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Si vous voulez nous proposer des informations ornithologiques, envoyez-nous un e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com, en nous précisant la source de l'information. Cette page est sponsorisée par Neornithes, le logiciel de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
    Grande-Bretagne - Août 2007.
Afflux de Pouillots verdâtres en Grande-Bretagne.

Situation de Norwich, la principale ville du Norfolk, où un afflux de Pouillots vedâtres a été noté le semaine du 21/08/07
Situation de Norwich, la principale ville du Norfolk
Lee G. R. Evans, de la British Birding Association, a diffusé une information très intéressante, à mettre peut-être en relation avec l'observation le 28 août 2007 d'un Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides) par Christophe Goujon le 28/08 à Orgeville (Eure), 25 km à l'est de Rouen: un afflux de Pouillots verdâtres, impliquant un minimum de 33 oiseaux, a été noté en Grand-Bretagne au cours de la semaine du 20 août, la grande majorité dans le Norfolk.
Ils avaient sûrement été emportés par des vents froids orientés Est-Nord-Est, puis bloqués par de fortes pluies ou un temps nuageux, des conditions qui frappent la Grande-Bretagne depuis le mois de juillet.
Le premier pouillot a été vu sur Fair Isle (Shetland) le 20 août, suivi peu après par un individu très confiant à Skaw, Unst (Shetland) les 21 et 22. Au même moment, un juvénile a atteint les Iles Farne, bien visible sur Inner Farne (Northumberland) le 21.
Le premier oiseau à "accoster" dans le Norfolk a été noté à Blakeney Point, où cinq oiseaux ont été observés juste avant la nuit (ainsi que des oiseaux isolés à Far Point et à the Plantation, puis trois dans le secteur de Watch House). Les cinq individus ont été revus très brièvement le 22, dans de très mauvaises conditions (vents forts du Nord).
Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides)

Pouillot verdâtre (Phylloscopus trochiloides), Durham, Whitburn (Grande-Bretagne), le 05/09/05
Photo: Mark Newsome

Il n'y a pas eu d'amélioration du temps jusqu'au samedi 25 août, et les trois pouillots n'ont été revus que le 24, bien visibles à The Plantation. Un autre oiseau a été noté à The Hood, puis deux à Watch House. En tout, un minimum de six oiseaux sont arrivés à The Point entre le 21 et le 25.
Le 22 août, un Pouillot verdâtre été découvert à Straight Lonnen sur Holy Island (Northumberland), et au cours d'une accalmie, le 23, trois oiseaux ont été découverts dans le Norfolk: à l'ouest Holkham Pines, capturé et bagué dans le jardin de Martin Preston à Denmark House, à Weybourne et à Warham Greens.
D'autres découvertes d'oiseaux isolés ont été faites le 24 août dans le Norfolk: au Wells Woods Drinking Pool, à Holme NWT, à Stiffkey Fen, à Thornham Point (Titchwell), et à la Sidestrand Hall School et à la Castle Farm (Sea Palling).
Plus au sud, un pouillot atteint l'East Kent, visitant un jardin au sommet d'une falaise à Cliff House, Kingsdown, tandis qu'un autre s'est montré par intermittences à Warrenhouse Wood, Gunton (Suffolk).
Plus au nord, un oiseau a été identifié près d'Old Fall Hedgerow à Flamborough Head (East Yorkshire).
L'oiseau le plus "obligeant" a été observé dans les buissons de Thornham Point, à l'ouest de la promenade de Titchwell; cet oiseau s'est montré à 450 observateurs à intervalles réguliers le 25 août, et il était toujours présent au crépuscule. Beaucoup plus insaisissables étaient les 16 autres oiseaux localisés le 26 sur la côte du Norfolk, dont de "nouveaux" oiseaux au camping de Stiffkey, à Horsey Bramble Hill, près du camping de California, à Happisburgh, au parking de la réserve de Cley Marshes, à Walsey Hills, à Muckleburgh Hill, dans la seconde avenue de Caister-on-Sea, dans la décharge de Waxham Pipe, à Stiffkey Fen, à Warham Greens, dans la réserve d'Holme et au moins trois à Blakeney Point.
Avec une nuit du 25 claire et calme, seuls deux oiseaux sont restés dans le Norfolk le 26, à Walsey Hills et au nord de la Second Avenue à Caister. Les deux oiseaux se sont montrés occasionnellement pendant la journée. Le dernier oiseau a été trouvé à Rockland Broad (Norfolk) le 27, où il a été observé dans les buissons jusqu'à 8h05 du matin. L'oiseau de Walsey Hills est resté à Sallows à l'extrémité sud-ouest de la réserve jusqu'au 27.

A lire notre article sur l'identification des pouillots sibériens.
Source: British Birding Association.
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    Canada - Août 2007.
Un possible Courlis esquimau au Canada.


Un oiseau disparu?

Situation de Peggy's Cove en Nouvelle-Ecosse (Canada) et voies de migration connues du Courlis esquimau
Migrations et situation du lieu d'observation
Dans son numéro d'octobre 2007 à venir, la revue Birder's World (www.birdersworld.com) publie un article très intéressant sur la probable observation par Randy Hoffman, un observateur expérimenté, ancien président de la Wisconsin Society for Ornithology, d'un Courlis esquimau (Numenius borealis) en septembre 2006 à Peggy's Cove, dans la province canadienne de Nouvelle-Ecosse, à environ 25 km d'Halifax.
Il effectuait avec sa femme une randonnée le long de la côte entre Saint-Margaret's Bay et Peggy's Cove.
Le Courlis esquimau est une espèce considérée aujourd'hui comme "probablement éteinte". Autrefois très abondant en Amérique du Nord, ce courlis a été victime d'une chasse excessive au cours du XIXe siècle. En effet, jusqu'à 2 millions d'oiseaux pouvaient ainsi être récoltés chaque automne. La disparition de son habitat et de sa source principale de nourriture, une espèce de sauterelle vivant à l'ouest de l'Amérique du Nord, sont aussi à l'origine de son déclin.
La dernière observation confirmée date de 1962, quand deux oiseaux furent photographiés au Texas en 1962 (voir les photos sur http://texasbirds.org/tbrc/eskimo.html), et dernier spécimen connu fut tué à la Barbade (Antilles) en 1963.

L'observation et la description

Le 24 septembre 2006, le temps était doux et ensoleillé. La côte à Peggy's Cove est une lande ponctuée de rochers entre lesquels poussent des buissons, notamment des camarines. Les fruits de cet arbuste étaient très appréciés des Courlis esquimaux au cours de leur migration.
Randy a soudain entendu un doux chant dissylabique inconnu de lui.
Il a ensuite entendu ce cri une seconde fois, dans une direction opposée. Ce cri pouvait être décrit comme un "tee-dee!" ou un "tee-bee!". Le son était clair, les notes très mélodiques.
Quelques secondes plus tard, il a à nouveau entendu le cri, puis a enfin vu l'oiseau en vol qui se dirigeait vers lui. Son vol était robuste et direct, les battements d'ailes rapides et réguliers. La couleur générale était brun-chamois à brun chaud, le cou partiellement allongé, et le bec courbé.
La queue était brune, légèrement effilée, et carrée. Les pattes ne dépassaient pas de la queue. Sous les ailes, les primaires étaient sombres, gris sombre à brun-gris, sans noir. Les axillaires et les couvertures sous-alaires étaient marron cannelle avec de faibles barres et taches. Les primaires et secondaires étant non marquées, le dessous des ailes était distinctement à deux tons. Pour Randy Hoffman, cet oiseau était différent des autres espèces de courlis qu'il connaissait. Il avait déjà vu des centaines de Courlis corlieux (Numenius phaeopus) de tous les âges, et avait déjà observé un Courlis nain (Numenius minutus) en Californie.
Il a par la suite relocalisé avec ses jumelles 10x50 l'oiseau posé sur un rocher à 90 m. Sa teinte générale était brun-chamois. Le cou était relativement fin, l'oiseau était penché légèrement vers l'avant, et le bec était fin et recourbé, dont la longueur a été estimée à 5-6 cm. Le bec était surtout noir avec une couleur chair à la base (sur moins d'un quart de la longueur totale), plus étendue sur la mandibule inférieure.
Le motif de la tête n'était pas très distinct, il n'y avait pas de sourcils nets. La couronne semblait d'un brun plus sombre que le cou et les joues, mais elle ne se détachait pas très nettement. Le cou et la poitrine étaient striées de brun, sur une base chamois. Le dos était brun plus sombre que les flancs. Les flancs étaient chamois et striés de brun, mais les stries étaient plus larges et plus isolées que sur le cou. Il n'y avait pas de marques en V ou en Y sur les flancs.
La poitrine était chamois clair sans marque. Les pointes des ailes dépassaient nettement de la queue. Les pattes étaient grises, sans la teinte bleue typique du Courlis corlieu.
Après quelques minutes d'observation, l'oiseau a pris une posture d'alerte très droite, similaire à celle d'une Bartramie des champs (Batramia longicauda). Le cou est alors apparu plus mince et la tête proportionnellement plus grosse. L'oiseau s'est ensuite envolé.
Le courlis avait un dos légèrement plus sombre et les pointes un peu plus longues que dans le dessin publié dans le Field Guide to the Birds of Eastern and Central North America de Roger Tory Peterson. En outre, le dessous des ailes n'était pas chamois non barré comme l'a dessiné Peterson.
Même si un Courlis corlieu semblait exclu, il n'était pas possible d'écarter un Courlis nain. Mais après la consultation d'autres guides et de nombreuses photos, il s'avérait selon Randy que c'était le Courlis esquimau qui correspondait mieux à l'oiseau observé.
Randy Hoffman conclu en expliquant que cet oiseau ne pouvait être confondu à priori qu'avec un juvénile de Courlis corlieu ou avec un Courlis nain, mais que d'après ses notes et la documentation, ces deux espèces devaient à priori être éliminées. Mais il est resté prudent, rappelant qu'il n'avait pas ramené de preuves concluantes (photos, enregistrements, plumes, crottes).

Discussion et informations

Courlis esquimau (Numenius borealis)

Courlis esquimau (Numenius borealis) naturalisé
Photo: G. K. Peck

Un puissant orage avait frappé le Nord-est du Canada quelques jours plus tôt. Un puissant système dépressionnaire avait accompagné un courant thermique qui s'étirait entre la ville de Québec et la Baie d'Ungava et qui avait presque atteint l'Île de Baffin avant de faire un virage vers le Groenland.
Les 21 et 22 septembre, l'orage était sur la Mer du Labrador, dirigeant les vents de Nord-est vers les côtes du Labrador. La migration des Courlis esquimaux les conduisait autrefois le long du littoral du Labrador en automne au cours de leur voyage vers l'Amérique du Sud.
Jadis, le Courlis esquimau était une espèce courante dans le Nord canadien et le long des voies de migration. Ce limicole accomplissait autrefois ses migration en immenses vols, quittant son aire de reproduction dans la taïga canadienne et de l'Alaska pour ses quartiers d'hiver en Argentine, en Uruguay et au Paraguay.
On estime que, au milieu du XIXe siècle, sa population comptait des millions d'individus. L'oiseau constituait une importance source de nourriture pour les Dénés, les Métis, les Inuvialuits et les Inuits.
On a cru cette espèce disparue jusqu'à la confirmation d'une observation au Texas en 1940. Depuis 1975, environ 18 observations, dont certaines n'ont pas été confirmées, ont été signalées dans des aires de reproduction, de migration et d'hivernage.
Au Canada, les dernières observations possibles ont été signalées en 1976 (deux oiseaux le long de la baie James en Ontario durant la migration automnale), en 1992 (un oiseau dans les Territoires du Nord-Ouest) et en 1996 (un oiseau en Saskatchewan pendant la migration printanière).
Le Courlis esquimau ressemble fortement au Courlis corlieu. Il se peut que des observations du Courlis esquimau soient le fait d'ornithologues amateurs qui l'auraient confondu avec une autre espèce. Ce risque de méprise rend beaucoup plus difficile la détermination de la situation de l'espèce.
Si le Courlis esquimau n'est pas déjà disparu, sa population totale est certainement très petite. Elle se chiffre probablement à moins de 50 à 100 individus. Faits éclairs La dernière mention confirmée de reproduction du Courlis esquimau date de plus de 100 ans.
Certaines tribus indiennes désignent le Courlis esquimau par le mot "wekewaneso", qui signifie " mangeur de baies ". Il fait allusion à la préférence de l'oiseau pour les camarines noires et les bleuets durant la migration automnale. Le Courlis esquimau est devenu le gibier à plume de choix après qu'une chasse excessive a entraîné la rareté, puis la disparition rapide du Pigeon voyageur.

Sites web utiles

- Les pages consacrées au Courlis esquimau sur le site du Texas Bird record Commitee:
http://biology.mcgill.ca/undergra/c465a/biodiver/2002/eskimo-curlew/eskimo-curlew.htm
http://texasbirds.org/tbrc/eskimo.html
http://texasbirds.org/tbrc/eskimo2.html
- Environnement Canada: http://www.mb.ec.gc.ca/nature/endspecies/sar/db08s10.fr.html

Pourquoi a-t-il disparu?

La chasse excessive constitue-t-elle l'unique raison de la chute de la population de Courlis esquimaux? Certains chercheurs soutiennent que d'autres espèces ont survécu à des carnages semblables et suggèrent, entre autres facteurs contributifs possibles, la perte d'habitats de prairie le long de la voie de migration printanière, la conversion de ces habitats en terres agricoles et, peut-être, la perte ou la transformation d'une partie des pampas sud-américaines. Le Courlis esquimau dépend de ces habitats pour se nourrir (surtout d'insectes, mais aussi de larves, de vers gris et d'autres invertébrés) et s'abriter pendant la migration et l'hiver.
Selon une autre théorie, au fur et à mesure de la diminution de la population de Courlis esquimaux, le Courlis corlieu, plus gros et plus agressif, serait parvenu à déloger son rival autrefois plus abondant et aurait ainsi contribué au déclin de celui-ci.
L'exploration minière et d'autres initiatives de développement du Nord se déroulent sur de nombreux lieux de reproduction historiques du Courlis esquimau. Si des spécimens de celui-ci étaient repérés, il serait essentiel de protéger ces zones, notamment en obligeant la réalisation d'évaluations environnementales avant l'amorce de projets de développement. Il faudrait aussi protéger et restaurer des habitats de prairie. Non seulement la protection des prairies continentales fournirait un habitat convenable au Courlis esquimau durant la migration et l'hivernage, mais elle serait avantageuse pour de nombreuses autres espèces des prairies qui sont en voie de disparition.
Sources: www.birdersworld.com
, Environnement Canada (www.mb.ec.gc.ca).
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