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| Actualités
- Avec Neornithes |
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Sélection
d'actualités ornithologiques à travers le monde. Vous
pouvez nous proposer vos informations par e-mail (david.bismuth@ornithomedia.com).
Cette rubrique est publiée en partenariat avec www.scricciolo.com,
le site web de référence sur la taxonomie des oiseaux
du monde.
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Colombie
- Avril 2009.
| Situation
de la Reserva Natural de las Aves Colibrí del Sol |
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Le
Caïque à face rouge est aussi un géophage.
Au cours
d'explorations menées dans le cadre d'un projet d'évaluation
des amphibiens menacés et soutenues par l'association ProAves,
les biologistes ont observé des Caïques à face rouge (Hapalopsittaca
amazonina) se nourrissant de minéraux sur une falaise dans
la Reserva Natural de las Aves Colibrí del Sol, dans la Cordillère
Occidentale.
Ce comportement alimentaire est très intéressant car
outre le fait qu'il s'agît d'un aspect inconnu de l'écologie
de cette espèce, il a été très peu observé
chez les perroquets andins. Cette découverte ouvre la porte
à de nouvelles recherches et à des actions de conservation
pour protéger ces oiseaux menacées.
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Caïques à face rouge (Hapalopsittaca amazonina) se nourrissant
de minéraux dans la Reserva Natural de las Aves Colibrí
del Sol
Source: www.proaves.org |
La géophagie,
ou consommation de minéraux, a été rapportée
chez plusieurs groupes d'animaux, dont les oiseaux, et notamment chez
les Psittacidés. Plusieurs explications ont été
données pour expliquer ce ce comportement, dont la plus probable
est que les minéraux absorbés neutralisent les alcaloïdes
et autres toxines contenues dans les fruits verts et dans les graines
souvent consommées par les perroquets.
Les sols que préfèrent les perroquets possèdent en effet une capacité
d’absorption des toxines très supérieure à celle des sols voisins.
En outre, selon une étude récente (Donald Brightsmith, Rainforest
Expeditions), l’ingestion d’argile par les perroquets dans la forêt
amazonienne présente un caractère saisonnier très marqué: la plus
forte consommation d’argile correspond à la période de reproduction,
surtout au moment où les oisillons doivent être nourris. Étant
donné la croissance rapide des premiers jours de leur vie, les jeunes
oiseaux consomment une quantité très élevée de nourriture et par conséquent
ils ingurgitent également de nombreuses toxines végétales. Les adultes
donnent à leurs jeunes une grande quantité d’argile pendant cette
phase importante de leur vie pour leur assurer une résistance contre
les toxines naturelles présentes dans leur alimentation. L’argile
ne protège pas uniquement des toxines végétales mais également contre
les toxines produites par les moisissures. Elle neutralise aussi certains
métaux lourds et pesticides nocifs.
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Caïques à face rouge (Hapalopsittaca amazonina) se nourrissant
de minéraux dans la Reserva Natural de las Aves Colibrí
del Sol
Source: www.proaves.org |
La découverte
de la géophagie du Caïque à face rouge confirme
la nécessité de protéger globalement les écosystèmes
des hautes montagnes de Colombie afin d'assurer le bon fonctionnement
des cycles biologiques et des dynamiques des nombreuses espèces
qui y vivent.
La Reserva Natural de las Aves Colibrí del Sol est située près
de Vereda El Chuscal, dans la Cordillère Occidentale, à
17 km au nord de la municipalité d'Urrao. Elle occupe une surface
de 582 ha, entre 2650 et 3750 m d'altitude, et protège des
forêts humides montagnardes et des zones de páramo (formation
végétale d'altitude). Elle abrite des espèces menacées
comme l'Inca de Wetmore (Coligena orina), un colibri en danger
critique, et la Grallaire à moustaches (Grallaria alleni).
Sources: www.proaves.org,
www.orlux.be
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Australie -
Avril 2009.
Le Cacatoès
à rectrices blanches, un nouveau Tigre de Tasmanie?
Le Cacatoès
à rectrices blanches (Calyptorhynchus latirostris) est un perroquet
endémique du Sud-ouest de l'Australie, mesurant de 55 à 60 cm de long.
Son plumage est à dominante noire. Le mâle a le bec noir et les couvertures
auriculaires blanc grisâtre, tandis que la femelle a le bec corne
et les couvertures auriculaires blanc pur. Les immatures ressemblent
aux femelles.
Un article publié le 15 avril sur le site web (www.theaustralian.news.com)
du journal The Australian évoque le déclin dramatique
que subit ce cacatoès qui est désormais menacé
de disparition totale.
Pour Denis Saunders, ancien chercheur à l'Australian Commonwealth
Scientific and Research Organization (CSIRO), la disparition possible
du Cacatoès à rectrices blanches rappelle "le manque de prévoyance
et la stupidité totale" qui ont mené à l'extinction le Tigre
de Tasmanie en 1936.
Le seul espoir d'empêcher cette extinction réside dans
la mise en place d'un programme de conservation à grande échelle dans
le sud-ouest de l'état de West Australia, une zone essentielle pour
la conservation de la biodiversité.
Saunders, qui étudie l'espèce depuis 1968, est étonné
par la similarité des situation du cacatoès et du Tigre de
Tasmanie, qui tous deux ont été considérés comme nuisibles. Il précise:
"entre les années 1960 et la moitié des années 1970,
le Cacatoès à rectrices blanches est passé du statut d'espèce
abondante, avec des groupes comprenant plusieurs milliers d'oiseaux,
à celui d'oiseau menacé". Et depuis des décennies
ces grands perroquets sont détestés par les arboriculteurs.
Ces oiseaux ont aussi souffert des défrichements massifs du
sud-ouest de l'état qui ont détruit leurs sites de nidification et
leurs sources de nourriture, ce qui les a fait disparaître de
plus de 30 % de leur ancienne aire de répartition. Les cacatoès
installent leur nid dans les arbres creux des vieux eucalyptus de
plus de 120 ans; or beaucoup ceux-ci ont été abattus
ou sont situés sur des terrains privés; Saunders ajoute
"que c'est pour cela que les propriétaires peuvent jouer
un rôle essentiel dans la préservation de ces créatures magnifiques".
Le signe le plus inquiétant est la baisse graduelle du taux de croissance
des poussins, causée par un manque de nourriture; Saunders affirme:
"cela a marqué le début de la fin pour beaucoup de groupes".
Si le chercheur reconnaît que les agriculteurs du sud-ouest
ont remarqué le fort déclin du nombre de cacatoès, il
précise que peu d'autres Australiens de l'Ouest se rendent
compte que ces oiseaux aux cris mélancoliques sont en danger de disparition.
Les troupeaux survolent toujours Perth en se dirigeant vers King's
Park, mais "les anciens groupes énormes composés de milliers
d'oiseaux qui assombrissaient le ciel ont été remplacés
par des vols beaucoup plus petits, et le perroquet a tout simplement
disparu de beaucoup d'endroits".
En
rouge, aire de répartition actuelle du Cacatoès
à rectrices blanches et situation de Coomallo Creek,
où vit la plus grande population connue de l'espèce
Carte: Ornithomedia.com d'après Birdlife International |
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La plus grande
population connue se trouve à Coomallo Creek, à 200
km au nord de Perth: mais le nombre de nicheurs y a été
divisé par deux depuis 1969 et il ne s'élève
plus qu'à 45 couples environ.
Les chercheurs ne savent pas si les derniers couples sont anciens
ou récents; Saunders explique que "cette nformation est
importante car les couples sont fidèles toute leur vie; si
peu de jeunes couples remplacent les anciens, alors le déclin
pourrait s'accélérer quand les plus vieux oiseaux auront
dépassé l'âge de se reproduire". Ces cacatoès
restent ensemble même quand ils circulent dans ula vaste zone comprise
entre le port de Geraldton, la ville de Merredin et Esperance. Saunders
fait ainsi remarquer qu'en 40 ans, "il n'a jamais vu de couples
se séparer".
Le scientifique, qui est aussi le président de WWF Australia, affirme
que la seule solution est de protéger les habitats importants
du cacatoès. Il explique: "si nous ne posons pas de limites
dans le développement du littoral et dans les défrichements,
l'espèce disparaîtra certainement. Mais il ne sera pas
la seule victime; en effet, le sud-ouest de l'état accueille
des milliers de plantes et d'animaux endémiques, comme l'Atrichorne
bruyant (Atrichornis clamosus) que l'on croyait disparu et
que l'on a redécouvert près d'Albany".
Bob Pressey, gestionnaire de conservation basé à l'Université James
Cook du Queensland, précise qu'un programme cartographique
de $360 000 est en cours pour trouver des solutions pratiques afin
d'arrêter les disparition de la plantes et d'animaux rares comme le
Cacatoès à rectrices blanches. Le West Australian Department
for Conservation et WWF-Australia demandent une aide de $20 millions
auprès du gouvernement fédéral pour clôturer des zones, contrôler
les espèces invasives et acheter les portions restantes du bush.
Et Saunders de
conclure: "si les politiciens sont prêts à laisser le Cacatoès
à rectrices blanches subir le même sort que le Tigre
de Tasmanie, alors l'état devrait se préparer à perdre beaucoup d'espèces
plus rares. Imaginez ce que penseront les générations futures d'un
gouvernement qui a permis que l'avidité des hommes fasse disparaître
un magnifique oiseau emblématique de l'état de West Australia".
Depuis
2001, l'association Birds Australia gère le Carnaby's
Black-Cockatoo Recovery Project, limité au début à
la Northern Agricultural Region et étendu plus récemment à
la côte du sud de l'état de West Australia et à la région
d'Avon. Il comprend l'identification des sites de nidification et
l'amélioration des conditions de nidification et de nourrissage
par la clôture d'espaces sensbibles, la revégétalisation
de certains secteurs et la protection des arbres creux. En 2006 a
été conduit le Swan Coastal Project qui avait pour objet
d'estimer le nombre de cacatoès dans la région et de quantifier leurs
ressources alimentaires nécessaires.
Vous pouvez télécharger la feuille d'informations sur
le Cacatoès à rectrices blanches publiée par
l'état fédéral sur www.environment.gov.au/biodiversity/threatened/publications/pubs/black-cockatoo.pdf.
Source: www.theaustralian.news.com
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