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| Actualités
- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous
pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux
du monde.
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Vautour fauve (Gyps fulvus)
Photo : V. Rhont |
Espagne -
Septembre 2010.
Les Vautours fauves espagnols permettent des économies d'énergie.
Les Vautours
fauves (Gyps fulvus) espagnols permettent d'éviter chaque année
l'incinération de milliers de tonnes de carcasses, ce qui entraîne
une économie d'énergie équivalent à la dépense annuelle de 9 000 ménages
et évite le rejet de 193 000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère.
En Espagne, 380 000 tonnes de charognes sont "produites"
chaque année, dont environ 150 000 ruminants (chèvres et moutons).
Bernardo Robles, le président de l'association CARALLUMA, explique
que leur incinération entraîne de fortes dépenses énergétiques, émet
des gaz polluants et empêche le recyclage naturel des nutriments.
D'où l'importance de la contribution des vautours pour régler le problème
du traitement des grandes quantités de carcasses générées par l'agriculture.
Un vautour adulte consomme en effet environ trois kilos de viande
par semaine, et on estime que toute la population espagnole en consomme
environ 10 000 tonnes. Selon Bernardo Robles, qui travaille sur les
vautours depuis 1988, l'incinération des déchets d'origine animale
correspond à une dépense annuelle de 46 millions de tonnes de mazout,
ce qui équivaut à l'énergie produite par la centrale nucléaire de
Cofrentes pendant 21 jours à pleine puissance ou à l'éclairage de
780 000 ménages.
L'autre avantage de l'élimination des carcasses par les vautours
est qu'elle contribue au rétablissement de leur population récemment
mise à mal par l'adoption de la législation européenne contre la "maladie
de la vache folle" (ESB) exigeant la suppression du bétail
mort autrefois déposé dans la nature (lire Les
vautours d´Europe menacés par une décision européenne). Les agriculteurs
devaient signaler la mort de leurs animaux et les incinérer.
Robles précise que ces mesures ont constitué une vraie catastrophe
pour les rapaces nécrophages, car ils ne pouvaient plus compter que
sur des sources de nourriture peu importantes comme les animaux tués
lors des activités cynégétiques ou des points
d'alimentation peu nombreux (NDLR : grâce aux actions des associations
de protection de l'environnement, ces mesures ont été
depuis allégées et les charniers sont désormais
permis à nouveau s'ils sont clôturés, s'ils sont
situés à plus de 500 m des habitations et si les carcasses
sont exemptes du virus de l'ESB).
Robles demande une modification de la réglementation des conditions
d'alimentation du bétail; incluant une diminution des primes
d'assurance et des taxes de gestion des carcasses. Aujourd'hui, un
agriculteur paie en effet une taxe pour couvrir la collecte et le
traitement des cadavres : en effet, un mouton vivant de 45 kilos est
vendu 23 euros, et le coût de sa destruction se situe entre 30 et
40 euros; en d'autres termes, il vaut plus cher mort que vivant.
Source : EFE (2010). Los buitres, contra el despilfarro energético
y la contaminación.
www.google.com
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Râle d'eau (Rallus aquaticus) et Râle à joues brunes
(Rallus indicus). En rouge (A), aire de nidification
de R. a. aquaticus et R. a. hibernans (islande),
en jaune (B) l'aire de R. a. koejewi et en bleu (C) celle
de R. indicus
Carte : Ornithomedia.com d'après Tavares et al. / BMC
Evolutionary Biology 2010 |
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Asie -
Août 2010.
Le Râle à joues brunes devrait être considéré
comme une espèce à part entière.
Le Râle à joues brunes (Rallus indicus), autrefois
considéré comme une sous-espèce du Râle
d'eau (Rallus aquaticus), serait en fait une espèce
à part entière. C'est le résultat d'une étude
récente publiée
dans la revue BMC Evolutionary Biology par les chercheurs Erika S
Tavares, Gerard HJ de Kroon et Allan J Baker et intitulée "Phylogenetic
and coalescent analysis of three loci suggest that the Water Rail
is divisible into two species, Rallus aquaticus and R. indicus".
Les Râles d'eau vivent dans les zones humides du Paléarctique,
de l'Europe à l'Asie. Des populations distinctes ont été
identifiées dans cette vaste aire de répartition et
quatre sous-espèces ont été reconnues jusqu'ici
: R. a. aquaticus, R. a. hibernans, R. a. korejewi
et R. a . indicus. L'analyse de fossiles suggère
que le Râle d'eau était déjà distribué
dans le Paléarctique au Pléistocène, et son ancêtre
aurait vécu au Pliocène.
Pour étudier la structure génétique des populations
de Râles d'eau, les chercheurs ont séquencé trois loci (= emplacements
physiques précis et invariable sur un chromosome) indépendants : 686
paires de bases du CO1 (cytochrome oxidase) de l'ADN mitochondrial,
618 paires de l'intron ADH5; et 746 paires de l'exon PTPN12.
L'analyse phylogéographique a révélé que les râles d'Asie orientale
(R. A. indicus, aussi connus sous le nom de Râle à
joues brunes) sont très différents des râles d'Europe
(R. a. aquaticus) et d'Asie centrale (R. a. korejewi).
La distance génétique entre ces deux groupes au niveau
du CO1, selon le modèle d'évolution génétique
de Kimura à trois paramètres, est de 3%, et ils diffèrent
par 18 substitutions génétiques, qui sont liées
à l'ancienneté de la divergence entre les espèces-soeurs
(deux espèces-soeurs dérivent d'un ancêtre commun qui n'est partagé
par aucune autre espèce). L'étude des deux loci nucléaires
soutient cette scission.
Les chercheurs ont estimé que la séparation entre le Râle
à joues brunes et le Râle d'eau se serait produite il y a environ
534 000 ans. La fragmentation de la population ancestrale et la spéciation
est probablement attribuable à une vicariance (= séparation
géographique) causée par les cycles glaciaires, le soulèvement
continu du plateau tibétain et l'augmentation de la sédimentation
dans les déserts d'Asie du Sud débutée au Miocène.
La plupart des indices illustrant la différenciation génétiquement
ont été découverts au niveau du CO1 mitochondrial,
et l'étude des deux loci nucléaires la confirme. La scission
entre ces deux lignées se serait produite au Pléistocène moyen lorsque
les populations ont été isolées dans des zones humides entre lesquelles
les échanges génétiques étaient devenus
faibles ou inexistants.
Il existe aussi des différences morphologiques entre le Râle
à joues brunes et le Râle d'eau, constatées à
partir de l'étude de spécimens de collections dans des
musées. Chez les oiseaux orientaux, les mâles et les
femelles ont la même taille. Ils sont plus grands que leurs
cousins de l'Ouest, avec une gorge et un menton rose-cannelle, des
plumes du cou et de la poitrine plus longues, et des couvertures sous-caudales
blanches barrées de noir. En outre, les deux populations ont
des cris distincts : les grognements du Râle à joues
brunes sont plus graves et plus courts que ceux du Râle d'eau,
et ces deux râles ne réagissent pas à la diffusion
des cris de l'autre.
Source : Erika S Tavares , Gerard HJ de Kroon et Allan J Baker
(2010). Phylogenetic and coalescent analysis of three loci suggest
that the Water Rail is divisible into two species, Rallus aquaticus
and R. indicus. BMC Evolutionary Biology 10. http://www.biomedcentral.com/1471-2148/10/226
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Bruant de Jankowski et son aire de répartition
Carte : Ornithomedia.com d'après Birdlife International |
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Chine -
Août 2010.
Le Bruant de Jankowski au bord de l'extinction.
Le
Bruant de Jankowski (Emberiza jankowskii) ressemble étroitement
au Bruant à longue queue (Emberiza cioides). Martin Hale a
publié en 2010 dans le numéro 13 de la revue BirdingAsia
un article intitulé "Jankowski's Bunting Emberiza jankowskii:
the next species to become extinct in east Asia?".
On y apprend que les populations nicheuses de Bruants de Jankowski
sont en déclin. L'espèce était autrefois assez
commune dans les provinces du Heilongjiang et du Jilin (330-430 couples
en 1994) au nord-est de la Chine, dans le sud de la Primorie en Sibérie
orientale et en Corée du Nord, mais il ne reste plus désormais
que quelques secteurs favorables en Chine et en Corée du Nord.
Ce dernier pays étant fermé aux étrangers, la
Chine possède maintenant les seules zones accessibles. Il resterait
entre 200 et 500 couples. Il niche dans plusieurs types d'habitats
ouverts le long d'une étroite bande entre les forêts
décidues de Mandchourie et la steppe mongole.
Tumiji est l'un des derniers spots chinois connus. Martin Hale s'y
est rendu deux fois en mai 2010 guidé par Jesper Hornskov.
Jesper a constaté que son habitat de prairies herbeuses parsemées
d'Abricotiers de Sibérie (Ameniaca sibirica) (voir une
photo de cet habitat) était menacé par une mise
en valeur agricole. Seul 1 km² était encore intact et
sept oiseaux y subisteraient ... Toutefois des efforts sont menés
actuellement pour gérer de façon plus durable le secteur
et pour permettre la régénération de la prairie.
Une sensibilisation des populations est aussi nécessaire. Voir
la fiche
de Birdlife International consacrée à cette espèce.
Source : Martin Hale (2010). Jankowski's Bunting Emberiza
jankowskii: the next species to become extinct in east Asia? BirdingASIA
13. Pages 71-72. www.orientalbirdclub.org/publications/ba13pdfs/Hale-Jankowskis.pdf
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