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Nidification d'un couple d'Huîtriers pie dans un champ de maïs dans le Nord (France)

Cette observation faite en juin 2019 près d'Hondschoote illustre l'installation croissante de ce limicole dans les cultures.

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Nidification d'un couple d'Huîtriers pie dans un champ de maïs dans le Nord (France)

Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) dans un champ de maïs près d'Hondschoote (Nord) le 1er juin 2019.
Photographie : Ghislain Bottein

L’Huîtrier pie (Haematopus ostralegus) est un limicole facile à identifier avec son plumage noir et blanc, ses pattes rose-rouge et son long et fort bec orange-rouge (lire Identifier les limicoles communs en Europe : première partie). C'est surtout oiseau côtier, nichant le long des plages, dans les estuaires, les zones rocheuses, les marais,les prairies, les salines, sur les rives des lagunes... Son bec lui permet d'ouvrir et de manger la plupart des mollusques bivalves (moules, coques, huîtres) (lire L'invasion des Huîtres japonaises dans la mer des Wadden et ses effets sur les oiseaux), mais aussi des gastéropodes, des crustacés et des vers.

Son nid est une simple cuvette creusée dans le sol et garnie de brindilles et d'autres matériaux. Sa construction débute généralement en mars. La ponte, composée en moyenne de trois œufs, s’échelonne du début du mois d'avril à la mi-mai. La couvaison, assurée par les deux parents, dure de 24 à 27 jours. Fait rare chez les limicoles, les jeunes sont nourris par les adultes après leur envol, qui n’intervient guère avant 35 à 40 jours.

L’Huîtrier pie niche de l'Europe de l'Ouest à la Russie orientale et à la Chine en passant par l'Asie centrale. La population nicheuse française est modeste, estimée à 1 100 à 1 300 couples en 2010-2011, très majoritairement répartis le long des façades de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée et montrant une nette préférence pour les îles, qui les mettent davantage à à l'abri des prédateurs des dérangements : plus de la moitié des couples nichent ainsi dans les archipels de Chausey (Manche), de Molène (Finistère), de Bréhat, du Trégor-Goëlo et des Sept-îles (Côtes-d'Armor).

Le 1er juin 2019, Ghislain Bottein nous a transmis deux intéressantes photos d'un couple d'Huîtriers pie avec trois jeunes non volants prises dans un champ de maïs (encore peu développé) près du village d'Hondschoote (département du Nord), un secteur non côtier (la mer du Nord est à plus de 10 km) situé non loin de la frontière belge et composé de prairies et de cultures parfois inondées, parcouru de fossés et ponctué de petits plans d’eau (mares de chasse, bassin de décantation...).

Cette observation est intéressante car elle illustre l'installation croissante de cette espèce à l'intérieur des terres et dans les zones cultivées. Ce phénomène est observé depuis un certain temps dans certaines régions d'Europe, comme aux Pays-Bas, en Belgique ou en Grande-Bretagne. En France, L'Huîtrier pie se reproduit dans les champs d’asperges de la Petite Camargue gardoise, et plusieurs couples sont connus dans le département du Nord, comme celui photographié par Ghislain Bottein.

Huîtriers pie (Haematopus ostralegus) 
Huîtriers pie (Haematopus ostralegus) adulte et deux poussins non volants dans un champ de maïs près d'Hondschoote (Nord) le 1er juin 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Ghislain Bottein

Il est difficile d'expliquer les raisons de la colonisation croissante des cultures et des prairies par ce limicole, qui était autrefois uniquement présent dans les zones naturelles côtières, mais la nourriture de certaines parcelles agricoles, composée essentiellement de vers, pourrait être plus riche, plus accessible et/ou abondante qu'au bord de la mer, permettant de faire grandir plus vite les jeunes : en Grande-Bretagne, P. B. Heppleston (1972) avait ainsi constaté que le taux d'envol des petits était plus élevé à l'intérieur des terres que sur la côte. La transformation des habitats côtiers, due à la présence humaine croissante (urbanisation et fréquentation), pourrait également jouer un rôle dans cette dispersion vers l'intérieur des terres. 

Ce comportement est d'ailleurs observé chez d'autres sous-espèces de l'Huîtrier pie, comme H. o. finschi, qui niche dans les vallées de l'Île du Sud (Nouvelle-Zélande). Par ailleurs, rappelons qu'en Asie centrale, l'Huîtrier pie niche très loin des côtes.

P. B. Heppleston (1972) avait constaté que les Huîtriers pie installés dans les cultures en Grande-Bretagne nichaient plus tôt que sur les côtes, sûrement à cause du calendrier des travaux agricoles. La capacité de cette espèce à s'adapter aux milieux façonnés par l'homme explique aussi son installation en ville au cours du XXe siècle (dès les années 1930 aux Pays-Bas), nichant sur les toits comme les laridés (lire Une colonie de Mouettes mélanocéphales et de Goélands cendrés sur un toit), et se nourrissant de vers de terre et de tipules sur les pelouses et au bord des routes. Des oiseaux mangent même régulièrement le pain distribué aux mouettes en Allemagne et aux Pays-Bas (lire Des huîtriers mangeant du pain aux Pays-Bas).

Précisons que Ghislain Bottein a aussi vu et photographié en mai 2019 plusieurs couples d'Échasses blanches (Himantopus himantopus) nichant dans un champ de pommes de terre à Killem (Nord), non loin d'Hondschoote, peut-être à cause du niveau d'eau trop élevé ce printemps de leur site de reproduction habituel, les mares de chasse.

D'autres espèces d'oiseaux qui se reproduisaient autrefois uniquement dans des zones humides  s'installent désormais dans les cultures, comme le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) et la Gorgebleue à miroir (Cyanecula svecica) dans les champs de colza (lire La Gorgebleue à miroir apprécie les champs de colza).

À lire aussi sur Ornithomedia.com

Sources

  • Nidal Issa et Yves Muller (2015). Huîtrier pie. Pages : 490-493. Atlas des oiseaux de France métropolitaine. Volume : 1 : des Anatidés aux Alcidés. Delachaux et Niesltlé
  • P. B. Heppleston (1972). The Comparative Breeding Ecology of Oyster-Catchers (Haematopus ostralegus L.) in Inland and Coastal Habitats. Journal of Animal Ecology. Volulme : 41. Numéro : 1. Pages : 23-51. www.jstor.org/stable/3503?seq=1#page_scan_tab_contents

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