Change Conference.
Leur communication était intitulée: "Reproductive success and
long-distance movements of snowy owls: Is this top predator vulnerable to climate
change?".
Lors de lété 2007, ils ont capturé douze femelles alors
quelles nichaient sur lîle Bylot et ils les ont munies dun
collier GPS permettant un suivi satellitaire de leurs déplacements. Neuf
de ces colliers ont fonctionné pendant plus dun an et huit livrent
toujours des données via Internet aux ordinateurs des chercheurs. Première
surprise: les harfangs sont des oiseaux marins pendant une partie de lannée.
Gilles Gauthier précise: "Six des sept oiseaux qui sont demeurés
dans le Nord tout lhiver ont passé entre un et trois mois au large
des côtes. Nous croyons quils se rendent aux polynies (des étendues
deau libres de glace dans les mers nordiques) pour y chasser des oiseaux
comme les eiders". Il est incroyable que le principal rapace de l'Arctique,
tout comme l'Ours polaire, soit autant dépendant de l'écosystème
marin.
Trajets
(tracés exacts non communiqués) de trois Harfangs des neiges suivis
par satellite qui ont quitté l'île de Bylot: 1) Ile Ellesmere, 2)
Dakota du Nord et 3) Est de Terre-Neuve
En rose, présence du Harfang des neiges à la belle saison uniquement,
en mauve présence toute l'année dans des conditions normales, et
en bleu présence en hiver
Carte: ornithomedia.com |
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Autre suprise, lextrême
variabilité des migrations automnales des harfangs. En moyenne, 1727 kilomètres
séparent le lieu de nidification et lieu dhivernage de chaque oiseau,
mais cette distance varie de 410 à 3245 kilomètres.
Certains oiseaux ont en effet parcouru des distances énormes; l'un a atteint
l'île Ellesmere, un autre a volé directement vers le Dakota du Nord
aux États-Unis et un troisième est arrivé à l'extrémité
orientale de Terre-Neuve (voir notre carte ci-contre).
"Des données obtenues au cours des derniers jours nous indiquent que
plusieurs oiseaux sont retournés au même site dhivernage que
lan dernier, signale Gilles Gauthier: c'est le cas du grand vagabond qui
est retourné au Dakota du Nord"
Par ailleurs, contrairement à la plupart des espèces, les femelles
harfangs ne retournent pas au même site de nidification dune année
à lautre. En moyenne, 733 kilomètres séparent leur
nid de 2007 et celui de 2008. Gilles Gauthier explique: "Cest la plus
grande différence jamais rapportée parmi toutes les espèces
doiseaux. En général, on parle dau plus de 10 kilomètres
décart".
Les chercheurs ont aussi prouvé que le harfang pouvait nicher avec succès
lors de deux années consécutives, ce qui constitue une autre surprise.
Les femelles choisiraient leur site de nidification en fonction de labondance
locale des lemmings, leur principale proie.
Les chercheurs estiment que cet hiver devrait permettre à de nombreux Canadiens
vivant au sud du pays de voir des harfangs. Gauthier ajoute: "Nous avons
constaté que les lemmings étaient abondants au cours de l'été
2008. Les harfangs n'ont ainsi pas eu de problème pour élever leurs
jeunes, et donc d'importants mouvements auront lieu au sud de l'aire normale d'hivernage
de l'espèce au cours de l'hiver 2008-2009".
Et en effet, à en juger par les nombreuses observations et les articles
parus dans la presse depuis novembre 2008, cette prédiction s'est révélée
juste (lire: L'hiver
2008-2009 sera-t-il un hiver à harfangs?).
Il y aurait ainsi au début du mois de décembre au moins six harfangs
à proximité des pistes de laéroport international Trudeau
à Montréal. Un employé de laéroport aurait contacté
l'équipe pour savoir comment les éloigner des pistes afin déviter
les collisions avec les avions: en effet, un choc entre un harfang et un avion
a été rapporté.
"Le soutien de l'IPY et du NSERC et les avancées technologiques du
suivi par satellite ont donné un nouvel élan dans la compréhension
de la biologie du harfang" dit Gauthier. Il complète: "une meilleure
connaissance du mode de vie de ce rapace est indispensable".
Jean-François Therrien a reçu une récompense, le "NSERC
Northern Internship", pour son travail mené dans le cadre de l'"Arctic
Wolves Project" basé à l'Université de Laval.
Sources: Natural Sciences and Engineering Research Council (2008, December
10). "Snowy Owl, A Marine Species? (www.sciencedaily.com),
"Harfangs voyageurs" par Jean Hamann (www.aufil.ulaval.ca).
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