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  Actualités - Avec Neornithes
Si vous voulez nous proposer des informations ornithologiques, envoyez-nous un e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com, en nous précisant la source de l'information. Cette page est sponsorisée par Neornithes, le logiciel de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
    Etats-Unis - Mars 2008.
Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis)
Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) mâle
Peinture: George M. Sutton / Cornell Lab of Ornithology
Encore une saison sans Pic à bec d'ivoire.
Dans un article publié le 9 mars 2008 dans le site web du Huntsville Times (Alabama), on apprend que la quatrième année de recherche du Pic à bec d'ivoire (Campephilus principalis) aux États-Unis va prochainement s'achever, certainement sans résultats. Ainsi, en dépit de recherches intensives menées depuis 2004-2005 dans de larges secteurs du Sud-est du pays (lire Les indices de la présence du Pic à bec d'ivoire en Floride), aucune donnée ou preuve n'ont jusqu'à présent été rapportées. Toutefois bien sûr, cela ne prouve rien...
En février 2008 s'est tenu le second gala de l'Ivory-Billed Woodpecker Foundation créée par le photographe Bobby Harrison afin de lever des fonds. Jérôme Jackson, professeur à l'université Florida Gulf Coast et spécialiste reconnu du Pic à bec d'ivoire y a participé. Dans son discours, il a expliqué que depuis 2005, les éléments réunis étaient "intrigants mais non concluants". A noter qu'en 2006, il avait déjà émis des doutes sur l'observation du Pic à bec d'ivoire dans l'Arkansas (lire
Le Pic à bec d'ivoire de l'Arkansas : un Grand Pic aberrant ?).
Ainsi, à propos des appels enregistrés, les fameux "kent!" nasillards, le biologiste rappelle qu'ils ont pu être lancés par d'autres animaux comme le Geai bleu (Cyanocitta cristata) ou le Cerf de Virginie. Concernant les double coups que le Pic à bec d'ivoire produit en tapant contre contre le tronc des arbres et qui auraient été enregistrés à plusieurs reprises, il souligne que le Grand Pic (Dryocopus pileatus) et le Pic à ventre roux (Melanerpes carolinus) peuvent aussi faire le même bruit. Jackson a remarqué en particulier que certains des double coups présentés comme ayant été produits par un Pic à bec d'ivoire étaient accentués sur le deuxième sur la fin ("bang-BANG!"), alors que Campephilus principalis insiste sur le premier ("BANG-bang!").
Enfin, il affirme que les cavités découvertes dans des troncs d'arbre dans l'Arkansas n'ont sûrement pas été creusés par un Pic à bec d'ivoire: en effet, les Grands Pics creusent aussi parfois des trous oblongs (= dont la hauteur est supérieure à la largeur), tout simplement pour laisser passer leurs huppes! Jackson a étudié plusieurs espèces de pics possédant une huppe à travers le monde, et il a noté que la plupart creusaient des trous de cette forme.
Enfin, la photo réalisée en 2005 et qui était censée montrer une épaule et le dos d'un Pic à bec d'ivoire agrippé sur la face opposée du tronc d'un arbre n'est pas convaincante pour le spécialiste: la partie noire et blanche visible, même si elle est floue, ne correspond pas à celle que présenterait un Pic à bec d'ivoire dans une telle situation, et s'agît plus probablement d'un Grand Pic descendant brièvement tout en décollant du tronc.
Mais Jackson n'affirme pas que le Pic a bec d'ivoire a disparu, et il pense même qu'il pourrait être redécouvert un jour: c'est pourquoi il soutient les recherches sur le terrain, tout en faisant remarquer que celles-ci sont souvent trop bruyantes et perturbantes.
Source:
Huntsville Times.
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    Finlande - Mars 2008.
Coq de Sonnerat (Gallus sonnerati)
Coq de Sonnerat (Gallus sonnerati) mâle
Photo: John Corder/World Pheasant Association
Il y a du Coq de Sonnerat dans nos poulets.
Charles Darwin pensait que les poulets domestiques descendaient du seul Coq bankiva (Gallus gallus), un gallinacé sauvage vivant actuellement dans les forêts et broussailles du Sud de l'Asie.
Mais les résultats d'une nouvelle étude menée par des biologistes de l'université d'Uppsala en Finlande démontrent que leur origine est un peu plus complexe. L'étude génétique de poulets à la peau jaune (= ceux des élevages modernes) a montré que ces derniers possédaient une version différente (= allèle) d'un gène présent aussi chez les poulets à peau blanche. Quand les scientifiques ont recherché ce gène chez le Coq bankiva, ils n'ont trouvé que l'allèle codant pour une peau blanche. Plus étonnamment, ils sont découvert celui codant pour une peau jaune chez une autre espèce sauvage, le Coq de Sonnerat (Gallus sonnerati), endémique de l'Inde.
Jonas Eriksson, doctorant de l'Université d'Uppsala, explique: "Nos études montrent que bien que la plupart des gènes des volailles proviennent du Coq bankiva, il existe au moins une autre espèce sauvage qui a contribué à leur apparence actuelle, le Coq de Sonnerat". Cette espèce a probablement été croisée avec les premières formes du poulet domestique. Les gènes codant pour la peau jaune se sont ensuite répandus parmi les milliards de poulets domestiques autour du monde.
Greg Larson, chercheur dans les universités d'Uppsala et de Durham (Grande-Bretagne), remarque que si Darwin avait bien pensé que plus d'une espèce sauvage avait contribué à la "création" du chien, il croyait qu'une seule espèce sauvage était à l'origine du poulet. Ce n'est donc pas le cas. La couleur jaune des pattes du poulet est le résultat de son alimentation: les caroténoïdes jaunes du maïs dont ils se nourrit sont responsables de cette couleur. Le gène que ces chercheurs viennent d'identifier code pour une enzyme qui découpe les caroténoïdes et relâchent de la vitamine A. Ces caroténoïdes sont emmagasiné dans la peau de ces poulets.
Leif Andersson, qui a dirigé le projet, explique: «Notre étude est un exemple de l'importance des mutations au cours de l'évolution. Nous ne savons pas pourquoi les humains ont favorisé les oiseaux à pattes jaunes. Peut-être qu'ils étaient considérés comme plus sains, plus fertiles, ou bien plus beaux?".
Les scientifiques pensent que le même gène expliquerait la couleur rose du Flamant rose, la couleur jaune des pattes de nombreux rapaces, et la viande rougeâtre du saumon. Ces caractéristiques sont aussi causées par les caroténoïdes. Ce gène pourrait influencer la couleur de la peau de l'Homme, jusqu'à un certain point non encore déterminé.
Source: MLA Uppsala University (2008, March 3). Darwin Was Wrong About Wild Origin Of The Chicken, New Research Shows.

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    International - Février 2008.
Gansus yumenensis
Gansus yumenensis, un oiseau préhistorique de 110 millions d'années. En dépit du fait qu'il était contemporain des dinosaures, il était étonnament proche des oiseaux modernes
Dessin : Ornithomedia.com, d'après Mark A. Klingler/CMNH
Les oiseaux modernes seraient apparus bien avant l'extinction des dinosaures.
Il existe deux grandes méthodes pour étudier l'histoire de l'évolution: se baser sur l'étude des fossiles, ou utiliser la notion d'horloge moléculaire basées sur les données génétiques moléculaires.
Une étude récente menée par des chercheurs des Universités du Michigan, de Chicago, de Boston ainsi que du Centre for Biodiversity Conservation Mexico and Central America et dirigée par Joseph Brown ont récemment présenté des résultats basés sur des analyses génétiques démontrant que la famille des oiseaux modernes était plus ancienne que ce que l'analyse des fossiles suggérait: les premiers oiseaux auraient ainsi plus de 100 millions d'années (au milieu de la période Crétacé, dans l'Ère Mésozoïque), et non pas de 60 à 65 millions d'années (périodes Paléocène, Éocène et Oligocène, dans l'Ère Cénozoïque): ils auraient donc survécu à la grande extinction des dinosaures à la fin du Crétacé (KT) il y a environ 65 millions d’années (une découverte précédente en Chine soutenait déjà cette hypothèse: lire Un oiseau préhistorique étonnamment moderne).
Cette étude, intitulée "Strong mitochondrial DNA support for a Cretaceous origin of modern avian lineages" a été publiée en ligne le 28 janvier dans le journal BMC Biology
Pour Joseph Brown, le principal auteur, explique que les deux grandes méthodes (étude des fossiles et horloge moléculaire) ont chacune leurs faiblesses pour essayer de déterminer l'âge des premiers oiseaux; ainsi, les fossiles tendent à surestimer le temps qui s'est écoulé depuis que la lignée a divergé de celle des dinosaures, car ils ne présentent que des informations sur les caractères physiques distinctifs des oiseaux anciens, qui apparaissent longtemps après une modification génétique. En outre, ce n'est pas parce que l'on n'a pas trouvé de fossiles de plus de 65 millions d'années qu'il n'en n'existe pas.

Quant aux données génétiques, l’horloge moléculaire n'est pas aussi précise que ce que l'on croyait. Cette approche s'appuie en effet sur l'observation des mutations qui, malgré leur caractère aléatoire, suivent en fait un rythme d'apparition ("tick") relativement constant sur une longue durée. Les biologistes moléculaires utilisent ce taux pour reconstruire l'histoire de l'évolution des espèces: si par exemple les séquences d'ADN divergent à une moyenne de 2 % par million d'années, et si nous déterminons que deux espèces diffèrent génétiquement de 10 %, nous pouvons estimer qu'elles ont eu un ancêtre commun il y a cinq millions d'années. Mais le problème est que deux lignées peuvent muter à des rythmes différents, et donc appliquer un même taux d'apparition à un arbre généalogique entier peut aboutir à des résultats très douteux.
Heureusement, de nouvelles méthodes existent qui corrigent le biais induit par ces taux différenciés. Joseph Brown et ses collègues les ont toutes appliqué, espérant que les résultats obtenus permettraient de réduire l'écart entre les résultats paléontologiques et génétiques; mais en fait, cet écart s'est renforcé, et l'âge des premiers oiseaux modernes a finalement été estimé à 100 millions d'années.
Certains scientifiques ont toutefois des doutes sur ces résultats, soulevant le fait qu'il pourrait exister une erreur systématique dans l'analyse génétique. D'autres études sur des échantillons plus larges seront nécessaires, ainsi qu’une collaboration plus étoite entre paléontologues et phylogénéticiens moléculaires.
Sources: www.biomedcentral.com, www.nationalgeographic.com
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    France - Février 2008.
Poudre d'argile
Le poudre d'argile peut être utile pour aider un oiseau mazouté
Source: www.aroma-zone.com
Oiseau mazouté: le rôle de l'argile par Charles Bélart.
Le
17 février, Charles Bélart, un visiteur d'Ornithomedia.com, nous a informé avoir trouvé un jeune Guillemot de Troïl (Uria aalge) sur la côte du Pas-de-Calais: il était bien mazouté, du sternum au bec .C'est le premier qu'il a trouvé en 2008. Il était prostré sur la plage, au soleil, essayant de se réchauffer .
Charles l'a mis dans un carton après avoir saupoudré de poudre d'argile sec la zone mazoutée de son plumage (et ses alentours pour éviter qu'il ne se salisse en essayant de se nettoyer avec le bec). L'argile en effet absorbe le mazout, et les boulettes tombent au fond du carton. C'est selon Charles le meilleur traitement d'attaque pour les oiseaux très touchés. Il faut recommencer l'opération de temps en temps jusqu'à ce que l'oiseau retrouve ses plumes lustrées (soit de trois à quatre 3 à 4 jours dans les pires des cas) .
Cette méthode simple ne crée pas un stress comparable au bain et à ses manipulations (parfois réalisées avec une machine), puis au rinçage et au séchage (sans compter que les oiseaux déjà considérablement affaiblis, utilisent leurs dernières forces pour se sécher). Le lavage en outre détruit le sébum qui recouvre les plumes et assure l'étanchéité.
Chez Charles, l'oiseau est resté en confiance et a dormi dans son carton où il s'est réchauffé. Ayant été très peu manipulé, il n'est pas trop stressé et garde ses forces.
Le plus difficile est le nourrissage du guillemot: des sprats ou des sardines uniquement .L'oiseau prend très vite confiance et mange bien. Il faut le relâcher le plus vite possible, sinon il refusera de repartir.
Charles précise que cette méthode ne provoque pas l'enthousiasme des centres de soins: un oiseau grisâtre, avec des taches noirâtres ici et là, semble sale, mais en fait l'argile pompe toutes les saletés et si l'oiseau en absorbe un peu, cela forme un cataplasme qui protège les muqueuses du système digestif (le plus souvent irrémédiablement détruit avec empoisonnement): cela lui fait plus de bien que d'avaler du savon!
L'argile est en outre neutre chimiquement.
Attention: le mazout est une matière extrèmement cancerigène et il faut absolument éviter le contact avec la peau. Charles précise ainsi que son chien a été victime d'une tumeur à la patte suite à une tache...
Le guillemot est ensuite parti dans un centre de soins de Calais: il était presque propre, et a consommé 700 gr. de sardines en trois jours.
Plusieurs autres alcidés mazoutés ont par ailleurs été trouvés sur la côte du Pas-de-Calais, mais étant donné le peu de mazout vu sur la plage, la pollution doit être limitée (dégazage sauvage).
Contact:
charles.belart AT wanadoo.fr
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    Kenya - Février 2008.
Un énorme projet sucrier menace le delta de la Tana.

Situation du delta de la Tana (Kenya)
Situation du delta de la Tana
Le Delta de la Tana est une vaste (130 000 ha) mosaïque de savanes, de prairies saisonnièrement inondées, de fragments de forêt, de lacs et de mangroves. Cet ensemble accueille plusieurs communautés locales et de grands troupeaux d'animaux domestiques, ainsi qu’une faune riche.
Les populations locales ont adapté leur manière de vivre aux saisons: certains cultivent leurs terres pendant que d'autres élèvent du bétail ou pêchent.
Les terres marécageuses du delta agissent comme les éponges, absorbant les effets des inondations, emmagasinant l'eau et restant vertes pendant la saison sèche. Durant les périodes de sécheresse, les éleveurs conduisent leurs bêtes jusqu'aux frontières de la Somalie et de l’Ethiopie.
Le delta accueille des milliers d'oiseaux aquatiques nicheurs et migrateurs. Il a été désigné Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO). Il accueille des espèces menacées ou en voie de diminution comme le Circaète barré (Circaetus fasciolatus) et le Pipit de Melinda (Anthus melindae), et la Cisticole du Tana (Acrocephalus griseldis) a été récemment notée. La Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis) est une hivernante.
En rouge, les limites prévues du Tana Integrated Sugar Project (TISP) dans le delta de la Tana (Kenya) : en jaune, cultures de canne à sucre, en rose, autres cultures et en vert, zones de mangroves
Carte: Ornithomedia.com d'après Nature Kenya
Le TISP dans le delta de la Tana
Mais une société commune créée entre la Mumias Sugar Company (MSC) Ltd et la Tana and Athi River Development Authority (TARDA) veut créer le Tana Integrated Sugar Project (TISP) dans le district de la Rivière Tana et en partie dans celui de Lamu.
Le TISP est composé de 16.000 ha de cultures irriguées de canne à sucre, de 4.000 ha d'autres cultures, d'une sucrerie, d'une unité de CO-génération de 34 mégawatts, d'une unité de production d'éthanol, et d'équipements agro-alimentaires dont des pêcheries...
En décembre 2007, la National Environment Management Authority (NEMA) a consulté certains organismes pour avoir leur avis sur le TISP; l'association Kenya Nature, sollicitée, s’oppose au projet pour les raisons suivantes :
- La destruction programmée d'au moins 20 000 hectares d'habitats naturels dans un secteur à forte biodiversité dont dépendent les populations locales. Il n'y a pas de plan de conservation ni d’information.
- Une forte compétition pour l’eau entre le TISP, un autre projet sucrier proposé par MAT International, les plans du National Irrigation Board, les autres projets de développement et les besoins du le bétail, de la faune, et les besoins des pêcheries et de l’écosystème. Le TISP utilisera au moins un tiers de l’eau du fleuve Tana, ce qui aura des impacts très significatifs en aval.
- Le TISP aura des conséquences négatives d’un point de vue écologique, économique et social, et aucun aménagement n’est prévu pour faire face à ces impacts.
- Il n'y a pas eu d'évaluation des avantages économiques au niveau national et local; les alternatives possibles (tourisme par exemple) n'ont pas été étudiées.
Kenya Nature a demandé que la NEMA s'assure que ces problèmes écologiques soient étudiés avant d’approuver éventuellement le projet. Une zone protégée devrait également être mise en place.
Sources: www.naturekenya.org, www.birdlife.org.
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