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Si vous voulez nous proposer des informations ornithologiques, envoyez-nous un e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com, en nous précisant la source de l'information. Cette page est sponsorisée par Neornithes, le logiciel de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
    Papouasie Nouvelle-Guinée - Janvier 2008.
Situation de la Nouvelle-Bretagne (New-Britain), à l'est de la Nouvelle-Guinée, et étendue des zones boisées (forêts inondables, de plaine, de montagne et mangroves) en 1998
Carte: Ornithomedia.com
Situation de la Nouvelle-Bretagne
Le palmier à huile menace les endémiques de Nouvelle-Bretagne.
Après l'annonce que 70% des forêts de l'île de Woodlark, au Sud-est de la Nouvelle-Guinée, seraient rasées (lire La forêt tropicale d'une île rasée à 70% pour la culture du palmier à huile) pour y établir des plantations de palmiers à huile, BirdLife International a publié les résultats d'une étude présentée dans le journal Biological Conservation et indiquant que la grande (37 000 km2) île de Nouvelle-Bretagne (New-Britain), dans l'archipel des Bismarck, au Nord-est de la Nouvelle-Guinée, souffrait également d'un déboisement intense pour satisfaire la demande mondiale en huile de coprah.
La Nouvelle-Bretagne est une grande île volcanique étroite née suite à un soulèvement géologique et qui possède une biodiversité importante (forêts tropicales de plaine et d'altitude, mangroves et zones humides).
Malgré sa proximité avec la Nouvelle-Guinée, l'île (et les autres îles de l'archipel Bismarck) n'a jamais été connectée avec elle. De ce fait, sa faune et sa flore présentent un fort taux d'endémisme
L'île possède encore de belles étendues forestières.
Les forêts tropicales de plaine (en-dessous de 1000 m) sont composées de relativement peu d'essences et ne sont pas dominées, comme en Nouvelle-Guinée, par les deux conifères Araucaria hunsteinii et A. cunninghamii.
Les zones humides sont principalement constituées de peuplements de Campnosperma brevipetiolata, Terminalia brassii, de Palmiers sago (Metroxylon sagu) et d'espèces du genre Pandus.
Les forêts montagnardes, au-dessus de 1000 m, subissent des températures plus froides et une humidité plus forte: les essences dominantes appartiennent aux genres Metrosideros (avec en particulier l'espèce M. salomonensis), Araucaria, Lithocarpus, Castanopsis, Syzygium et Ilex. Les hêtres (Nothofagus) et chênes, présents en Nouvelle-Guinée, sont absents. Le nombre et la variété d'épiphytes entre 1 000 et 1 600 m sont impressionnantes.
La Nouvelle-Bretagne et les îles satellites possèdent 37 espèces d'oiseaux endémiques stricts ou partiels, dont 14 sont limitées à l'île et 12 à la Nouvelle-Bretagne et à la Nouvelle-Irlande, une île voisine. La taxonomie de nombreuses espèces est encore mal connue, et de nouvelles espèces devraient être reconnues dans le futur (comme les sous-espèces nigriceps du Martin-chasseur sylvain Tanysiptera sylvia et cineracea du Myzomèle à menton rouge Myzomela eques).
Pigeon à tête pâle (Columba pallidiceps)
Le Pigeon à tête pâle (Columba pallidiceps), une espèce en danger critique, souffre du déboisement de la Nouvelle-Bretagne
Photo: Andy Bunting / www.birdlife.org
Des scientifiques de la RSPB (BirdLife Grande-Bretagne), de BirdLife International, de Conservation International, les membres d'un bureau de consultants indépendants et de l'Institute of Environment and Sustainability (EC JRC) ont analysé des images satellites et on constaté qu'environ 12% des forêts de nouvelle-Bretagne avaient disparu entre 1989 et 2000, dont 20% des forêts situées à moins de 100 m d'altitude. La plus grande partie de la côte nord a déjà été déboisée.
De nombreuses espèces forestières sont désormais menacées, comme le Pigeon à tête pâle (Columba pallidiceps) qui était déjà rare dans les années 1950. Le nombre d'espèces menacées ou quasiment-menacées a doublé et est passé à 21.
L'effet potentiel du déboisement sur certaines espèces a été estimé en prenant en compte les informations disponibles sur leur distribution altitudinale. C'est la première que l'imagerie satellitaire est utilisée pour de telles études.
Martin-pêcheur des Bismarck (Alcedo websteri)
Le Martin-pêcheur des Bismarck (Alcedo websteri) a perdu 20% de son habitat en 10 ans en Nouvelle-Bretagne
Photo: Nick Borrow / www.birdlife.org
Sur les 37 endémiques strictes ou partiels de Nouvelle-Bretagne, les plus affectées sont bien sûr celles qui ne peuvent pas tolérer un habitat dégradé et/ou non forestier et/ou d'altitude. L'étude a démontré que les espèces les plus touchées sont le Martin-pêcheur des Bismarck (Alcedo websteri) qui a perdu 20 % de son habitat en 10 ans, et le Coryllis des Bismarck (Loriculus tener) qui a vu disparaître 18 % de son domaine.
La culture non régulée du palmier à huile, qui a déjà ravagé de grandes surfaces de forêts de plaine en Indonésie, "s'attaque" maintenant à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cette expansion est liée à la demande croissante en huile de coprah des industries alimentaires et chimiques et à la production croissante de biocarburants. Selon les auteurs, 320 km² de la Nouvelle-Bretagne ont déjà été transformés en plantations, et on estime que ces dernières couvriront 800 km² en 2014.
Les scientifiques recommandent la protection urgente de certaines zones forestières de plaine qui pourraient servir de refuges.
Sources:
BirdLife International, www.worldwildlife.org, www.eoearth.org.
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    Sierra Leone - Décembre 2007.
Situation de la Forêt de Gola (Sierra Leone) et zones restantes de forêts tropicales humides
Carte: Ornithomedia.com
(d'après CI)
Situation de la Forêt de Gola (Sierra Leone)
La forêt de Gola bientôt classée en parc national.
Le président de Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, a lancé officiellement le 14 décembre 2007 le plan pour créer le second parc national du pays dans la forêt de Gola, à la frontière avec le Liberia (lire aussi Bonne nouvelle pour la forêt de Gola). Ce massif forestier couvre 75 000 ha et constitue le plus vaste bloc de forêt primaire de plaine de Sierra Leone. Il fait partie de la forêt de Haute-Guinée qui autrefois couvrait cinq pays d'Afrique occidentale.
La forêt de Gola est en fait constituée de trois réserves forestières (Gola North: 45 800 ha; Gola East: 22,800 ha et Gola West: 6 200 ha) situées dans les provinces de l'Est et du Sud (districts de Kenema, de Pujehun et de Kailahun), à environ 330 km de la capitale, Freetown. Il existe également une réserve de chasse de 1300 ha (Tiwai Island) sur la rivière Moa.
Certaines parcelles forestières ne sont toutefois pas protégées, mais elles servent de corridors avec les forêts du Liberia voisin.
Gola North est toutefois plus accidentée, avec un point culminant à 475 m. Gola East and Gola West sont situées dans la plaine et comprennent plusieurs zones marécageuses et quelques collines.
Vue de la forêt de Gola (Gola North)
Vue de la forêt de Gola (réserve de Gola North)
Photo : Andrew Hester / www.africanbirdclub.org
G.D. Field avait noté 216 espèces entre 1970 et 1976. Il y a découvert le Malimbe de Ballmann (Malimbus ballmanni) (même si la description de l'espèce a été faite en Côte d'Ivoire). Allport et al (1989) ont recensé 274 espèces.
Huit espèces globalement menacées sont présentes à Gola, dont la Pintade à poitrine blanche (Agelastes meleagrides), la Chouette-pêcheuse rousse (Scotopelia ussheri), le Bulbul à queue verte (Bleda eximia), le Bulbul à groge jaune (Chlorocichla flavicollis) et le Picatharthe de Guinée (Picathartes gymnocephalus). La forêt constitue d'ailleurs le bastion de cette dernière espèce dans le pays, avec 52 sites de nidification.
Birds of Western Africa
Un livre recommandé pour partir dans la forêt de Gola, le Birds of Western Africa de Nik Borrow et Ron Demey (commandez sur Amazon)
Les populations locales seront dédommagées du manque à gagner découlant de l'arrêt des activités des compagnies forestières. Le président espère ainsi générer de nouveaux revenus (écotourisme). Les associations de protection mettent aussi en avant le rôle que ce pays, qui a subit une guerre civile de 10 ans qui s'est terminée en 2002, jouera dans la lutte contre l'effet de serre.
Des ONG, la Commission Européenne et le gouvernement français alimenteront à hauteur de 12 millions de dollars un fond destiné à couvrir les frais de fonctionnement du parc et le montant des indemnités à verser à 100 000 personnes (!). La RSPB conduit le projet.
Selon les promoteurs du projet, la forêt aurait disparu en 10 ans sans protection.
Le président entend créer six autres parcs nationaux pour développer le tourisme dans le pays.
Avant de vous rendre sur place, nous vous recommandons l'excellent guide Birds of Western Africa de Nik Borrow et Ron Demey dans la collection Helm Field Guides.
Sources: BBC
, Birdlife International, Visit Sierra Leone, African Bird Club
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