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Sélection d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com, le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.

    Suède - Septembre 2008.
Guillemots de Troïl (Uria aalge)
Guillemots de Troïl (Uria aalge)
Photo: Arthur Grosset / www.arthurgrosset.com
Le guillemot en déclin malgré l'abondance de ses proies!
Une étude récente suggère que la surabondance de nourriture expliquerait paradoxalement le déclin du Guillemot de Troïl (Uria aalge) en Mer Baltique.
La revue Live Science a publié en septembre les conclusions de chercheurs de l'Université de Stockholm qui ont étudié la biologie et le régime des guillemots en Mer Baltique. Ils expliquent que les jeunes de l'espèce sont nourris avec des sprats, proches du hareng. Or, depuis les années 1990, ces sprats sont devenus anormalement abondants du fait du déclin de leur prédateur principal, la morue. Mais malgré cette situation, la santé des poussins de guillemot se détériore.
Henrik Osterblom a mis en avant l'hypothèse des "repas vite prêts mais peu nutritifs": selon lui, les sprats plus nombreux sont en fait plus maigres qu'autrefois car ils doivent partager une plus petite quantité de nourriture. Par conséquent, ces poissons constituent un repas moins nutritif pour les poussins du guillemot. Cette situation expliquerait les nombreux cas d'échec dans la reproduction de plusieurs prédateurs marins nordiques.
Source:
http://www.iar.org.uk.
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    Chine - Septembre 2008.
Moineau domestique (Passer domesticus)
Le Moineau domestique (Passer domesticus), futur oiseau national de Chine?
Photo: Joël Bruezière / www.eyesonsky.com
Le Moineau domestique, possible futur oiseau national chinois?
Les États-Unis ont désigné le Pygargue à tête blanche comme oiseau national, la France le coq et Israël la Huppe fasciée: 40 pays ont ainsi déjà désigné un oiseau national.
La République populaire de Chine recherche toujours un symbole aviaire. Selon les critères désignés par le gouvernement, l'oiseau national doit être une espèce rare, principalement présente dans Chine. Il doit refléter l'esprit national, être facilement reconnaissable et mériter des mesures de conservation.
Symbolisant la longévité et le respect, la Grue du Japon (Grus japonensis) était l'oiseau possible retenu par les officiels: un sondage organisé en 2004 par l'Association de Protection de la Faune du pays avait permis de constater que 64% des cinq millions de votants avait soutenu ce choix. Mais cette espèce attend toujours l'approbation finale législative.
Le problème continue d'être débattu dans les forums en ligne, et un nouveau concurrent a émergé, soulignant le pouvoir d'Internet comme alternative aux choix officiels. Selon un sondage du populaire site web Tianya.com, le Moineau domestique (Passer domesticus) a battu tous les autres candidats avec plus de 35% des votes.
Et la Grue du Japon? Selon certains, son nom serait trop sensible, les relations historiques entre la Japon et la Chine étant plutôt agitées. L'oiseau était en outre représentée jusqu'il y a peu sur les avions de la compagnie aérienne japonaise JAL.
D'autres estiment que la Grue du Japon, qui ne compte plus que 1 000 oiseaux en Chine et moins de 1 500 au niveau mondial, est un oiseau "élitiste" alors que le moineau est populaire.
Sur le site web Tianya.com, on peut lire en particulier le commentaire suivant: "les gens ne connaissent les grues et les paons que dans les livres, alors que les moineaux sont visibles; ils illustrent bien l'esprit du peuple chinois: la force, la vitalité et la persévérance".
Mais le moineau n'a pas toujours été populaire en Chine: à la fin des années 1950, il faisait partie avec les rats, les mouches et les moustiques des "quatre pestes" campagnardes désignées par Mao Tsetong. Il était considéré comme nuisible pour l'agriculture, et donc ses nids étaient détruits, ses œufs écrasés et ses poussins tués. Cette campagne a failli conduire l'espèce à l'extinction jusquà ce que les officiels comprennent que les moineaux mangeaient plus d'insectes que de semences; dans les années 1960, la persécution a cessé.
Source:
http://blogs.wsj.com.
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    International - Septembre 2008.
Nandous d'Amérique (Rhea americana)
Nandous d'Amérique (Rhea americana)
Photo: Arthur Grosset / www.arthurgrosset.com
Les grands oiseaux aptères de l'hémisphère sud n'ont pas d'ancêtre commun.
Les grands oiseaux coureurs aptères (les Ratites) de l'hémisphère sud (les autruches africaines, les émeus, casoars et kiwis d'Océanie, et les nandous d'Amérique du Sud) n'ont pas d'ancêtre commun comme l'ont longtemps supposé les zoologistes. Au contraire, chaque espèce aurait perdu individuellement ses capacités à voler après avoir divergé d'ancêtres volants, selon une nouvelle recherche menée par le professeur Edward Braun de l'Université de zoologie de Floride et publiée en septembre dans l'édition en ligne de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.
Cette étude a plusieurs implications importantes. Tout d'abord, cela signifie que certains Ratites comme les émeus, sont beaucoup plus proches des tinamous, leurs "cousins" volants, que des autres Ratites.
Ensuite, cela implique que les Ratites sont les résultats d'une évolution parallèle, à savoir que des espèce vivant dans des environnements significativement différents ont suivi exactement le même cours évolutionniste.
Braun et ses collègues ont commencé à étudier de près les Ratites suite une découverte obtenue au cours d'une étude à grande échelle qui avait pour but de mieux comprendre l'évolution des oiseaux et de leurs génomes en analysant le matériel génétique de nombreuses espèces. Au cours de cette étude, on a constaté que les Ratites ne formaient pas un groupe génétiquement à part mais qu'ils appartenaient plutôt à plusieurs groupes apparentés mais distincts incluant les tinamous, des oiseaux volants (lire Une nouvelle étude bouleverse l'arbre phylogénétique des oiseaux!).
Autrefois les Ratites servaient d'exemples classiques pour illustrer le phénomène de la vicariance, un terme qui décrit la division géographique d'une même espèce aboutissant à la création de deux ou plus sous-groupes très proches pouvant ensuite subir des changements évolutionnistes plus importants et finalement devenir très différents les uns des autres.
Les scientifiques supposaient ainsi qu'autrefois un ancêtre commun incapable de voler vivait sur le super-continent Gondwana qui s'est lentement disloqué pour créer l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande; une fois isolée en plusieurs populations, l'espèce ancestrale aurait évolué différemment dans chaque région pour créer les Ratites actuels.
Mais en tenant compte de cette nouvelle découverte génétique, Braun explique qu'il est en fait plus probable que les ancêtres des Ratites se soient répartis dans les continents australes après l'éclatement du Gondwana qui a débuté il y a à peu près 167 millions d'années.
Ces nouvelles révélations posent beaucoup de nouvelles questions: par exemple, pourquoi ces oiseaux ont-ils évolué de façon similaire dans des environnements différents?
Pour Braun, "il faut mener des études approfondies sur les relations génétiques entre les différents Ratites; mais personne n'aurait abordé ce sujet sans les données que nous avons recueillies".
Les efforts pour analyser une grande quantité de matériel génétique issus de nombreux oiseaux à travers tout le globe font partie du programme Tree of Life subventionné et organisé par la National Science Foundation et qui vise à lancer des recherches génétiques chez tous les groupes d'organismes de la planète (animaux, plantes, champignons, algues et bactéries).
Les conclusions sur l'origine des Ratites constituent donc une petite partie d'un vaste projet de recherche qui a pour objet de mieux comprendre les relations évolutionnistes entre les espèces d'oiseaux. Il a impliqué cinq institutions, 18 chercheurs, 2 millions de dollars de subvention et quatre ans de travail. Outre l'Université de Floride, les chercheurs de la Smithsonian Institute, du Field Museum of Natural History, de la Wayne State University et de la Louisiana State University ont été impliqués.
Source: MLA University of Florida (2008, September 3). Long-held Assumptions Of Flightless Bird Evolution Challenged By New Research.
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