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par Neornithes,
le logiciel de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.
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Australie - Juin 2006.
Redécouverte possible du Pétrel de Beck !
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Le possible Pétrel de Beck (Pseudobulweria becki) réobservé
Photo : Richard Baxter / www.birdlife.net |
Le Pétrel de Beck (Pseudobulweria becki), non noté depuis 1929, aurait été vu et photographié dans la Mer de
Corail, à l'est de la Grande Barrière d'Australie.
L'observateur, le guide Richard Baxter, a pu le comparer directement avec le Pétrel de Tahiti (Pseudobulweria rostrata), l'espèce avec laquelle une confusion est la plus probable (et avec laquelle elle pourrait être conspécifique).
Malgré une absence d'observations pendant 77 années, BirdLife avait classé le pétrel comme étant en "danger critique", et non pas "éteint". En effet, il existe des données concernant jusqu'à 250 Pétrels de Tahiti, très proches, dans
l'Archipel de Bismarck et dans les Îles Salomon, et qui pourraient concerner cette espèce. De plus, ces pétrels
sont nocturnes, nichent au sol et sont difficiles à détecter; enfin, il existe de nombreux sites possibles sur les atolls et sur des îles isolées. Mais la population restante est sûrement faible.
Baxter avait traversé la Mer de Corail pendant deux jours, entre la Nouvelle-Calédonie et l'Australie. Il a précisé que les Pétrels de Tahiti étaient abondants dans les eaux suffisamment profondes. Il ajoute : "le probable Pétrel de Beck que j'ai vu était de la taille d'un Pétrel de Cookilaria (Pterodromas sp.), significativement plus petit qu'un Pétrel de Tahiti, et comparable aux Pétrels à ailes noires (Pterodroma nigripennis) et de Gould (P. leucoptera), qui ont aussi été vus ce matin. En se basant sur la taille seule, l'oiseau observé n'était pas un Pétrel de Tahiti".
Il continue : "Je pense aussi que les ailes étaient plus courtes et plus larges que que chez le Pétrel de Tahiti, et que son bec était différent, moins grand. Le dessous des ailes était plus clair. Le dessous des ailes des Pétrels de Tahiti à cette saison est très sombre. La gorge et le menton étaient pâles, et je n'ai jamais vu un Pétrel de Tahiti avec ce critère !".
Rollo Beck, ornithologue et collecteur de spécimens pour musées qui a donné son nom à l'espèce, avait participé à l'expédition de Whitney en Océanie en 1920.
Le Pétrel de Beck est seulement connu par deux spécimens : une femelle capturée en mer à l'est de la Nouvelle-Irlande et au nord de Buka, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 6 janvier 1928; et un mâle au nord-est de Rendova, Iles Salomon, sur le 18 mai 1929.
BirdLife a proposé de détailler et de photographier tous les pétrels du type rostrata observés dans la
région, de prospecter les atolls et les récifs au nord de la Nouvelle-Irlande et dans les îles Salomon, ainsi que la forêt d'altitude sur Bougainville, où le Pétrel de Beck pourrait nicher. Une analyse biochimique serait aussi nécessaire, afin de déterminer s'il s'agît bien d'une espèce à part entière, ou bien d'une sous-espèce du Pétrel de Tahiti.
Pour Stuart Butchart, directeur de programme chez Birdlife, "les défenseurs de la nature hésitent à désigner l'espèce comme éteinte s'il existe une possibilité raisonnable qu'elle existe encore".
Le docteur Stuart Butchart, coordinateur du programme sur les espèces menacées chez Birdlife, est en train d'écrire un article sur les 15 espèces en danger critique probablement éteintes. Le Pétrel de Beck n'en fait pas partie. Toutefois, un autre oiseau de mer, l' Océanite de Guadalupe (Oceanodroma macrodactyla), a été reclassé en danger critique (probablement éteint).
Source : www.birdlife.net
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Chine - Juin 2006.
Expédition fructueuse.
Conservation International et Disney ont participé à un expédition de deux mois début 2006 intitulée l'Expédition Everest' dans l'Himalaya (Chine et Népal), dont les résultats ont été fructueux. L'équipe a visité six sites différents parmi les spots régionaux les plus importants pour la biodiversité.
De nombreux organismes, comprenant des animaux et des plantes inconnus pour la science, ont été trouvés. L'annonce des découvertes a été faîte en avril, en même temps que l'ouverture de l'attraction "Expedition Everest' au Walt Disney World Resort.
Parmi les principales découvertes, on note :
- Une sauterelle aptère (Kingdonella) qui peut supporter des températures très basses et communiquer en 'frottant' ses dents. Le mâle monte sur le dos de la femelle pour un temps assez long, parfois des jours, pour empêcher des rivaux de s'accoupler avec elle.
- La confirmation de l'existence d'une nouvelle espèce de punaise (Nicrophorus schawalleri) spécialisée dans l'enterrement de carcasses de petits oiseaux et mammifères dans des trous pour nourrir ses larves.
- Une nouvelle sous-espèce de rongeur (Microtus fuscus), qui n'était pas connue dans la province du Sichuan.
- Jusqu'à trois nouvelles espèces de grenouilles, huit nouvelles espèces d'insectes, et dix nouvelles fourmis.
- Potentiellement de nouvelles espèces végétales.
L'expédition dans les montagnes du sud-ouest de la Chine et au Népal comprenait aussi des représentants de Walt Disney Imagineering qui ont recherché des indices de la présence du Yéti dans la culture locale, une créature dont l'aspect sacré a joué un grand rôle dans la protection de la nature dans la région.
Le voyage a été filmé, et Jeff Corwin, présentateur de l'émission "Corwin's Quest", l'a présenté le 15 avril 2006 sur la chaîne de télévision Discovery's Animal Planet.
CI s'est félicité du soutien financier de Disney, et du fait que l'ouverture de l'attraction dans une des parcs de Disney permettra de sensibiliser les visiteurs aux richesses de cette région du monde.
L'expédition, composée de scientifiques internationaux et locaux, a permis de confirmer la richesse naturelle des "Terres Sacrées" du Tibet, et de la nécessité de les protéger de la pression humaine croissante. Elle a aussi mis en avant le rôle bénéfique des valeurs culturelles dans la protection de l'environnement.
Les chercheurs ont également trouvé la rare et menacée Gerbille du Sichuan (Eozapus setchuanus), mais aussi un katylide (Tettigonia chinensis) qui n'a pas été vu depuis 1933, et deux végétaux très anciens dont une utilisé contre le cancer (Taxus wallichiana). L'équipe a aussi été obligée de composer avec le Frelon géant d'Asie (Vespa mandarinia), appelé localement " tueur de yaks " à cause de sa piqûre mortelle.
Les biologistes ont eu la chance de tomber sur une troupe peu farouche de Rhinopithèques dorés (Rhinopithecus roxellana), qui est l'un des symboles avec le Panda géant de la région. Autrefois menacée, l'espèce est aujourd'hui en meilleure situation grâce aux croyances locales.
Les résultats de l'expédition seront partagés avec de nombreux organismes, dont le gouvernement chinois, mais aussi des associations et des scientifiques, pour mettre en place des mesures de protection.
La culture tibétaine a permis de protéger les richesses naturelles de la région : mais sera-t-elle suffisante pour faire face à l'arrivée massive de populations d'autres régions chinoises, et la construction d'infrastructures?
Source : www.conservation.org
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La population de Faucon crécerellette (Falco naumanni), qui hiverne en Afrique, a beaucoup diminué en Europe
Photo : Olivier Laporte |
Europe - Juin 2006
Pourquoi les migrateurs disparaissent-ils ?
Un mystère entoure le déclin des oiseaux qui ont hiverné en Afrique et qui retournent en Europe à chaque printemps.
Les scientifiques craignent que cette chute soit un avertissement de l'existence de graves problèmes écologiques.
Le changement de climat, la sécheresse et la désertification en Afrique, l'usage massif de pesticides pourraient expliquer les déclins des populations britanniques de Gobemouches gris (Muscicapa striata) de Traquets motteux (Oenanthe oenanthe), de Pouillots siffleurs (Phylloscopus sibilatrix) et de Tourterelles des bois (Streptopelia turtur), selon une étude de BirdLife menée en Europe par la RSPB (BirdLife au Royaume-Uni).
Dans le même temps, des oiseaux tels que le Rollier d'Europe (Coracias garrulus), le Busard pâle (Circus macrourus) et le Faucon crécerellette (Falco naumanni) ont disparu de plusieurs sites réguliers de nidification sur le continent. Tous trois sont maintenant classifiés comme "globalement menacés ou proches de l'être".
Le Docteur Fiona Sanderson, biologiste à la RSPB et l'auteur principale de
de l'étude, précise : "les choses sont inquiétantes, le déclin de certaines espèces est plus grave que prévu. Il y a quelque chose dans la biologie des migrateurs qui les rend vulnérables, et leur déclin évoque ce que nous avons connu au cours de l'intensification des cultures il y a 30 ans. Les migrateurs diminuent depuis plus de trois décennies, mais l'étendue de leur diminution ne devient visible que maintenant ".
L'étude, qui va être publiée dans la revue Biological Conservation, montre
que 54 % des 121 migrateurs "au long cours" étudiés ont décliné ou se sont
éteints dans beaucoup de parties d'Europe depuis 1970. L'étude a également
comparé des migrateurs et des espèces sédentaires aux
caractéristiques similaires, et dans presque tous les cas, la situation du migrateur était la plus mauvaise.
Le docteur Paul Donald, de la RSPB, coauteur de l'étude, ajoute : "ces migrateurs sont extrêmement évolués et certaines espèces ont des aires de répartition qui peuvent couvrir un quart de la surface de la Terre. Pour que des espèces comme celles-ci soient si sévèrement affectées, cela suppose que quelque chose de très grave est en train de se passer quelque part, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour l'Homme […] ".
Les chercheurs vont maintenant examiner quatre théories pouvant expliquer le déclin des oiseaux migrateurs :
- Le changement de climat : les températures de l'air changent, et des
printemps plus chauds entraînent une reproduction plus précoce des insectes. Les oiseaux sédentaires peuvent ainsi mieux survivre lors des hivers, et comme les insectes, ils s'adaptent plus rapidement aux changements climatiques. Les migrateurs longue distance revenant d'Afrique ne peuvent pas eux détecter l'augmentation des températures qui annonce un printemps précoce en Europe, et arrivent parfois trop tard pour s'installer sur les meilleurs sites de nidification et pour profiter pleinement de la surabondance de nourriture dont dépend leurs jeunes.
- La sécheresse et l'agriculture au Sahel : le Sahel borde le Sahara
méridional, s'étendant depuis l'Océan Atlantique à l'ouest jusqu'à la Corne
de l'Afrique à l'est. Il couvre 1,6 milliards d'hectares et s'étale sur 12 pays. La sécheresse à long terme et l'intensification agricole, y compris l'usage répandu de pesticides et d'engrais, ont transformé une bonne
partie du Sahel en désert. Or cette région est la première halte possible pour les migrateurs traversant le Sahara.
- La désertification : le Sahara est maintenant beaucoup plus vaste qu'il ne l'était autrefois, notamment à cause de la sécheresse. Or les oiseaux migrateurs
doivent survoler ce désert en un seul vol pour atteindre leurs quartiers d'hiver. Les oiseaux pourraient ainsi être incapables de voler en une seule fois, et dans le cas où ils auraient réussi, à aller plus au sud.
- Les pesticides : des quantités énormes de pesticides sont maintenant
utilisées pour détruire les criquets et protéger les récoltes en Afrique, et elles peuvent être nocives aux oiseaux.
Toutefois, il est possible de mener un travail de conservation efficace pour aider des migrateurs menacés. Par exemple, la RSPB travaille avec la Ghana Wildlife Society (BirdLife au Ghana) pour diminuer le nombre de Sternes de Dougall (Sterna dougallii) capturées. La population de l'espèce s'est ainsi
maintenant stabilisée après un déclin de 90 % au Royaume-Uni entre 1969 et
1992. Et les populations de Cigognes blanches (Ciconia ciconia) ont augmenté en Europe de l'ouest suite aux succès des programmes de réintroduction.
BirdLife et ses partenaires européens ont aussi lancé des campagnes d'éducation auprès des enfants à travers toute l'Europe, et recueillir plus de données sur la migration. L'initiative "Printemps Vivant" permet aux observateurs de signaler leurs premières observations en ligne à chaque début de saison, et il est ainsi possible de produire des cartes illustrant la progression du printemps.
Source : www.birdlife.net.
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On vient de redécuvrir la Grenouille peinte (Atelopus ebenoides marinkellei)
Source : www.conservation.org |
Colombie - Juin 2006
Une grenouille rédécouverte.
Des chercheurs explorant une chaîne de montagnes
en Colombie ont découvert des individus d'une sous-espèce de grenouille que l'on croyait éteinte en raison d'un champignon meurtrier éliminant des populations d'amphibiens en Amérique Centrale et du Sud.
La découverte de ce qui pourrait être la dernière population de Grenouilles peintes (Atelopus ebenoides marinkellei) prouve que cette sous-espèce a survécu
au parasite, donnant l'espoir que d'autres espèces pourraient également être résistantes.
Le professeur Carlos Rocha et une équipe de chercheurs de l'Université
Pédagogique et Technologique de Boyacá (UTPC), soutenus par Conservation
International (CI), the Darwin Initiative et le Fund for Environmental Action
and Childhood, ont fait la découverte début mai 2006 dans les
déserts d'altitude de Sarna et de Toquilla dans l'est de la Colombie.
La grenouille peinte, endémique de la Colombie, avait été vue pour la dernière fois en 1995 dans le secteur de Siscunsi, une région semblable à celle de Boyacá.
Après 11 années sans donnée, les scientifiques ont considéré que l'espèce s'était éteinte à cause de champignon dermique mortel (le chytridiomycosis) et des autres menaces qui pèsent sur la survie d'un tiers des espèces d'amphibiens du monde.
"L'importance scientifique de la découverte doit nous motiver pour adopter
des mesures urgentes de protection de cette grenouille à l'état sauvage, et pour mettre en place des programmes d'élevage " précise Fabio Arjona, directeur de Conservation Internationale en Colombie, et "cela demandera beaucoup de soutiens locaux et internationaux ".
La Grenouille peinte est une sous-espèce d'un groupe d'amphibiens
néo-tropicaux qui habitent surtout la Colombie. La population d'amphibiens du
pays est considérée comme étant l'une des plus riches du monde.
42 des 113 espèces d'Atelopus des Andes tropicales en Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela ont subit des déclins pouvant atteindre 50 %.
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