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  Actualités - Avec Neornithes
Si vous voulez nous proposer des informations ornithologiques, envoyez-nous un e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com, en nous précisant la source de l'information. Cette page est sponsorisée par Neornithes, le logiciel de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
    Indonésie - Décembre 2007.
Situation des Monts Foja dans la province indonésienne d'Irian Jaya, et répartition des différents types de forêts (mangroves, inondées, de plaine, de montagne) en 1998
Carte: Ornithomedia.com
Situation des Monts Foja
Nouvelle expédition dans les Monts Foja.
En juin 2007, soit plus d'un an et demi après celle de décembre 2005 (lire Découverte d'un monde inconnu en Nouvelle-Guinée), Bruce Beehler a remonté une expédition dans les Monts Foja, dans la province indonésienne d'Irian-Jaya (ou Papua), sur l'île de Nouvelle-Guinée. Ils ont fait de nouvelles découvertes, dont deux nouveaux mammifères: un petit marsupial du genre Cercarteus et un rat géant du genre Mallomys.
Méliphage enfumé de Carol (Melipotes carolae)
Méliphage enfumé de Carol (Melipotes carolae), Monts Foja, juin 2007: une nouvelle espèce découverte en décembre 2005
Photo : Bruce Beehler / www.conservation.or
Ils ont aussi photographié certains oiseaux pour la première fois et obtenu de nouvelles photos du méliphage inconnu du genre Melipotes appelé Méliphage enfumé de Carol (Melipotes carolae), en hommage au prénom de la femme de Bruce, et trouvé en décembre 2005 (voir deux photos dans Découverte d'un monde inconnu en Nouvelle-Guinée). Ils ont filmé les parades du Jardinier à front d'or (Amblyornis flavifrons) et du Paradisier fastueux (Epimachus fastuosus). Vous pouvez voir sur ce lien une vidéo de l'expédition.
En décembre 2005, Bruce Beehler et une équipe internationale avaient découvert plusieurs nouvelles espèces animales et végétales et redécouvert le Paradisier de Berlepsch (Parotia berlepschi); ils ont alors pu observer un mâle en parade, se déplaçant dans les arbres les entourant, battant des ailes, agitant les plumes sur ses flancs et émettant un chant composé de deux notes douces.
Cette espèce avait été décrite pour la première fois en 1897 par l'ornithologue allemand Otto Kleinschmidt à partir de dépouilles du musée privé de Hans von Berlepsch. Ce spectaculaire oiseau noir, dont la gorge présente des reflets métalliques et dont et les flancs sont d'un blanc pur est reconnaissable notamment par ses longues plumes de la tête (lire notre dossier sur les paradisiers).
Mâle de Paradisier de Berlepsch
Mâle de Paradisier de Berlepsch (Parotia berlepschi), une espèce dont on avait perdu la trace. Photo prise dans les Monts Foja, Conservation International Rapid Assessment Program (RAP) expedition, novembre-décembre 2005
Photo : Bruce Beehler / www.conservation.or
Mais on ne connaissait ni son habitat ni d'emplacement précis où il vivait. Les scientifiques ont longtemps considéré (à tort) ce paradisier comme étant une simple sous-espèce, et cet oiseau mystérieux était "oublié". Au moins une douzaine de tentatives ont été menées pour tenter de localiser cet oiseau au cours des 80 dernières années; des biologistes éminents sont revenus bredouille, parcourant sans résultat les montagnes de Nouvelle-Guinée.
Mais dans les années 1970, ils se sont intéressés particulièrement aux Monts Foja. En effet, la forêt qui recouvre ces montagnes est quasiment intacte et indemne de toute activité humaine. Les peuples Kwerba et Papasena sont les propriétaires coutumiers de cette forêt, mais ils habitent principalement à sa lisière et n'osent que rarement y pénétrer. Jared Diamond, un géographe membre de l'université de Californie, a été le seul scientifique à explorer les Monts Foja avant l'équipe de Beehler, en 1979 et de 1981. Parmi ses découvertes figuraient le Jardinier à front d'or et une femelle de Paradisier de Berlepsch. Mais il n'avait pas vu de mâle de cette dernière espèce.
Le bassin du Mamberamo, qui comprend les Monts Foja, est un secteur très peu peuplé et couvert à 95 % de forêts, ce qui en fait le massif forestier le plus vaste et le mieux conservé de la région Asie-Pacifique. Les Monts Foja constituent la limite septentrionale du bassin du Mamberamo.
Source:
Conservation International
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    Papouasie Nouvelle-Guinée - Décembre 2007.
Forêts inondables, de plaine et de montagne en Papouasie Nouvelle-Guinée (1998). La petite île de Woodlark, à l'est de la Nouvelle-Guinée, possède encore une belle forêt tropicale de plaine: plus pour longtemps...
Carte: Ornithomedia.com
Situation deWoodlark Island
La forêt tropicale d'une île rasée à 70% pour la culture du palmier à huile.
Décidément, les mauvaises nouvelles se succèdent pour l'environnement, et cette fois-ci, ce sont les carburants dits "verts" qui sont responsables d'un désastre écologique à venir.
Nous venons en effet de lire sur le site www.mongabay.com que la compagnie indonésienne Vitroplant avait été autorisée à mettre en place son projet visant à transformer 70% (soit 60 000 ha) de Woodlark Island (Muyua), à l'est de la Papouasie Nouvelle-Guinée, en plantation de palmiers à huile. Les biologistes sont désespérés et ont peu d'espoir d'empêcher que cette catastrophe ne se réalise.
Woodlark island est une petite île de 874 km2 couverte en majorité de forêts de plaine composées d'essences des genres Pometia, Octomeles, Alstonia, Campnosperma, Canarium, Dracontomelon, Pterocymbium, Crytocarya, Intsia, Ficus et Terminalia (Mueller-Dombois et Fosberg 1998). Muyua, séparée de la Nouvelle-Guinée depuis la fin du Pléistocène, possède de nombreuses plantes endémiques et un marsupial nocturne unique, le Couscous de Woodlark. (Phalanger lullulae).
La diversité ornithologique est importante, et deux oiseaux de paradis vivent dans les îles du secteur. Muyua ayant été très peu étudiée, il est possible qu'elle abrite des animaux non encore décrits.
La population est faible (6 000 habitants), mais elle augmente rapidement. Le projet de Vitroplant, s'il pourrait apporter des avantages matériels aux habitants de Woodlark, entraînera probablement la disparition d'un patrimoine unique et une forte dégradation de l'environnement (cours d'eau, récifs coralliens). Il transformera aussi à jamais le mode de vie des communautés locales, notamment leur agriculture qui a su préserver en grande partie l'équilibre écologique de l'île.
Toutefois, selon l'édition du 18 novembre 2007 du journal papou The National, la majorité des habitants serait favorable aux plantations de Vitroplant. Dans cet article, William Bernard, président de la Milne Bay PMV Association, qui soutient Vitroplant, affirme que seules les personnes qui n'habitent pas Woodlark sont opposées à son développement.
Le paradoxe est que l'huile tirée de ces plantations devrait être destinée à la production de ... biocarburants! Comme ailleurs en Asie, la demande croissante en ces combustibles "écologiques est responsable d'une déforestation massive, qui s'ajoute aux autres causes déjà connue (agriculture, demande en bois).

Source:
Mongabay.com
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    Bahamas - Décembre 2007.
Crane de Caracara des Bahamas
Crâne de Caracara des Bahamas, une espèce aujourd'hui éteinte, découvert dans un trou bleu
Schéma: ornithomedia.com d'après PNAS/National Academy of Sciences
Des fossiles découverts dans un trou bleu.
Des plongeurs et des biologistes ont récemment exploré l'un des "trous bleus" des Bahamas appelé le Sawmill Sink, et ils y ont trouvé des ossements d'animaux présents sur l'archipel avant l'arrivée de l'Homme.
Des restes d'oiseaux, de rongeurs, de chauves-souris, de lézards, de tortues et de crocodiles aujourd'hui éteints ou en voie d'extinction ont ainsi été découverts.
Le trou contenait aussi des ossements humains datant de 1050 ans, ce qui correspond peut-être aux premiers humains arrivés sur l'archipel. Un article sur ces recherches a été publié début décembre sur le site web de la revue National Academy of Sciences (www.pnas.org/cgi/content/abstract/104/50/19897)
.
Un trou bleu est une doline dans laquelle les couches profondes de l'océan sont surmontées d'une couche d'eau douce. L'environnement dans un trou bleu est idéal pour la préservation des fossiles car les eaux salées pauvres en oxygène empêchent les bactéries et des champignons de décomposer les vestiges organiques. Les objets sont aussi souvent recouverts de sédiments protecteurs. Mais explorer une doline est risqué, du fait de leur profondeur, de leur étroitesse, de leurs eaux troubles et des couches toxiques de sulfure d'hydrogène.
Le Sawmill Sink est entouré d'une forêt de pins poussant sur un terrain rocailleux à l'intérieur de l'île d'Abaco, dans le nord des Bahamas. Il s'agissait autrefois d'une caverne qui s'est remplie d'eau quand le niveau de la mer est monté. Aujourd'hui, la doline mesure 17 mètres de large et 33,5 mètres de profondeur. Les ossements découverts avaient de 1 000 à 4 200 ans.
La découverte la plus remarquable sont les restes d'un ancien crocodile terrestre, apparenté à priori au Crocodile de Cuba (Crocodylus rhombifer). Cette espèce est à la fois terrestre et aquatique. Mais le Sawmill Sink, éloigné de 2 km des mangroves et des côtes les plus proches, constitue un site inattendu.
Un autre mystère concerne les raisons de la disparition de ce crocodile et de deux espèces de tortues, alors que le climat et les conditions écologiques n'étaient guère différentes de celles d'aujourd'hui. L'Homme est sûrement à l'origine de leur extinction (chasse).

Des vestiges de végétaux trouvés indiquent que le paysage était constitué de zones ouvertes régénérées par le feu. La découverte d'ossements de Chevêche des terriers (Athene sp.) et de Sturnelles (Sturnella sp.) appuie cette hypothèse; Parmi les autres fossiles d'oiseaux mis à jour, on note ceux d'un Caracara aujourd'hui disparu, appelé le Caracara des Bahamas.
Source:
National Academy of Sciences
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    Espagne - Décembre 2007.
Mésange de Tenerife (Parus teneriffae)
Mésange de Tenerife (Parus teneriffae): notez le dos bleu, l'absence de barre alaire, la calotte bleu sombre, l'étroit sourcil blanc
Schéma: Ornithomedia.com
Distinction d'une nouvelle espèce de mésange dans les îles Canaries.
L'analyse de séquences (1005 paires de bases exactement) du gène mitochondrial du cytochrome b du groupe Parus teneriffae présent aux Canaries et en Afrique du Nord a révélé de nouveaux éléments dans la phylogéographie de ce taxon. Le point de départ de sa dispersion dans l'archipel des Canaries serait apparemment l'une des îles centrales (Tenerife ou Gran Canaria). Les populations d'El Hierro (P. t. ombriosus) et de La Palma (P. t. palmensis) représentent des lignées monophylétiques distinctes.
La Mésange bleue de Gran Canaria est génétiquement différente de celles de La Gomera et de Tenerife (P. t. Teneriffae), ce qui est cohérent avec les résultats d'autres études et suggère l'existence d'un taxon non encore décrit. Par contre, les populations des îles de Fuerteventura et de Lanzarote (P. t. degener) ne peuvent être distinguées des Mésanges magrhébines (P. t. ultramarinus), et ces populations devraient être regroupées dans la sous-espèce P. t. ultramarinus.
Les recommandations taxinomiques basées sur ces résultats sont:
- une séparation de la Mésange de Tenerife (P. teneriffae) (regroupant les d'Afrique du Nord et des Canaries,) et de celle d'Europe (P. caeruleus)
- le regroupement de P. t. degener et P. t. ultramarinus en une seule sous-espèce, P. teneriffae ultramarinus
- la reconnaissance d'un nouveau taxon sur l'île de Gran Canaria appelé P. t. hedwigii (nov. ssp.)
Ce nouveau taxon est formellement décrit dans l'article "Phylogeography of the blue tit (Parus teneriffae-group) on the Canary Islands based on mitochondrial DNA sequence data and morphometrics" rédigé par Christian Dietzen, Eduardo Garcia-del-Rey, Guillermo Delgado Castro et Michael Wink, publié dans le numéro de juillet 2007 de la revue Ornithologen-Gesellschaft.
Ces résultats génétiques sont en partie confirmés par des éléments bioacoustiques et des données morphologiques.
Source: Ornithologen-Gesellschaft

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