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    France - Mai 2007.
La position de la LPO sur les "attaques de vautours".

La LPO a publié le communiqué suivant sur son site www.lpo.fr:
Chaque année, la question des « attaques » de vautours ressurgit. Hier, quelques médias locaux et nationaux ont repris une information extrêmement accusatrice sans véritable travail d’investigation. La LPO demande un droit de réponse pour expliquer la réalité de la situation des vautours en France.
Un certain nombre de journaux, de radios et une télévision ont publié le 14 mai, sans contacter les organismes responsables de la protection des vautours en France (parc national des Pyrénées, LPO, etc.), des titres comme « Les vautours attaquent le Pays basque », sans aucune analyse de la situation ou investigation poussée concernant les faits.
Ces informations, livrées brutes et sans recul au grand public, sont dévastatrices pour tout l’effort de conservation de cette espèce rare et menacée mené en France et en Europe depuis plus de trente ans. Or en Espagne, (Navarre et Gipuzkoa), où les mêmes évènements ont été rapportés, on constate que dans 90 % des cas, les vautours étaient accusés bien trop vite. Dans seulement 10% des cas annoncés, il y avait effectivement eu un dégât sur le bétail mais il s’agissait de cas précis et isolés de bêtes laissées seules en difficulté (malades, coincées ou lors de mises bas difficiles).
En effet, la majorité des témoignages fait par les éleveurs concerne des cas de mortalités constatés avec des vautours présents mais les attaques ne sont pas observées directement. Il existe presque toujours un doute sur ce qu'il s'est réellement passé, en particulier lors des mises bas, même si les éleveurs sont de bonne foi et si leur douleur doit être prise en compte.
La présence de vautours, toujours impressionnante visuellement, est la première chose qui saute aux yeux et les vautours sont systématiquement incriminés.
L’imaginaire collectif négatif autour de cet animal a tôt fait de ressurgir, et il est accusé systématiquement de tous les méfaits, comme par le passé. Ce qu’on dit moins, parce que c’est moins sensationnel, c’est que les vautours génèrent des centaines de milliers d'euros d'économie dans les Pyrénées-Atlantiques (64) tant sur le plan touristique qu’en jouant le rôle d'équarrisseur naturel (700 000 brebis en extensif dans le département) et donc en nettoyant les montagnes et les collines des carcasses qui sinon poseraient un réel problème sanitaire pour les populations humaines.
Et que dire de l’économie de CO² réalisé par l’équarrissage naturel et gratuit effectué par les vautours, en évitant le transport par camion et le brûlage des carcasses en usine ? A l’heure actuelle, tous les cas sont enregistrés par l'Observatoire des dommages au bétail à la suite des constats réalisés par des gardes. Or les cas dénoncés ne sont pas encore analysés et il n'est donc pas possible de déterminer la part de cas certains, incertains ou douteux concernant ces témoignages. En 2005 et 2006, une trentaine de cas par an au total a été dénoncé. Mais combien d’entre eux concernent un réel accident, puisqu’en Espagne seul 1 cas sur 10 s’avère réel ?
Enfin, il faut noter un fait très important : les assurances agricoles ne remboursent pas les mortalités par retournement de matrice (mise bas se passant mal, avec retournement de l’utérus à l’extérieur du corps) lors de la mise bas, alors qu'il s'agit de la première cause de mortalité des vaches.
Et c’est essentiellement dans ces cas que des accusations contre les vautours sont portées. Or ce retournement peut intervenir jusqu'à une semaine après la mise bas ! Lorsqu'il advient, un éleveur peut ou non sauver sa vache, s'il arrive avant les vautours. Dans la plupart des cas, les vaches ne sont pas surveillées : les vautours sont alors découverts sur la vache et accusés de l'avoir tuée, alors qu'elle a pu mourir d'un retournement de matrice.
La LPO demande à ce qu’un vrai travail d’investigation soit fait avant d’annoncer de telles informations, dont les conséquences sont dramatiques.
Source : www.lpo.fr.
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Vautours fauves (Gyps fulvus)
Certains Vautours fauves (Gyps fulvus) affamés ont-ils vraiment tué une vache vivante ?
Photo : Gamla Nature Reserve

France - Mai 2007.
Des vautours prédateurs de vaches dans le Sud-ouest ?

Selon une dépêche AFP du 15 mai, divers cas d'attaques d'animaux de ferme par des Vautours fauves (Gyps fulvus) ont été signalé au Pays Basque, dans le département des Pyrénées-Atlantiques.
Une vache adulte aurait été tuée le vendredi 11 mai dans le canton de Bidache par "plusieurs dizaines de vautours affamés" selon le directeur de l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB).
D'autres faits inquiétants auraient été récemment observés par des fermiers dans la région, à 30 km à l'est de Bayonne. Les attaques signalées auraient concerné un poulain, une jument et une ânesse.
Ces faits sont fort étonnants, les vautours ne se nourrissant que des cadavres d'animaux. Selon l'IPBH, les vautours seraient en manque d'alimentation, notamment du fait de changement des modes d'élimination des déchets animaux dans les abattoirs, notamment dans la province espagnole voisine d'Aragon (ce qui est vrai, lire Les vautours d'Europe menacés par une décision européenne).
Toute personne connaissant la biologie et la morphologie des vautours ne peuvent qu'être étonnée par cette information, et on ne peut se demander s'il s'agit-il de faits avérés, constatés également par des observateurs non liés au monde de l'élevage ? Pourrait-il ne s'agir que d'une tentative de toucher des dédommagements, ou d'une volonté de noircir l'image des rapaces ?
Le responsable du site web www.buvettedesalpages.be relève des cas de "mises bas interminables, où le sang attire les vautours qui s’approchent de la vache, qui cherchant à éloigner les oiseaux, meurt d’une hémorragie de la matrice qui aurait eu lieu de toute façon".
Il relève aussi que "le vautour n’est pas équipé pour tuer comme un aigle ou un faucon", car dépourvu de serres puissantes.
Il précise que "des études franco-espagnoles poussées ont prouvé que les vautours franco-espagnols ne sont pas en surnombre et n’utilisent à l’heure actuelle que 70% de la viande disponible dans leur milieu naturel" Il relève enfin le cas récent en Haut-Béarn d'un troupeau complètement abandonné et dépérissant (rongé par la vermine et la maladie) attirant les vautours alentours, qui n'ont jamais attaqué les bêtes encore vivantes.

Sources : AFP, www.buvettedesalpages.be.
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    Colombie - Mai 2007.
Premières photos du Batara à bec retroussé !

Batara à bec retroussé (Clyctoctantes alixii)
Batara à bec retroussé (Clyctoctantes alixii), Reserva Natural El Hormiguero de Torcoroma, Colombie
Photo : Adriana Tovar / Luis Eduardo Urueña / ProAves

Un mâle de Batara à bec retroussé (Clytoctantes alixii), une espèce en danger d'extinction (BirdLife International 2005) et quasi-endémique à la Colombie, a été photographié pour la première fois dans la forêt de la Reserva Natural de las Aves "El Hormiguero de Torcoroma" par Adriana Tovar et Luis Eduardo Urueña, membres de l'association ProAves (www.proaves.org).
Ce secteur de la Cordillera Oriental a été découvert par Thomas Donegan et Blanca Huertas lors d'une expédition EBA (Endemic Bird Area), et la présence des Bataras à bec retroussé a été prouvée par Oscar Laverde au cours d'une étude ultérieure.

Habitat du Batara à bec retroussé
Habitat du Batara à bec retroussé
Photo : ProAves

Cette zone constitue une relique unique de forêt humide sub-montagnarde et de bois de " chusque" et a une superficie d'environ 100 ha.
En décembre 2006, ProAves avait acquis ce secteur et créé une réserve pour protéger les espèces d'oiseaux qui y vivent. Cette réserve est située près de la ville d'Ocaña, dans le département de Norte de Santander.
Le batara est présent au nord de la Colombie et au Venezuela, dans une petite aire de distribution : il a été redécouvert après 40 ans sans données.
C'est une espèce discrète, très difficile à observer. Il a néanmoins été vu dans des troupes mixtes de Tohis à tête rayée (Buarremon torquatus) et à nuque brune (Buarremon bruneinucha), et occasionnellement dans des zones ouvertes sèches à Chusquea scandens, chassant des insectes et des araignées.
Le Batara a bec retroussé ne répond que de façon aléatoire aux enregistrements de son espèce (technique de la repasse), ce qui complique encore son observation. En dépit de cela, un groupe de trois oiseaux composé de deux mâles et d'une femelle a été vu à plusieurs reprises.

Batara à bec retroussé (Clyctoctantes alixii)
Batara à bec retroussé (Clyctoctantes alixii), Reserva Natural El Hormiguero de Torcoroma, Colombie
Photo : Adriana Tovar / Luis Eduardo Urueña / ProAves
On connaît peu de choses sur la biologie du Batara à bec retroussé, par exemple, sur l'aspect de son nid.
Pour protéger cette espèce, ProAves a lancé des campagnes de sensibilisation et d'éducation envers les habitants d'Ocaña.
Du fait de la fragmentation rapide de son habitat (il a disparu des vallées des Rios Magdalena et Cauca, de la Cordillera Central).
il est important de mieux connaître la biologie de cette espèce afin d'optimiser les mesures de protection.
ProAves remercie les personnes et organisations ayant aidé à prendre des mesures immédiates pour protéger cette espèce, en particulier Robert Giles.

Source : www.proaves.org.
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