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Les tas de fumier sont utiles pour les oiseaux, notamment en hiver

Les tas de fumier constituent des sites d'alimentation importants pour les oiseaux dans les régions agricoles, en particulier quand les conditions météorologiques sont difficiles.

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Les tas de fumier sont utiles pour les oiseaux, notamment en hiver

Tourterelles turque (Streptopelia decaocto) et des bois (S. turtur) se nourrissant sur un tas de fumier en Île-de-France en mai 2012.
Photographie : Olivier Thoret

Le fumier est une matière organique composée d'un mélange des déjections des animaux domestiques (bétail, volaille) et de litière végétale (paille, restes de cultures...). Après l'action conjuguée des bactéries, des champignons et des micro-organismes en présence d'oxygène et d'humidité, il est transformé en compost ou en humus riches en azote et en autres nutriments facilitant la croissance des végétaux. Les tas de fumier constituent des sources de nourriture importantes pour beaucoup de passereaux sédentaires et hivernants dans les zones cultivées car ils peuvent y trouver des invertébrés (surtout des vers) et des graines, mais aussi pour s'y reposer : leur rôle est particulièrement essentiel en hiver, lorsque les conditions sont difficiles (neige et gel), car la température y est localement plus importante.  

Dans un article publié en 2018 dans la revue Bird Study, les auteurs ont ainsi constaté en Tchéquie que l'abondance et la diversité des oiseaux étaient plus élevées près des tas de fumier que dans les environs, notamment pour le Bruant jaune (Emberiza citrinella) et le Moineau friquet (Passer montanus), deux espèces en déclin. L'Alouette des champs (Alauda arvensis), les Pinsons des arbres (Fringilla coelebs) et du Nord (Fringilla montifringilla), le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et la Bergeronnette grise (Motacilla alba) (entre autres) visitent aussi volontiers les tas de fumier en hiver.

Dans un autre article publié en 2011 dans la revue Ardeola, deux ornithologues ont étudié la présence des oiseaux hivernant dans des zones agricoles de Pologne orientale. Parmi les 34 espèces recensées par la méthode des transects (= le long de lignes), 13 ont été vues sur des tas de fumier et 16 dans des chaumes, c'est-à-dire les résidus de céréales (tiges, graines) laissés dans les champs après la récolte. Plus la couche de neige était épaisse, plus les oiseaux étaient nombreux. Ce constat était particulièrement vrai pour le Bruant jaune, dont la population polonaise est l’une des plus grandes d’Europe.

Lors d'un inventaire de l'avifaune menée dans deux zones agricoles de Suède entre avril et juin 2008, les auteurs ont constaté que les Moineaux domestiques (Passer domesticus), les Bruants jaunes, les Hirondelles rustiques (Hirundo rustica), les Grives litornes (Turdus pilaris) et les Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) étaient plus nombreux dans les fermes avec des tas de fumier.

Les tas sont utiles pendant la les périodes de migration et d'élevage des jeunes : on peut aider les parents à manger les nombreux vers en étalant le fumier sur le sol au printemps. Une étude menée en Suisse entre 1997 et 2004 avait montré que les Hirondelles rustiques chassaient volontiers les insectes au-dessus des tas, et que le taux de survie des poussins était ainsi augmenté. Les Tourterelles turque (Streptopelia decaocto) et des bois (S. turtur), la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), le Pipit farlouse (Anthus pratensis), le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) et en Amérique du Nord, certaines parulines, se nourrissent volontiers dans la fumure. Sur le site web Moineau de Paris, on peut voir des photos de Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) se nourrissant dans du fumier de cheval dans un hameau des Harcholins près de Bertrambois (Meurthe et Moselle) en juillet 2007.

Des limicoles peuvent faire une halte sur le fumier lors de leurs passages : c'est notamment le cas du Chevalier culblanc (Tringa ochropus) (voir une photo prise près d'une étable à Stow Bedon dans le Norfolk en Grande-Bretagne le 17/09/2013).

Il faut néanmoins préciser que l'utilisation de substances chimiques dangereuses dans l'alimentation du bétail et dans le traitement des cultures peut parfois rendre le fumier partiellement nocif pour les oiseaux (lire Les graines traitées aux néonicotinoïdes seraient dangereuses pour les oiseaux) : il est donc important que les pratiques agricoles soient raisonnées ou biologiques. Vous pouvez aussi placer un tas de compost dans un coin de votre jardin (lire Aménager son jardin pour les oiseaux).

Alors que les oiseaux des plaines sont en déclin généralisé, il est important de maintenir et même de favoriser la présence de tas de fumier, mais aussi de laisser des chaumes dans les champs, et de conserver et/ou de développer les friches, les haies et les arbres isolés, autant d'éléments du paysage autrefois fréquents mais qui ont eu tendance à disparaître avec l'intensification des pratiques culturales.

À lire aussi sur Ornithomedia.com

Sources

  • Martin Šálek et Michał Żmihorski (2018). Manure heaps attract farmland birds during winter. Bird Study. Volume : 65. Numéro : 3. Pages : 426-430. www.tandfonline.com
  • Artur Goławski et Zbigniew Kasprzykowski (2011). The Significance of Cereal Stubble and Manure Heaps for Birds Wintering in the Farmland of Eastern Poland. Ardeola. Volume : 58. Numéro : 2. Pages : 277-286. www.bioone.org
  • Martin U. Grüebler, Fränzi Korner‐Nievergelt et Johann Von Hirschheydt (2010). The reproductive benefits of livestock farming in barn swallows Hirundo rustica: quality of nest site or foraging habitat? Journal of Applied Ecology. https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com
  • Åke Berg (2008). Birds on farmsteads–Effects of landscape and farming characteristics. Ornis Fennica. janvier. www.researchgate.net
  • Jérôme Libeskind (2018). L'étalement urbain, une hérésie pour les générations futures. Les Echos. Date : 26/02. www.lesechos.fr
  • Jacques Bignon (2013). Zone d'Aménagement Concertée du Triangle de Gonesse. Étude de l'état initial de la faune et de la flore. Écosystèmes Expertise. https://triangledegonesse.fr/wp/wp-content/uploads/2016/04/9.2.Annexe_etude_biodiversite.pdf
  • Michel Isambert (2013). Les sols du Triangle de Gonesse. Association "Collectif pour le Triangle de Gonesse". http://voe95.fr/cptg/wp-content/pdf/livrets/Sol.pdf

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