Recherche sur Ornithomedia.com

  Brèves
Publicité

  


  Actualités - Avec Neornithes
Sélection d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com, le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.

    Etats-Unis - Octobre 2008.
Schémas comparatifs de l'évolution des mains de Mammifères, de Crocodiliens et des Oiseaux
Schémas comparatifs de l'évolution des mains des Mammifères, de Crocodiliens et des Oiseaux (agrandir le schéma)
Schéma: Public Library of Science
Découverte essentielle dans la compréhension de l'évolution de l'aile d'oiseau.
Une découverte essentielle concernant l'évolution de l'aile des oiseaux a été publiée le 3 octobre sur le site web du PLoS ONE (Public Library of Science) par Alexander Vargas et ses collègues de l'Université de Yale, de l'Université du Wisconsin-Madison et du Yale Peabody Museum of Natural History.
Les ailes d'oiseau ont seulement trois doigts, ce qui constitue une évolution par rapport aux mains de leurs ancêtres qui en avaient cinq. Les biologistes ont utilisé l'embryologie pour comprendre l'origine (l'homologie) des structures; les trois doigts de l'aile d'oiseau se sont développés à partir de la condensation du cartilage au niveau des mêmes positions chez l'embryon et correspondent aux deuxième, troisième et quatrième doigts des humains (l'index, le majeur et l'annulaire). Toutefois, chez les ancêtres des oiseaux modernes comme l'Archaeopteryx, ils correspondent aux premier, deuxième et troisième doigts des autres reptiles (le pouce, l'index et le majeur). Les études des fossiles montrent clairement que les quatrième et cinquième doigts (l'annulaire et l'auriculaire) ont été perdus et réduits chez les dinosaures à l'origine des oiseaux.
On sait maintenant que les gènes Hox-D sont impliqués dans la formation des membres chez tous les tétrapodes. Les études embryologiques montrent la succession événementielle suivante: dans la phase I, les gènes Hoxd-9 et 10 s'expriment dans la totalité du bourgeon du membre jusqu'à ce que le premier élément de la patte soit formé. La phase II est déclenchée par les gènes Hoxd-11 et 12 .
L'expression d'un gène est une suite de synthèses chimiques et de réactions aboutissant à la production d'un acide ribonucléique ou d'une protéine L'absence de l'expression du gène HoxD-11 au niveau du premier doigt des ailes évoque le cas du pouce de la souris, ce qui est conforme à la morphologie comparative (voir schéma). Toutefois, la souris n'est que vaguement apparentée aux oiseaux; les crocodiliens étant leurs parents vivants les plus proches.
Pour vérifier si l'expression du gène HoxD-11 de la souris constitue un élément important, Vargas et ses collègues, qui travaillent dans le laboratoire Gunter Wagner de l'Université de Yale, ont examiné l'expression de ce gène chez les alligators; ils ont trouvé que son expression n'était absente que dans leurs pouces, comme chez la souris.
Les biologistes connaissent bien le phénomène des transformations homéotiques, des mutations qui entraînent le changement d'une partie du corps en une autre ou homéosis. Il existe un exemple célèbre chez la drosophile, une espèce de mouche: il s'agit de la mutation antennapedia , où des pattes se sont formées à la place des antennes.
Le nouveau travail mené par Vargas et al. ranime l'hypothèse qu'un mutation homéotique s'est produite au cours de l'évolution de l'aile d'oiseau, qui a conduit à ce que les premier, deuxième et troisième doigts aient commencé à se développer à partir des positions embryologiques des deuxième, troisième et quatrième doigts.

Source: MLA Public Library of Science (2008, October 6). Gene Expression In Alligators Suggests Birds Have 'Thumbs'. ScienceDaily..
Réagir sur nos forums



   
    Argentine - Octobre 2008.
Aerosteon riocoloradensis
Emplacements supposés des poumons (en rouge) et des sacs aériens (autres couleurs) chez Aerosteon riocoloradensis
Schéma: Ornithomedia.com d'après Todd Marshall c 2008, courtesy of Project Exploration
L'étude d'un fossile de dinosaure a permis de comprendre l'apparition du système respiratoire des oiseaux.
L'étude d'un fossile de de dinosaure carnivore de plus de 9 m de long découvert sur les berges du Rio Colorado en Argentine a aidé à comprendre comment a évolué le système respiratoire des oiseaux (lire La respiration chez l'oiseau).
Jeffrey Wilson, paléontologue à l'Université du Michigan, faisait partie de l'équipe qui a mené ces travaux dont les conclusions ont été publiées le 29 septembre 2008 dans la revue en ligne de la Public Library of Science et annoncées lors d'une conférence de presse à Mendoza (Argentine).
Il convient tout d'abord de rappeler que nombreux indices permettent d'affirmer que les oiseaux descendent de certains dinosaures (lire Une analyse moléculaire confirme de lien entre le Tyrannosaure et les oiseaux).
Les oiseaux ont un système respiratoire unique parmi les animaux terrestres. A la place des poumons qui se dilatent, ils possèdent un système de sacs qui aident à pomper l'air vers les poumons. Cette caractéristique originale explique pourquoi ils peuvent voler plus haut et plus vite que les chauves-souris, qui, comme tous les mammifères, ont un système respiratoire pulmonaire moins performant.
Jeffrey Wilson, lorsqu'il était étudiant à l'Université du Chicago, a participé en 1996 à l'expédition menée par le célèbre Paul Sereno au cours de laquelle a été découvert un dinosaure nommé Aerosteon riocoloradensis (littéralement: "les os aériens du Rio Colorado"). Bien que les chercheurs étaient déjà excités par la trouvaille d'un squelette complet, c'est surtout découverte que les os avaient conservé les caractéristiques d'un système respiratoire semblable à ceux des oiseaux qui a donné une importance particulière à ce fossile.
Mais relever ces traces a pris du temps: les techniciens de laboratoire ont passé des années à nettoyer et à analyser les os incrustés dans des roches pour enfin révéler la preuve de la présence ancienne de sacs aériens dans la cavité corporelle d'Aerosteon. Autrefois, les paléontologues n'avaient trouvé que des indices dans la colonne vertébrale, en dehors de la cavité où sont placés les poumons.

Wilson a travaillé avec Sereno et le reste de l'équipe pour décrire et interpréter cette découverte: les vertèbres, les clavicules, et les os des hanches présentaient de petites ouvertures qui conduisaient vers de grands espaces creux qui étaient sûrement recouverts d'une mince couche de tissu et remplis d'air. Ces chambres ou sacs sont issus d'un processus appelé "pneumatisation" au cours duquel ils se sont développés à partir des poumons et ont occupé un espace de plus en plus important. Ces sacs sont caractéristiques des oiseaux et étaient aussi présents chez les sauropodes, les grands dinosaures herbivores à long cou et à longue queue étudiés par Wilson.
Il explique: "chez les sauropodes, la pneumatisation était la solution à leur grande taille; chez les oiseaux, c'était la solution à un squelette léger et à l'apparition du vol. L'histoire et l'évolution ont ainsi fait qu'à la fois de terribles prédateurs comme Aerosteon, des herbivores gigantesques comme Diplodocus, et le poulet possèdent le même système respiratoire".
L'équipe propose trois hypothèse pour expliquer l'apparition de poches d'air chez les dinosaures: le développement de poumons plus efficaces, la réduction de la masse corporelle supérieure chez les espèces coureuses, et une meilleure élimination de la chaleur corporelle.
Paul Sereno, qui travaille pour le National Geographic, précise qu'il penche surtout pour la troisième explication: Aerosteon étant en effet probablement un prédateur à plumes mais sans les glandes sudoripares que les oiseaux possèdent; et avec une longueur d'environ 9 m et un poids proche de celui d'un éléphant, il avait bien besoin d'un système sous la peau pour l'aider à éliminer la chaleur superflue.
Outre Sereno et Wilson, les co-auteurs de l'article sont Ricardo Martinez et Oscar Alcober de l'Universidad Nacional de San Juan (Argentine), David Varricchio de l'Université du Montana et Hans Larsson de l'Université de McGill. L'expédition a été financée par la National Geographic Society et la David and Lucille Packard Foundation.

Source: MLA University of Michigan (2008, September 30). Meat-eating Dinosaur From Argentina Had Bird-like Breathing System. ScienceDaily.
Réagir sur nos forums



   
Retour Index Suite

 

   Infos

  Observations
  Agenda
  Brèves
  

  

 Neornithes Nomina Avium, le logiciel de taxonomie de référence
  

  
  
 
 
   
   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         


   
 
 
  
ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés