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| Actualités
- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous
pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux
du monde.
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Trois
espèces désormais séparées: 1) Gravelot
à collier interrompu (C. alexandrinus), 2) Pluvier
à front blanc (C. marginatus), 3) Pluvier neigeux
(Charadrius nivosus). En rouge, aires de nidification
Schéma: Ornithomedia.com |
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Royaume-Uni
- Novembre 2009.
Le Gravelot à collier interrompu et le Pluvier neigeux considérés
comme des espèces à part entière.
De nombreuses espèces de limicoles ont de très
vastes aires répartition, à cheval sur plusieurs continents.
Mais bien qu'ils soient d'excellents voiliers et qu'ils puissent migrer
sur de grandes distances, certains obstacles géographiques,
comme des océans, peuvent constituer des barrières reproductives
entre des sous-espèces ou des populations isolées.
La taxonomie (= science de la classification des êtres vivants qui
a pour objet de les décrire et de les regrouper en entités appelées
taxons) du Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus),
un limicole cosmopolite présent en Amérique du Nord et en Europe,
est en cours de modification profonde suite à une découverte
de scientifiques des Universités de Bath et de Sheffield (Royaume-Uni);
ils ont apporté la preuve génétique que les populations des deux côtés
de l'Atlantique constituaient en fait des espèces à part entière.
Historiquement, les biologistes avaient classé le Gravelot à collier
interrompu (Charadrius alexandrinus alexandrinus) d'Europe,
et son homologue nord-américain, le Pluvier neigeux (Charadrius
alexandrinus nivosus), comme deux sous-espèces d'une même espèce
en raison de leurs similarités. Alors que cette question était
longtemps restée sans réponse, pour la première fois
des scientifiques ont prouvé que les deux sous-espèces
constituaient des espèces séparées. Ces nouvelles conclusions
pourraient avoir des conséquences importantes dans la conservation
du Pluvier neigeux (Charadrius nivosus), déjà
considéré comme menacé, et qui désormais est
reconnu comme une espèce séparée.
Les scientifiques des Universités de Bath et Sheffield ont analysé
l'ADN et les caractères phénotypiques de 166 oiseaux
issus de deux populations américaines de Pluviers neigeux, de quatre
populations eurasiennes de Pluvier à collier interrompu, et
d'une population africaine d'une espèce proche, le Pluvier à
front blanc (Charadrius marginatus).
Ils ont trouvé que les oiseaux européens étaient plus proches de leurs
"cousins" africains que de ceux d'Amérique du Nord,
indiquant que la population eurasienne avait colonisé l'Amérique
du Nord, divergeant fortement pour créer le Pluvier neigeux,
avant de diverger encore en deux pour créer les Gravelots à
collier interrompu et à front blanc.
Ces résultats étaient cohérents pour tous les marqueurs nucléaires
utilisés, à savoir 26 microsatellites (= portions de
la chaîne d’ADN constituée de répétitions de motifs composés de 1
à 4 nucléotides) et une séquence partiel de CHD (Chromodomain
Helicase DNA), et pour les deux marqueurs mitochondriaux (ND3 et ATPase
6/8).
Au sein des sous-espèces, les populations échantillonnées
sur de grandes distances géographiques n'étaient pas génétiquement
différenciées, ce qui suggère une panmixie (= principe qui considère
que les individus sont répartis de manière homogène au sein de la
population et participent en terme reproductifs, à la formation de
la génération suivante).
Les Pluviers neigeux ont différé morphologiquement des Gravelots à
collier interrompu, avec des tarses et les ailes significativement
plus courts. Le plumage des poussins et les cris pourraient aussi
constituer des caractères diagnostiques pour distinguer ces deux espèces,
mais davantage de données sont nécessaires pour quantifier ces différences.
Clemens Küpper, du Département de Biologie et de Biochimie
de l'Université de Bath, explique: "les scientifiques ont longtemps
soupçonné que ces oiseaux formaient des espèces différentes".
Il ajoute: "[..]. Pour la première fois, nous avons montré que
les oiseaux des deux côtés de l'Atlantique s'étaient
séparés il y a longtemps et qu'ils avaient évolué dans des directions
différentes".
Le professeur d'Écologie Moléculaire Terence Burke,
du Département des Sciences de l'Animal et et de la Plante de l'Université
de Sheffield, explique: "ce résultat a une importance énorme;
généralement, peu de gens sont concernés si une population
locale d'une espèce disparaît; mais quand une espèce à
part entière est menacée, les efforts de conservation sont augmentés".
Les chercheurs espèrent montrer ultérieurement comment les
Pluviers neigeux ont colonisé Amérique. Les ornithologues amateurs
seront ravis de savoir qu'il y a désormais deux espèces
à "cocher"!
L'étude, publiée dans le numéro d'octobre 2009 de la revue
The Auk, a été subventionnée par le Natural Environment Research Council,
le Biotechnology & Biological Sciences Research Council et la National
Geographic Society. Les chercheurs ont aussi reçu des fonds du Leverhulme
Trust et de la Communauté Européenne.
Sources:
- Clemens Küpper, Jakob Augustin, András Kosztolányi, Terry
Burke, Jordi Figuerola, et Tamás Székely (2009). Kentish versus Snowy
Plover: Phenotypic and Genetic Analyses of Charadrius alexandrinus
Reveal Divergence of Eurasian and American Subspecies. The Auk. Vol.
126, No. 4, Pages 839-852. Date de mise à jour: 05/10/09.
http://www.bioone.org/doi/abs/10.1525/auk.2009.08174
- University of Bath (2009). Are US and European plovers really birds
of a feather?. Date de mise à jour: 22/10/09.
http://www.bath.ac.uk/news/2009/10/22/plover-species/
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Situation du parc national de Monfragüe (Extrémadure), qui abrite
l'une des plus grandes colonies mondiales du Vautour moine |
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Espagne -
Novembre 2009.
Succès du programme de conservation du Vautour moine en Extrémadure.
L'Assemblée ("Junta") d'Extrémadure
mène avec succès son programme de conservation du Vautour
moine (Aegypius monachus), avec un triplement de la population
de cette espèce. Cette région de l'ouest de l'Espagne
compte désormais 880 couples de Vautours moines, soit 50 %
de la population ibérique et 20 % de la population mondiale
de l'espèce, soit la deuxiéme population mondiale.
Le Vautour moine ayant été classé comme '"sensible
du fait de l'altération de son habitat", l'Extrémadure
avait lancé en 2005 un programme de protection dont les premiers
résultats sont très positifs, avec un accroissement
régional constant de la population qui a pratiquement triplé.
Le plan de conservation a été conduit par le Servicio
de Conservación de la Consejería de Industria, Energía y Medio Ambiente
de l'Assemblée de l'Extrémadure.
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Vautour moine (Aegypius monachus) juvénile
Photo: Dave Trotter |
La majorité
da la population régionale se trouve dans la province de Cáceres,
avec de 85 à 90 % des couples recensés et au minimum
1199 aires trouvées. Bien que l'évolution des 11 colonies
d'Extrémadure soit variable, la tendance est toujours positive.
L'augmentation la plus significative s'est produite dans les Sierras
de San Pedro et de Monfragüe, qui abritent les deux colonies les plus
importantes de la péninsule ibérique.
Le directeur du programme de conservation, Ángel Sánchez, s'est félicité
de ces chiffres et a souligné la responsabilité importante
de l'Extrémadure dans la conservation des vautours. Il précise:
"L'Extrémadure a une responsabilité particulière
vis à vis de la conservation du Vautour moine, abritant 20
% de la population mondiale. C'est pour cela que l'Assemblée
d'Extrémadure a mis en place un programme efficace qui est
le résultat de la coordination des efforts d'administrations
et de départements différents et qui a permis non seulement
de maintenir mais aussi d'augmenter la population de Vautours moines
dans la région [..]".
Ángel Sánchez rappelle la situation préoccupante des oiseaux
nécrophages en Europe depuis l'apparition des premiers cas
d'Encéphalite Spongiforme Bovine (ESB) et la réglementation
communautaire qui a exigé d'éliminer les carcasses du
bétail (lire Les
vautours d'Europe menacés par une décision européenne),
supprimant la principale source d'alimentation des vautours. Pour
pallier à cette situation, l'Assemblée d'Extrémadure
a créé un réseau de onze charniers, huit dans
la province de Cáceres et trois dans celle de Badajoz, proches des
principaux sites de nidification. Ces lieux de nourrissage assurent
non seulement l'alimentation des rapaces mais aussi diminuent les
risques d'empoisonnement et de collision avec les lignes électriques.
Le fonctionnement de l'un de ces charniers est visible sur le site
web www.extremambiente.es.
Le Vautour moine a aussi fait l'objet d'un suivi spécifique
dans la ZEPA (= Zone de Protection Spéciale des Oiseaux en
espagnol) de la Sierra de San Pedro, qui a permis non seulement de
mieux comprendre la biologie de l'espèce mais aussi de supprimer
des problèmes liés aux activités d'élevage
et de chasse. De la même manière, le Servicio de Conservación
de la Naturaleza y Áreas Protegidas Service a mis en place des accords
de gestion avec des propriétaires afin de planifier les activités
de chasses à courre qui ont ont lieu à la fin de la
saison de chasse et qui provoquent souvent des abandons de nids.
Ángel Sánchez explique: "La forte biodiversité de l'Extrémadure
est un indicateur de la santé de ses écosystèmes,
qui se mesure avec des bio-indicateurs déterminés (présence
de certaines espèces, état des populations, ..), dont
l'un des plus importants est l'état de conservation des espèces
situées au sommet de la chaîne alimentaire et de celles
responsables du nettoyage des écosystèmes. L'état
des populations de vautours indiquent par exemple si un poison a été
utilisé dans le contrôle de prédateurs, s'il y
a assez de ressources alimentaires, s'il existe des lignes électriques
dangereuses.."..
A la différence du reste de l'Europe, l'Extrémadure
a conservé ses populations de rapaces. Le parc national de
Monfragüe constitue l'un des meilleurs sites mondiaux pour découvrir
le Vautour moine, avec 312 couples, soit l'une des plus grandes colonies
au monde avec celle de la Sierra de San Pedro (324 couples). Les autres
grandes colonies de la région sont Gata (48 couples), Tajo
Internacional-Salor (63 couples), Hurdes (33 couples), Ibores (52
couples) et Granadilla (18 couples).
Source
- Europa Press (2009). Exitoso programa de conservación del buitre
negro. Date de mise à jour: 30/10/09.
http://www.europapress.es/extremadura/noticia-exitoso-programa-conservacion-buitre-negro-20091031180737.html
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