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Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com, le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.

   
Trois espèces désormais séparées: 1) Gravelot à collier interrompu (C. alexandrinus), 2) Pluvier à front blanc (C. marginatus), 3) Pluvier neigeux (Charadrius nivosus). En rouge, aires de nidification
Schéma: Ornithomedia.com
3 espèces séparées
Royaume-Uni - Novembre 2009.
Le Gravelot à collier interrompu et le Pluvier neigeux considérés comme des espèces à part entière.
De nombreuses espèces de limicoles ont de très vastes aires répartition, à cheval sur plusieurs continents. Mais bien qu'ils soient d'excellents voiliers et qu'ils puissent migrer sur de grandes distances, certains obstacles géographiques, comme des océans, peuvent constituer des barrières reproductives entre des sous-espèces ou des populations isolées.
La taxonomie (= science de la classification des êtres vivants qui a pour objet de les décrire et de les regrouper en entités appelées taxons) du Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus), un limicole cosmopolite présent en Amérique du Nord et en Europe, est en cours de modification profonde suite à une découverte de scientifiques des Universités de Bath et de Sheffield (Royaume-Uni); ils ont apporté la preuve génétique que les populations des deux côtés de l'Atlantique constituaient en fait des espèces à part entière.
Historiquement, les biologistes avaient classé le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus alexandrinus) d'Europe, et son homologue nord-américain, le Pluvier neigeux (Charadrius alexandrinus nivosus), comme deux sous-espèces d'une même espèce en raison de leurs similarités. Alors que cette question était longtemps restée sans réponse, pour la première fois des scientifiques ont prouvé que les deux sous-espèces constituaient des espèces séparées. Ces nouvelles conclusions pourraient avoir des conséquences importantes dans la conservation du Pluvier neigeux (Charadrius nivosus), déjà considéré comme menacé, et qui désormais est reconnu comme une espèce séparée.
Les scientifiques des Universités de Bath et Sheffield ont analysé l'ADN et les caractères phénotypiques de 166 oiseaux issus de deux populations américaines de Pluviers neigeux, de quatre populations eurasiennes de Pluvier à collier interrompu, et d'une population africaine d'une espèce proche, le Pluvier à front blanc (Charadrius marginatus).
Ils ont trouvé que les oiseaux européens étaient plus proches de leurs "cousins" africains que de ceux d'Amérique du Nord, indiquant que la population eurasienne avait colonisé l'Amérique du Nord, divergeant fortement pour créer le Pluvier neigeux, avant de diverger encore en deux pour créer les Gravelots à collier interrompu et à front blanc.
Ces résultats étaient cohérents pour tous les marqueurs nucléaires utilisés, à savoir 26 microsatellites (= portions de la chaîne d’ADN constituée de répétitions de motifs composés de 1 à 4 nucléotides) et une séquence partiel de CHD (Chromodomain Helicase DNA), et pour les deux marqueurs mitochondriaux (ND3 et ATPase 6/8).
Au sein des sous-espèces, les populations échantillonnées sur de grandes distances géographiques n'étaient pas génétiquement différenciées, ce qui suggère une panmixie (= principe qui considère que les individus sont répartis de manière homogène au sein de la population et participent en terme reproductifs, à la formation de la génération suivante).
Les Pluviers neigeux ont différé morphologiquement des Gravelots à collier interrompu, avec des tarses et les ailes significativement plus courts. Le plumage des poussins et les cris pourraient aussi constituer des caractères diagnostiques pour distinguer ces deux espèces, mais davantage de données sont nécessaires pour quantifier ces différences.
Clemens Küpper, du Département de Biologie et de Biochimie de l'Université de Bath, explique: "les scientifiques ont longtemps soupçonné que ces oiseaux formaient des espèces différentes". Il ajoute: "[..]. Pour la première fois, nous avons montré que les oiseaux des deux côtés de l'Atlantique s'étaient séparés il y a longtemps et qu'ils avaient évolué dans des directions différentes".
Le professeur d'Écologie Moléculaire Terence Burke, du Département des Sciences de l'Animal et et de la Plante de l'Université de Sheffield, explique: "ce résultat a une importance énorme; généralement, peu de gens sont concernés si une population locale d'une espèce disparaît; mais quand une espèce à part entière est menacée, les efforts de conservation sont augmentés".
Les chercheurs espèrent montrer ultérieurement comment les Pluviers neigeux ont colonisé Amérique. Les ornithologues amateurs seront ravis de savoir qu'il y a désormais deux espèces à "cocher"!
L'étude, publiée dans le numéro d'octobre 2009 de la revue The Auk, a été subventionnée par le Natural Environment Research Council, le Biotechnology & Biological Sciences Research Council et la National Geographic Society. Les chercheurs ont aussi reçu des fonds du Leverhulme Trust et de la Communauté Européenne.

Sources:
- Clemens Küpper, Jakob Augustin, András Kosztolányi, Terry Burke, Jordi Figuerola, et Tamás Székely (2009). Kentish versus Snowy Plover: Phenotypic and Genetic Analyses of Charadrius alexandrinus Reveal Divergence of Eurasian and American Subspecies. The Auk. Vol. 126, No. 4, Pages 839-852. Date de mise à jour: 05/10/09. http://www.bioone.org/doi/abs/10.1525/auk.2009.08174
- University of Bath (2009). Are US and European plovers really birds of a feather?. Date de mise à jour: 22/10/09. http://www.bath.ac.uk/news/2009/10/22/plover-species/
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Situation du parc national de Monfragüe (Extrémadure), qui abrite l'une des plus grandes colonies mondiales du Vautour moine
Situation du parc national de Monfragüe (Extrémadure)
Espagne - Novembre 2009.
Succès du programme de conservation du Vautour moine en Extrémadure.
L'Assemblée ("Junta") d'Extrémadure mène avec succès son programme de conservation du Vautour moine (Aegypius monachus), avec un triplement de la population de cette espèce. Cette région de l'ouest de l'Espagne compte désormais 880 couples de Vautours moines, soit 50 % de la population ibérique et 20 % de la population mondiale de l'espèce, soit la deuxiéme population mondiale.
Le Vautour moine ayant été classé comme '"sensible du fait de l'altération de son habitat", l'Extrémadure avait lancé en 2005 un programme de protection dont les premiers résultats sont très positifs, avec un accroissement régional constant de la population qui a pratiquement triplé. Le plan de conservation a été conduit par le Servicio de Conservación de la Consejería de Industria, Energía y Medio Ambiente de l'Assemblée de l'Extrémadure.

Vautour moine (Aegypius monachus)
Vautour moine (Aegypius monachus) juvénile
Photo: Dave Trotter
La majorité da la population régionale se trouve dans la province de Cáceres, avec de 85 à 90 % des couples recensés et au minimum 1199 aires trouvées. Bien que l'évolution des 11 colonies d'Extrémadure soit variable, la tendance est toujours positive.
L'augmentation la plus significative s'est produite dans les Sierras de San Pedro et de Monfragüe, qui abritent les deux colonies les plus importantes de la péninsule ibérique.
Le directeur du programme de conservation, Ángel Sánchez, s'est félicité de ces chiffres et a souligné la responsabilité importante de l'Extrémadure dans la conservation des vautours. Il précise: "L'Extrémadure a une responsabilité particulière vis à vis de la conservation du Vautour moine, abritant 20 % de la population mondiale. C'est pour cela que l'Assemblée d'Extrémadure a mis en place un programme efficace qui est le résultat de la coordination des efforts d'administrations et de départements différents et qui a permis non seulement de maintenir mais aussi d'augmenter la population de Vautours moines dans la région [..]".
Ángel Sánchez rappelle la situation préoccupante des oiseaux nécrophages en Europe depuis l'apparition des premiers cas d'Encéphalite Spongiforme Bovine (ESB) et la réglementation communautaire qui a exigé d'éliminer les carcasses du bétail (lire Les vautours d'Europe menacés par une décision européenne), supprimant la principale source d'alimentation des vautours. Pour pallier à cette situation, l'Assemblée d'Extrémadure a créé un réseau de onze charniers, huit dans la province de Cáceres et trois dans celle de Badajoz, proches des principaux sites de nidification. Ces lieux de nourrissage assurent non seulement l'alimentation des rapaces mais aussi diminuent les risques d'empoisonnement et de collision avec les lignes électriques. Le fonctionnement de l'un de ces charniers est visible sur le site web www.extremambiente.es.
Le Vautour moine a aussi fait l'objet d'un suivi spécifique dans la ZEPA (= Zone de Protection Spéciale des Oiseaux en espagnol) de la Sierra de San Pedro, qui a permis non seulement de mieux comprendre la biologie de l'espèce mais aussi de supprimer des problèmes liés aux activités d'élevage et de chasse. De la même manière, le Servicio de Conservación de la Naturaleza y Áreas Protegidas Service a mis en place des accords de gestion avec des propriétaires afin de planifier les activités de chasses à courre qui ont ont lieu à la fin de la saison de chasse et qui provoquent souvent des abandons de nids.
Ángel Sánchez explique: "La forte biodiversité de l'Extrémadure est un indicateur de la santé de ses écosystèmes, qui se mesure avec des bio-indicateurs déterminés (présence de certaines espèces, état des populations, ..), dont l'un des plus importants est l'état de conservation des espèces situées au sommet de la chaîne alimentaire et de celles responsables du nettoyage des écosystèmes. L'état des populations de vautours indiquent par exemple si un poison a été utilisé dans le contrôle de prédateurs, s'il y a assez de ressources alimentaires, s'il existe des lignes électriques dangereuses.."..
A la différence du reste de l'Europe, l'Extrémadure a conservé ses populations de rapaces. Le parc national de Monfragüe constitue l'un des meilleurs sites mondiaux pour découvrir le Vautour moine, avec 312 couples, soit l'une des plus grandes colonies au monde avec celle de la Sierra de San Pedro (324 couples). Les autres grandes colonies de la région sont Gata (48 couples), Tajo Internacional-Salor (63 couples), Hurdes (33 couples), Ibores (52 couples) et Granadilla (18 couples).

Source
- Europa Press (2009). Exitoso programa de conservación del buitre negro. Date de mise à jour: 30/10/09. http://www.europapress.es/extremadura/noticia-exitoso-programa-conservacion-buitre-negro-20091031180737.html
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