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Les pseudo-particules virales, une piste contre la grippe aviaire

Alors que près d'un million de canards vont être abattus en janvier 2017 dans le Sud-ouest de la France, nous présentons une piste prometteuse de vaccination basée sur les pseudo-particules virales.

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Les pseudo-particules virales, une piste contre la grippe aviaire

Le Canard colvert (Anas platyrhynchos) est sensible à la souche (sous-type) H5N8 du virus de la grippe aviaire détectée en 2016 dans le Sud-ouest de la France.
Photographie : Alain Mesas / Les balades et randonnées de la tribu alaintrus

La grippe (ou influenza) aviaire est une maladie virale contagieuse affectant une grande variété d'oiseaux sauvages et domestiques (lire La grippe aviaire). Elle peut provoquer une mortalité élevée (supérieure à 90 %) dans les élevages de volailles (poulets, canards). Elle est causée par des virus grippaux (influenzavirus) de type A. Ceux-ci sont classés en sous-types (ou souches) en fonction des glycoprotéines présentes à leur surface, les hémagglutinines (H1 à H16) et les neuraminidases (N1 à N9). Certains sous-types sont particulièrement pathogènes, comme H5N1, H5N2 et H5N9. De nombreux oiseaux sauvages, en particulier aquatiques (canards, oies, cygnes, limicoles), sont porteurs du virus de la grippe aviaire dans leurs voies respiratoires ou leur tube digestif, toutefois, la plupart du temps, ils ne sont pas malades eux-mêmes. On accuse fréquemment les oiseaux migrateurs d'être les principaux responsables de la propagation de ces virus, mais ce sont surtout les conditions d’élevage et de transport des volailles qui favorisent l’évolution de ces virus faiblement pathogènes en souches hautement pathogènes (lire Grippe aviaire : deux spécialistes du Cirad nous en disent plus).

La souche H5N8 "hautement pathogène" touche depuis plusieurs semaines la filière avicole dans le Sud-ouest de la France, et le Ministère de l’Agriculture a annoncé jeudi 5 janvier 2017 que près d'un million de palmipèdes allaient être abattus d’ici au 20 janvier dans 150 communes pour essayer d'endiguer la propagation de la maladie. La France n'est pas le seul pays touché, des centaines de foyers étant répartis dans 19 pays d'Europe, en Israël, en Égypte, en Iran, en Tunisie, en Ukraine, en Russie, en Corée du Sud et au Nigeria. Au Japon, la souche H5N6 a été détectée dans plus de 13 préfectures et plus d’un million de volailles ont été abattues entre novembre et fin 2016.  

L'abattage de ces millions d'oiseaux est choquant et est éthiquement contestable, la quasi-totalité d'entre eux étant non contaminés. Pour limiter ce type de décisions extrêmes, il est possible de prendre un ensemble de mesures préventives combinant la quarantaine de certains élevages, la biosécurité (sas sanitaire, cloisonnement étanche entre les différents âges, mesures d'hygiènes...) la surveillance et la vaccination.

La vaccination est prometteuse et intéressante car elle diminue le nombre d'oiseaux infectés mais elle n'empêche pas totalement la propagation, elle est assez coûteuse, les virus peuvent muter, et des virus atténués peuvent être transmis à des oiseaux sauvages, chez lesquels ils peuvent se recombiner et évoluer en maladie. Toutefois, les techniques progressent et donnent localement de bons résultats, évitant parfois des abattages préventifs : par exemple, des flamants du zoo de Barcelone ont été vaccinés de façon durable (sept ans) contre les sous-types H5N9, H5N3 et H5N1 en utilisant des hémagglutinines H5 inactivées.

Une piste récente est prometteuse : l'utilisation de de pseudo-particules virales (PPV) ou "Virus-Like Particles" (VLP). Ce sont des particules virales sans génome (= pseudo-virions) obtenues par l'assemblage spontané de protéines de la capside d'un virus. Les VLP  ne contenant aucun matériel génétique, elles sont donc non-infectieuses et incapables de se multiplier. Elles sont obtenues par l'expression des gènes correspondants dans des levures recombinantes (= dont le matériel génétique a été modifié) ou par l'intermédiaire d'un baculovirus (virus en forme de bâtonnet) recombinant dans des cellules d'insectes. Ces vaccins sont efficaces pour induire des anticorps car la surface des PPV possède des protéines facilitant la pénétration dans les cellules et stimulant l'immunogénicité (induction d'une réaction immunitaire).

Dans un article publié en janvier 2017 dans la revue Virology, on apprend que des PPV contenant des hémagglutinines H5, H7 et H9 (obtenues à partir des sous-types H5N1, H7N3 et H9N2), la neuraminidase N1 et une protéine de structure (Gag) rétrovirale, ont été préparées et testées sur des poulets : une protection efficace contre les souches H5N2, H7N3 et H9N2a été obtenue, les oiseaux vaccinés survivant à une exposition à ces souches hautement pathogènes.

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Sources

  • Peter Pushkoa, Irina Tretyakova, Rachmat Hidajat, Aniko Zsak, Klaudia Chrzastek, Terrence M. Tumpey et Darrell R. Kapczynskib (2017). Virus-like particles displaying H5, H7, H9 hemagglutinins and N1 neuraminidase elicit protective immunity to heterologous avian influenza viruses in chickens. Virology. Volume : 501. Numéro : 15. Pages : 176–182. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0042682216303737
  • Alexandre Hervaud (2017). Grippe aviaire : toujours plus de foyers du virus en Europe, et au-delà. Libération. Date : 05/01. www.liberation.fr
  • Hugo Fernández-Bellon et al (2017). Vaccination against H5 avian influenza virus induces long-term humoral immune responses in flamingoes (Phoenicopterus spp.).  Vaccine. Volume : 34,. Numéro : 27. Pages : 3082–3086. Date : 8/06. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264410X16302432
  • Heather Ann Davis (2016). Current and future challenges of preventing outbreaks of highly pathogenic avian influenza. Kansas State University. http://krex.k-state.edu/dspace/handle/2097/32500
  • Joanne M Devlin , Paola K Vaz, Mauricio JC Coppo et Glenn F Browning (2016). Impacts of poultry vaccination on viruses of wild bird. Current Opinion in Virology. Volume : 19. Pages : 23–29. Août. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1879625716300694

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