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Sélection d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com, le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux du monde.

    Etats-Unis - Septembre 2009.
Découverte de traces de pigments sur des plumes fossilisées.
Plume fossilisée
Plume barrée fossilisée: avec un microscope électronique, on voit des mélanosomes dans les zones sombres mais pas dans les claires (flèches de gauche)
Crédit: J.Vinther/Yale
Les traces de matériel organique trouvées dans les plumes fossiles correspondent à des restes de pigments, selon un article publié en juillet 2009 dans la revue Biology Letters: cette découverte pourrait permettre de retrouver quelle était la couleur originale d'oiseaux anciens et de leurs ancêtres, les dinosaures.
Jakob Vinther, étudiant à l'Université de Yale (Connecticut), a effectué une étude approfondie de plusieurs plumes d'oiseaux fossiles, et ses travaux ont révélé que les marques organiques trouvées, que l'on croyait être auparavant des traces de carbone de bactéries, sont en fait des mélanosomes fossilisés. NDLR: un mélanosome est un membre de la famille des organelles intracellulaires, parent des lysosomes et des granules des plaquettes sanguines, à l'intérieur duquel sont fabriquées les mélanines (Wikipedia).
Plume moderne
Plume moderne de pic: avec un microscope électronique, on voit des mélanosomes dans les zones sombres mais pas dans les claires (flèches de droite)
Crédit: J.Vinther/Yale
Vinter précise: "les oiseaux ont des plumages qui leur servent au camouflage ou à la parade. La mélanine est responsable des couleurs allant du roux au noir, et un agencement régulier de mélanine peut produire un chatoiement luisant. La découverte de ces vestiges organiques dans des plumes fossiles démontre aussi que cette mélanine peut résister à la dégradation après des millions d'années".
En collaboration avec le paléontologue Derek E. G. Briggs et l'ornithologue Richard O. Prum, tous deux de l'Université de Yale, Vinther a analysé une plume barrée trouvée dans des roches de 100 millions d'années (Crétacé) au Brésil. L'équipe a utilisé un microscope électronique pour montrer que les bandes sombres de la plume avaient conservé l'agencement des structures de pigment sous forme de résidus de carbone, rappelant la structure d'une plume moderne. Les bandes claires correspondaient à la surface rocheuse.
Dans un fossile d'un oiseau de l'Éocène de 55 millions d'années trouvé au Danemark (lire Découverte d'un fossile de perroquet de 55 millions d'années au Danemark), il y avait des traces similaires dans les plumes recouvrant le crâne. Ce fossile avait conservé aussi une trace organique de l'œil, qui présentait des structures similaires aux mélanosomes des yeux des oiseaux modernes.
Vinther ajoute: "beaucoup d'autres vestiges organiques sont probablement composés de mélanine". Il prévoit que les fourrures de mammifères disparus et la peau fossilisée de dinosaures montreront aussi des traces de mélanine.
Richard Prum, conservateur de la section ornithologie du Yale's Peabody Museum of Natural History, ajoute: "maintenant que nous avons démontré que cette mélanine pouvait être conservée dans les fossiles, les scientifiques disposent d'une méthode fiable pour prédire, par exemple, les couleurs originales des dinosaures à plumes".
Cette étude a été subventionnée par la National Science Foundation.
Source:
Yale University. (2009). Fossil Feathers Preserve Evidence of Color, Say Yale Scientists. Date de mise à jour: 8 juillet 2009. http://opa.yale.edu/news/article.aspx?id=5898
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    Chili - Août 2009.
Situation de Puerto Montt (Chili), où ont été observés en février 2009 de mystérieux océanites
Situation de Puerto Montt (Chili)
Observation de mystérieux océanites au Chili.
Le site web www.irishbirding.com a publié un article très intéressant dont nous vous proposons ci-dessous une synthèse.
Début février 2009, quatre ornithologues irlandais (Jim Dowdall, Seamus Enright, Kieran Fahy et Michael O'Keeffe) et deux Américains (Jeff Gilligan, Gerard Lillie) ont réalisé une croisière de 12 jours à partir de Valparaiso (Chili) jusqu'à Buenos Aires (Argentine) en passant par le Cap Horn pour observer les oiseaux pélagiques.
Ils avaient emporté avec eux le guide Birds of Chile de A. Jaramillo et al.
Au début de leur voyage, ils ont observé au large de Valparaiso des océanites non identifiés, intermédiaires en quelque sorte entre les Océanites de Wilson (Oceanites oceanicus) et ceux d'Elliot (Oceanites gracilis): leur silhouette était gracile, leur base de l'aile était relativement étroite et on pouvait voir une zone pâle distincte sous l'aile. Certains avaient un croupion ponctué de blanc évoquant l'Océanite d'Elliot. Les six ornithologues avaient alors décidé de les classer en Océanites de Wilson de la sous-espèce chilensis.
Océanite mystérieux
Océanite mystérieux, Seno de Reloncaví, Puerto Montt (Chili), le 4 février 2009. Il s'agît peut-être d'un juvénile en plumage frais
Photo: Michael O'Keeffe
Le 4 février, dans le golfe Seno de Reloncaví , au large de la ville de Puerto Montt, ils ont revu les océanites mystérieux (une cinquantaine). L'un des observateurs a été frappé par l'étendue du blanc sur le ventre et sur le croupion, mais aussi sur la zone carpale (au poignet) et au niveau des grandes couvertures sous-alaires, une combinaison d'éléments inhabituelle chez les espèces connues.
Océanite mystérieux adultes
Océanite mystérieux, Seno de Reloncaví, Puerto Montt (Chili), le 4 février 2009. Il s'agît sûrement d'adultes en mue
Photo: Michael O'Keeffe
L'étendue du blanc était remarquable, évoquant même un Océanite frégate (Pelagodroma marina) de loin. Ils étaient semblables ou peut-être un peu plus massifs que des Océanites de Wilson de la sous-espèce chilensis. La zone blanchâtre au dessus de l'aile et la barre sous-alaire claire paraissaient plus visibles que chez tous les O. o. chilensis observés. Le blanc recouvrait complètement le croupion et le bas du ventre, avec toutefois chez certains oiseaux quelques plumes sombres sur les côtés et le centre du croupion.
Comparaison des trois océanites présents
Comparaison des trois océanites observés: Océanite de Wilson de la sous-espèce chilensis, océanite mystérieux et Océanite d'Eilliot (Oceanites gracilis)
Schéma: Ornithomedia.com d'après Michael O'Keeffe
Les océanites mystérieux de Puerto Montt présentaient moins de blanc sur le ventre et davantage sur le croupion que les Océanites d'Elliot typiques. Chez cette dernière espèce, il existe une limite nette entre le ventre et le croupion, le long de la ligne fémorale, bien que celle-ci soit parfois peu visible. A noter que le plumage de O. o. chilensis évoque parfois celui de l'Océanite d'Elliot (taches blanches sur le ventre et zone pâle sous l'aile).
Plus de photos sont disponibles sur www.irishbirding.com/birds/web?task=Display&art_id=25
Les observateurs continuent leur analyse et préparent un article pour la revue Dutchbirding.
Sources:
- Jaramillo, A., Burke. P., Beadle D. (2003). Birds of Chile. Helm Publications, London
- Jim Dowdall, Dublin, Seamus Enright, Kieran Fahy, Jeff Gilligan, Gerard Lillie et Michael O'Keeffe sur Irishbirding.com (2009). Unidentified Storm-Petrels, Puerto Montt, Chile, February, 2009. www.irishbirding.com/birds/web?task=Display&art_id=25
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