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Si vous voulez nous proposer des informations ornithologiques, envoyez-nous un e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com, en nous précisant la source de l'information.
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com, le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.

    Espagne - Juin 2008.
Première reproduction de l'Ibis chauve en Espagne à l'état sauvage depuis 500 ans.
Ibis chauves (Geronticus eremita)
Ibis chauves (Geronticus eremita), Andalousie
Source: www.zoobotanicojerez.com
Dans le cadre du Proyecto Eremita (lire La réintroduction de l'Ibis chauve en Andalousie) lancé en 2003 et qui a pour objet la réintroduction de l'Ibis chauve (Geronticus eremita) en Andalousie, 17 poussins d'Ibis chauves avaient été transférés du zoo de Jerez dans des volières placées dans le camp militaire de la Sierra Retín, près de Barbate (Cadiz).
On vient d'apprendre en ce mois de juin 2008 qu'un des couples relâchés avait donné naissance à trois petits, ce qui constitue la première reproduction de l'espèce dans la nature en Espagne depuis 500 ans. Ils ont construit leur nid dans les falaises de Tajo de Barbate, en bordure de l'Atlantique.
Il ne reste plus actuellement que 300 oiseaux à l'état sauvage dans le monde (au maroc et en Syrie) de cette espèce globalement menacée.
La Sierra El Retin constituait le meilleur site possible pour constituer un noyau reproducteur viable, avec ses vastes pâtures riches en criquets et en sauterelles, ses falaises, ses points d'eau et l'absence de menaces (chasse, empoisonnement).
Il y a actuellement 19 adultes et 27 poussins dans le camp militaire.
Le véritable initiateur du projet fut le zoo botanique de Jerez, qui en eu l'idée il y a 18 ans. En 1990, il adhéra à un programme de reproduction européen coordonné par le zoo d'Innsbruck en Autriche. Après 10 ans d'étude et de suivi, le zoo de Jerez possède désormais le plus grand groupe du monde en captivité. Finalement, le projet fut signé en 2003, en coopération avec l'Estación Biológica de Doñana (CSIC) et l'International Northern Bald Ibis Group (IAGNBI).
Le Ministère de la Défense espagnol, qui possède plus de 150 000 ha sur tout le territoire national, a mis en place un système de gestion environnemental qui s'occupe entre autres de la conservation de plusieurs espèces menacées comme le Caméléon ou le Goéland d'Audouin (Larus audouinii). Le Camp d'El Retin fait partie des sites concernés par ces mesures. Au cours de la dernière législature, le ministère a dépensé plus de 134 millions d'euros dans la protection de la nature.
Source: www.publico.es/ciencias/128496/ejercito/ibis
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    Espagne - Juin 2008.
Deux parcs d'éoliennes fermés suite à la mort de 220 Vautours fauves.

Situation d'Els Ports, dans la région de Valence
Carte: Ornithomedia.com
Situation d'Els Ports, dans la région de Valence
La mort de plusieurs Vautours fauves (Gyps fulvus) dans les secteurs d'Els Ports et de Maestrat, dans la Province de Valence, a convaincu le Conseil de l'Environnement (Conselleria of Environment) d'ordonner l'arrêt de deux champs d'éoliennes Arriello and Folch II, situés entre Vilafranca et Castellfort, afin que leurs impacts réels sur ces rapaces soient étudiés. Le dernier comptage évoque en effet le chiffre de 220 vautours morts causés par les éoliennes installées dans le secteur.
Ces deux parcs auraient perturbé les parcours de vol des nécrophages. Il ne s'agît toutefois que d'une suspension préventive le temps qu'une étude soit menée et que la compagnie qui gère les machines mette en place des mesures correctives.
L'ordre d'arrêt a été pris le 30 mai et n'affecte que les parcs d'El Arriello (33 éoliennes) et Folch II (10 éoliennes) situés dans la zone éolienne 3, alors que des oiseaux morts ont aussi été trouvés dans les zones 1 et 2 (au nord de Castellon). Au total, 273 turbines ont été installées dans la région, et 357 machines sont prévues au final. L'étude sur les causes de la mortalité des avutours s'inscrit dans une reherche plus vaste sur l'impact des éoliennes dans la région.
Le collectif d'associations de protection de la nature Gecen, qui a lancé la requête pénale pour enquêter sur la mort des oiseaux, s'est félicité de la fermeture préventive des installations. Mais il souligne que la suspension de l'activité de seulement deux parcs ne suffira pas à empêcher l'importante mortalité des vautours dans la région.

Source: sfgate.com.
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    Etats-Unis - Juin 2008.
Huit Condors de Californie sauvés du feu.

Condor de Californie (Gymnogyps californianus) adulte
Condor de Californie (Gymnogyps californianus) adulte
Schéma: Ornithomedia.com
Huit Condors de Californie (Gymnogyps californianus) élevés en captivité ont été évacués par hélicoptère lors du week-end du 21 juin depuis les collines qui dominent le site de Big Sur dans le Comté de Monterey en Californie, des incendies de forêts menaçant leur sanctuaire.
Ce sauvetage inhabituel a été coordonné par un équipage de Gardes-Côtes américains de San Francisco après que la Ventana Wildlife Society ait plaidé pour une intervention. Des éclairs ont frappé samedi 21 dans un canyon et a mis le feu dans la Los Padres National Forest.
La Ventana Wildlife Society, qui s'occupe du retour de l'espèce, de la conservation de son habitat et organise des recherches, gère un site de lâcher de condors dans la Los Padres National Forest, où elle prépare des condors élevés en captivité pour être réintroduits dans la nature. L'association précise qu'il ne reste plus que 315 Condors de Californie dans le monde, dont la moitié vivent à l'état sauvage.
Les huit condors évacués comprennent sept juvéniles et un adulte.
L'opération a demandé deux vols dans un secteur enfumé: le premier a transporté cinq condors et deux membres de la Ventana Wildlife Society, et le deuxième vol a évacué trois condors et un volontaire.
Lundi 23 au soir, le feu avait entraîné la destruction de plus de 3 500 ha de forêt.
Les oiseaux évacué ont été placés dans un autre site dans le Pinnacles National Monument, où ils seront relâchés plus tard cette année. La Ventana Wildlife Society espère que les trois poussins de condors qui avaient été plus relâchés plus tôt à Big Sur ont survécu à l'incendie.
Source: sfgate.com.
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    Nouvelle-Zélande - Juin 2008.
Le Méliphage carillonneur peut changer son comportement reproducteur.

Méliphage carillonneur (Anthornis melanura)
Méliphage carillonneur (Anthornis melanura)
Schéma: Ornithomedia.com
Une étude récente menée par Melanie Massaro et Jim Briskie, de l'Université de Canterbury, a démontré que le Méliphage carillonneur (Anthornis melanura) était capable de changer son comportement de nidification pour se protéger des prédateurs, ce qui constitue une bonne nouvelle pour de nombreuses autres espèces insulaires menacées de disparition.
L'introduction de mammifères comme les rats, les chats et les mangoustes sur plusieurs îles océaniques a en effet entraîné la disparition de beaucoup d'oiseaux endémiques, et 25% des oiseaux en danger dans le monde le sont à cause de ces prédateurs.
Melanie Massaro précise que l'impact de ces animaux introduits sur les oiseaux indigènes est d'autant plus profond que ces derniers ont évolué pendant des millions d'années en l'absence de prédateurs, et sont de ce fait particulièrement confiants malgré le danger.
L'étude des deux biologistes sur le Méliphage carillonneur, un endémique de Nouvelle-Zélande, a permis de mettre en avant la capacité d'un oiseau insulaire autrefois naïf de changer son comportement de reproduction en réponse à l'introduction de mammifères exotiques.
Des méliphages ont été étudiés sur trois sites subissant des niveaux variables de prédation: un site sur l'île principale avec des prédateurs exotiques présents (risque élevé), un site sur l'île principale avec des prédateurs exotiques expérimentalement éliminés (risque faible récent), et une île en mer où aucun prédateur n'a jamais été introduit (risque faible permanent).
Les chercheurs ont constaté que les femelles passaient plus de temps sur leurs nids pour incuber dans les zones à haut risque, une stratégie qui minimise leur activité et qui diminue donc le risque qu'un prédateur ne localise le nid et ne détruise les œufs.
Le professeur Massaro explique: "l''activité parentale pendant la période d'élevage des oisillons, mesurée par le nombre de visites des parents par heure, diminue quand le risque de prédation augmente. Cela montre qu'une espèce n'est nécessairement coincée par son évolution: elle a la capacité de changer son comportement pour s'adapter, et ceci en quelques années et non pas en plusieurs siècles".
Melanie Massaro et Jim Briskie concluent que même si leur recherche n'a été menée que sur un oiseau de Nouvelle-Zélande, leur conclusion est mondiale. Ils pensent que les efforts de conservation menées pour sauver d'autres espèces insulaires pourraient être plus efficaces si ces dernières ont la capacité de répondre aux prédateurs exotiques, surtout quand l'élimination de ces prédateurs n'est pas possible.
Source: Massaro et al. Introduced Mammalian Predators Induce Behavioural Changes in Parental Care in an Endemic New Zealand Bird. PLoS ONE, 2008; 3 (6): e2331 DOI: 10.1371/journal.pone.0002331, www.sciencedaily.com.
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