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- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous
pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux
du monde.
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Etats-Unis
- Décembre
2009.
Les oiseaux joueraient un rôle important dans la propagation
de la maladie de Lyme.
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Le cycle de transmission de la maladie de Lyme
Source: Florida Medical Entomology Laboratory / University of
Florida |
La maladie de Lyme
(ou Borreliose de Lyme) est une infection bactérienne répandue mondialement
et transmise à l’homme par piqûre de tiques.
Cette maladie se répand notamment en Amérique du Nord.
Selon une étude récente menée par la Yale School
of Public Health publiée sur le site
web du journal "Frontiers in Ecology and the Environment",
les oiseaux joueraient un rôle significatif dans le transport de la
bactérie sur de longues distances.
Les chercheurs ont analysé des données publiées et ont conclu qu'au
moins 70 espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord seraient susceptibles
d'être infectées par la Tique à pattes noires (Ixodes scapularis),
le vecteur principal de la bactérie de la maladie de Lyme (Borrelia
burgdorferi). Des éléments suggèreraient aussi que ces oiseaux
disperseraient des tiques infectées dans des secteurs auparavant indemnes
de la maladie, comme le Canada. La bactérie de la maladie de Lyme
est ordinairement associée aux petits mammifères comme les souris
et les écureuils.
Les tiques immatures (dans les états larvaire et de nymphe) sont contaminées
par la bactérie quand ils se nourrissent du sang de ces mammifères.
Lorsqu'elle a pompé suffisamment de sang, une tique peut transmettre
la bactérie à ses autres hôtes, y compris les humains. Le Cerf de
Virginie (Odocoileus virginianus), tout en jouant un rôle important
dans le maintien et l'expansion des populations de tiques, constitue
"un cul-de-sac biologique" pour la bactérie car il est immunisé.
Les
biologistes ont découvert que les oiseaux ne sont pas immunisés,
que de nombreuses espèces peuvent être contaminées
et qu'ils sont capables de transmettre l'élément pathogène
aux tiques. Il reste à savoir si la souche de B. burgdorferi
qui peut infecter les oiseaux peut aussi causer la maladie chez les
humains. Si c'est le cas, le rôle des oiseaux dans l'épidémiologie
de la maladie de Lyme serait primordial.
Pour Robert Brinkerhoff, post-doctorant dans le laboratoire de Maria
A. Diuk-Wasser dans la Yale School of Public Health et l'auteur principal
de l'étude, "le rôle des oiseaux est souvent négligé
dans la maladie de Lyme, mais ils peuvent jouer un rôle-clé dans son
expansion rapide".
Les chercheurs ont trouvé que la Tique à pattes noires parasitait
surtout les grives, le Moqueur roux (Toxostoma rufum). les
troglodytes et les parulines. Les auteurs estiment qu'il suffit de
trois oiseaux pour infecter une tique.
La maladie de Lyme peut provoquer chez l'homme de sévères
problèmes de santé, y compris l'arthrite, des anomalies du système
nerveux et du rythme cardiaque. Le nombre d'infections humaines rapportée
a doublé entre 1992 et 2006 aux Etats-Unis.
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Grive mauvis (Turdus illiacus)
Photo: Alain Jouffray |
Dans une étude
dirigée par Bjorn Olsen et publiée le 17 février
2000 dans la revue Nature, on avait déjà trouvé
que certains oiseaux pouvaient être des porteurs sains de la
maladie de Lyme, celle-ci ne se déclenchant que suite au stress
déclenché par la migration.
Pour vérifier si l'infection se "cachait" chez des
oiseaux, les chercheurs avaient collecté des Grives mauvis
(Turdus illiacus) dans le nord de la Suède. Ils avaient
gardé neuf grives dans l'obscurité pendant 12 heures
puis les avaient exposé à la lumière pendant
12 heures. Dix autres oiseaux avaient subi des conditions reproduisant
le luminosité déclinante de l'automne. Au cours du cinquantième
jour, cet automne artificiel avait déclenché une agitation pré-migratoire.
Au début du projet, les chercheurs avaient injecté une souche européenne
(Borrelia garinii) à six oiseaux soumis à des
journées de durée constante et à huit autres
soumis à des longueurs de jour changeante. Aucune bactérie
n'avait été trouvée dans les cultures d'échantillons
de peau et de sang des oiseaux soumis à des journées
de durée constante. Mais des bactéries avaient été
trouvées chez cinq des huit oiseaux infectés et soumis à
des journées de durée déclinante.
Andrew Spielman, de l'Harvard School of Public Health, précisait
bien qu'aucune tique n'était présente sur les oiseaux.
Thomas N. Mather, de la Rhode Island University, expliquait que cette
étude soulevait un point important: des hormones synthétisées
pendant la migration pourraient activer la maladie de Lyme. Il avait
lui-même découvert que des Moqueurs chats (Dumetella
carolinensis) exposés à la maladie n'infectaient
pas les tiques, mais qu'il faudrait de refaire cette expérience
avec des oiseaux stressés.
Sources:
- Physorg.com (2009). Birds Play an Important Role in the
Spread of Lyme Disease. Date de mise à jour: 23/12. http://www.physorg.com/news180792631.html
- The Free Librairy (2000). Migration may reawaken Lyme disease. Date
de mise à jour: 17 février. http://www.thefreelibrary.com/Migration+may+reawaken+Lyme+disease.-a060115119
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Cas vérifiés de nidification de Phylloscopus
calciatilis
Source: P. Alstrom et al. / Ibis (2010) |
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Asie -
Décembre 2009.
Description d'une nouvelle espèce de pouillot au Vietnam et
au Laos.
Dans notre interview
de Iain Woxwold, l'un des découvreurs du Bulbul chauve
(Pycnonotus hualon) au Laos, nous avions appris qu'un pouillot
non encore décrit, appelé provisoirement "Limestone
Leaf-Warbler" partageait l'habitat du bulbul, à savoir les
forêts claires poussant sur sol calcaire.
Dans le numéro 152 de la revue Ibis (à paraître
en 2010) est présentée la description officielle de
ce pouillot, qui porte finalement en anglais le nom de "Limestone
Leaf-Warbler" (et que l'on pourrait traduire par Pouillot calciatile,
d'après une (proposition de Normand David). Son nom scientifique
est Phylloscopus calciatilis.
Il a été noté dans le centre et le nord du Vietnam
et dans le centre et le nord du Laos, mais il niche aussi probablement
dans l'extrême sud de la Chine.
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Phylloscopus calciatilis, province de Ha Giang (Vitenam)
Crédit: U. Johansson / Swedish Museum of Natural History |
Sa morphologie
est très proche de celle du Pouillot de Rickett (Phylloscopus
ricketti), mais il est plus petit, avec un bec proportionnellement
plus large et des ailes plus arrondies. Son chant et ses cris sont
diagnostiques.
D'après une analyse de son ADN mitochondrial et nucléaire,
la nouvelle espèce est très proche de P. ricketti et
du Pouillot chanteur (Phylloscopus cantator), et on estime
qu'il constitue une espèce-soeur avec ce dernier, dont le plumage
est pourtant bien différent.
Les divergences mitochondriales entre ces trois espèce sont plus faibles
que celles existant entre les autres espèces des genres Phylloscopus
et Seicercus, mais plus importantes qu'entre les taxa (= unités
formelles représentées par un groupe d'individus occupant un rang
défini dans la hiérarchie de la classification) généralement considérés
comme des sous-espèces.
Une introgression (= dispersion naturelle des gènes d’une espèce à
l’intérieur d’une autre espèce par hybridation interspécifique suivie
de plusieurs rétrocroisements avec le parent local) entre la nouvelle
espèce et P. ricketti est envisagée, mais davantage
de données devront être recueillies pour l'établir.
Phylloscopus calciatilis a une aire de répartition limitée
aux habitats sur sol calcaire où il est localement commun et
et ne semble pas être menacé de façon imminente.
Suite à la description de cette nouvelle espèce, toutes les
anciennes données de P. ricketti devront être
réévaluées.
Phylloscopus
calciatilis avait été observé au Vietnam
en 1994 et au Laos en 1995, mais on avait attribué ces données
au Pouillot de Rickett.
L'article
complet original peut être lu au format pdf.
Sources
- PER ALSTROM, PETE DAVIDSON, J. W. DUCKWORTH, JONATHAN C.
EAMES, TRAI TRONG LE, CU NGUYEN, URBAN OLSSON, CRAIG ROBSON et ROB
TIMMINS (2010). Description of a new species of Phylloscopus
warbler from Vietnam and Laos.Ibis, 152. pages 145-168.
- DNA (2009). New warbler bird species discovered in Vietnam. Date
de mise en ligne: 21/12. www.dnaindia.com/scitech/report_new-warbler-bird-species-discovered-in-vietnam_1326114
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