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| Actualités
- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous
pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux
du monde.
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Colombie
- Février 2010.
Révision
de la taxonomie du Mérulaxe du páramo.
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de la réserve Colibri del Sol (Colombie), où vient d'être
reconnu le Mérulaxe du paramillo (Scytalopus canus) |
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Les différentes
espèces de mérulaxes (genre Scytalopus) sont
extrêmement difficiles à distinguer les unes des autres
car elles semblent pratiquement identiques. Toutefois leur chant est
un critère essentiel.
Au cours des dernières décennies, l'augmentation de la pratique
de l'enregistrement des chants et cris par les ornithologues dans
les Andes a révélé la fantastique diversité spécifique
des mérulaxes, le nombre d'espèces reconnues étant
passé de dix à presque quarante.
Par exemple, en 2008, une étude de ProAves (www.proaves.org)
a permis de découvrir la sous-espèce gilesi du
Mérulaxe du matorral (Scylatopus griseicollis) (lire
Découverte
d'une nouvelle sous-espèce du Mérulaxe du matorral) et quatre
nouvelles populations non encore décrites de mérulaxes
en Colombie et au Venezuela.
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Le Mérulaxe du paramillo (Scytalopus canus), nouvellement
reconnu comme une espèce à part entière
Source: ProAves |
Le Mérulaxe du
páramo (Scytalopus canus) est commun à la limite des
arbres et dans le páramo (formation végétale d'altitude) dans le nord
des Andes en Colombie, en Équateur, et dans le nord du Pérou.
Il a été décrit il y a 95 ans par Frank Chapman en se basant sur dix
spécimens complets collectés à 3 810 mètres d'altitude dans
le Páramo de Paramillo, dans la Cordillère occidentale d'Antioquia
(Colombie). Ce site a été inaccessible pendant des décennies,
et il n'était donc pas possible de rassembler de nouvelles
informations sur l'espèce.
En août 2004, une expédition de ProAves dirigée par Niels
Krabbe avait pour but de réaliser la première étude
ornithologique depuis plus plus de 50 ans dans le plus haut massif
de la Cordillère occidentale, dans le Páramo del Sol (aussi
connu sous le nom de Páramo Frontino), dans la municipalité d'Urrao
(province d'Antioquia), à 70 km au sud-sud-ouest du Páramo
de Paramillo.
Les résultats de cette expédition ont été fantastiques, comprenant
la redécouverte de l'Inca de Wetmore (Coeligena orina) (lire
Redécouverte de l'Inca
de Wetmore), une espèce en danger critique, et la création
de la réserve
Colibri del Sol qui protège un secteur essentiel de forêt
montagnarde et de páramo dans le Paramo del Sol.
Au cours de cette expédition, Niels Krabbe (l'un des experts mondiaux
du genre Scytalopus) avait réalisé des enregistrements
et collecté un Mérulaxe du páramo, entraînant une révision
majeure de la taxonomie de l'espèce.
En collaboration avec Daniel Cadena de l'Université de Los Andes de
Bogota (Laboratorio de Biología Evolutiva de Vertebrados), Niels Krabbe
a étudié les relations phylogénétiques
et les modèles de variation génétique (en plus de l'analyse des vocalises)
au sein du complexe Scytalopus canus et chez d'autres espèces
de mérulaxes.
Le 9 février 2010, Niels Krabbe et Daniel Cadena ont publié
dans la revue Zootaxa une révision de la taxonomie du Mérulaxe du
páramo, qui est maintenant composé de plusieurs taxa (trois lignages
différenciés): Scytalopus canus, Scytalopus opacus et
Scytalopus opacus androstictus; ils montrent entre eux une
divergence génétique mitochondriale supérieure
à 5%.
La nouvelle sous-espèce Scytalopus opacus androstictus est
présente au sud de l'Équateur et à l'extrême
nord du Pérou; les oiseaux de cette sous-espèce émettent
des cris différents (mais chantent de façon identique)
que ceux de Scytalopus opacus. Ils ne peuvent pas être
distingués morphologiquement, exceptée la présence
d'une petite zone blanche sur l'aile notée chez 10 des 12 mâles
étudiés.
Le nouveau nom du Mérulaxe du páramo est désormais Mérulaxe
du paramillo (Scytalopus canus); ce taxon n'est connu que dans
un secteur extrêmement limité dans le Paramo de Paramillo et le Paramo
del Sol.
La sous-espèce Scytalopus canus opacus a été
élevée au rang d'espèce et appelée Mérulaxe
du páramo (Scytalopus opacus); elle est présente dans
les Andes du nord de la Colombie (exceptée la Cordillère
occidentale), en Équateur et à l'extrême nord
du Pérou.
Scytalopus canus et Scytalopus opacus sont des espèces-soeurs.
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L'habitat du Mérulaxe du paramillo (Scytalopus canus)
dans la réserve Colibri del Sol
Source: ProAves |
L'habitat du Mérulaxe
du paramillo est une étroite (parfois de quelques centaines
de mètres seulement) bande de végétation (composée de
buissons et de bois de Polylepis) située entre la forêt
montagnarde et les prairies de páramo (les "paramillos")
dans le Paramo del Sol et le Paramo de Paramillo.
L'estimation de la surface de l'habitat favorable de l'espèce dans
les deux secteurs est de 3 km². Or seul 0,1 km² est efficacement
protégé par la réserve de Colibri del Sol.
Actuellement, les Paramos del Sol et de Paramillo souffrent d'une
sécheresse sévère, et au moins un feu a été accidentellement
déclenché par des randonneurs à la fin du mois de janvier
2010 et qui a détruit un grande zone dans le Paramo del Sol.
Les fortes sécheresses liées au phénomène El
Niño, en plus des impacts futurs du changement climatique, constituent
une menace sérieuse pour l'espèce et son habitat.
Compte tenu de la faible étendue de l'aire du Mérulaxe
du paramillo et son déclin, l'association ProAves considère
que l'espèce mérite d'être inscrite sur la Liste rouge
de l'IUCN (www.iucnredlist.org).
Il est possible de voir une galerie de photos du Mérulaxe du paramillo et de son habitat: www.flickr.com/photos/proaves/sets/72157623393110142
Sources:
- ProAves (2010). ProAves expedition solves Tapaculo mystery. Date
de mise à jour: 10/02. http://www.proaves.org/article.php?id_article=802
- Niels Krabbe et Carlos Daniel Cadena (2010). Zoological A taxonomic
revision of the Paramo Tapaculo Scytalopus canus Chapman (Aves:
Rhinocryptidae), with description of a new subspecies from Ecuador
and Peru. Zootaxa. Date de mise à jour: 9/02. http://www.mapress.com/zootaxa/2010/f/z02354p066f.pdf
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Grande-Bretagne
- Février 2010.
Polémique
à propos du plan d'éradication des Erismatures rousses
en Grande-Bretagne.
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Erismature rousse (Oxyura jamaicensis) mâle, 30 août
2008, Chevigné (Maine-et-Loire)
Photo: Alain Fossé / www.digimages.info |
L'Erismature rousse
(Oxyura jamaicensis) est une espèce nord-américaine
qui s'est répandue en Grande-Bretagne (puis en France et jusqu'en
Espagne) à partir d'oiseaux échappés de captivité
dans les années 1950.
Selon le site web
du NNSS (GB Non-Native Species Secretariat), la population britannique
avait atteint à son apogée près de 6000 oiseaux;
mais depuis leur nombre a été réduit actuellement
à moins de 500 individus après l'application (toujours
en cours) d'un programme de contrôle. En effet, les spécialistes
considèrent que cette espèce représente un danger
(de pollution génétique) pour une espèce proche
nichant dans la péninsule ibérique (notamment), l'Erismature
à tête blanche (Oxyura leucocephala).
Dans un article publié le 7 février sur le site web
du journal The Gardian, ce programme est très critiqué.
Il aurait déjà coûté au contribuable britannique
4,6 millions de Livres Sterling, soit plus de 740 Livres par érismature
abattue. En effet, selon le Department for Environment, Food and Rural
Affairs (Defra), seuls 6 200 oiseaux ont été tués.
Ce chiffre a soulevé un tollé parmi les ornithologues
et les militants pour les droits des animaux qui s'étaient
élevés contre la mise en place de ce projet il y a cinq
ans. Les tirs doivent toutefois cesser au mois d'août 2010.
Lee Evans, le fondateur de la British Birding Association (www.uk400clubonline.co.uk),
affirme que cette mesure devrait être abandonnée, ajoutant: "c'est
épouvantable et absurde, et c'est un gaspillage complet de l'argent
des contribuables. Quel est le problème? Nos érismatures
ne vont pas en Espagne, au contraire de celles de France, et les Français
ne tuent pas leurs oiseaux".
Sir Peter Scott, créateur du fameux Slimbridge Wetland Centre
(www.wwt.org.uk/slimbridge),
a été accusé d'avoir accidentellement introduit l'Erismature
rousse en Grande-Bretagne il y a plus de 50 ans. Après s'être
échappée du sanctuaire situé dans le Gloucestershire,
l'espèce a proliféré. Dans les années 90, la population
avait été estimée à plusieurs milliers d'individus et des oiseaux
ont même atteint l'Espagne, où certains se sont accouplés
avec des Erismatures à tête blanche.
Certains ornithologues pensent que le projet britannique d'abattage
est absurde, faute de mesures similaires dans d'autres pays d'Europe
(NDLR: cela n'est pas tout à fait vrai pour la France, car
des tirs coordonnés par le Ministère de l’Écologie et réalisés
par des agents assermentés de l’Office National de la Chasse et de
la Faune Sauvage ont eu pour résultat le prélèvement
de plus de 380 individus entre 1997 et 2007, dont près de la moitié
pour les seules années 2006 et 2007). [..].
Un porte-parole de la Royal Society for the Protection of Birds a
affirmé que l'association était prête à renouveler
son soutien au projet d'éradication: "nous comprenons
l'émoi provoqué par l'abattage de ces beaux canards
[...]. Cependant, nous disons depuis longtemps qu'il fallait agir
pour d'empêcher l'extinction de l'Erismature à tête
blanche en Europe".
Un porte-parole du Defra a expliqué: "des études
approfondies ont montré que les tirs étaient la manière
la plus humaine pour éliminer ces canards".
Sources:
- Graham Mole (2010). £740-a-bird cull of ruddy ducks 'a waste of
money'. Date de mise à jour: 7/02. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/feb/07/ruddy-duck-cull-waste-money
- NNSS (2010). Ruddy duck. https://secure.fera.defra.gov.uk/nonnativespecies/factsheet/index.cfm
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