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Situation de l'île de Waigeo
Situation de l'île de Waigeo
Indonésie - Juin 2007.
Premières photos du Talégalle de Bruijn.

Le Talégalle de Bruijn (Aepypodius bruijnii) vient d'être photographié pour la première fois, sur son île isolée de Waigeo, située près de la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée.
Charles Davies, de Papua Expeditions, vient en effet de publier sur www.worldtwitch.com des photos d'un mâle de cette espèce très peu connue près de son monticule d'incubation dans une forêt du Mont Danai.
Le Talégalle de Bruijn est un grand mégapode de 43 cm de long, brun sombre, plus gris sur le dos et brun plus clair sur la poitrine, avec une face nue rose. Le mâle a une crête et trois caroncules rouges.
Talégalle de Bruijn (Aepypodius bruijnii)
Talégalle de Bruijn (Aepypodius bruijnii) mâle, photographié pour la 1ère fois
Copyright Charles Davies and Papua Expeditions
Sa voix est probablement constituée d'une série de sons explosifs et caverneux. Comme tous les mégapodes, le talégalle édifie un monticule de végétaux dans lequel il dépose ses oeufs qui sont incubéas grâce à la chaleur dégagée par la décomposition des plantes.
Cette espèce est endémique à l'île de Waigeo d'où elle n'est connue que par 21 spécimens (celui collecté le plus récemment datant de 1938) dans une seule localité, Jeimon, sur la côte orientale de la Baie de Majalibit. Aucun oiseau n'avait été vu lors des expéditions menées en 1993 (beaucoup d'insulaires ne connaissant pas l'oiseau, certains estimant qu'il était rare) et en 1996 (après 10 jours de recherche).
L'oiseau a été finalement relocalisé en 2002 dans une forêt du Mont Nok près de la Baie de Majalibit. Une étude de deux mois a alors permis de découvrir 21 monticules d'incubation sur une surface relativement petite. Selon l'habitat disponible potentiel, il pourrait y avoir de 100 à 2 500 individus, population estimée en 2005 à 595-1227. Un déclin grave semble avoir eu lieu depuis plusieurs années.
Le Talégalle de Bruijn semble nicher dans les forêts montagnardes faiblement peuplées, y compris dans la zone intérieure accidentée karstique de l'île, et il y est vraisemblablement sédentaire, bien qu'il puisse occuper des altitudes différentes suivant les saisons. Il pourrait y avoir un partage des ressources alimentaires avec le Mégapode de Freycinet (Megapodius freycinet), commun sur la côte et sur les pentes jusqu'à 400 m d'altitude. Mais on ne connait pas son régime alimentaire.
Waigeo est une île au relief accidenté, sans infrastructures, avec une forêt apparemment entièrement intacte, ce qui suggère qu'il n'y a pas de menaces actuelles liées à l'agriculture ou au déboisement.
Dans les années 1980 existaient des projets de réduction de la superficie de la Cagar Alam Waigeo Barat Nature Reserve, ainsi que d'extraction du cobalt, mais à priori ils ne se sont pas réalisés. Des coupes forestières sélectives ont été rapportées dans le nord, et la chasse pourrait poser un problème. Le Sud-est de l'île a été ravagé par le feu en 1982, le rendant peut-être peu inapproprié pour l'espèce.
L'introduction de prédateurs, comme les chiens,représente une menace potentielle, surtout si l'espèce ne vole pas comme on le suppose.

Pour voir les autres photos du Talégalle de Bruijn, allez sur www.worldtwitch.com/bruijn's_brush-turkey.htm.
Sources : Papua Expeditions, www.worldtwitch.com, Birdlife International.

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    Israël - Juin 2007.
Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis)
Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis), Hula, Israël, juillet 2006
Photo : Amit Geffen / www.israbirding.com
La Rousserolle d'Irak pourrait nicher pour la deuxième année consécutive en Israël.
En juillet 2006, l'équipe de baguage de la réserve d'Hula au nord d'Israël avait surpris la communauté ornithologique en trouvant des preuves de la nidification de la Rousserolle d'Irak (Acrocephalus griseldis) (lire Première reproduction de la Rousserolle d'Irak en Israël !).
On croyait que la nidification de l'année dernière était un évènement unique, occasionnel.
Mais le 8 mai 2007, Nadav Israeli a bagué deux rousserolles dont l'une avait été déjà capturée en 2006. Cette donnée pourrait indiquer que l'espèce niche régulièrement dans la zone.
La Rousserolle d'Irak niche au sud-est de l'Irak, entre Bagdad et Bassorah, mais aussi dans le sud-ouest de l'Iran (marais Hawr Al Hawizeh) et peut-être également au Kowaït. Elle hiverne à l'est et au sud-est de l'Afrique. Elle est considérée comme en danger car sa population est faible (de 2 500 à 9999 oiseaux) et son habitat, les roselières denses des marais de Mésopotamie, s'est restreint au cours des années précédentes suite à des travaux de drainage du régime de Saddam Hussein. Toutefois, depuis 2003, suite à la destruction de plusieurs digues, les zones favorables se reconstituent progressivement, ce qui devrait être positif pour l'avenir de cette fauvette endémique.
Vous pouvez voir des photos des oiseaux de mai 2007 sur
www.israbirding.com.
Pour en savoir plus sur les marais d'Hula : www.hula-birding.com.
Source : Israbirding.
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    International - Juin 2007.
Faut-il collecter des oiseaux à titre scientifique ?

Des millions de spécimens d'oiseaux naturalisés sont présents dans les différents musées du monde, et ces collections ont permis aux scientifiques d'acquérir la plupart des connaissances ornithologiques.
Mais aujourd'hui, est-il toujours nécessaire de collecter des oiseaux, surtout s'ils sont rares, dans un but scientifique ?
ABC (American Bird Conservancy) estime que dorénavant, les nouvelles espèces ou sous-espèces pour la science, ou celles redécouvertes, ne devraient pas être collectées, étant donné les avancées récentes en génétique et les moyens numérique disponibles. L'éthique devrait en effet conduire tout organisme ou fondation à priviliégier la survie d'une espèce ou d'une sous-espèce sur la valeur scientifique d'une peau ou d'un spécimen.
Tohi des Yariguies (Atlapetes latinuchus yariguierum)
Tohi des Yariguies (Atlapetes latinuchus yariguierum)
Photo : Thomas Donegan et Blanca Huertas /
www.proaves.org
Le 6 janvier 2004, une équipe de biologistes de la Fundación ProAves, le partenaire bolivien d'ABC, avait capturé un tohi inconnu au cours d'une exploration dans les montagnes de Yariguíes (lire Découverte d'un nouveau taxon : le Tohi des Yariguíes).
Sa description avait été publiée en juin 2006 dans le Bulletin of the British Ornithologists' Club, et pour la première fois sur le continent américain, le spécimen-type avait été relâché après le prélèvement d'un échantillon d'ADN et la prise de photos. Cette description d'un "nouveau genre" suit en cela les recommandations de l'International Commission on Zoological Nomenclature.
Au contraire, une expédition dirigée par une autre institution durant l'été 2006 s'était rendue dans une petite région du nord du Pérou et y avait collecté deux spécimens de Grallaires de Jocotoco sur les trois seuls connus au Pérou. Selon les estimations les plus optimistes concernant la population équatorienne, cela représenterait au moins 1% de la population mondiale de l'espèce (200 oiseaux) ...
Dans un autre cas récent, environ sept Bataras à bec retroussé (lire Premières photos du Batara à bec retroussé) ont été collectés à Santander (Colombie), peu après que cette espèce en danger y soit découverte en 2005. Ce batara avait été perdu pour la science pendant quarante ans, avant d'être redécouvert au Vénézuela en 2004, puis en Colombie l'année suivante. Malgré sa rareté, cet oiseau est déjà bien représenté dans les collections de musée du monde...
La perte des habitats constituant déjà une menace significative pour ces espèces, pourqoi rajouter l'impact d'une collecte scientifique ? En effet, on ne connaît souvent pas le nombre exact de ces oiseaux rares, et la perte génétique causée par le prélèvement de quelques individus est désastreuse [...].
ABC et d'autres organismes investissent beaucoup d'argent dans la conservation d'espèces qui sont parfois à deux doigts de l'extinction, et c'est une contradiction philosophique que d'investir d'un côté pour protéger tandis que de l'autre des spécimens sont tués pour les collections des musées.
ABC essaie donc de convaincre la communauté scientifique du bienfondé de son raisonnement. Vous pouvez réagir sur ce point sur le site d'ABC (www.abcbirds.org) ou sur notre forum conservation.
Source : www.abcbirds.org.
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    Etats-Unis - Juin 2007.
Les jeunes oiseaux apprennent davantage en écoutant qu'en communiquant

Bruant chanteur (Melospiza melodia)
Bruant chanteur (Melospiza melodia)
Photo : Charlie nials / www.charliesbirdblog.com
Des chercheurs de l'université de Washington étudiant comment les Bruants chanteurs (Melospiza melodia) apprennent à chanter ont découvert que les jeunes oiseaux choisissent plusieurs de leurs mélodies en écoutant les communications sonores des autres bruants.
En laboratoire, de jeunes bruants ont été mis en présence de deux adultes "professeurs" : ils ont communiqué avec l'un des deux, tandis qu'ils n'ont fait qu'écouter le deuxième "discuter" avec un autre jeune. Bien qu'ils aient copié des phrases des deux adultes, les jeunes oiseaux ont acquis deux fois plus de phrases du second adulte qu'ils ont seulement écouté.
Les scientifiques étudient l'apprentissage du chant par les jeunes oiseaux car ce processus présente plusieurs analogies avec l'acquisition du langage humain. Pour le professeur Michael Beecher, l'écoute des conversations serait déterminante pour permettre aux bébés humains à apprendre à parler. Dans la nature, on pense que les Bruants chanteurs apprennent leur chant en deux phases. La première a lieu au cours de leur premier été, quand ils entendent et apprennent par cœur des chants d'adultes. Le printemps suivant, quand les jeunes établissent leurs propres territoires, ils modifient leur chant si celui-c- est trop similaire à celui de leurs voisins.
Le répertoire de Bruant chanteur se constitue définitivement vers 10 à 11 mois et ne se modifie presque plus ultérieurement.
Beecher et ses collègues estiment en fait que l'écoute et les conversations sont essentiels dans l'apprentissage. Cependant, ils n'ont pas pu déterminer l'importance relative de ces deux techniques.
Pour répondre à cette question, les chercheurs ont recueilli et élevé huit bruants pour une expérience qui s'est déroulée en deux parties.
Vers l'âge de 15 jours, les jeunes oiseaux ont été mis en présence de quatre adultes pendant deux mois. Le répertoire sonore de ces derniers était constitué typiquement d'environ 10 chants, sans phrases communes entre chaque individu. Cela signifie donc que les jeunes oiseaux ont entendu 40 chants différents. Les jeunes oiseaux ont ensuite été placés dans deux pièces, où étaient placés dans chacune un adulte.
Les jeunes oiseaux qui n'avaient pas commencé à chanter ont été mis en présence d'un "professeur" pendant quatre jours, puis placés dans l'autre pièce où ils ont entendu les chants de l'autre adulte pendant quatre jours.
A la fin de deux mois, les jeunes oiseaux ont été isolés.
La deuxième phase de l'étude a commencé quand les oiseaux avaient à peu près 8 mois. Cette fois, seuls deux adultes ont été utilisés. Chaque jeune oiseau a été placé avec un adulte dans une grande pièce, et leurs conversations ont été enregistrées puis jouées devant un autre jeune oiseau dans une chambre séparée. Le lendemain, le deuxième jeune oiseau a été mis en contact avec un deuxième professeur, et le premier, maintenant placé dans une pièce isolée, a pu écouter leurs communications.
Les chants de tous les jeunes (et des adultes) ont été enregistrés une fois qu'ils ont eu un an. L'analyse a montré que 51 % des chants des jeunes avaient été appris auprès des professeurs dont ils avaient juste écouté les conversations avec un autre oiseau, dans la deuxième phase de l'étude. Seuls 19% provenaient de conversations directes avec un adulte. Les 30 % restants ont été appris au début de leur vie.
Beecher pense que les jeunes oiseaux apprennent davantage en écoutant car c'est un mode d'apprentissage moins "intimidant".
Lors d'une recherche parallèle, Beecher et ses collègues ont enregistré des chants sur le terrain. L'analyse préliminaire de ces données suggère que les jeunes oiseaux n'ont pas beaucoup d'interactions directes avec les adultes, et donc il est probable que l'écoute passive joue un rôle primordial.
Quand on a essayé de comprendre comment les bébés découvraient le langage, les études se sont concentrées sur les interactions entre eux et leurs parents, mais il semble en fait que l'écoute passive des discussions entre leurs frères ou sœurs et leurs parents joue un rôle essentiel.
Beecher s'interroge: "les bébés apprennent-ils davantage en parlant avec leurs parents ou en écoutant les conversations des autres ? Nous ne le savons pas. Mais il est probable que la capacité des enfants à comprendre une conversation est beaucoup plus importante que celle à parler, particulièrement pendant leur première année".
Les co-auteurs de cette étude sont les chercheurs John Burt et Adrian O'Loghlen, Christopher Templeton, un doctorant, et Elizabeth Campbell, une technicienne.
Source : University of Washington, www.sciencedaily.com.
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